Louis Henri de Saulces de Freycinet, né le à Montélimar et mort le à Rochefort, est un officier de marine et administrateur colonial français.

Biographie Jeunesse Descendant d'une famille protestante du Dauphiné, il s'engage le dans la marine en qualité d'aspirant de troisième classe, participe en 1795 aux combats livrés en mer Méditerranée contre les escadres réunies d'Espagne et d'Angleterre et est nommé en même temps que son frère Louis Claude, enseigne de vaisseau.

En 1800, il fait partie de l'expédition vers les Terres australes en direction de la Nouvelle-Hollande. Il embarque comme officier d'état-major du capitaine Nicolas Baudin sur le Géographe en tant qu'enseigne de vaisseau, et son frère Louis sur le Naturaliste comme officier d'état-major du capitaine Hamelin. Son nom est donné au Havre Henri Freycinet situé dans la baie des Chiens-Marins, aujourd'hui baie Shark en Australie-Occidentale. Il a notamment pour ordre de reconnaître en l'île de Dorre et la future presqu'île Péron. Il a pour protégé l'aspirant François-Désiré BretonOriginaire de la Guadeloupe que Baudin qualifie de Henri de Freycinet est nommé par Baudin lieutenant de vaisseau le à Timor, Il devient ainsi de facto le second de Baudin, après le débarquement à Timor du capitaine Le Bas de Sainte-Croix; mais ce poste est partagé avec le lieutenant de vaisseau (promu en même temps que lui) Ronsard, ce qui provoque des tensions entre les deux hommes. Finalement à la seconde relâche de Timor, l'équipage est appelé par vote (ce qui est un choix surprenant du commandant Baudin, fortement diminué par la maladie) à les départager. Freycinet est choisi par ce vote comme second de Baudin.

En 1802, le Naturaliste rentre en France mais son frère Louis rentre de l'expédition avec le Casuarina, goélette dont il a reçu le commandement. Le , Baudin meurt des suites d'une phtisie à l'île de France et le Casuarina y est désarmé. Pierre Milius est nommé commandant du Géographe, le , par le contre-amiral Linois. Cette désignation est mal acceptée par l'état-major, les naturalistes survivants et bien sûr par Freycinet lui-même. Le navire quitte l'île de France en .

Le Géographe fait son entrée à Lorient, le .

Carrière maritime Henri de Freycinet poursuit sa mission et, en mars 1806, il livre deux combats, près de la Martinique et de Saint-Domingue, qui peuvent compter parmi les plus brillants dont s'honore la marine française. Il est blessé et a le bras droit emporté par un boulet.

Il est nommé capitaine de frégate et commande bientôt l'Élisa.

Carrière de gouverneur colonial Il est nommé gouverneur de l'île Bourbon et prend ses fonctions le . Ses actions se situent dans la continuité de celles mises en œuvre par son prédécesseur, Milius, lequel avait également participé à l'expédition Baudin. Dès le mois d'août de la même année, il entreprend une visite complète de l'île qui lui permettra de se rendre compte de la bonne santé économique de La Réunion.

Le gouverneur de Freycinet installe un comité consultatif de l'agriculture et du commerce dont fait partie le riche planteur esclavagiste Charles Desbassayns. Il crée également une Caisse d'escompte pour permettre aux négociants et aux planteurs de bénéficier de crédits. Il crée enfin le poste de directeur de l'Intérieur chargé de contrôler l'administration de la colonie. Nicolas Betting de Lancastel en est le premier titulaire. C'est sous son administration que sont installés les ponts suspendus de la rivière du Mât et de la rivière des Roches, ponts importés d'Angleterre.

L'esclavage étant toujours présent sur l'île, et à la suite de la montée de rébellion, Freycinet crée le une cour extraordinaire de justice criminelle et promulgue l'ordonnance du qui détaille les répressions pour chaque crime et délit commis par un esclave.

Freycinet devient ensuite le gouverneur de la Guyane française, où il relève Joseph de Burgues de Missiessy et sera remplacé par Jean Jubelin. Il exerce ensuite les mêmes fonctions en Martinique de 1829 à 1830, y succédant au comte de Bouillé et y précédant le colonel Joseph Gérodias. Il est élevé au grade de contre-amiral le et fait baron à titre personnel par lettres patentes du . À la suite de la révolution des Trois Glorieuses, Freycinet donne sa démission au gouverneur.

Retour en France Freycinet est nommé en 1830 major général de la marine à Toulon, puis en 1834 préfet maritime de Rochefort, où il meurt le .

Il est le père de l'amiral Charles Henri Auguste de Saulces de Freycinet.

Décorations

Notes et références

Voir aussi Sources et bibliographie

Nicolas Baudin, Mon voyage aux Terres australes, journal personnel du commandant Baudin, Imprimerie nationale, 2001

Articles connexes Famille de Saulces de Freycinet Histoire de la marine française

Liens externes

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