La première présidence de Barack Obama est une période de l'histoire des États-Unis qui s'étend du au .
Composition initiale du cabinet présidentiel
Nominations Position Nom(s) Chef de cabinet de la Maison-Blanche Rahm Emanuel Chefs de cabinet adjoints de la Maison-Blanche Nancy-Ann DeParleAlyssa Mastromonaco Chef de cabinet du vice-président Bruce Reed Conseillers David AxelrodPete RouseValerie Jarrett Assistant législatif Rob Nabors Conseiller juridique de la Maison-Blanche Robert Bauer Lors de ses premières nominations, les observateurs ne manquent pas de signaler que le nouvel élu a choisi de nombreuses personnalités de l'ancien gouvernement Clinton à commencer par Rahm Emanuel.. Ainsi Greg Craig, choisi pour diriger le bureau juridique de la Maison Blanche, a été l'un des avocats de Bill Clinton durant la procédure de destitution qui n'avait pas abouti en 1998 tandis que Mona Sutphen avait recruté Monica Lewinsky à la mission américaine à New York.
Chronologie de la transition left|thumb|George W. Bush, Laura Bush, Michelle Obama et Barack Obama à la Maison-Blanche le Barack Obama est élu président des États-Unis lors du scrutin du jeudi 4 novembre 2008. Dès le , le président George W. Bush promet une transition sans heurts avec son successeur et appelle les responsables de son cabinet à coopérer loyalement avec l'équipe présidentielle de Barack Obama. Le , Barack Obama reçoit ses premiers rapports classifiés des services secrets du directeur du renseignement national John Michael McConnell et de Michael Hayden, le chef de la Central Intelligence Agency. Il est cependant absent du sommet des pays industrialisés et émergents (G20), réunis le à Washington, D.C. et présidé par le président alors en fonction George W. Bush. Il y envoie néanmoins 2 représentants, l'ancienne secrétaire d'État Madeleine Albright et l'ancien représentant républicain Jim Leach.
Le , Barack Obama annonce sa démission du Sénat .. Son poste doit alors être pourvu par un remplaçant désigné par Rod Blagojevich, le gouverneur de l'Illinois, en attendant une élection partielle l'année suivante. Le vice-président élu Joe Biden doit lui aussi démissionner de son mandat de sénateur du Delaware. Dans sa première interview sur une chaîne télévisée depuis son élection, Barack Obama annonce que la lutte contre la récession nécessite de laisser s'aggraver le déficit budgétaire et qu'il lui faudra procéder à un renforcement de la régulation du secteur financier. Il se prononce également pour un plan de sauvetage de l'industrie automobile américaine, affirme sa volonté de fermer le camp de Guantanamo et de donner un coup d'arrêt à la torture comme méthode d'interrogatoire par l'armée américaine tout en confirmant vouloir retirer l'essentiel des troupes américaines d'Irak en seize mois, d'ici à l'été 2010Dans sa première interview, Obama confirme ses promesses de campagne, Le Monde, 17/11/2008..
Politique économique vignette|Dépenses et recettes du budget fédéral des États-Unis en % du PNB entre 1981 et 2012.
Budgets 2009 et 2010 De 2008 à 2009, sous la présidence d'Obama, les dépenses du budget fédéral des États-Unis ont augmenté de plus de 40 %, au point de connaître le plus fort accroissement en rythme annuel de l'histoire du pays, 39-40.. Le déficit budgétaire moyen sous George W. Bush s'élevait à 300 milliards de dollars. Il est passé à de dollarsJeffrey H. Anderson, The cost of Obama, ... Le , Barack Obama exposait son intention de réduire ce déficit de moitié d'ici la fin de son mandat. Le budget 2009 prévoyait à l'origine un déficit de de dollars en 2009 (soit 12,3 % du PIB) et de en 2010. Ce déficit, rapporté au produit intérieur brut des États-Unis, aurait été le plus important depuis la Seconde Guerre mondiale, mais a été réduit par le Congrès. En effet, la proposition de budget 2010 établissait un déficit record de de dollars pour 2010 et pour 2011 (forçant l'État à emprunter 33 cents pour chaque dollar dépensé), afin de lutter contre le chômage (à 10 % début 2010) et soutenir les classes moyennes en baissant les impôts, mesure compensée par la hausse des prélèvements pour les multinationales et la suppression des niches fiscales pour les hauts revenusLori Montgomery et Michael A. Fletcher, Obama budget calls for new spending to lower unemployment, help middle class, Washington Post, ..
Un accord sur la dette publique entre la présidence et John Boehner, speaker de la Chambre, n'a pas pu avoir lieu à la suite de l'obstruction du républicain Eric Cantor qui, selon certains commentateurs de gauche en France, se serait assuré que le plan de relance de 2009 n'obtiendrait pas la moindre voix de son camp..
L'exercice 2009 du budget fédéral des États-Unis sera de de dollars pour 2010, contre pour 2009Obama présente un budget aux dépenses et au déficit colossaux - Le Monde, ..
Son gouvernement a identifié d'économies sur dix ans et souhaite cesser de financer des programmes d'armement considérés comme inutiles. Le rebond de croissance anticipé par le gouvernement Obama devrait se traduire par des hausses de recettes fiscales qui, associées à la fin des dépenses militaires en Irak, permettraient de ramener le déficit à 533 milliards de dollars en 2013 (soit 3 % du PIB américain de de dollars).
Postes de dépense 250 milliards de dollars seront alloués au sauvetage des banques américaines. Cette somme s'ajoutera aux 700 milliards déjà alloués par le Trésor à cette fin en dans le cadre du plan Paulson, dont la moitié a été engagée au mois de . Un fonds de 634 milliards de dollars sur dix ans sera créé pour financer la généralisation de la couverture santé promise durant la campagne. 200 milliards de dollars sur les dix-huit mois à venir financeront l'effort de guerre américain, dont 75,5 milliards de dollars (environ 59 milliards d'euros) pour 2009 afin d'envoyer quelque supplémentaires en Afghanistan.
Budgets 2011 et 2012 thumb|Obama avec son vice-président Joe Biden après le bouclage validé par le Congrès du budget pour l'année 2011. À l'automne 2010, Barack Obama a renoncé à faire adopter le budget de l'année 2011, bien que le Congrès fût encore à cette époque à majorité démocrate. Selon ses détracteurs, il a délibérément attendu le pour soumettre ce budget à un Congrès où il savait que la majorité républicaine à la Chambre des représentants des États-Unis avec la venue de membres du Tea Party refuserait de le voter tant il contenait des dépenses inutiles selon eux, 55.Fred Barnes, Obama's pathetic budget, The Weekly Standard, .Mark McKinnon, The coming budget war : Barack Obama vs. Paul Ryan, The Daily Beast, ... Ainsi, le budget de l'année 2011 n'a pas été adopté en première instance, et celui de 2012, présenté seulement au mois de mai, n'a pas été adopté non plus : ce dernier budget étant tellement inacceptable que le Sénat, pourtant à majorité démocrate, l'a lui-même rejeté à la quasi-unanimité, par 99 voix contre, et 0 pourDaniel Halper, Obama's budget fails in Senate : 99-0, Weekly Standard, ..Ramesh Ponnuru, The Obama budget strategy, National Review, .. Le projet de budget présenté par les républicains de la Chambre des représentants n'a été examiné ni par la Maison-Blanche ni par le Sénat car jugé totalement incompatible. Dès lors, le Congrès doit voter les dépenses courantes, au jour le jour, hors de tout cadre budgétaire.
Le taux moyen de prélèvement sous son mandat est tombé à un plus bas historique avec 15,3 % du PNB pour des dépenses atteignant 24 % du PNB.
Plan de relance de l'économie américaine
La loi sur le plan de relance de l'économie américaine fut promulguée le , suivie d'autres réformes législatives, en particulier le Dodd–Frank Wall Street Reform and Consumer Protection Act de 2010 qui modifie en profondeur la réglementation des marchés financiers et les attributions de la Securities and Exchange Commission (SEC). Mais cette loi de Réforme de Wall street et de protection du consommateur ouvre aussi la voie à d’éventuelles nationalisations de banques et d'organismes financiers apparaissant en péril, ou à l'obligation de vendre une branche ou un secteur entier de leur activité, ce qui a suscité bien des craintes et maintes critiquesMichelle Malkin, Obama's financial reform: it's all about the boodle, .. Tout le secteur financier est ainsi mis sous tutelle. Après de longues batailles parlementaires, l'enveloppe du plan de relance, à la suite du plan Paulson, se monte à 787 milliards de dollars. À l'issue de cette promulgation, Barack Obama promit « le début de la fin de la crise ». Le plan fut favorablement accueilli dans l'opinion, dont le taux de satisfaction envers le président restait important un mois après sa prise de fonctionsLes Américains plébiscitent le plan de relance d'Obama, Le Monde, ..
La construction automobile étant en crise importanteLaurent Carroué, Le cœur de l’automobile américaine a cessé de battre, Le Monde diplomatique, février 2009., il obtint fin la démission de Rick Wagoner, PDG de General Motors, dans le cadre des négociations avec le groupe concernant les modalités de sa sortie de criseSheryl Gay Stolberg et Bill Vlasic, U.S. Lays Down Terms for Auto Bailout, New York Times, .Ngo-Doan-Ta, Retraite dorée pour l'ex-PDG de GM, Le Figaro, .. Les droits de propriété des anciens actionnaires de Chrysler et de General Motors ont été annulés et leurs actions, confisquées et distribuées pour partie au syndicat UAW et pour une autre partie importante au gouvernement, ce qui donne à ces deux actionnaires une minorité de blocage leur permettant de dicter les grandes orientations de ces deux firmes, 34-35..
Par ailleurs, Obama signe le le et le , qui établit notamment une commission d'enquête, la dirigée par et chargée d'enquêter, avec un budget de 8 millions de dollars, sur les causes et responsabilités de la criseBrady Dennis, In Capitol Hill hearing, bankers remain torn on their role in crisis, Washington Post, .. En , le gouvernement Obama nomma un superviseur chargé de contrôler les rémunérations des dirigeants de banques ayant reçu deux fois des fonds publicsVirginie Robert, « La Maison-Blanche s'attaque à la rémunération des banquiers », Les Échos, , lire en ligne.. Par ailleurs on envisagea que les régulateurs puissent faire changer les systèmes de rémunération si ceux-ci sont susceptibles d'engendrer des incitations dangereuses pour la stabilité des établissements financiers. Une redevance pour la responsabilité dans la crise financière, visant à augmenter l'imposition sur les banques et institutions financières bénéficiant d'aides publiques, est proposé par la Maison-Blanche mais se heurte au refus des Républicains de la Chambre.
Le scandale de l'American International Group En éclate le scandale des primes versées aux cadres d'American International Group (AIG). Cette société d'assurance, sauvée de la faillite par l'État fédéral à la fin 2008, avait reçu 180 milliards de dollars d'aides publiques, dont 30 milliards supplémentaires en sous le gouvernement Obama.
Le scandale débute quand la presse divulgue que l'argent public avait essentiellement servi à dédommager des banques étrangères comme la Société générale, la Deutsche Bank et la Barclays. et prend de l'ampleur quand le Wall Street Journal révéla qu'AIG avait prévu de verser 450 millions de dollars de bonus aux cadres ayant pourtant amené la compagnie au bord de la banqueroute, et que 165 millions de dollars avaient déjà été distribués le sous forme de primes.