Carol Martha Browner, née le , est une avocate, militante écologiste et femme d'affaires américaine, qui a été directrice du au sein de l'administration Obama de 2009 à 2011. Auparavant, Browner avait été administratrice de l'Agence de protection de l'environnement (EPA) sous l'administration Clinton, de 1993 à 2001. Elle est actuellement conseillère principale au sein du , un cabinet de stratégie commerciale internationale.
Mme Browner a grandi en Floride et est diplômée de l'université de Floride et de la faculté de droit de l'université de Floride. Après avoir travaillé pour la Chambre des représentants de Floride, elle a été employée par à Washington, D.C. Elle est devenue assistante parlementaire des sénateurs Lawton Chiles et Al Gore. Browner a ensuite dirigé le département de la réglementation environnementale de Floride de 1991 à 1993, où elle en a fait l'un des départements les plus actifs du gouvernement d'État.
Elle a été l'administratrice qui est restée le plus longtemps en poste dans l'histoire de l'EPA, pendant les deux mandats de la présidence Clinton. Au cours de son mandat, elle a réorganisé la structure d'application de l'agence et supervisé deux nouveaux programmes conçus pour créer des partenariats flexibles avec l'industrie comme alternative à la réglementation traditionnelle. Elle a lancé avec succès un programme visant à traiter les terrains contaminés dans les zones urbaines. Elle est la figure de proue de l'administration dans la lutte pour défendre les lois et les budgets environnementaux existants et a joué un rôle moteur dans la mise en place d'un durcissement des normes de qualité de l'air, ce qui a donné lieu à une longue bataille politico-judiciaire.
Par la suite, Browner est devenue membre fondateur de l'Albright Group et de l'Albright Capital Management en 2001. Elle a également siégé dans un certain nombre de conseils d'administration et de comités traitant de questions environnementales. Son rôle de directrice au sein de l'administration Obama a parfois été qualifié de "tsar de l'énergie" ou de "tsar du climat". Ses efforts pour faire adopter par le Congrès une législation globale sur le climat et l'énergie sont restés vains, mais elle a joué un rôle de premier plan dans la réponse du gouvernement fédéral à la marée noire de Deepwater Horizon en 2010. Elle a quitté son poste en 2011 et le poste lui-même a été supprimé peu de temps après. Par la suite, elle a réintégré le groupe fusionné Albright Stonebridge, a continué à être active dans plusieurs conseils d'administration d'organisations environnementales, a rejoint les conseils d'administration de certaines entreprises liées à l'énergie et à l'agriculture, et est devenue une fervente défenseuse de l'énergie nucléaire en réponse aux dangers du réchauffement climatique.
Jeunesse et éducation Née à Miami en Floride, le , Browner est la fille d'Isabella Harty-Hugues et de Michael Browner, tous deux alors professeurs au Miami Dade Community College, de sciences sociales et d'anglais respectivement. Elle a deux sœurs cadettes. Browner grandit à South Miami, et ses excursions dans les Everglades à proximité, accessibles en vélo depuis sa maison, a développé chez elle un lien étroit avec la nature : "J'ai été très influencée en grandissant dans ce genre d'environnement où la nature était juste là."
Browner reçoit son diplôme de Bachelor of Arts de l'Université de Floride en 1977, avec une majeure en anglais. Elle est ensuite diplômée d'un Juris Doctor de la faculté de droit de la même université en 1979.
Débuts de carrière professionnelle En 1980 et en 1981, Browner travaille en tant que conseillère juridique pour la commission sur les opérations gouvernementales de la Chambre des représentants de Floride. Là, elle participe à réviser les programmes sur les terres protégées et terrains de loisir de l'état de Floride. En 1983, elle s'installe à Washington DC et travaille comme directrice adjointe du groupe national , une organisation de lobbying populaire active sur les questions environnementales.
Browner rencontre Michael Podhorzer, un spécialiste des questions de santé à Citizen Action, en 1983. Ils se marient en 1987 et vivent alors à Takoma Park, dans le Maryland. Ils ont un fils, Zachary, né en 1987.
Entre 1986 et 1988, Browner est l'assistante législative principale du sénateur floridien et démocrate Lawton Chiles. Dans le cadre de ce travail, elle travaille sur une négociation complexe ayant pour but d'étendre la Réserve nationale de Big Cypress de Floride, ainsi que d'interdire un forage offshore non loin des Keys de Floride. En 1989, elle est assistante juridique auprès de la Commission sur l'énergie et les ressources naturelles du Sénat des États-Unis. Elle n'hésite pas à aller sur le terrain elle-même, et a plongé une fois dans les eaux côtières pour des recherches alors qu'elle était enceinte.
De 1988 à 1991, Browner travaille comme directrice des affaires législatives du sénateur Al Gore, et se fait connaître comme sa protégée. Elle aide à la préparation d'amendements au Clean Air Act américain et gère l'équipe législative de Gore.
Secrétaire à la Réglementation environnementale de Floride En tant que secrétaire à la réglementation environnementale, Browner dirige le de 1991 à 1993, alors qu'elle vit à Tallahassee. Durant la période où elle la dirige, cette agence était la troisième plus grande des États-Unis de cette nature, employant et ayant un budget de quelque de dollars. Là, elle affirme sa conviction que développement économique et protection de l'environnement n'ont pas à entrer en conflit. Elle revitalise un département démoralisé et en a fait l'un des plus actifs du gouvernement de l'état de Floride. Elle raccourcit le temps nécessaire au département pour réviser les permis de construire pour les zones humides et les usines de production. Ce faisant, elle aliène plusieurs militants écologistes qui pensent que des procédures standardisées affaiblissent les révisions publiques.
Browner appuie l'arrêt de la construction de nouvelles usines de traitement de déchets dangereux et d'incinérateurs de déchets municipaux, en donnant pour raison le manque de données sur les conséquences sur la santé et l'environnement. Elle négocie un marché avec le Walt Disney World Resort qui lui permettrait de construire sur les terres humides qu'il possède en échange d'un travail de réhabilitation, d'un coût de 40 millions de dollars, des terres humides en danger situées à proximité. Les militants écologistes ont apprécié qu'elle persuade Chiles, devenu gouverneur de l'état, de négocier un accord dans le cadre d'un procès fédéral à propos de dommages au Parc national des Everglades et dans le but que l'industrie du sucre de Floride en porte la majorité du coût d'un milliard de dollars. Le directeur de la plus grande association professionnelle d'entreprises de Floride a décrit la méthode de négociation de Browner : "Elle enfonce la porte, lance une grenade puis entre pour tuer ceux qu'il reste. Elle n'aime vraiment pas le compromis. [Mais elle] a fait un assez bon boulot par ici. Il y a plus de plaintes sur sa manière de faire que sur ce qu'elle fait."
Administratrice de l'EPA
Nomination et confirmation Après l'élection présidentielle de 1992, Browner est la directrice de cabinet de transition pour le vice-président élu Gore. Le président élu Bill Clinton l'annonce comme son choix pour être à la tête de l'Agence de protection de l'environnement (EPA), le . Alors que Clinton et Gore ont tous deux critiqué l'engagement de l'Administration George H. W. Bush de protection de l'environnement pendant la campagne, le choix de Browner – décrite par le Washington Post comme ayant "l'esprit et la formation d'une procureure générale mais l'âme d'une activiste" – est vu comme une victoire de l'écologisme ardent de Gore sur la mentalité de Clinton, plus favorable aux entreprises. Clinton écrit plus tard qu'il ne la connaissait pas, mais que Chiles l'avait chaudement recommandée et Gore avait requis qu'elle soit nommée. Ce choix, ainsi que celui de plusieurs autres protégés de Gore par Clinton, a aidé à ancrer la position du vice-président au sein de l'administration. Au cours des auditions de confirmation devant la , Browner apparaît comme pragmatique et apaise les craintes qu'elle serait excessivement influencée par Gore, ou liée à lui. Elle est confirmée par un accord unanime du Sénat des États-Unis, le .
Elle et Podhorzer retournent à Takoma Park, dans le Maryland, et continuent de travailler pour . Son but à long terme est de "laisser le monde dans un légèrement meilleur état", et elle pratique différentes activités bénéfiques à l'environnement chez elle. Elle évite les problèmes liés au , un scandale d'emploi d'immigrés illégaux comme employés de maison, connu par d'autres nommées de Clinton, n'ayant jamais employé de nourrice elle-même. Elle continue de mener un train de vie actif en extérieur, avec la pratique du vélo, du ski et du jogging.
Quatre premières années vignette|Photo de Carol Browner, alors administratrice de l'EPA. Au sein de l'EPA, Browner supervise quelque , avec un budget de 7 milliards de dollars. Au début de son mandat, elle se met à dos certains employés de l'EPA en affirmant publiquement que l'organisme manquait de responsabilité financière et de discipline dans sa direction, et qu'il gaspillait l'argent des contribuables. Peu de temps après sa prise de fonctions, Browner et ses conseillers les plus proches, dont l'administrateur adjoint à l'application des lois, Steven Herman, réorganisent plusieurs structures d'application de l'agence, inefficaces et incommodes, en les fusionnant en un unique . De la flexibilité a été accordée aux sous-directions régionales de l'EPA pour retravailler leurs propres structures d'application, ce qui toutefois a mené à quelques conflits administratifs.
Browner a été critiquée des deux côtés des problèmes environnementaux. Elle a affronté beaucoup d'écologistes, émettant des objections sur son soutien à l'abrogation de la clause Delaney de 1958, concernant les niveaux permis de cancérogènes dans la nourriture. Son annonce en que l'EPA imposerait un moratoire sur les licences de nouveaux incinérateurs et fours industriels a cependant été soutenu par les écologistes. Une démarche de Clinton, à la fin 1993, pour élever l'EPA et Browner à un statut au sein du cabinet a échoué à obtenir un soutien suffisant au Congrès. Beaucoup de ses désirs de législation ont dû passer au second plan du , alors largement prioritaire.
Lorsque le Parti républicain prend le contrôle du Congrès après les élections de mi-mandat de 1994, Browner était en tête au sein de l'administration Clinton pour combattre avec succès les efforts déployés par les républicains, particulièrement à la chambre des représentants, pour amender le Clean Water Act et pour rétropédaler sur d'autres régulations environnementales. Malgré cela, elle s'est montrée capable d'un travail bipartisan avec les républicains dans la création d'amendements au Safe Drinking Water Act et le passage du . Pendant les négociations de coupes budgétaires entourant le , Browner protège avec succès la révision de l'EPA et ses pouvoirs d'application, et est parvenue à gagner plus de 750 millions de dollars en dépenses supplémentaires pour l'agence. Son efficacité bureaucratique illustre ce qu'un de ses proches conseillers caractérise comme son talent : "une attention extrême à un sujet unique où elle est complètement sûre d'avoir raison." gauche|vignette|Browner en 1996.