Artybach (, ), est un village de la république de l'Altaï en Russie. Se trouvant dans le raïon de Tourotchak, il se situe dans le nord de la république. Il est l'un des plus vieux villages de la république, bien qu'habité de manière discontinue, avec une première mention en 1628, bien que sa date de fondation précise soit inconnue. Sa population s'élevait à lors du recensement de 2021. Il est le chef-lieu de jure de la municipalité rurale d'Artybach, qui englobe plusieurs villages de la zone, même si le siège est sur l'autre rive à Iogatch.

Village bordant le lac Teletskoïe, site classé à l'UNESCO au sein des montagnes dorées de l'Altaï, il est l'un des plus touristiques de toute la république avec son confrère, Iogatch, située de l'autre côté de la rive. Artybach est le lieu de la source de la Biia, l'une des deux rivières donnant naissance à l'Ob.

Toponymie Le nom du village Artybach vient de la langue altaï, du mot « artu / arty » signifiant « gué », et du mot « bash » signifiant « gorge, rapides ». Le nom du village veut ainsi dire « le début des rapides » (sur la rivière Biia).

Géographie

Situation administrative Le village d'Artybach est situé dans la république de l'Altaï, une république du sud de la Sibérie en Russie. Le village fait partie du district fédéral sibérien, et se situe à au sud-est de Novossibirsk, la capitale du district. Elle se trouve aussi à à l'est de Moscou, ainsi qu'à au sud de Gorno-Altaïsk, la capitale de son sujet.

Artybach est un des trente-deux villages du raïon de Tourotchak, le raïon le plus au nord de la république de l'Altaï. Tourotchak, son chef-lieu, se situe à au nord du village. Le village fait partie de la municipalité rurale (municipalité) d'Artybach, dont le village en est son chef-lieu. Cette municipalité regroupe 4 localités : Artybach ; Iogatch, Novotroïtsk et Iaïliou.

Situation géographique Le village d'Artybach se trouve dans le nord du Haut-Altaï, nom de la partie russe de l'Altaï, un vaste système montagneux en Asie centrale. Plus précisément, le village est bordé au nord par les monts de la , un des chaînons les plus septentrionaux de l'Altaï, et un des moins élevés, avec un point culminant, le Koubez, de seulement .

Plus précisément, le village se trouve à d'altitude au niveau du rivage. Il possède un littoral d'environ sur la partie la plus occidentale du lac, qui est la plus en aval. Cette section se trouve au nord du lac, la rive sud étant occupée par le village de Iogatch. La largeur du lac entre les deux rives est inférieure à , et se rétrécit au fur et à mesure que l'eau s'écoule. La partie la plus étroite, au niveau du pont, est la fin du lac, et la source de la Biia, une des deux rivières, avec la Katoun, qui forment l'Ob au niveau de Biïsk.

Le village est entouré au nord par des montagnes d'une altitude de . Le village est assez étroit, sa largeur maximale est inférieure à . Plusieurs de ces monts ont des noms, dont le Koujeran culminant à juste au-dessus de l'endroit où se trouve le pont. Il y a aussi le Perlou, aussi nommé Tilan-Touu, avec ses , vers le centre du village ; et les monts Tcha, un peu au nord-est (hors de la carte ci-dessous), culminant au maximum à .

centré|vignette|403x403px|Carte d'Artybach sur OSM (au nord du lac).

Climat vignette|Artybach en hiver.Le climat d'Artybach, est comme celui de Iogatch, de l'autre côté de la rive, de type Dfb selon la classification de Köppen. C'est-à-dire que le climat est tempéré, avec des précipitations importantes, surtout l'été. Le mois le plus chaud est juillet, le plus froid est janvier. Pour l'ensoleillement, juin a le plus d'heures de soleil avec , soit . Au contraire, janvier en a le moins, avec seulement , soit une moyenne de .

L'étendue entre le maximal absolu et le minimum absolu est de . L'hiver, les températures peuvent être plus froides en altitude à cause de l'apparition de couches d'inversion. A contrario, des effets de foehn peuvent se produire, mais bien moins fréquemment, qui réchauffent l'air. L'été, la température de l'eau du lac ne dépasse pas les , et l'hiver le lac est glacé au niveau du villageLe lac n'est pas glacé entièrement glacé l'hiver, mais seulement certaines parties à ses extrémités.. vignette|Centre du village en plein hiver (31/12/2012).

Histoire

Origines Le village d'Artybach est certainement l'un des plus vieux de la république de l'Altaï, bien que sa date de fondation ne soit pas connue. L'on sait qu'entre le et le , des Altaïens ont commencé à s'installer dans le territoire moderne du raïon de Tourotchak. À cette période-là, ils avaient un mode de vie nomades, vivant dans des yourtes le long des rivières. En arrivant sur ses terres, ils ont rentré les Toubalars, les Tchelkanes et les Koumandines, qui vivaient dans la région du Teletskoïe. Ces différents groupes de populations vivant dans le nord du Haut-Altaï sont parfois appelés en Russie les Altaïens du Nord.

Au , les cosaques de Sibérie ont commencé la conquête de la Sibérie, avec à sa tête Ermak Timofeïévitch. Dans le Haut-Altaï, quelques détachements cosaques ont commencé à s'installer, même si la plupart préféraient s'installer au piedmont de l'Altaï (le kraï de l'Altaï).

Ainsi, en 1628, le nom d'Artybach apparaît pour la première fois sur un document, qui fait états de 48 groupes nomades d'Altaïens qui ont rendu hommage au tsarat de Russie au travers du Iassak . Mais savoir si Artybach désignait un village ou un juste un lieu est impossible à cause du manque d'informations. Possiblement qu'il y avait bien un village d'Altaïens à ce moment-là à l'endroit ou le lac devenait la Biia, mais il n'est pas sûr.

Empire russe Vers 1822, un groupe de cosaques s'est installé à l'endroit où le lac devenait la Biia, sur la rive nord. À ce moment-là, l'endroit n'est pas habité, et les cosaques se sont installés de manière temporaire afin de pêcher du hareng pour le vendre ensuite dans les grandes villes et villages. La date, 1822, est approximative, ayant été estimée par le géologue russe Gregor von Gelmersen lors d'une visite quelques années plus tard.

Justement, quelque part entre le 4 et le , Gregor von Gelmersen découvre l'endroit moderne du village, qui est alors vide. En moins de dix ans, les traces de la pêcherie ont presque totalement disparu.

En 1856, a commencé à pêcher ici. Même si écrivain, il n'a pas écrit quant à si l'endroit était habité lorsqu'il s'y est installé. Par contre, on sait que des Altaïens vivaient alors de l'autre côté de la rive, dans les alentours de l'actuel Iogatch.

En 1893, dans la liste des lieux peuplés du gouvernement de Tomsk de 1893, le village d'Artybach est listé au sein du volost de Kebezen, avec 20 ménages, dans lesquels se trouvent 48 hommes et 34 femmes. Mais ces habitants vivaient possiblement dans des yourtes, et non dans des maisons en bois. Comme il n'apparaît pas dans la liste de 1886, la date probable, depuis que la zone est habitée continuellement, se situe dans un intervalle de sept ans entre 1887 et 1893.

En 1897, le village est mentionné dans un écrit de , même s'il ne décrit pas le village. La même année, la (des missionnaires orthodoxes), notent la présence du lieu, qui est alors nommé Artu-Bach.

En 1898, souligne que 18 fermes nomades se trouvent dans la région du lac, mais ne disant pas si Artybach est alors peuplé de manière continuelle ou non.

En 1899, l'endroit apparaît dans la liste des lieux peuplés du gouvernement de Tomsk de 1899, où il y a alors 50 et 36 femmes se répartissant dans 15 ménages.

Le , nota qu'il y avait des cabanes de colons russes pêcheurs dans le village ainsi que des yourtes d'Altaïens et Téléoutes. Le village vivait alors selon lui de l'élevage, de la pêche et de la chasse.

En 1906, la mission spirituelle de l'Altaï nomme l'endroit Arty-Ajou, et dit que plusieurs familles altaïennes ont été baptisées. À ce moment-là, le village est dirigé par un chef altaïen. La plupart des Russes parlaient alors aussi altaï, la mission notant même que certains parlaient mieux altaï que les Altaïens.

En 1908, , revisitant l'endroit lors de la période estivale, nota la présence d'un « village ». C'est la première fois que le terme est employé pour décrire Artybach, l'endroit étant avant désigné comme un lieu ou une ferme nomade.

À l'été 1910, d'après le chef de l'ouïezd de l'Altaï note que le village est une plaque tournante du commerce dans la région, grâce à la pêche. L'hiver, les marchandises sont transportées en traîneaux, l'été en bateaux, sur la Biia en direction du nord ou sur le Teletskoïe en direction du sud.

Ce même été, des voyageurs anglais ont visité le village et le lac, manquant d'ailleurs de se noyer, faisant d'eux les premiers touristes dans le village.

Dans la liste des lieux peuplés du gouvernement de Tomsk de 1911, 47 ménages composés de 151 hommes et 149 femmes sont notés dans le village.

Une école est ouverte dans le village en 1913 par la mission spirituelle de l'Altaï, ainsi qu'une église dédiée à saint Innocent d'Irkoutsk en 1915.

Période soviétique Le village resta à l'écart des combats pendant la guerre civile russe. La région du Haut-Altaï était contrôlée par les blancs jusqu'en 1919, lorsque les rouges ont organisé un soulèvement qui a réussi. Seul un mort fut à déplorer dans le village pendant cette période.

Entre 1919 et 1922, la subdivision hydrotechnique de l'Altaï étudia la possibilité de créer un barrage, mais rien ne fut entreprit à cause de la guerre civile.

En 1923, des études furent à nouveau faites, mais rien ne fut concrétisé.

En 1925, le selsoviet d'Artybach fut fusionné avec celui de Kebezen afin de renforcer l'activité économique. Artybach était alors composé à majorité d'Altaïens.

La même année, Vassili Sapojnikov se rendit dans le village. Il note que le village se composait de plusieurs dizaines de maisons, et que les résident s'adonnaient à l'élevage bovin, à la pêche, au transport sur le lac, à la sylviculture, etc. vignette|253x253px|Vue du Teletskoïe depuis Artybach. D'ailleurs, c'est à cette période que le tourisme commença dans le village, même si réservée à une élite. Les premières excursions sur le Teletskoïe commencèrent. Mais les bateaux restaient surtout utilisés pour le transport. En effet, la vallée du Tchoulychman et ses petits villages, de l'autre côté du lac, n'étaient pas accessibles par la terre à cause du relief trop escarpé. Il fallait donc transporter les biens par le lac, l'été par bateau et l'hiver sur la glace.

En 1926, le selsoviet d'Artybach est recréé. Le village est alors peuplé de 115 hommes et de 119 femmes.

L'année suivante, de nouvelles études sont effectuées dans le but de construire une centrale hydroélectrique. De plus, un centre de pompage est construit près d'Artybach pour récupérer l'eau.

En 1928, un camping de la Société pour le tourisme prolétarien fut ouvert dans le village.

En 1929, une coopérative fut ouverte dans le village, et en 1930, on estimait que la population était encore majoritairement altaïenne. Le village repose toujours sur la chasse et la pêche dans le lac, ainsi que de la sylviculture.

En 1932, une ferme collective nommée Altyn-Köl (d'après le nom altaï du lac) fut ouverte à Artybach.

En 1936, l'école fut rénovée, le taux d'alphabétisation était en hausse, et les rues furent rénovées afin de rendre plus propre le village.

En 1942, une usine de produits de poisson fut ouverte à Artybach.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, 35 habitants du village décédèrent sur le front.

En 1949, une ligne de téléphonique fut ouverte, reliant le village à Tourotchak.

En 1953, un nouveau bâtiment pour l'école fut achevé.

L'année 1954 fut marquée par la construction d'un pont en bois vers Iogatch, de l'autre côté de la rive, et deux ans plus tard, une route carrossable fut ouverte jusqu'à Tourotchak..