Iaïliou (, aussi orthographié Яйлю́, , qui signifie résidence d'été, yourte d'été, camp d'été, pâturages d'été), est un village de la république de l'Altaï en Russie. Se trouvant dans le raïon de Tourotchak, il se situe dans le nord de la république. Il fait partie de la municipalité rurale d'Artybach, qui a comme chef-lieu le village d'Artybach. Sa population s'élevait à lors du recensement de 2021.

Village baigné par le lac Teletskoïe, lac classé à l'UNESCO au sein des montagnes dorées de l'Altaï, il attire de nombreux touristes. Il est aussi un des rares villages de la république à se trouver dans le périmètre de la réserve naturelle de l'Altaï, aussi une partie patrimoine mondial.

Géographie

Situation administrative Le village de Iaïliou se trouve dans la république de l'Altaï, un sujet du sud de la Sibérie en Russie. Il fait partie du district fédéral sibérien, se trouvent à au sud-est de Novossibirsk, la capitale du district. Iaïliou se situe aussi à à l'est de Moscou, ainsi qu'à au sud de Gorno-Altaïsk, la capitale de son sujet.

Iaïliou est l'un des trente-deux villages du raïon de Tourotchak, le raïon qui est le plus au nord du Haut-Altaï. Tourotchak, son chef-lieu, se situe à au nord du village. Le village fait partie de la municipalité rurale (municipalité) d'Artybach, dont le village d'Artybach en est son chef-lieu. Cette municipalité regroupe 4 localités : Artybach ; Iogatch, Novotroïtsk et Iaïliou.

Situation géographique vignette|Carte OSM du village.|375x375px|gaucheLe village de Iaïliou se trouve dans la partie la plus septentrionale du Haut-Altaï, nom de la partie russe de l'Altaï, un vaste système montagneux en Asie centrale. Précisément, le village est bordé par les monts de la , un des chaînons les plus septentrionaux de l'Altaï, mais aussi l'un des moins élevés. Son point culminant, le Koubez, culmine à seulement .

Le village se trouve sur un plateau dominant le Teletskoïe, le plateau étant à environ d'altitude, alors que l'eau est à . Iaïliou est situé sur le rivage nord du lac, mais sur le centre de ce rivage nord. Le village se trouve près de l'endroit où le lac « tourne », le Teletskoïe ayant une forme de « L » inversé. Une des branches va vers l'ouest, l'autre vers le sud.

Le village se situe sur les rives d'une petite anse, comprise entre le cap Koboukhta à l'ouest et le cap Tchichilgan à l'est. Il est entouré de montagnes d'une altitude allant de . Parmi les montagnes, plusieurs sont nommées ; dont le Koboukhta avec ses à l'ouest ; le Toro au nord avec ses , et juste en-dessous mais toujours au nord le mont Klyk avec ses . Il y a aussi un mont sans nom au nord-est, culminant à . Enfin, à l'est se trouve le mont Basskina avec ses .

Le village est l'endroit où plusieurs rivières se jettent dans le Telteskoïe, avec à l'ouest la Tchétchendek, et à l'est l'Okporok. Deux petits ruisseaux naissent dans le village pour se jeter dans le lac : la Troisième Rivière et la Quatrième Rivière. Une grotte se trouve à l'ouest du village.

Climat vignette|Glaces sur la rive. Bien que situé à seulement d'Artybach, Iaïliou possède un climat assez différent, avec un climat doux et humide, permettant la culture de certains fruits qui ne pourraient pas être cultivés quelques kilomètres plus loin. L'influence du lac est très forte sur le village, et la température moyenne annuelle est de . Le village est à la fois l'endroit le plus chaud en été, avec une moyenne de en juillet, ainsi que le plus froid en hiver, avec une température moyenne de . Le minimum absolu est lui d'environ .

En termes de précipitations, elles sont d'environ , avec les deux tiers tombant entre les mois de mai et août, ce dernier mois étant le plus pluvieux. La neige est importante en hiver, et la période sans gel est de 124 jours.

Le village est très venteux, à cause du relief du lac mais aussi du climat régional. Les vents venant du sud-est sont appelés localement « Verkhova », et ceux du nord-ouest « Nizovka ». La moyenne annuelle de jours avec des vents forts est de 13, et le record fut de 33 jours en 1948. Les vents forts sont fréquents en hiver, avec parfois 15 jours de vents forts en décembre et janvier seulement. Au contraire, il y a peu en été, avec un maximal enregistré de 3 en juillet.

Faune et flore Iaïliou possède une faune et flore typique de cette région de Sibérie méridionale, avec de très grandes étendues de taïga. En termes de flore, cette taïga est composée de forêts mixtes, avec des trembles, des pins de Sibérie, des bouleaux et des mélèzes de Sibérie. Des clairières interrompent ces forêts, avec des fougères, vesces, pâturins des prés, vulpisn des prés et autres. Parfois, on peut rencontrer des reines-des-prés, des acacias, des sorbiers. Il y a aussi des groseilliers, carex et bergenia.

Pour la faune, on peut apercevoir le corbeau, la mésange charbonnière, l'hirondelle rustique, la pie-grièche et la bergeronnette grise. Dans les forêts nichent des grives de Naumann, pinsons des arbres, pipits forestier, buses variables, pouillots, moucherolles gris, grives à gorge noire. En automne, les hiboux se trouvent en très grands nombres tout comme d'autres oiseaux de proie. Depuis le début des observations, des sternes, huppes, grands-ducs, bécassines, tourterelles et autres.

Sinon, nagent dans le lac des corégones, truites, goujons, et une fois a été pêché un nelma (Stenodus nelma). Il y a aussi sur terre des ours, cerfs et autres espèces. Concernant les ours, ils peuvent venir dans le village lors d'incendies ou mauvaises récoltes pour chercher de la nourriture. Comme il est interdit dans la réserve de tirer sur quelconque animal, des couvre-feux peuvent être instaurés la nuit pour éviter que les habitants croisent des ours.

Histoire

Archéologie En 1963 fu trouvé dans les environs du village une hache en bronze, de très haute qualité. Longue de , et large de , elle fut découverte lors de la construction d'une scierie, et fut transférée au musée national de la république de l'Altaï. D'après les estimations, elle daterait d'entre les IXe et VIIIe siècles av. J.-C., pendant la dernière période de l'Âge du bronze dans la région.

Tsarat et Empire russe L'histoire des premiers peuplements du village actuel est incertaine, à cause du manque de sources d'époque. L'on sait qu'au Moyen Âge, la zone autour du Teletskoïe était peuplée par des Téléoutes et par d'autres peuples. Ils vivaient de l'élevage du bétail, mais aussi grâce à la chasse et la pêche, mais étaient nomades.

Vers 1625, les cosaques de Sibérie récoltèrent pour la première fois le iassak dans les terres entourant le lac, mais en 1830, les populations nomades refusèrent de payer. Une bataille s'ensuivit dans les environs du lac, et les cosaques gagnèrent, soumettant les peuples des environs du lac.

En 1854, un prêtre de la atteint l'embouchure de la rivière Iaïliouach, où se trouvait un plateau où poussait une forêt de bouleaux. S'interrogeant sur la présence de la forêt de bouleaux, il demanda aux habitants d'Artybach pourquoi existait-elle. D'après les Altaïens vivant à Artybach, il y avait avant un village avec des terres arables, mais il fut abandonné, laissant pousser la forêt.

D'après la Liste des lieux peuplés du territoire sibérien, publié en 1928, le date de fondation du village est 1812, mais son exactitude est très incertaine. Cette date viendrait que des employés du Département statistique ont interrogé juste avant la publication de l'ouvrage de vieilles personnes du village, mais les dates étaient souvent différentes.

D'ailleurs, selon certains interrogés, en 1642, un ostrog fut établi par les cosaques sur l'emplacement actuel du village, afin de surveiller des terres récemment conquises. Ils se seraient établis sur une colonie de (突骑施), que ces derniers auraient fui à cause des maladies apportés par ces arrivants. En tout cas, l'on sait qu'en 1854, le village avait déjà été habité, mais ensuite s'était dépeuplé. Quant aux ostrog, deux ont été retrouvés autour du lac par des fouilles, mais aucun au niveau du village.

En 1893, le village était peuplé de 4 ménages, où vivaient 14 hommes et 11 femmes, qui étaient tous des Altaïens. Le village est ainsi habité de manière continue depuis une date comprise entre 1854 et 1893, soit une période de 39 ans. En 1899, la population était désormais de 16 hommes et 15 femmes vivant toujours dans 4 ménages.

En 1905, nota que le village était un bon mouillage pour les bateaux sur le lac. Le village était alors composé de cabanes en bois, et les habitants cultivaient un peu d'orge et parfois du blé.

En 1909, d'après un missionnaire, il y avait 8 yourtes d'Altaïens, avec seulement une famille baptisée.

Période soviétique

Années 1920 à la fin de la guerre Lors du recensement de 1926, le village était peuplé de 19 hommes et de 26 femmes, répartis dans 12 ménages.

En 1929, une expédition botanique eut lieu dans les environs du village, et en 1930, le conseil des commissaires du peuple de la RSFSR décida de créer une réserve dans l'Altaï. AInsi, en mars 1931, plusieurs scientifiques firent escale au village afin de faire des études préliminaires.

Le , une station météorologique fut ouverte par l'Académie des sciences de l'URSS.

Le , la réserve naturelle de l'Altaï fut instituée, qui englobait le village. Plusieurs employés de la réserve furent installés dans le village, avant que la gestion de la réserve migre au cours de l'été vers le village d'Artybach.

En 1934, un moulin fut construit dans le village.

Pendant l'année 1935 fut créé à Iaïliou un centre de surveillance du monde animal, qui comprenait un vétérinaire. Mais l'accès au village étant difficile, le matériel fut transporté principalement par le lac, même si des charrettes purent arriver au village depuis Artybach. Il y avait en tout 65 employés dans le village pour la réserve et ses centres.

En août 1935, les premiers touristes arrivèrent dans le village, avec 12 personnes du Komsomol. La même année, une pépinière fut ouverte dans le village, qui a ensuite donné le verger du village qui existe toujours.

En novembre 1936, une photothèque illustrant la réserve fut ouverte.

Pendant les années qui suivirent, l'agriculture continua de devenir de plus en plus importantes, avec de nouvelles cultures d'avoine, de chanvre, de pomme de terre, etc. Cette agriculture était une nécessité pour les habitants du village, qui devaient faire face à un enclavement extrême. Il fallait entre 4 à 5 jours depuis Oïrot-Toura en cheval pour se rendre à Artybach, puis soit prendre un bateau sur le lac, soit suivre un sentier de montagne d'une trentaine de kilomètres.

Avec la population grandissante, une bibliothèque, un musée, une salle polyvalente, un centre équestre, une porcherie, un poulailler furent construits pour les habitants. Les employés de la réserve vivaient en effet avec leurs familles dans le village. Pour les habitants qui n'étaient pas employés par la réserve, ils furent souvent expulsés du village vers Artybach ou Iogatch. Souvent, les scientifiques qui venaient dans le village venaient du printemps à l'automne, et en hiver ils se rendaient à Moscou pour leurs travaux.

En 1937, une ferme collective fut ouverte dans le village, ainsi qu'une école. Un bateau à vapeur nommé le « Partisan » fut mis en service pour assurer le transport sur le lac.

En 1939, Iaïliou disposait de deux immeubles résidentiels, d'un commerce, d'un club, d'un bain public, mais aussi d'une ferme toujours plus grande ainsi que de l'électricité, chose rare pour l'époque dans la région.