Les élections au Parlement basque de 2024 (, ) se tiennent le , afin d'élire les de la du Parlement basque pour un mandat de quatre ans.

Le Parti nationaliste basque, historiquement au pouvoir au Pays basque, arrive en tête en voix et semble en mesure de se maintenir au pouvoir dans le cadre de sa coalition avec le Parti socialiste. Il fait cependant jeu égal en sièges avec EH Bildu, qui réalise une percée historique grâce au succès de sa stratégie de « normalisation ». Son discours social et pragmatique lui permet de conquérir l'électorat jeune, rentabiliser les critiques du bilan du Parti nationaliste et capter la base électorale de Podemos. Les résultats débouchent sur le Parlement le plus nationaliste de l'histoire de la communauté autonome.

Moins d'une semaine après la tenue du scrutin, le Parti nationaliste et le Parti socialiste ouvrent des négociations en vue de renouveler leur coalition, qui se concluent positivement au début du mois de suivant. Deux mois après les élections, Imanol Pradales est élu lehendakari par le Parlement et forme son gouvernement.

Contexte Élections basques de 2020 Lors des élections du 12 juillet 2020, le Parti nationaliste basque (EAJ-PNV) du lehendakari sortant, Iñigo Urkullu, renforce sa majorité relative au Parlement avec 31 députés sur 75. Il est suivi d'Euskal Herria Bildu, qui confirme son leadership sur la gauche, tandis que le Parti socialiste (PSE-EE-PSOE), partenaire de coalition de l'EAJ-PNV, progresse à peine et qu'Elkarrekin Podemos (EP) perd la moitié de son groupe parlementaire..

L'EAJ-PNV et le PSE-EE-PSOE ouvrent des négociations en vue de reconduire leur entente, désormais majoritaire, le .. Cinq semaines plus tard, le , les deux partis indiquent avoir conclu un nouvel accord de coalition, ratifié par leurs directions respectives.. Lors d'une session parlementaire spéciale, Iñigo Urkullu est investi pour un troisième mandat président du gouvernement par sur 75, une députée de l'EAJ-PNV se trouvant en quatorzaine..

Élections de 2023 Le résultat des élections municipales du 28 mai 2023 montrent une nette progression de Bildu, que le PNV devance d'un peu plus d'un point, contre 11 quatre ans auparavant : la gauche abertzale l'emporte à Vitoria-Gasteiz, où le PNV n'est plus que la quatrième force politique et à Saint-Sébastien, les deux partis obtiennent le même nombre d'élus.. Au niveau provincial, Bildu devance le PNV aux élections dans le Guipuscoa..

Moins de deux mois plus tard ont lieu les élections générales anticipées. Le Parti socialiste l'emporte en voix et obtient 5 députés sur 18, soit autant que Bildu et le PNV. Inattendu, ce résultat marque la première victoire du PSOE au Pays basque depuis 2008. Avec huit points, et un députés de moins qu'en 2019, le PNV réalise son plus mauvais résultat depuis les années 1980. Il devance Bildu d'à peine de vote. Le Parti populaire (PP) obtient deux députés, un de plus que quatre ans plus tôt, tandis que la coalition Sumar ne conserve qu'un des trois parlementaires obtenus en 2019 par Unidas Podemos..

Le , Iñigo Urkullu annonce que les élections auront lieu le suivant..

Mode de scrutin vignette|Salle des séances du Parlement basque. Le Parlement basque (, ) est l'assemblée législative monocamérale de la communauté autonome du Pays basque. Il est constitué de () élu pour une législature de quatre ans au suffrage universel direct selon les règles du scrutin proportionnel d'Hondt par l'ensemble des personnes résidant dans la communauté autonome où résidant momentanément à l'extérieur de celle-ci, si elles en font la demande.

Nombre de députés L'article 26 du statut d'autonomie de 1979 dit dispose que le Parlement sera composé d'un nombre égal de députés représentant les territoires historiques et élu pour une période de quatre ans. En vertu de l'article 10 de la loi 5/1990 relative aux élections au Parlement basque, le nombre de députés par circonscription est fixé à 25, ce qui établit la composition de l'hémicycle à 75 parlementaires.

CirconscriptionsDéputésCarteAlava25alt=Députés par circonscription.|125pxBiscaye25Guipuscoa25

Convocation et candidatures Conformément à l'article 46 de la loi électorale 5/1990, les élections sont convoquées par le président du gouvernement basque au moyen d'un décret qui doit être pris le précédant l'expiration de la législature et publié le lendemain au Journal officiel (, BOPV). Les élections doivent se tenir après cette publication.

Peuvent présenter des candidatures : les partis, associations et fédérations politiques inscrits au registre des associations politiques du ministère de l'Intérieur ; les coalitions électorales formées par les entités précitées ; les groupes d'électeurs, à la condition d'avoir réuni les parrainages d'au moins 1 % des électeurs de la circonscription électorale concernée.

Tous les candidats doivent être résidents enregistrés au Pays basque, ou prouver que leur dernière domiciliation administrative se trouvait sur le territoire basque s'ils sont expatriés. Les listes de candidats doivent présenter au moins 50 % de femmes, cette proportion devant se retrouver pour chaque groupe de six candidats.

Répartition des sièges Le Parlement est élu au scrutin proportionnel d'Hondt. La répartition des sièges est opérée de la manière suivante : les listes sont classées par ordre décroissant selon le nombre de votes obtenus ; le nombre de votes de chaque liste est divisé par 1, puis 2, puis 3... jusqu'au nombre total de sièges à pourvoir ; les sièges sont attribués aux quotients les plus élevés, toutes listes confondues, par ordre décroissant jusqu'au dernier siège à pourvoir

Seules les listes ayant remporté au moins 3 % des suffrages valables dans la circonscription concernée, ce qui inclut les votes blancs, participent à cette répartition.

Campagne Forces politiques Force politiqueChef de fileIdéologieParti nationaliste basque EAJ-PNVImanol PradalesCentreNationalisme, démocratie chrétienne, libéral-conservatisme38,70 % des voixEuskal Herria Bildu EH BilduGauche à extrême gaucheProgressisme, nationalisme, indépendantisme27,60 % des voixParti socialiste du Pays basque-Gauche basque-PSOE Centre gaucheSocial-démocratie, progressisme13,52 % des voixParti populaire PPJavier de AndrésCentre droit à droiteLibéral-conservatisme, démocratie chrétienneEn coalitionElkarrekin Podemos-Alianza Verde Miren GorrotxategiGauche à extrême gaucheSocialisme démocratique, populisme de gauche, républicanismeEn coalitionPodemosAlianza VerdeAVSumar GaucheProgressisme, écologie politique, féminismeEn coalitionSumarSMREzker AnitzaEzAn-IUBerdeak EquoMás EuskadiVoxDroite radicale à extrême droiteNéo-franquisme, centralisme, ultranationalisme1,94 % des voix

Renouvellement générationnel Ces élections sont l'occasion pour les principales forces politiques basques de procéder à un renouvellement du personnel politique. Les chefs de file du Parti nationaliste basque (EAJ-PNV), d'Euskal Herria Bildu (EH Bildu) et du Parti socialiste (PSE-EE-PSOE) ont en effet obtenu leurs premiers mandats électifs au moment de la fin de l'activité de l'organisation terroriste ETA. Plusieurs figures parlementaires ou gouvernementales marquantes des précédentes décennies ont par ailleurs l'intention de se retirer à l'occasion du scrutin de 2024, outre Iñigo Urkullu qui n'a pas été investi pour une nouvelle candidature : le porte-parole parlementaire de l'EAJ-PNV Joseba Egibar, le premier vice-président du gouvernement Josu Erkoreka, le conseiller aux Finances Pedro Azpiazu, la deuxième vice-présidente du gouvernement et ex-secrétaire générale du PSE-EE-PSOE Idoia Mendia, le conseiller au Logement Iñaki Arriola, ou encore l'ex-président du Parti populaire Carlos Iturgaiz..

Sondages center|vignette|900x900px|Moyenne lissée des sondages.

Résultats Participation Taux de participationEn 2020En 2024Différenceà 12 heures14,14 %align="right" – à 13 heuresalign="right" 28,05 % – à 17 heures36,02 %align="right" – à 18 heuresalign="right" 51,03 % – à 20 heures52,86 %62,52 %Final50,78 %60,02 %

Voix et sièges Total régional +Résultats des élections au Parlement basque de 2024.Fichier:Parlement basque 2024.svgPartisVoix% +/-Sièges+/−Parti nationaliste basque (EAJ-PNV)34,8227Euskal Herria Bildu (EH Bildu)32,1327Parti socialiste du Pays basque-Gauche basque-PSOE (PSE-EE-PSOE)14,0912Parti populaire (PP)9,187Sumar3,311Elkarrekin Podemos-Alianza Verde2,230Vox2,031Parti animaliste avec l'environnement (PACMA)0,520Sièges en blanc (EB)0,290Por un Mundo más Justo (PUM+J)0,160Être (Izan)0,130Parti communiste des travailleurs du Pays basque (PCTE/ELAK)0,060Parti humaniste (PH)0,040Ongi Etorri (OE)0,020Ciudadanos (Cs)Votes blancs0,98Votes valides99,37Votes nuls0,73Total100 – 75Abstentions39,98Inscrits / participation60,02

Par circonscription CirconscriptionAlavaBiscayeGuipuscoaSièges252525Nombre%Nombre%Nombre%Inscrits100,00100,00100,00Abstentions40,6139,1741,00Votants59,3960,8359,00Nuls1,050,760,54Exprimés98,9599,2499,46PartisVoix% Sièges+/−Voix% Sièges+/−Voix% Sièges+/−EAJ-PNV26,7471131,389EH Bildu828,28811PSE-EE-PSOE16,20413,97413,424PP15,8949,0426,401Sumar3,6613,3503,080EP-AV2,3902,2302,170Vox3,6811,9001,510Autres1,4001,2801,170Blanc0,890,971,05

Analyse vignette|Parti arrivé en tête par territoire et intensité de son score. Arrivant à égalité en sièges avec le Parti nationaliste basque (EAJ-PNV) qui domine la vie politique basque depuis des décennies, Euskal Herria Bildu réalise une percée électorale historique au Pays basque. L'EAJ-PNV, qui gouverne en coalition avec le Parti socialiste, s'assure cependant un court avantage en voix, de l'ordre de deux points et demi de pourcentage.. Si l'accession du Pays basque à la souveraineté n'est pas une priorité dans la société, les élections débouchent sur le Parlement le plus nationaliste de l'histoire de la communauté autonome, 72 % des sièges de député étant occupés par des partis issus de cette mouvance..

Ce succès de Bildu repose sur la réussite de sa stratégie de « normalisation » visant à faire primer un discours social, écologiste et féministe proche des préoccupations du quotidien sur les revendications identitaires., afin de séduire la génération qui n'a pas connu les « années de plomb » marquées par le terrorisme d'ETA. La coalition indépendantiste devient ainsi la première force politique au sein de la jeunesse et capte l'essentiel de l'électorat de Podemos.

Elle bénéficie aussi des critiques relatives au bilan de l'EAJ-PNV. Alors qu'il avait prévu de revendiquer sa gestion efficace de la communauté autonome, le Parti nationaliste a été plombé par la crise que traversent les services publics, la forte hausse des loyers ou encore la peur d'une désindustrialisation dans cette prospère région industrielle. S'il l'emporte en voix, le résultat montre que le parti historiquement au pouvoir est en perte de vitesse. Son maintien au pouvoir semble cependant assuré dans la mesure où sa coalition avec le Parti socialiste conserve la majorité.

Arrivé troisième dans les urnes, le Parti socialiste (PSE-EE-PSOE) était un temps perçu comme l'arbitre entre les deux partis vainqueurs, alliés indispensables du gouvernement de coalition de gauche au Congrès des députés. Il indique cependant ne pas avoir l'intention de soutenir l'accession au pouvoir de Bildu, dénonçant son refus de condamner le « terrorisme », une posture ratifiée de facto par le chef de file de Bildu lors de la dernière semaine de campagne quand il a refusé de qualifier ETA de « groupe terroriste »..

Conséquences vignette|Imanol Pradales est investi lehendakari le .