La libération de Mayenne et de ses environs se déroule le par l'action conjointe des Forces françaises de l'intérieur (FFI) et de l'armée américaine du général George Patton, mettant fin à quatre années d'occupation de la ville par les Allemands dans le cadre de la libération de la France.
La prise de la ville permettra aux troupes alliées de s'emparer d'une tête de pont.
Contexte historique Le , le maréchal Pétain adresse un message aux armées françaises demandant de cesser les combats dans la perspective de l’armistice. Le , vers 18hJean André, Journal d'un mayennais sous l'occupation, p. 10., les Allemands atteignent Mayenne. La 236e division légère d'infanterieLe Corps d’Armée D (CA. D) regroupe les unités organiques de la 3e Région Militaire (Rouen) du général Gaston Duffour, des formations reconstituées comme la 236e DLI, des unités rescapées des combats de la Somme comme le groupement Salan de la 5e division d'infanterie coloniale qui assurera la défense du pont de Montjean. (236e DLI), est délogé de Mayenne le 18 par les avant-gardes du II. AK progressant vers Nantes. Le 118e régiment d'infanterie de la 236e DLI est capturé lors des combats de Mayenne.
Entrés en ville, les soldats allemands défilent dans les rues, musique en tête. Sur le perron de l'Hôtel-de-Ville, c'est la secrétaire générale de la Maire, Melle Legendre qui a l'obligation en l'absence du maire, d'accueillir l'officier allemand commandant les troupesJean André, Journal d'un mayennais sous l'occupation, p. 67.. Bombardements Mayenne est bombardée de façon importante dans la nuit du au pendant la bataille de Normandie. Vers 1h30 du matin, les habitants sont brusquement réveillés par des lueurs provenant de fusées éclairantes. Quelques instants après, un infernal bombardement durant environ 12 minutes voit une centaine d'avions qui déversent des chapelets de bombes et de plaquettes incendiaires. Le quartier Saint-Martin est durement touché : les impacts sont si nombreux, surtout dans le haut du quartier et près de la Gare de Mayenne, que l'écrasement est total. Avec l'incendie en outre provoqué par les plaquettes, c'est une vision d'horreur. Les pompiers sont impuissant devant la multiplicité des incendies et l'immensité de la catastrophe. Plusieurs parties de la ville sont en feu, alors que dans le centre, de nombreuses maisons sont touchées par les bombes explosives. La Basilique Notre-Dame-des-Miracles de Mayenne est très gravement touchéeIl faudra attendre treize ans pour qu’elle puisse de nouveau accueillir des messes, après avoir été reconsacrée par l’évêque de Laval, en 1957. , et quasiment en ruines, ses admirables vitraux sont détruits à jamais. L'attaque aérienne a été foudroyante et laisse 345 tués, et plus de 120 blessés. Des tracts avaient bien été lancés par les Alliés pour prévenir la population de ce qui allait se passer, mais ils sont -paraît-il- tombés dans la campagne environnante et Jean André, Journal d'un mayennais sous l'occupation, p. 67.. Aucun exemplaire n’a été retrouvé ni conservé. Après cette nuit de terreur, nombreux sont les habitants de Mayenne qui s'exilent à la campagne, et se réfugient dans des fermes des environs.
L'arrivée des Alliés Les mitraillages incessants des routes et des terrains, le bombardement de Mayenne, des passages d'eaux et des nœuds routiers avaient clairement fait comprendre l'importance que les Alliés attachaient à la dislocation de l'arrière front de la Bataille de Normandie.
Après la réussite de l'opération Cobra, et la percée d'Avranches qui s'ensuivit fin , le piétinement des Alliés sur le front normand prend fin. Au cours de la semaine du au , l'activité aérienne redouble, les alertes se multiplient, et on assiste alors au reflux des débris de des divisions allemandes battues en Normandie.
Les divers services Allemands évacuent en hâte les immeubles qu'ils occupent. La kommandatur et la feldgendarmerie ferment leurs portes. Avant déguerpir, les Allemands se livrent à un pillage organisé de certaines maisons. Dans la nuit du 4 au , des avions survolent en nombre la région, lançant des fusées, bombardant des convois, tandis que les Allemands se replient. A minuit 45, des bombes américaines explosent sur des routes environnantes.
Le mouvement Le XVe Corps d'armée américain se trouve depuis le dans la région Ernée-Fougères a reçu mission de se déplacer vers l'Est pour pousser vers le Mans: c'est à la Task force Weaver du 90e division d'infanterie américaine que revient le rôle de se porter sur Mayenne et de s'y emparer d'une tête de pont. L'ordre de bataille du Général George Patton (3e armée américaine) est le suivant : la 90e division d'infanterie américaine franchira la Mayenne et de s'établir un peu en avant de celle-ci. Patton indique que cette avance doit être poursuivie avec la dernière énergie, car, de sa réussite, peut dépendre le succès de toute la campagne de l'Ouest de la France. L'apport de la Résistance locale C'est de Montenay que part le le groupe de 8 maquisards dirigés par René Justin qui rejoint les forces américaines à LandivyDeux familles mayennaises reconnues comme Justes, Ouest-France, 29 décembre 2009Jean Jourdain, ancien résistant, a contribué à sauver Ernée, Ouest-France, 12-13 juin 2010. Jean André dans son ouvrageLe Journal d'un mayennais sous l'Occupation, P. 69. signale aussi la présence du capitaine de gendarmerie Germain, de Mayenne, affilié à la Résistance qui se porte à la rencontre des Américains à Landivy. L'historien Marc Betton indique que René Justin est conduit au Q.G. du général Weaver. Il veut éviter l’anéantissement de la ville d’Ernée d’un bombardement américain, pourtant prévu pour le 5 août. Mais il détient surtout des renseignements précieux que les Américains ignorent : les Allemands préparent bien des positions d’artillerie dans la forêt de Mayenne, mais ils ont disposé des panneaux pour un repli de leurs troupes sur Laval. C’est ce que s’apprêtent à faire les 1 000 Allemands qui sont sur Ernée, le 4 août au soir !.
D'après Marc Betton, les Américains ne pensent, à ce moment, qu’à sécuriser le corridor d’Avranches, pour assurer la conquête de la Bretagne et des ports. Ils souhaitent initialement contourner RennesLibération de Rennes. afin de foncer sur Brest, Lorient et Saint-Nazaire, principaux ports bretons, transformés pour la plupart en forteresses () par la Wehrmacht. René Justin est alors dirigé vers Saint-Hilaire-du-Harcouët, où se trouve le général George Patton. Les Résistants français seront placés à l'avance américaine des forces d'attaqueLe deal est clair. Si les Français sont sûrs d’eux, qu’ils montent dans la première Jeep et les conduisent par les petites routes. Ils seront, soit tués les premiers, soit victorieux d’une pénétration américaine en profondeur surprise. . Pour Marc Betton, René Justin est l'homme qui a donné au Général Patton l'intuition de l'encerclement de la Poche de Falaise, permettant d’accélérer le cours de la Seconde Guerre mondiale de façon déterminante, en 1944.
Les objectifs La Task Force du 90e division d'infanterie américaine, sous les ordres du général William G. Weaver, se porte sur Mayenne afin et de s'y emparer d'une tête de pont. Elle a ordre de franchir à cet endroit la Mayenne et de s'établir un peu en avant de celle-ci, sur une ligne allant de Saint-Fraimbault-de-Prières à la forêt de Bourgon avec Aron comme centre. Mayenne entre ainsi dans la zone des opérations terrestres de guerre. Il est prévu dans un premier temps de prendre d'assaut la ville par une attaque de nuit. René Justin mène, le matin du 5 août, l’avance américaine de la force d’attaque du général Weaver. Il guide les Américains jusqu'à Mayenne, épargnant ainsi la ville d'Ernée d'une destruction par les bombardements prévus par les Américains.
vignette|upright=1.5|Carte des opérations du au .
Déroulement de la bataille
vignette|upright|Drapeau américain.
Au matin du , à du matin, le pont de Saint-Baudelle est détruit par la division d'infanterie de la Wehrmacht. À , le viaduc de Mayenne saute ; à , c'est le tour du pont de Notre-Dame. Seul est conservé le pont de la Caisse d'Épargne. Le , dans la matinée, les forces américaines, guidées par des Résistants, pénètrent à Mayenne par les Perrouins et la cité du Pommier. Elles engagent le combat avec les Allemands : canonnades, combats de rues vite terminés. Les Américains progressent.
Les canons de 88 mm allemands font beaucoup de dégâts. Ils sont repérés avec l'aide d'avions de reconnaissance américains. Vers , la mise hors fonction des forces d'artillerie installées par les Allemands dans le quartier Saint-Martin est réalisée par les Américains à la suite d'un combat d'artillerie. La résistance allemande perd ainsi son principal appui.
À , toutes les forces d'assaut américaines sont en place. L'évènement capital est alors la prise par les Américains du pont de la Caisse d'Épargne, qui est resté toujours intact. C'est le sacrifice du soldat démineur américain James McCracken qui permet au groupement Weaver de la division de franchir la Mayenne et de libérer la rive gauche, le . Ce sont pourtant les hommes du sous le lieutenant Burrows Stevens qui ont réussi à traverser le pont, derrière le char du lieutenant Charley Lombardi afin de couper les fils des explosifs, car l’autre ingénieur du a été grièvement blessé, lui aussi, par la même salve qui a tué McCracken. Le pont chargé de seize bombes de ne sautera pas. La voie est ouverte au gros des troupes du général .
À , le canon américain tonne toujours. À partir de , la progression est générale. Deux bataillons du d'infanterie américain, postés au carrefour de Parigné à Saint-Baudelle, traversent la Mayenne, avec en tête le général Weaver. Le occupe la carrefour Mallécot, la Madeleine, le remblai du chemin de fer puis la cité.
Vers , le drapeau tricolore flotte dans les rues de Mayenne. La ville est conquise. La division d'infanterie américaine s'y installe défensivement : elle est chargée de faire face à toute contre-attaque.
À , les Américains atteignent la ferme de la Mazure, puis Pleinmer. C'est fini. Au cours des engagements, quatorze Américains trouvent la mort. Des obus détruisent quelques immeubles (dégâts importants au carrefour Mallécot, incendie de l'imprimerie Joseph Floch…).
Les combats d'Aron du au L'objectif initial des Américains d'établir une tête de pont avec Aron au centre, fixant ainsi cette commune comme point central de la bataille Les combats d'Aron, livrés par les troupes allemandes en retraite en vue de retarder l'avance américaine, doivent être mentionnées dans les annales de la Campagne de la Libération de la France.
Les Allemands évacuèrent Mayenne en direction de Bais. Ils stabilisent le front à 3 km de Mayenne, particulièrement près d’Aron. Du 6 au , la région d'Aron comme toute celle du Nord-Est de la Mayenne est le théâtre d'incessants combats où l'arrière-garde allemande livre alors d’incessants combats contre les forces américaines. Par l'acharnement spécial de la lutte, par le nombre de fusillades et des morts, et par l'importance des destructions, Aron, délivrée, reprise puis redélivrée, par de sanglants combats, devient, eu égard à sa population, la plus éprouvée du département de la Mayenne.
La bataille a duré du 6 au .