Le Joueur d'échecs de MaelzelEdgar Allan Poe, Histoires grotesques et sérieuses, trad. Charles Baudelaire, 1864 (Maelzel's Chess Player) est un essai d'Edgar Allan Poe publié pour la première fois en , à propos du Turc mécanique, un faux automate joueur d'échecs devenu célèbre en Europe et aux États-Unis grâce à une tournée mondiale. Traduite en français par Charles Baudelaire, elle fait partie du recueil Histoires grotesques et sérieuses.
Genèse et thèmes La question de l'automatisation des échecs est abordée. Poe part du principe (qui se révélera historiquement faux) que l'apprentissage des règles par un automate ne pourrait se faire qu'une fois le jeu résolu (au sens mathématique du terme), donc qu'un automate gagnerait toujours (en mettant en pratique la stratégie mathématiquement gagnante). Cependant, le Turc mécanique, construit par Wolfgang von Kempelen et exposé aux États-Unis par Johann Nepomuk Maelzel à partir de 1825, fait parfois des erreurs, ce qui le rend suspect aux yeux de Poe. Bien que ce soit l'essai le plus célèbre écrit sur le Turc mécanique, Le Joueur d'échecs de Maelzel repose sur de nombreuses hypothèses incorrectes. On ne sait pas si Poe connaissait les articles du Baltimore Gazette indiquant que deux jeunes avaient vu le joueur d'échecs William Schlumberger sortir de l'automate. Cependant, il emprunte beaucoup d'informations à Letters on Natural Magic de David Brewster. D'autres essais et articles ont aussi été écrits sur le même sujet avant celui de Poe à Baltimore, Philadelphie et Boston, des villes où Poe a séjourné ou qu'il a visitées avant l'écriture de son essai.
Le Joueur d'échecs de Maelzel est publié dans l'édition d'avril 1836 du Southern Literary Messenger. Il y indique que Maelzel et ses automates on fait au moins une visite antérieure à Richmond en Virginie , et qu'ils étaient alors exposés . Cependant, étrangement, Poe ne donne pas de date ou de lieu précis pour sa plus récente rencontre de l'automate joueur d'échecs, se contentant de dire qu'il a été exposé à Richmond . Aucune biographie connue de Poe n'indique avec précision quand et où à Richmond il a assisté aux démonstrations de l'automate.
Résumé Poe examine le cas du Turc mécanique et conclut, au vu de différentes observations, que le prétendu automate dissimule en fait un opérateur humain. Il explique notamment que la façon dont est présenté au public l'intérieur de l'automate permet à un humain de rester dissimulé à chaque phase de l'opération.
Importance L'essai est important car il prédéfinit plusieurs motifs généraux de la science-fiction moderne. Poe y crée aussi une méthode analytique qu'il utilise par la suite dans ses « contes de ratiocination », ancêtres des nouvelles policières, comme Le Scarabée d'or ou Double Assassinat dans la rue Morgue. Poe met l'accent sur l'idée qu'un esprit dirige la machine.
Au moment de sa publication, Le Joueur d'échecs de Maelzel déclenche de nombreuses réactions dans des journaux comme Norfolk Herald, Baltimore Gazette, Baltimore Patriot, United States Gazette, Charleston Courier, Winchester Virginian, et le New Yorker, ce dernier indiquant que le seul défaut de l'essai est sa longueur excessive.
Bibliographie
Notes et références
Liens externes
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