L’École littéraire de Montréal est une association d'hommes de lettres canadien-français à Montréal à la fin du et au début du . Elle a été fondée en 1895 et a fermé en 1935. Elle a pour but de cultiver les lettres canadiennes et de créer un milieu littéraire favorable.
Historique L'idée de sa création est due à Jean Charbonneau et Paul de Martigny, aidés de Louvigny de Montigny et Germain Beaulieu.. La première séance a lieu le . L'École compte un maximum de trente membres qui doivent prouver leur notoriété à leurs collègues. Les candidats sont choisis sur soumission de poèmes. L'École a un président, un vice-président et un trésorier. Germain Beaulieu en est le premier président et Jean Charbonneau, le secrétaire. Parmi les membres en 1897, ce cénacle compte
La première rencontre a eu lieu à l'Hôtel de Ville de Montréal. Les réunions sérieuses ont lieu ensuite au château Ramezay, qui donnera son titre au recueil de l'ensemble des présentations faites entre 1896 et 1900 : Soirées du Château de Ramezay. Nelligan, qui se joint au groupe en , en fut au jugement de Camille RoyManuel d'histoire de la littérature canadienne-française, 1920, ..
L'École organise des séries de conférences : entre et , elle tient , au cours desquelles sont prononcées , et en prose. Elle tient aussi des séances publiques :
En , à la suite de la démission de Germain Beaulieu, Wilfrid Larose est élu président. Le , Jean Charbonneau présente une étude critique sur le symbolisme en France.. Le , Émile Nelligan est applaudi triomphalement lorsqu'il déclame sa Romance du vin. C'est l'événement le plus mémorable et en quelque sorte le chant du cygne de l'École..
L'École tombe en sommeil de 1900 à 1904, puis connaît un regain d'activité pendant quelques mois et redevient silencieuse de 1905 à 1908. Un projet de publication d'une deuxième série des Soirées du Château de Ramezay avorte. Il est suivi du lancement d'une revue littéraire intitulée Terroir, dont le premier numéro paraît en mais qui disparaît après onze numéros. L'École vivote ensuite et ne connaît que d'épisodiques rencontres jusqu'au début des années 1930.
Jean Charbonneau a écrit l'histoire de l'École après sa fermeture.
Esthétique On a souvent présenté cette école comme le fer de lance de la modernité littéraire au Québec. Des travaux récents obligent cependant à modifier cette vision idyllique :
L'École contribue à engendrer dans le public un intérêt pour la création d'une littérature nationale :
L'École fut fortement marquée par l'influence du symbolisme, ce qui l'amena à considérer la poésie selon un paradigme musico-picturalAntoine P. Boisclair, « Présence et absence du portrait à l’École littéraire de Montréal. Les exemples de Charles Gill et d’Émile Nelligan », Études françaises, volume 43, numéro 2, 2007, p. 137–151 (lire en ligne). .
Membres Initialement composée entre 1895 et 1904 de : Germain Beaulieu, Louvigny de Montigny, Jean Charbonneau, G.-A. Dumont, E.-Z. Massicotte, Pierre Bédard, Louis-Joseph Béliveau, Albert Ferland, Paul de Martigny, Henry Desjardins, Alfred Desloges, J.-W. Poitras, Alban Germain, Jules Leclerc, Charles Gill, Arthur de Bussières, Joseph Melançon (Lucien Rainier), Émile Nelligan, J.M.A. Denault, Wilfrid Larose, Firmin Picard, J.H. Legault, Alphonse Gingras, Raoul Leduc, Gonzalve Desaulniers, Louis-Honoré Fréchette, Hector Demers, Gustave Comte, Albert Lozeau, Louis-Joseph Doucet, Charles-Albert Millette.
Après une période de sommeil et plusieurs départs, s'y ajouteront au fil des ans : Alphonse Beauregard, William-Athanase Baker, Louis-Joseph Doucet, Philémon de Beaucis, Émile Coderre (Jean Narrache), Hector Desloges, Albert Dreux, Englebert Gallèze, Casimir Girardin, Claude-Henri Grignon, Albert Laberge, J.-A. Lapointe, Lionel Léveillé, Denis Lanctôt, Léon Lorrain, Antonio Pelletier, Damase Potvin, Ernest Tremblay, Jules Tremblay.
Références
Bibliographie
École littéraire de Montréal, Soirées du Château de Ramezay, Montréal, E. Senecal & Cie, 1900.
Jean Éthier-Blais, « Lettres canadiennes-françaises. L’École littéraire de Montréal », Études françaises, vol. 1, n° 3, , p. 107-112 (lire en ligne). Antoine P. Boisclair, « Présence et absence du portrait à l’École littéraire de Montréal. Les exemples de Charles Gill et d’Émile Nelligan », Études françaises, volume 43, numéro 2, 2007, p. 137–151 (lire en ligne).
Paul Wyczynski, « L’École littéraire de Montréal. Origines – évolution – rayonnement », L’École littéraire de Montréal, Archives des lettres canadiennes. Tome II, Montréal, Fides, 1972, p. 11-36.
Voir aussi
Articles connexes École littéraire de Québec
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