Théophile Bergès, né le à Mareuil (Dordogne) et mort le à Rennes, est un communard, journaliste puis administrateur colonial français.

Biographie

Né le à Mareuil, Alexandre-Henry-Théophile Bergès est le fils de Marie-Claire Bergès, née Neuthier, et de Dominique-Gervais Bergès, directeur des postesArchives départementales de Dordogne, état civil de Mareuil, registre des naissances de 1851, acte (vue 11 sur 18)..

Communard et déporté

Garde mobile pendant la Guerre franco-allemande de 1870, Théophile Bergès prend part à la défense de Paris lors du siège. Il rejoint ensuite les rangs des communards. Il n'a pas encore vingt ans quand Raoul Rigault le nomme sous-chef à la préfecture de police, le . Après la Semaine sanglante, il tente de fuir la répression en se dissimulant sous le nom d'emprunt de « Legrand », mais il est arrêté en gare de CulozNotice du Maîtron (cf. Liens externes)..

Le , à Saint-Germain-en-Laye, un conseil de guerre le reconnaît coupable d'« attentat dans le but de changer le gouvernement » et de « s'être immiscé sans titre dans les fonctions publiques de sous-chef à la préfecture de police », et le condamne par conséquent à la déportation dans une enceinte fortifiéeBase de données des dossiers individuels de condamnés au bagne (consultée le 31 juillet 2023).. Cette peine est commuée en déportation simple le .

Embarqué à bord du vapeur La Garonne en , il arrive au début du mois de novembre en Nouvelle-Calédonie, où il est débarqué, d'abord sur l'île Ducos puis sur l'île des Pins. Le , un conseil de guerre le condamne à cinq ans de prison et cinq ans de surveillance pour complicité d’évasion.

vignette|Album de l'Ile des Pins du 5 mars 1879 (illustration de Paul Geofroy).

En 1877, Bergès est, aux côtés d'Eugène Mourot et de Victor Cosse, l'un des principaux rédacteurs d'un hebdomadaire créé par et pour les déportés, Les Veillées calédoniennes. En 1878, d'abord avec Léonce Rousset puis seul, il dirige la publication d'un autre hebdomadaire intitulé Album de l'Ile des PinsLe Journal, 4 février 1913, ..

Ayant obtenu une remise de peine le , il regagne la métropole à bord de La Picardie. Il débarque ainsi à Port-Vendres à la fin de l'été 1879La Dépêche du Midi, 12 septembre 1879, ..

Journaliste

Gagnant désormais sa vie comme journaliste, Bergès travaille d'abord pour La République de Château-Thierry, un journal fondé en 1879. À la suite de la publication d'un article jugé offensant par le fils de William Waddington, Bergès affronte celui-ci en duel à Menin le La Lanterne, 27 janvier 1880, ..

La même année, probablement grâce à un influent protecteur tel que le député radical Charles Floquet, Bergès est nommé rédacteur en chef du Réveil du Dauphiné, journal républicain de GrenobleDixi, « Soleil d'Afrique », La Charente, 29 août 1899, .. Il démissionne cependant de ce poste dès la fin du mois de Le Moniteur universel, janvier 1882, ., après avoir constaté la mainmise de la municipalité de Grenoble sur la rédaction du RéveilLa Patrie, 7 février 1882, ..

Vers la fin de l'année 1882, il se rend à Lille pour y remplacer Jean-Nicolas Gung'l à la tête de la rédaction du Progrès du Nord. Il reste à ce poste pendant plus de trois ans.

Fonctionnaire et administrateur colonial

vignette|upright=2|« Le départ de M. Th. Bergès », par Lemot (Le Lillois, 8 février 1891). Sur la première vignette, Bergès fait ses adieux, de droite à gauche, à Paul Assoignion, du Progrès du Nord, à Géry Legrand, maire de Lille, et à Adolphe Rigaut, premier adjoint.

S'étant lassé du journalisme, Théophile Bergès décide de se reconvertir dans la fonction publique. Grâce à ses relations, il obtient la place de secrétaire général de la direction de l'intérieur à la Guadeloupe par décret en date du . Cette nomination soulève l'indignation de la presse de droite, qui rappelle à ses lecteurs le passé de communard de BergèsLa Croix, 15 juin 1886, .La Patrie, 16 juin 1886, .. Par la suite, il est muté à la Martinique.

Par décret en date du , Bergès, secrétaire général hors cadre, est nommé directeur de l'intérieur à Saint-Pierre-et-MiquelonLa Dépêche du Midi, février 1891, .. Le , il est nommé officier d'AcadémieLa Politique coloniale, 3 février 1892, ..

Quatre ans plus tard, son poste ayant été supprimé, il obtient celui de secrétaire général de l'intérieur au Sénégal, en Afrique-Occidentale française (AOF), dont le gouverneur général, Jean-Baptiste Chaudié, est l'un de ses amisLa Politique coloniale, 26 novembre 1896, .. En 1897, il est promu directeur de ce serviceLa République française, 27 mai 1897, .. Par décret du , il est maintenu à ce poste et nommé secrétaire général des colonies de première classeLa Liberté, 29 mai 1898, .. En , il se voit confier l'intérim du gouvernement général de l'AOFLa Politique coloniale, 8 août 1899, ..

En 1901, il est d'abord muté au CongoLa Politique coloniale, 26 juin 1901, . puis placé hors cadre et mis à la disposition du gouverneur de l'Indochine, Paul DoumerLe Parisien, 27 juillet 1901, .. Après son arrivée en Asie, il est chargé de diriger les bureaux du secrétariat général du gouvernement de la CochinchineLa Dépêche coloniale, 21 novembre 1901, ..

Tombé malade en Indochine, il obtient un congé en 1905 et retourne en métropole pour y être soigné. Il meurt à Rennes le Archives municipales de Rennes, état civil, registre des décès de 1906, acte (vues 68 et 69 sur 335).

Notes et références

Liens externes

Notice biographique issue de la thèse (1984) de Georges Coquilhat sur La Presse de Nouvelle-Calédonie au , publiée en 2022 sur le site de cet auteur (consultée le ).

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