est seigneur d'Albret de 1240 à sa mort en 1270. Il succède à son père en 1240. Ses possessions s'étendent autour du noyau landais de la seigneurie de Labrit, d'où provient le nom de la famille, mais aussi en Bordelais et en Bazadais.

Son mariage avec Mathe de Bordeaux permet aux Albret de s'implanter à Bordeaux. Il est un vassal important d' roi d'Angleterre et duc d'Aquitaine et participe aux luttes politiques dans sa région. Son fils aîné lui succède.

Biographie est le fils d', seigneur d'Albret, et de sa première épouse Assaride de Tartas. Il succède à son père en 1240 et vit jusqu'en 1270. Il a un demi-frère, Bérard, né du second mariage de son père, cité en 1252 et en 1253 et certainement mort avant 1270, avec qui il ne s'entend pas parce que ce dernier prétend à une part de l'héritage paternel. Possessions vignette|gauche|Motte castrale de Labrit. Le noyau des domaines d' est la seigneurie de Labrit, dont le nom a donné celui d'Albret. Cette seigneurie, centrée sur le château de Labrit, s'étend sur les paroisses de Labrit, Vert, Le Sen, Callen, Luxey, Pissos, Argelouse, Mano, Saugnacq et Lugos. À Labrit, les Albret ont construit vers 1225-1230 un grand château de terre à motte et basse-cour..

vignette|gauche|Ruines du château de Castelnau-de-Cernès (commune actuelle de Saint-Léger-de-Balson). Gravure de Léo Drouyn, 1862.

À ce modeste noyau landais s'ajoute une seigneurie dans le Bordelais, celle de Castelnau-de-Cernès, qui s'étend sur six paroisses (Saint-Léger, Saint-Symphorien, Saint-Martin-de-Got, Balizac, Origne et Le Tuzan). possède aussi des seigneuries dans le Bazadais. Il détient le château de Bazas et la seigneurie de Cazeneuve, qui comprend les paroisses de Préchac et d'Insos et en partie celle d'Uzeste, celle de Meilhan-sur-Garonne et celle de Casteljaloux. Plus au sud, il est aussi seigneur de Nérac.

Globalement, ses terres s'étendent plus en Bazadais que dans les Landes, où l'expansion de la seigneurie de Labrit est empêchée par la vicomté de Marsan et les terres dépendant directement du duc d'Aquitaine.

Mariages se marie deux fois. Sa première épouse est Viane de Gontaud. Leur mariage est annulé à la demande d' par l'official de Bazas pour parenté spirituelle, parce qu' a levé Viane des fonts baptismaux. Il est connu par une démarche faite plus tard par Viane pour annuler son second mariage, en contestant la validité de l'annulation du premier.. Même si c'est la seule trace de ce mariage, il est plausible, notamment pour des raisons chronologiques.

se remarie ensuite avec Mathe de Bordeaux. veuve d'Ayquem seigneur de Lesparre.. Ce mariage peut être situé peu avant 1260, plus précisément vers 1255-1257, mais le contrat est malheureusement perdu. Cette alliance a pu être facilitée par le compagnonnage d'armes entre et , frère de Mathe. Mathe reçoit alors de ses parents la terre dite de l'hommage de Saint-Jean-d'Angély et d'autres terres en Saintonge.

Mathe de Bordeaux appartient à une famille puissante du Bordelais qui fait partie de la noblesse moyenne et qui descend peut-être des anciens prévôts et viguiers de Bordeaux.. Elle est la fille de de Bordeaux et d'Assaride de Rancon. , son père, chevalier, est sénéchal de Gascogne et seigneur de Puy-Paulin, de Castelnau-de-Médoc et de l'Isle-Saint-Georges. Mathe, née vers 1240, semble être l'aînée de sa fratrie. Son frère , captal de Buch, est né vers 1245.

Ce mariage permet à la famille d'Albret de s'implanter à Bordeaux après la mort d', mais la disparition du contrat de mariage empêche d'évaluer avec précision cette première implantation. Dans son premier testament, qui date de 1262, désigne Mathe comme tutrice de leurs enfants, avec d'autres seigneurs. Dans son second testament en 1270, il désigne comme seul tuteur . Sans doute estime-t-il que Mathe ne parviendrait pas à défendre les intérêts familiaux. Après la mort d', sa veuve Mathe est citée jusqu'en .

Révoltes Le , prête hommage au comte de Toulouse pour ses possessions agenaises. Malheureusement celles-ci ne sont pas listées dans l'acte. est ensuite mobilisé au service de son seigneur pour ses possessions gasconnes, roi d'Angleterre et duc d'Aquitaine, du printemps 1242 au mois de puis il participe à la révolte du duché d'Aquitaine puis à son écrasement de 1251 à 1254.

vignette|redresse|, extrait d'une miniature de l'Historia Anglorum de Matthieu Paris, vers 1250-1255

Le , convoque l'ost. répond à cette convocation accompagné de trente chevaliers, ce qui le place au premier rang des vassaux aquitains. est aussi un parent du roi-duc : la mère d', Isabelle d'Angoulême, est la cousine germaine d' . le rappelle dans une quittance du , où il appelle son . Au-delà de l'effectivité du cousinage, l'usage par le roi du vocabulaire des liens familiaux est à visée politique : il cherche à s'assurer la fidélité d'un jeune vassal peu sûr..

participe à l'été 1242 à l'expédition d' contre , et le paye pour cela. Cette expédition ne peut empêcher la conquête du Poitou par le roi de France. En , prête serment comme vassal du comte de Toulouse , ce qui inquiète , mais Amanieu répond à ses convocations à l'ost et chevauche avec lui en 1243, jusqu'à l'embarquement d' pour l'Angleterre le .

Dans la crise de succession au comté d'Armagnac qui éclate en 1246, soutient son cousin Géraud d'Armagnac, vicomte de Fézensaguet (futur ) et prétendant à la succession avec l'appui du comte de Toulouse, contre Mascarose, sœur du dernier comte d'Armagnac et épouse du vicomte de Lomagne Arnaud Odon, soutenue par le représentant du roi d'Angleterre en Gascogne, .

Le , fait hommage, pour les châteaux de Bazas et de Cazeneuve, au vicomte de Béarn et de Gabardan . Tous deux sont l'année suivante à la tête d'un soulèvement contre le représentant du roi-duc, , qui se termine par la victoire de ce dernier. doit accepter de faire jurer ses vassaux d'aider loyalement le représentant du roi en Gascogne contre sa propre personne. Il participe probablement à une nouvelle révolte en 1252, sans succès.

L'hommage de 1250 à est la première mention du château de Cazeneuve (sur la commune actuelle de Préchac), construit probablement au et complètement reconstruit sous le règne du fils d', .

Obéissance et arbitrages revient en Gascogne en 1253. Il rappelle à Amanieu son devoir de service comme homme lige et, comme garantie, fait saisir pour deux ans les châteaux de Casteljaloux et de Cazeneuve. Amanieu fait donc la guerre au service d', qui réside chez Amanieu, à Meilhan, pendant les six premiers mois de l'année 1253, contre les barons révoltés.

Ensuite, Amanieu d'Albret ne se révolte plus et est appelé à jouer un rôle d'arbitre dans plusieurs conflits, comme en 1260 entre Esquivat de Chabanais et , ou en 1262, pour la difficile succession de Bergerac. Amanieu conclut une transaction avec le prince Édouard, duc d'Aquitaine et futur , commencée en 1261 et terminée en 1263. En échange de la seigneurie de Meilhan, Amanieu obtient celle de Maremne, futur point d'appui de la politique d'acquisition foncière des Albret dans les Landes.

Le , Amanieu rend hommage pour ses châteaux de Bazas et de Cazeneuve au nouveau vicomte de Gabardan, Henri d'Almayne, époux de Constance de Moncade, fille de . C'est son dernier acte public avant son second testament.

Dans son premier testament, daté du , fait une série de legs dont le total est important, . Il lègue notamment des sommes importantes aux franciscains de Casteljaloux, au sanctuaire marial d'Uzeste, à des hôpitaux, aux diocèses d'Agen et de Bazas. Il fait rédiger son second testament le . Dans ses testaments, il établit héritier de toutes ses terres son fils aîné, le futur , sauf la terre de Maremne qu'il lègue en 1270 au futur . Le troisième fils, Arnaud Amanieu, reçoit de l'argent et les filles, Assaride et Mathe, également.

meurt en 1270. À sa demande, il est enseveli dans le couvent franciscain de Casteljaloux.

Descendance Du mariage d' et de Viane de Gontaud est probablement né un fils nommé Amanieu, cité à trois reprises en 1253, 1254 et 1255. Dans le premier testament d', daté du , il n'est pas question de cet Amanieu. Il est donc mort avant, à l'âge maximum de 19 ans mais probablement plus jeune.

et Mathe de Bordeaux ont cinq enfants : (1257/1262-1280), seigneur d'Albret, époux de Jeanne de Lusignan ; (1262-1326), seigneur d'Albret après son frère, époux de Rose de Bourg ; Arnaud Amanieu, cité en 1270, mort jeune ; Assaride citée dès 1262, qui teste le et épouse peut-être en premières noces vicomte de Lomagne et, de façon sûre, le , d'Astarac ; Mathe, qui épouse avant 1280 Guillaume Seguin, seigneur de Rions. Ce mariage permettra plus tard à , neveu de Mathe, de justifier son acquisition de la seigneurie de Rions.

a également deux enfants naturels : Anne, qui teste le , veuve d'Arnaud de Lezinhan ; Marie, citée en 1286 et en 1308, religieuse au couvent des menudettes de Bordeaux.

Références

Voir aussi Bibliographie . .

Articles connexes Maison d'Albret

Mathe de Bordeaux

Rose de Bourg

Catégorie:Date de naissance incertaine (XIIIe siècle) Catégorie:Décès en 1270 Catégorie:Personnalité gasconne Catégorie:Noblesse de Gascogne Catégorie:Maison d'Albret Catégorie:Personnalité française du XIIIe siècle Catégorie:Noble français du XIIIe siècle