Moncontour est une commune du Centre-Ouest de la France, située au nord-ouest du département de la Vienne en région Nouvelle-Aquitaine.
C'est le lieu de la bataille de Moncontour qui, à l'extrême sud-est de l'Anjou, opposa en 1569 les protestants aux catholiques de l’armée royale. La commune est aujourd'hui connue pour sa base de loisirs et son plan d'eau.
Géographie Localisation La cité de Moncontour, sise dans la partie nord du département de la Vienne, aux limites du département des Deux-Sèvres, est située à de Loudun et de Thouars, à de Saumur et de Poitiers. Le village est dominé par son donjon et traversé par la Dive. Les ruelles sont bordées de maisons anciennes. Elles escaladent la butte où on cultive, dans les caves, des champignons mis en conserve dans le village même.
Depuis 1973, le territoire communal se compose de deux entités disjointes. L'ensemble principal formé par Messais, Moncontour et Ouzilly-Vignolles, est séparé de l'enclave de Saint-Chartres, plus au sud, par la commune de Marnes.
La commune est proche du parc naturel régional Loire-Anjou-Touraine.
Communes limitrophes Les communes limitrophes de Moncontour et de l'enclave de Saint-Chartres sont les suivantes.
Géologie et relief La région de Moncontour présente un paysage de plaines de champs ouverts. Le terroir se composeChambre Régionale d'agriculture de Poitou-Charentes - 2007 : dans les vallées et les terrasses alluviales : de terres tourbeuses pour 12 %. de calcaire pour 9 %. dans les plaines : de groies pour 72 %. Les groies sont des terres du sud-ouest de la France, argilo-calcaires, peu profondes - en général de moins de d’épaisseur – et plus ou moins riches en cailloux. Elles sont fertiles et saines et donc, propices à la polyculture céréalière mais elles s’assèchent vite ; sur les collines et dépressions sableuses des bordures du Bassin parisien : de buttes sableuses du Loudunais pour 7 % ; de l'agglomération pour 1 %.
En 2006, 86 % de la superficie de la commune était occupée par l'agriculture, 12,8 % par des forêts et des milieux semi-naturels et 1,2 % par des zones construites et aménagées par l'homme (voirie)Observatoire régional de l'environnement de Poitou-Charentes. La présence de milieux naturels et semi-naturels riches et diversifiés sur le territoire communal permet d’offrir des conditions favorables à l’accueil de nombreuses espèces pour l'accomplissement de leur cycle vital (reproduction, alimentation, déplacement, refuge). Forêts, landes, prairies et pelouses, cours d’eau et zones humides… constituent ainsi des cœurs de biodiversité et/ou de véritables corridors biologiques.
Hydrographie La commune contient environ de cours d'eau, comprenant principalement : la Dive sur une longueur de ; la Dive du Nord sur une longueur de ; la Vieille Dive sur une longueur de ; le Fossé de Huit Pieds sur une longueur de ; la Dive du Sud sur une longueur de ; le Saint-Martin sur une longueur de ; le Fossé de la Liberté sur une longueur de ; le Prepson sur une longueur de ; la Sauves sur une longueur de ; le Fossé Courant sur une longueur de ; le Sauzeau sur une longueur de .
Climat
Historiquement, la commune est exposée à un climat océanique du nord-ouest, .. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans une zone de transition entre les régions climatiques « Moyenne vallée de la Loire » et « Poitou-Charentes »..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique la plus proche, située sur la commune de Martaizé à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... Pour l'avenir, les paramètres climatiques de la commune estimés pour 2050 selon différents scénarios d’émission de gaz à effet de serre sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en ..
Voies de communication et transports La gare de Thouars est la plus proche de Moncontour. Elle est située à une distance d'environ .
L'aéroport de Poitiers-Biard est le plus proche de la commune. Il se trouve à .
Urbanisme Typologie Au , Moncontour est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (85,7 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (86,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (72,4 %), zones agricoles hétérogènes (11,3 %), forêts (11,3 %), prairies (2 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (1,6 %), zones urbanisées (1,4 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Morphologie urbaine Trois communes ont été rattachées à Moncontour en 1970 : Messais avec ses 110 habitants, Ouzilly-Vignolles avec 191 habitants et Saint-Chartres avec 118 habitants.
Risques majeurs Le territoire de la commune de Moncontour est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse), inondations, mouvements de terrains et séisme (sismicité modérée). Il est également exposé à un risque technologique, le transport de matières dangereuses.. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle..
Risques naturels Certaines parties du territoire communal sont susceptibles d’être affectées par le risque d’inondation par débordement de cours d'eau, notamment la Dive et la Sauves. La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations et coulées de boue survenues en 1982, 1999, 2005, 2010 et 2013, chapitre Risque inondation..
vignette|redresse=1.2|Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux de Moncontour. Les mouvements de terrains susceptibles de se produire sur la commune sont des tassements différentiels, chapitre Mouvements de terrain.. Le retrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie.. 99,8 % de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (79,5 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national).. Depuis le , en application de la loi ÉLAN, différentes contraintes s'imposent aux vendeurs, maîtres d'ouvrages ou constructeurs de biens situés dans une zone classée en aléa moyen ou fortDans les zones classées en aléa moyen ou fort, différentes contraintes s'imposent : au vendeur d'informer le potentiel acquéreur du terrain non bâti de l’existence du risque RGA ; au maître d’ouvrage, dans le cadre du contrat conclu avec le constructeur ayant pour objet les travaux de construction, ou avec le maître d'œuvre, le choix entre fournir une étude géotechnique de conception et le respect des techniques particulières de construction définies par voie réglementaire ; au constructeur de l'ouvrage qui est tenu, soit de suivre les recommandations de l’étude géotechnique de conception, soit de respecter des techniques particulières de construction définies par voie réglementaire...
La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par la sécheresse en 1989, 1991, 2003, 2005, 2009 et 2017 et par des mouvements de terrain en 1999 et 2010.
Toponymie Le nom de la commune proviendrait du latin Mons consularis qui signifie le « mont du comte », en référence à Foulque NerraLe Patrimoine des communes de la Vienne (2 tomes), Éditions Flohic, 2002, ..
Histoire En 769, Charles, qui deviendra quelques années plus tard Charlemagne, a réprimé la révolte de l'Aquitaine menée par Hunaud (Hunold) sur le territoire de la commune de Moncontour (Duasdives tel que le mentionnent les annales d'Éginhard)Ce fait historique a été relaté par Arte dans un documentaire fiction diffusé le 20 avril 2013.. Carloman a délaissé son frère Charles au moment où les deux armées devaient agir de concert (conformément à une loi franque) pour juguler cette révolte. Il espérait que Charles serait défait et qu'il pourrait recueillir tout seul l'héritage de leur père Pépin le Bref. La victoire nette de Charlemagne à la bataille de Moncontour lui a permis de prendre à son frère l'Aquitaine orientale (il avait hérité de l'Aquitaine occidentale) ; c'est le début de l'ascension de CharlemagneOn retrouve trace de cette bataille sur l'article consacré à Carloman, l'autre fils de Pépin le Bref, sur le site de Wikipedia en anglais..
vignette|200px|Moncontour dans la sénéchaussée de Saumur sous l'Ancien Régime.
vignette|200px|La sénéchaussée de Saumur en Anjou au .
La cité est à la frontière de l’Anjou après 1034 et la victoire de Geoffroy II d'Anjou, fils de Foulques Nerra, sur Guillaume VI, duc d'Aquitaine. Les trois cités de Moncontour, Mirebeau et Loudun furent cédées au comte d'Anjou, tout en restant dans le diocèse de Poitiers.
Moncontour possède alors une famille seigneuriale, dont l'héritière Fossifia/Fossilia/Falsifie, fille probable de Pierre de Moncontour, épouse Geoffroy de Rancon :
leur fille Bourgogne de Rancon († après le ), dame de Fontenay, transmet Moncontour à son mari Hugues VIII de Lusignan, épousé avant 1140 et † après 1164 prisonnier au Proche Orient. Leur fils cadet Geoffroy de Lusignan (v. 1150 † 1216), comte de Jaffa et d'Ascalon, seigneur de Moncontour, aussi de Mervent et de Vouvant. Marié en secondes noces avec Eustach(i)e Chabot, il laisse ses biens à son fils aîné Geoffroy II de Lusignan (surnommé Geoffroy à la Grand Dent dès le ) qui décède en 1247/48. Ses trois enfants qu'il a eu, peut-être, avec sa seconde femme Aude n'héritent pas de ses fiefs. Hérite alors la nièce de Geoffroy II, Valence de Lusignan, fille du frère cadet de Geoffroy, Guillaume II de Valence seigneur de Mouchamps, et de Marquise/Belle-Assez de Mauléon, fille de Savary de Mauléon et de Belle-Assez de Pareds. Valence de Lusignan transmet les fiefs de cette branche des Lusignan : Valence, Vouvant, Mervent, Mouchamps, Parc-Soubise, Châtelaillon, Soubise et Moncontour, à son mari, épousé vers 1247, Hugues II de Parthenay-l'Archevêque, † 1271.
Dans la seconde moitié du , on trouve Moncontour et Marnes aux mains de Renaud de Montbazon (vers 1325-1383)., seigneur aussi de Montsoreau, Villandry/Coulombiers, Savonnières et du Brandon, mari de Jeanne/Aléonor (petite-fille d'Amaury III de Craon ; héritière de Ste-Maure, Nouâtre, Ferrière-Larçon, Ferrière(s), Verneuil, Précigny, Châteauneuf et Jarnac).
Leur fille Jeanne de Montbazon épouse un cousin, Guillaume II de Craon (vers 1342/1345-† 1410), vicomte de Châteaudun et seigneur de Marcillac, petit-fils d'Amaury III de Craon :