vignette|250px|Les armoiries de la ville d'Arras se blasonnent ainsi : De gueules au lion d'or armé et lampassé d'azur, à l'écusson brochant en abîme sur le tout aussi d'azur semé de fleurs de lys d'or brisé d'un lambel de gueules de trois pendants chargés chacun de trois châtelets aussi d'or rangés en pal.L'écusson central reprend les armes du comté d'Artois.Charles d'Hozier dans son Armorial général de France de 1696 attribue à la ville d'Arras d'autres armoiries : D'azur à la fasce d'argent, chargée de trois rats de sable, accompagnée d'une mitre d'or en chef et de deux crosses du même passées en sautoir en pointe. Les armoiries actuelles de la ville, ne remonteraient donc pas avant le .Ornements extérieurs : croix de la Légion d’honneur, croix de guerre 1914-1918 avec palme. et Croix de guerre 1939-1945.. vignette|250px|hôtel de ville et beffroi d'Arras.
L'histoire d'Arras commence à la préhistoire et se poursuit à l'âge du fer avec l'arrivée des Atrébates peuple belge dont les Romains nous ont livré le nom au La ville romaine, fondée au siècle, subit les Invasions barbares au . Au Moyen Âge, Arras se développa et passa au sous la tutelle bourguignonne. Devenue possession espagnole au , ce n'est qu'avec la paix des Pyrénées de 1659 qu'Arras fut définitivement rattachée au royaume de France. C'est le que naquit le plus célèbre de ses enfants, Maximilien de Robespierre, qui fut l'un des principaux acteurs de la Révolution française. Au XIX siècle, la ville connut une relative stagnation jusqu'à la Seconde Guerre mondiale avant de connaître un nouvel essor depuis la fin du .
Préhistoire
L'homme de Néandertal occupa la région d'Arras. En 1976, un fragment de crâne d'une femme de Néandertal est retrouvé sur un chantier à Biache-Saint-Vaast, entre Arras et Douai, il y a .
Protohistoire, l'arrivée des Atrébates à l'âge du fer
À l'époque gauloise, les Atrébates s'installèrent sur un territoire qui englobait une partie de ce qui devint l'Artois au Moyen Âge.
Antiquité
Nemetacum, ville romaine du Haut-Empire
La région est conquise par les Romains en , lors de la guerre des Gaules. Vers naît le village de Nemetacum sur la colline de Baudimont, que les Romains choisissent comme capitale des Atrébates. Il devient une ville d'importance moyenne, couvrant environ , qui fut fortifiée lors des premières incursions de peuples germaniques au .
Arras au Bas-Empire, christianisation et invasions barbares
Au , Nemetacum était un centre d'artisanat et de commerce réputé pour ses textiles exportés vers tout l'empire.
En 406-407, les Germains détruisent la villeHenri martin, Histoire de France, année 406, 236, ..
En 428, les Francs saliens menés par Clodion le Chevelu conquirent toute la région jusqu'à la Somme. Le général romain Aetius préféra négocier la paix et conclut avec Clodion un traité (fœdus) qui fit des Francs, des « fédérés » combattant pour Rome.
Lors de leur invasion de la Gaule en 451, Attila et les Huns dévastent Arras et plusieurs villes de la région, Thérouanne, Tournai, etc., avant de se diriger vers Amiens et ParisCharles Delaroière, « Chronique de Bergues-Saint-Winoc », dans Mémoire de la société dunkerquoise pour l'encouragement des sciences, des lettres et des arts, Années 1860-1861, , lire en ligne..
Vaast d'Arras reçut de Remi de Reims la charge des évêchés d'Arras (v. 499) puis de Cambrai (510), où il lutta contre le paganisme. Sa vie nous est connue par La Légende dorée de Jacques de Voragine. Il mourut en 540 et fut inhumé à Arras, dans la cathédrale.
Moyen Âge
Haut Moyen Âge, la chatellenie d'Arras
Saint Aubert, évêque de Cambrai, transfère le corps de saint Vaast sur les bords du Crinchon et fonde l'abbaye Saint-Vaast en 667.
Au , Arras devient la résidence privilégiée des comtes de Flandre qui y établissent une châtellenie héréditaire.
Moyen Âge classique, la prospérité d'Arras
Le miracle de la sainte Chandelle à Arras
En , l'évêque d'Arras, Gérard de Cambrai, réunit en l'église Sainte‑Marie un synode pour lutter contre une hérésie., certains habitants mécontents de l'utilisation du Christ mort sur la croix comme image, qui sera finalement réprimée par les Gesta episcoporum cameracensium.
En 1105, une épidémie provoquée par un champignon sur le blé touche la ville, puis cesse. Certains parlent du « miracle de la Sainte Chandelle ».
Dans la nuit du au , une femme vêtue de blanc apparaît à deux trouvères, Itier et Norman. Ces deux musiciens entretiennent une haine profonde depuis que Norman a tué le frère d'Itier. La mystérieuse femme (la Vierge Marie) leur intime de se rendre à la cathédrale d'Arras, où agonisent du mal des ardents. (intoxication à l'ergot de seigle), une maladie mortelle qui frappe l'Europe du Nord. Comme en beaucoup de villes de France, le mal des ardents fait rage à la fin du printemps, au moment où les dernières céréales qui ont passé l'hiver ont pu être infectées par une moisissure.
Quelques heures plus tard, une nouvelle apparition. La femme, cette fois, tient un cierge qu'elle s'apprête à leur remettre. Mélangée à de l'eau, sa cire guérira les malades qui boiront ce breuvage. Elle ordonne aux deux trouvères de s'associer l'un à l'autre pour accomplir sa mission. Les deux hommes doivent se réconcilier. Après moult revirements, les deux ménestrels acceptent. Il leur est remis le cierge miraculeux et les malades sont sauvés. Quatre vitraux rappellent cette légende dans l'église Saint-Nicolas-en-Cité., tandis que le cierge miraculeux est vénéré en l'église Notre-Dame-des-Ardents...
, période de croissance urbaine Des activités liées à l'eau sont possibles grâce à l'emplacement de la ville : les bateaux peuvent accoster place de l'ancien rivage, et l'eau du Crinchon est utilisée dans la fabrication des tissus. Au , le développement important des institutions et de l’économie grâce à l’abbaye Saint-Vaast permet à la ville de compter onze églises.
La prospérité de la ville se traduit dans la reconstruction de sa cathédrale en 1161, la cathédrale Notre-Dame-en-Cité, aujourd’hui disparueJ.M. Duhamel, Les cathédrales du Nord, La Voix du Nord Éditions, 2009.Mathieu Lours, dictionnaire des cathédrales, éditions Gisserot, 2008..
En 1163, la ville se dote d'une charte pour les affaires de la cité, qui servit d'exemple aux villes de Flandres.
Le traité d'Arras d', règle la succession de Philippe d'Alsace, comte de Flandre. À la suite de la mort de ce dernier sans héritier, Philippe Auguste prend possession effective de l'Artois, comprenant les places d'Arras, Bapaume, Hesdin, Saint-Omer et Aire-sur-la-Lys, ainsi que la suzeraineté sur les comtés de Boulogne, Guînes et Saint-Pol, et de la place vermandoise de Péronne..
, les tapisseries d'Arras
Arras comptait environ . qui développèrent un commerce jusqu’en Orient grâce à l’industrie drapière.
L'existence d'ateliers de tapisserie de haute-lice à Arras est attestée dès 1313.. Les tapisseries d’Arras étaient renommées jusqu’en Italie sous le nom darazzi et en Angleterre tout simplement sous le nom d’arras.. En Pologne, à Cracovie, le château royal du Wawel abrite plus de cent pièces, la plus importante et la plus précieuse collection de tapisseries d’Arras de l’époque de la Renaissance.
, Arras ville bourguignonne
La ville est ensuite bourguignonne du au .
En 1415, Colart de Montbertaut, mayeur d'Arras, trouva la mort lors de la bataille d'Azincourt..
vignette|gauche|Arras et l'Artois marquent la frontière Ouest de ces territoires, devenant une zone majeure des conflits internationaux. En 1430, Jeanne d'Arc, prisonnière, fut enfermée dans la région d'Arras, peut-être au château de Bellemotte à Saint-Laurent-Blangy..
La paix d’Arras de 1435 réconcilia les Valois de France et de Bourgogne en mettant fin à l'alliance anglo-bourguignonne.
En 1460, commença à Arras un des plus célèbres procès en sorcellerie de l'Inquisition médiévale, la grande vauderie d'Arras..
Dans la seconde moitié du , la ville d'Arras subit d'énormes bouleversements. Après avoir, en , racheté les villes de la Somme dont Arras, de son oncle Philippe III de Bourgogne, Louis XI y séjourna paisiblement en . Par ses lettres patentes expédiées en , le roi autorisa une foire de trois jours par an à cette ville, afin que la fuite de devises soit diminuée, en raison des foires puissantes d'Anvers et de BrugesOrdonnance des Roys de France de la troisième race, recueillies par ordre chronologique, imprimerie Royale, 1814. Selon le traité de Conflans (1465) puis celui de Péronne (1468), le roi dut les rendre à Charles le Téméraire. À la suite de la mort de ce dernier, l'armée royale occupa Arras en , après plusieurs mois de batailles. Imposée alors de d'indemnité, la ville se vida rapidement. En 1479 fut décidé d'épurer le restant de la population. La ville est débaptisée et renommée « Franchise ».
Louis XI voulut la repeupler « de gens mecquaniques de tous estats, mestiers et vacations » empruntés aux principales villes de France. Par exemple, Laval dut fournir son contingent qui part le . Ils arrivèrent dans la ville désolée, et bien peu y demeurèrent malgré les privilèges étendus qui leur y étaient offerts. Très peu néanmoins revinrent dans leur ville nataleDe Barante, Histoire des ducs de Bourgogne, XII, 67. Guillaume Le Doyen, Chronique en vers. Bibliothèque de l'école des Chartes, , III, 367..
Le , Arras devint françaiseLettres patentes de Louis XI, Chartres, juillet 1481, Ordonnances des rois de France de la troisième race, tome XVIII, .. Le traité d'Arras (1482), la paix entre la France et l'Autriche, conclut que l'Artois entrait dans la dot de Marguerite d'Autriche, fiancée du futur Charles VIII. Les anciens habitants refugiés jusqu'à Lille et à Roubaix commencèrent à revenir, notamment les bourgeois. Enfin, en 1491, le mariage obligé de Charles VIII et d'Anne de Bretagne, selon une situation politique délicate, fit rendre la ville d'Arras au Habsbourg, avec Marguerite d'Autriche qui avait grandi à Amboise, fille de feue Marie de BourgogneJean Favier, Louis XI , Fayard, Paris 2001.
Époque moderne
Arras, ville espagnole
thumb|Joyeuse entrée d'Albert et Isabelle à Arras. Décorations du théâtre, érigé sur la Grand-Place par la confrérie des marchands de vin, hôteliers et taverniers. Au début du , l'Artois est disputé lors des guerres opposant François et Charles Quint. En 1525, il n'y a plus qu'une centaine de marchands à Arras.. L'activité textile ne s'améliore guère par la suite ; les conflits font fuir les artisans à Lille et Roubaix.. Le traité de Madrid de 1526 rattacha Arras aux Pays-Bas espagnols, mais il ne fut pas respecté par François ; les conflits continuèrent jusqu'à la fin de son règne.
Lors de la Réforme qui enflamma la région, la ville d'Arras demeura fidèle au camp catholique, et signifia sa loyauté au roi d'Espagne lors de l'Union d'Arras en 1579. Ponthus Payen, bourgeois d'Arras, écrivit sur la révolte des Gueux (1566 et 1567) ainsi que sur « les troubles d'Arras » de 1577 et 1578.
Arras ville française
La ville est assiégée et conquise par Louis XIII en 1640 puis, les Espagnols assiégèrent à nouveau en 1654 (épisode du secours d'Arras) ; Vauban participa à sa défense sans commander, 166 et la ville fut reprise par Turenne. Cependant, le rattachement à la France ne fut définitif et ratifié qu’en 1659 par le traité des Pyrénées.
À partir de 1668, Vauban intégra Arras dans le système défensif de seconde ligne du Pré carré avec la construction de la citadelle et de son enceinte.
En 1749, la Ville et la Cité d'Arras, possédant leur administration distinctes et séparées par un rempart, sont unies pour ne former qu'une. Le pouvoir échevinal de la Cité disparut, transmis à celui de la Ville.
En 1750, le secteur du textile n'a plus beaucoup de fabricants. L'activité est orientée vers l'alimentation (épiceries, boulangeries, boucheries, marchands de vin, etc.) et l'artisanat (à la suite de l'essor du bâtiment durant tout le siècle)..