, le ou , est une espèce de mollusques bivalves comestibles de la famille des Spondylidae et que l’on trouve en mer Noire, en Méditerranée et dans le proche Atlantique, du Portugal au Maroc. Plus au sud, elle rejoint l’aire de répartition de Spondylus senegalensis, une espèce étroitement apparentée. Cette espèce est aussi parfois appelée jardon, spondyle européen, huître épineuse, huître à charnière, huître rouge, huître de fond ou spondyle gaideronPhilippe Le Granché et Yves Müller in Doris, 2 mars 2021 Spondylus gaederopus Linnaeus, 1758.
Description Spondylus gaederopus présente une coquille inéquivalve de forme ovale et mesure entre . La valve inférieure, soudée au substrat, est plus ventrue que la valve supérieure. Sur chaque valve, la charnière a deux dents à peu près de même taille qui s'insèrent dans les fossettes de l'autre valve (charnière isodonte). Le ligament se trouve dans une fossette entre les dents. Il n'y a qu'un seul muscle adducteur et l’intérieur de la coquille est blanc.
La valve supérieure, la moins volumineuse, est de couleur pourpre ou violette. Elle possède douze côtes radiales, couvertes d'épines courtes et plates en calcaire, disposées de manière irrégulière et d’aspect très variable dépendant des facteurs locaux comme la force du courant. En conséquence, les collectionneurs font la distinction entre de nombreuses variétés.
<div align=center> Valve droite et gauche du même spécimen:
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Mode de vie Le spondyle vit dans les eaux peu profondes jusqu'à environ de profondeur sur des fonds rocheux auquel il se soude. Il se nourrit en filtrant le plancton et les matières organiques qui traversent ses branchies. Il est généralement recouvert par une éponge encroûtante orange-rouge qui le camoufle et donc le protège. Sa valve supérieure peut toutefois être colonisée par d’autres organismes.
Il peut vivre jusqu’à et se reproduit à partir de trois ans. Comme tous les pectinides, il est hermaphrodite. La fécondation est externe avec un nombre d’œufs relativement faible (environ ) qui évoluent en seulement quelques jours en des larves trochophores puis véligères avant de se fixer sur le fond.
Les colonies de cette espèce autrefois très commune se sont effondrées au début des années 1980 et dans les années 2008-2009 pour des raisons inconnues, bien que l’hypothèse d’une épidémie soit fortement envisagée Guido Poppe et Yoshihiro Goto, European Seashells, volume 2 : Scaphopoda, Bivalvia, Cephalopoda, Verlag Christa Hemmen, Wiesbaden 1993, , p. 72/73..
Le spondyle est comestible mais rarement consommé ou commercialisé à cause de son amertume.
Utilisation et importance en archéologie vignette|Pendentif en spondyle en forme d’ours (7). Grotte de Kitsos, néolithique. Une coquille de Spondylus gaederopus a été trouvée dans la Cueva de los Aviones, une grotte située près de Carthagène en Espagne João Zilhão , « Symbolic use of marine shells and mineral pigments by Iberian Neandertals », PNAS, , , 2010, , doi:10.1073/pnas.0914088107 (lire en ligne). L'intérieur de sa coquille, vieille d'environ , contenait de l'hématite ce qui, avec d'autres découvertes de pigments dans cette grotte, a été interprété comme la première preuve de parure colorée découverte en Europe chez l'homme de Néandertal. Ces coquilles étaient transformées en bijoux et échangées sur de longues distances Arne Windler, « From the Aegean Sea to the Parisian Basin. How Spondylus can rearrange our view on trade and exchange », Metalla, , , 2013, .. Certains ont défendu la thèse selon laquelle ce sont surtout des spondyles fossiles qui étaient utilisés. L'analyse des isotopes du strontium indique cependant l'utilisation de coquillages récents. Pour déterminer leur origine, on a très tôt analysé les isotopes de l'oxygène, qui indiquent la mer Noire, ce qui correspond également à la répartition de la fréquence des découvertes archéologiques Nicholas Shackleton et H. Elderfield, « Strontium isotope dating of the source of Neolithic European Spondylus shell artefacts », Antiquity, , 1993, . Nicholas Shackleton et Colin Renfrew, « Neolithic trade routes realigned by oxygen isotope analyses », Nature, , 1970, ..
On trouve des bijoux en spondyle dans les cultures rubanée, de Rössen, de Vinča, de la Tisza, de Gumelniţa, de Bodrogkeresztúr et de la céramique à décor morave (MBK).
Durant la période de la céramique rubanée, des bracelets, des boucles de ceinture, des perles et des pendentifs étaient fabriqués avec les spondyles.
En Grèce, les bijoux en Spondylus sont connus à partir du Néolithique moyen, et encore plus fortement au Néolithique final. Des ateliers où l'on travaillait les coquilles de spondyle sont connus à Dimini Paul Halstead, « Spondylus shell ornaments from late Neolithic Dimini, Greece: specialized manufacture or unequal accumulation? », Antiquity, , , ..
Lieux de découverte : Dispilió (Nomos Kastoria) Grotte d'Alepotrypa, Mani Grotte Franchthi, Argolide Cnossos (Crète) David S. Reese, « The Em IIA Shells from Knossos, with Comments on Neolithic to Em III Shell Utilization », Annual of the British School at Athens, , 1987, ().
Systématique Le nom valide complet (avec auteur) de ce taxon est Spondylus gaederopus Linnaeus, 1758.
Ce taxon porte en français les noms vernaculaires ou normalisés suivants : Pied d’âne, Spondyle.
Spondylus gaederopus a pour synonymes :
Liens externes
Notes et références
Catégorie:Spondylidae Catégorie:Espèce de bivalves (nom scientifique) Catégorie:Taxon décrit par Carl von Linné Catégorie:Mollusque décrit en 1758 Catégorie:Mollusque marin Catégorie:Mollusque comestible