Pierre Gustave Pattein, né à Steenvoorde le et mort à Hazebrouck le ..Gaspard Van den Bussche donne une mort le 21 décembre 1924, le Patriote des Flandres également mais Van den Bussche précise aussi que Pattein est mort un samedi. Or le 21 décembre était un dimanche, jour où des funérailles ne peuvent avoir lieu. Pattein, qui est décédé en revenant de deux funérailles, est donc mort le samedi 20 décembre 1924. est un ébéniste, sculpteur et un chef d'entreprise français.
Frère du peintre César Pattein, il étudie à Aire-sur-la-Lys puis parvint à suivre les cours de l'école des Beaux-Arts de Lille. Arrivé à l'âge adulte, il commence sa carrière comme collaborateur du sculpteur lillois Charles Buisine-Rigot. Il s'installe ensuite à son compte à Hazebrouck.
Au cours de sa carrière, il emploie jusqu'à et produit un grand nombre de sculptures et de meubles pour les églises du Nord de la France. Sa production est de grande qualité.
Au cours de sa vie, il fut, entre autres, chevalier de l'ordre de Saint-Grégoire-le-Grand, inventeur de système et adjoint au maire d'Hazebrouck.
À sa mort, son ancien ouvrier et élève, Pierre Vanbesien, prend la succession de l'entreprise.
Le souvenir de Gustave Pattein reste associé, encore aujourd'hui, à la Flandre française ainsi qu'aux villes de Steenvoorde et d'Hazebrouck.
Biographie Une famille paysanne unie à la vie rude Gustave Pattein naît à Le Ryveld, commune de Steenvoorde, le . Son père s'appelle Jean Martin Pattein (1818-1871) et sa mère Reine Cécile Robitaillie (1820-1908). Le couple Pattein-Robitaillie a déjà 3 garçons. Ce sont des paysans cultivateurs qui possèdent une ferme sur le plateau du "Riet Veld" à proximité du Mont des Cats.
Cette ferme familiale est une humble bâtisse isolée entourée d'ormes séculaires la protégeant des vents. Martin et Reine mènent une vie rude entièrement consacrée au travail. Cette vie est d'autant plus rude que le sol est ingrat. Il n'y pousse facilement que des roseaux, les "Riet".
La vie au Riet Veld est décrite de la manière suivante par le Docteur Poupart, ami de Gustave : En 1850, la famille voit la naissance de leur dernier garçon, César, qui deviendra à l'âge adulte un peintre célèbre.
La famille Pattein, avec ses 5 garçons et ses 3 filles, est une famille joyeuse et unie. Si les enfants jouent entre frères et sœurs, ils passent une grande partie de leur temps à aider leurs parents. Jeunes encore, ils retournent la terre avec de lourdes bêches. Martin et Reine voient dans leurs enfants des collaborateurs et des futurs successeurs. Dans cette optique, ils donnent à leurs enfants dont Gustave une éducation.
Premier emploi, cours du soir et rencontre avec Charles Buisine-Rigot Dans son enfance, Gustave fréquente probablement l'école locale. Une fois son éducation terminée, à l'âge de , il part à Aire-sur-la-Lys rejoindre un frère plus âgé. Celui-ci lui trouve un emploi de mitron dans une boulangerie afin de subvenir à ses besoins et aussi probablement à ceux de sa famille. Le soir néanmoins, il suit des cours de dessin dans cette même ville auprès de Monsieur Magnard. En six mois, il acquiert le premier rang de l'école puis décroche au bout d'un an des premiers prix de dessin, de sculpture et de modelage.
À , il travaille seul. Attiré par la sculpture, il transforme sa chambre en atelier et, doté d'un couteau, se met "à transformer les morceaux de bois informes en petits anges, en têtes, en créatures étranges, telles que son imagination tumultueuse, servie par une lecture considérable et encyclopédique, pouvait l'inspirer". Vers 18-, un journaliste d'un journal local, après avoir vu ses sculptures réalisées chez lui le soir après son travail, lui prédit un brillant avenir. gauche|vignette|Charles Buisine-Rigot, portrait Peu après, il se rend à Lille et se présente auprès du sculpteur Charles Buisine-Rigot. Celui-ci l'engage comme collaborateur. Sa grande culture artistique et théologique, fruit de ses lectures, son imagination et son talent, lui permettent d'être chargé de travaux importants d'ameublements d'église, spécialité de la maison Buisine-Rigot. Sa vocation est dès lors certaine.
Parallèlement, il prend des cours du soir aux écoles académiques de Lille (future école des Beaux-Arts de Lille) situées à l'angle de la Place du Concert et de la rue de la Monnaie. Il y continue de se parfaire techniquement, d'augmenter sa culture et de nourrir son imagination. Son frère César suit son exemple et s'inscrit également dans cette école lilloise.
Gustave se passionne particulièrement pour le style gothique du et le style romano-byzantin. C'est dans ces styles que son imagination et sa créativité s'épanouissent et ce durant toute sa carrière.
L'intermède de la guerre de 1870 La guerre éclate en 1870. Pattein a alors . Fervent patriote, il s'engage spontanément à l'Armée du Nord commandée par le général Faidherbe. Il prend part aux combats de Pont-Noyelles, de Bapaume, de Vermand et de Saint-Quentin. C'est lors de cette dernière bataille qu'il est blessé gravement et capturé par l'ennemi. Il guérit de ses blessures à la forteresse de Spandau où il est détenu durant . Il occupe sa convalescence en crayonnant des paysages mais il est soupçonné d'espionnage et manque d'être fusillé.
Plus tard, en souvenir de cette terrible période, il montrera à ses amis venus lui rendre visite sa capote trouée, conservée religieusement dans une armoire vitrée.
Cette parenthèse difficile est d'autant plus malheureuse qu'elle voit également la mort de son père en 1871.
1872 - 1884 : Fondation de son atelier à Hazebrouck et premiers succès Après la guerre, il revient à Lille et s'installe au de la rue Saint Nicolas probablement avec son frère César. Il reprend ses études dans divers ateliers. Il se fixe ensuite à Hazebrouck et ouvre son premier magasin dans un modeste local rue de la clef. Il expose ses premières œuvres : des cadres sculptés et des meubles. En 1874, un Christ encadré attire l'attention de connaisseurs.
À Hazebrouck, il se construit progressivement un réseau de clients et d'amis qui lui permettent d'obtenir des travaux importants. En 1879, il réalise le chemin de croix de la prairie d'Amettes, lieu de pèlerinage dédié à Saint Benoit Labre. Il réalise les en pierre dans un style gothique simple et pur. Malheureusement, l'ensemble a été restauré de manière très maladroite et les pinacles de chaque station ont été modifiés et remplacés par des équivalents disgracieux. vignette|Le sacrifice d'Isaac, panneau du retable de l'Église Saint-Omer de Caëstre Définitivement lancé dans sa carrière de sculpteur religieux, il enchaîne les travaux dans divers matériaux (pierre, marbre, bois) pour diverses églises du Nord de la France : ameublement de l'église de Caëstre, maître-autel de l'église Wez-Macquart, maître autel, banc de communion et stalles de l'église de Mortagne (1882).
Ces réussites dans la vie professionnelle s'accompagne également d'évènements heureux sur le plan personnel. Gustave se marie en 1875 avec Marie Wallaert, une modiste née en 1848.. Ensemble, ils ont dont les naissances s'échelonnent de 1876 à 1882.
C'est probablement vers cette époque que son atelier est déplacé de la rue de la clef au de la rue de Saint-Omer à Hazebrouck (aujourd'hui rue de la sous-préfecture).
1885-1905 : L'apogée
Le mobilier de l'église Notre-Dame-de-Lourdes d'Hazebrouck Vers la fin des années 1880, il réalise un premier chef-d'œuvre en sculptant le mobilier de l'église Notre-Dame-de-Lourdes d'Hazebrouck : autels, banc de communion, chaire, stalles, confessionnaux, fonts baptismaux et tribune et buffet d'orgue (cf. section Œuvres). Le travail demande plusieurs années et le buffet de l'orgue n'est inauguré qu'en 1895... Paul Parisis, journaliste et auteur d'un article biographique sur Pattein, loue "l'originalité puissante" et "la poésie ardente et évocatrice" de l'œuvre réalisée.
Malheureusement, l'église est bombardée lors de la Seconde Guerre mondiale et est complètement détruite.. La nouvelle église reconstruite en 1959 conserve néanmoins des éléments qui ont pu être récupérés, principalement dans sa crypte.
Un acte "héroïque" Le , alors qu'il se trouve en gare d'Achiet-le-Grand pour se rendre à l'église d'Achiet-le-Petit afin d'y porter des stalles, il sauve la vie d'une femme qui manque de tomber sur les voies. L'incident est rapporté dans les nouvelles locales..
Le mobilier de l'abbatiale du Mont des Cats De 1893 à 1898, il conçoit et sculpte le mobilier de l'abbatiale du Mont des Cats.. Il obtient le marché à la suite d'un concours qu'il remporte devant plus de vingt compétiteurs français et belges. L'ensemble, malheureusement détruit lors de la première guerre mondiale, suscite l'admiration de tous. Il réalise un jubé et ses autels, 107 stalles pour les frères, le maître autel et le trône abbatial. Un critique écrit :
Le mobilier de l'église Saint-Sauveur de Lille Vers 1899, il remporte le concours pour la fabrication du mobilier de la nouvelle église Saint-Sauveur de Lille dont l'architecte est Louis Delemer. Il y produit la chaire.., le banc de communion.., les confessionnaux., les stalles., le baptistère. et probablement le buffet de l'orgue....
La chaire est la pièce la plus impressionnante. La cuve est formée par le globe terrestre écrasant le démon tandis que l'abat-voix supporte les triomphes du Christ et de l'Église. Sur les confessionnaux, les péchés personnifiés grimacent et les vices rampent.
Si l'auteur étonne ses contemporains par son imagination, il surprend également par son souci du détail et de la finition. Gaspard Van den Bussche décrit son travail de la manière suivante : La gloire de Gustave Pattein est alors maximale et son atelier rue de Saint-Omer emploie une cinquantaine de personnes. En 1900, afin de le remercier de son travail pour l'église Saint-Sauveur, le pape Léon XIII le nomme chevalier de l'ordre de Saint-Grégoire-le-Grand. Cette même année, il est élu pour la première fois conseiller municipal.
1902-1914 : Premières turbulences et engagement politique Le ciel radieux s'assombrit brusquement en 1902. Son épouse décède le à l'âge de . Il en est probablement profondément affecté.
En 1905, la loi de Séparation de l'Église et de l'État est votée. Cela a un fort impact, bien qu'indirectement, sur l'activité de Gustave. En effet, le budget des paroisses diminuent drastiquement car elle ne sont plus financées par le pouvoir public. Les commandes se raréfient. Pattein doit licencier la majorité de son personnel. Il s'oriente alors vers des commandes civiles : salles à manger, chambres à coucher, cheminées… centré|vignette|Statue de Saint Pierre dans l'Église Saint-Pierre de Godewaersvelde (1907) Les décès familiaux s'enchaînent ensuite. Sa belle mère meurt en 1907, sa mère en 1908 et sa deuxième fille en 1912 à l'âge de . Elle laisse derrière elle un jeune enfant.
Déjà conseiller municipal d'Hazebrouck, ami du maire Eugène Warein, il devient son adjoint en . Il le reste jusqu'en . Il s'est engagé pour s'occuper plus particulièrement des travaux publics. Dans ce cadre, il conçoit un projet de passage supérieur destiné à remplacer le passage à niveau de la rue de la Clef et à rapprocher le quartier Notre-Dame, du centre de la cité..
Pour Steenvoorde, sa ville natale, il livre les plans et les dessins du Monument aux morts en 1913. centré|vignette|Monument aux Morts de Steenvorde (1913). Pattein fournit le pilier.Parallèlement à ses nouvelles activités politiques, il redouble d'efforts pour développer à nouveau l'atelier et il y parvient.
1914-1918 : engagement patriotique et destruction de l'atelier.