vignette|250px|Les armoiries de la ville de Lens se blasonnent ainsi :D'azur au château formé d'une tour d'or crénelée de cinq pièces, ouverte et ajourée de sable, l'ouverture chargée d'un globe d'or cerclé, cintré et croisé d'or, la tour flanquée de deux tourelles du même ouvertes et ajourées de sable, le tout accosté de deux fleurs de lis d'or.Les armoiries de la ville de Lens dans leur forme actuelle date de 1951, cependant, Charles d'Hozier dans son Armorial général de France de 1696, donnait déjà ces armoiries au Corps du Magistrat de la ville de Lens, dans une forme légèrement différente.Ornements extérieurs : croix de chevalier de la Légion d’honneurAttribuée en 1919 avec la citation suivante : « Ville glorieuse, qui peut être citée comme un modèle d’héroïsme et de foi patriotique. Tombée au pouvoir des Allemands dès les premières heures de l’invasion de 1914, a été, pendant quatre ans, tour à tour, témoins ou enjeu d’une lutte sans merci. Organisée par l’ennemi en formidable réduit de défense, libérée en partie par une offensive alliée, mutilée et écrasée au cours de combats incessants, n’a jamais douté du sort de la patrie. » ; Croix de guerre 1914–1918 avec palme ; Croix de guerre 1939–1945. vignette|250px|Fosse n° 4 des mines de Lens dans les années 1960.

L'histoire de Lens, commencerait, en l'état actuel des connaissances, au haut Moyen Âge. La première mention d'un lieu nommé Lens apparaît à l'époque mérovingienne sous la forme Lenna Cas qui signifierait « Forteresse des Sources ». La ville entourée de remparts subit plusieurs sièges au Moyen Âge et à l'époque moderne.

Mais c'est la découverte de gisements de charbon, en 1841 qui fit basculer la ville dans l'ère industrielle : Lens connut une forte croissance démographique, son paysage fut transformé, les puits de mines avec leurs chevalets et les cités ouvrières, les corons, donnèrent un nouveau visage à la ville pour plus d'un siècle. Totalement détruite au cours de la Première Guerre mondiale, Lens fut reconstruite pendant l'entre-deux-guerres. Meurtrie à nouveau au cours de la Seconde Guerre mondiale, Lens se redressa mais le déclin de l'activité charbonnière puis l'arrêt total de l'exploitation en 1986 obligèrent la ville comme l'ensemble du bassin minier à se reconvertir pour tenter d'endiguer le déclin.

Enfin, l'histoire de la ville est indissociable de celle de son club de football, le Racing Club de Lens fondé en 1906 dont les résultats de ses différentes équipes sur le plan national comme international ont donné aux Lensois des motifs de fierté.

Antiquité En 1755 des médailles impériales romaines furent retrouvées sur le territoire de Lens. En 1804, ce fut une tombe renfermant deux vases ou lacrymatoires de verre qui fut mise au jour, et en 1842, on retrouva une statuette en bronze du dieu MarsLouis Dancoisne, Précis d'histoire de Lens, 1878, réédition, Le Livre d'histoire Lorisse, 1997. Ce sont les seules vestiges gallo-romains retrouvés à LensEn l'état des connaissances, nous ne savons pas si le site de Lens abritait une agglomération romaine de quelque importance..

Moyen Âge Lens entre Flandre et Artois Nommée pour la première fois à l'époque mérovingienne, Lens, au centre de la Gohelle, fut par la suite le siège d'une châtellenie dépendant, dans un premier temps des comtes de Boulogne. La ville est fortifiée à l'époque carolingienne pour se protéger des invasions vikings. a été certainement le seigneur de Lens le plus célèbre. En 1057, il épouse Ide de Bouillon. En 1066, il participe à la bataille d'Hastings au côté de Guillaume le Conquérant. En 1071, Eustache prend part aux conflits à propos de la succession de Flandre et meurt en 1095. Sa veuve, Ide, femme très pieuse fait de nombreuses donations aux églises, monastères et hôpitaux de la région. Béatifiée après sa mort, elle devient la patronne de Lens. Les trois fils d’ et d’Ide de Bouillon, Eustache, Godefroy et Baudouin prennent part à la première croisade et à la prise de Jérusalem en 1099..

Lens sous l'autorité du roi de France La ville de Lens au relève du comté de Flandre. En 1192, la place est concédée à la couronne par son nouveau vassal, le comte de Boulogne, Renaud de Dammartin..

Au , le roi lui octroie une charte communale, en 1209. La commune possède son échevinage et sa milice. Elle était également le siège d'une prévôté et d'un bailliage. La charte communale permet au maïeur et aux échevins de Lens de nommer leurs successeurs tous les quatorze mois. Elle autorise, également le château de la commune à appliquer les mêmes lois et coutumes que celles d'Arras. Les franchises et les libertés communales furent confirmées en 1248, 1292 et 1302 par les comtes d'Artois.

Lieu de foires et de marchés, Lens acquiert une certaine importance sur le plan commercial, par la Deûle, les marchandises en partent ou y arrivent. Sur cette rivière se trouvaient quatre moulins ; un moulin à vent était situé sur les remparts.

Lens sous l'autorité du duc de Bourgogne Pendant la Guerre de Cent Ans, Lens subit l'hostilité des comtes de Flandre. mais, le mariage du duc de Bourgogne, Philippe le Hardi avec Marguerite de Flandre, héritière des comtés de Flandre et d'Artois fait entrer Lens dans les Pays-Bas bourguignons jusqu'à la mort de Charles le Téméraire, en 1477.

En 1415, Henri, Jean et Philippe de Récourt dits de Lens combattirent à la bataille d'Azincourt et y trouvent la mort..

En , après la mort du duc de Bourgogne Charles le Téméraire, Lens est une nouvelle fois assiégée, incendiée et détruite par les troupes du roi de France qui cherche à se rendre maître de l'Artois. Après la bataille de Guinegatte du , fait exécuter cinquante prisonniers, en guise de représailles après la défaite française face aux Bourguignons.

Époque moderne vignette|250px|Bataille de Lens, 20 août 1648 de Jean-Pierre Franque (1835/1837), Galerie des Batailles, Château de Versailles.

Lens entre Espagne et France

Aux , Lens fut territoire espagnol avec l'avènement de Charles Quint, héritier par son père, Philippe le Beau, des Pays-Bas bourguignons et par sa mère, Jeanne la Folle, des couronnes de Castille et d'Aragon. La ville fut prise et reprise sept fois en moins d'un siècle. Elle était retombée en 1646, au cours de la guerre de Trente Ans, aux mains des Espagnols.

La place forte de Lens, située dans une plaine, avait une muraille terrassée, garnie de tours, et un fossé sec large et profond avec un chemin couvert. En 1647, le maréchal de Gassion entreprit d'en faire le siège. La ville tomba le Gédéon Tallemant des Réaux : Mémoires pour servir à l'histoire du , Tome 3 / publiés... par MM. Monmerqué,... de Chateaugiron et Taschereau...|auteur=Tallemant des Réaux, Gédéon (1619-1692).

Le , dans la plaine de Lens, le Grand Condé remporta une nette victoire sur les Espagnols. Cette victoire laissait cependant la ville totalement ruinée. La guerre entre la France et l'Espagne se poursuivit après les Traités de Westphalie mettant fin à la guerre de Trente ans, en 1648 ; elle prit fin en 1659, par le Traité des Pyrénées par lequel l'Artois devenait territoire du royaume de France. La reconstruction de Lens pouvait commencer.

Lens sous l'Ancien Régime Depuis le Moyen Âge, La ville de Lens, en plus du château, était protégée par des remparts garnis de tours et percés d'au moins deux portes, la porte du Bourg ou porte d'Arras et la porte de Magdelaine ou porte Pesquebeuf. Les établissements religieux étaient au nombre de trois : un collège de 12 chanoines et 18 chapelains qui desservaient la collégiale Notre-Dame, un couvent de cordeliers ou récollets, un couvent de sœurs grises, tous trois disparus à la Révolution française. L'hôpital de la Cauchie fondé au XIIIe siècle fut rattaché à l'hôpital du Bourg, sous le règne de Louis XIV..

Le démantèlement des fortifications de la ville se déroula de 1652 à 1657, sur ordre du roi.. En , fut posée la première pierre de l'église Saint-Léger de Lens, les frères Leclercq d'Aire-sur-la-Lys en furent les architectes. L'église fut, inaugurée le .

Époque contemporaine Lens au , la découverte et l'exploitation du charbon vignette|300px|La fosse n° 2 dite Grand Condé au début du XXe siècle.

Fertilisation de la plaine de Lens Jusqu'au début du , la plaine de Lens était peu favorable à l'agriculture, la couche de terre arable y est très mince, la craie imperméable qui affleure au moindre labour transformait les terrains en marais en automne, en hiver et au printemps. Guislain Decrombecque, cultivateur, entreprit d'enrichir la terre par de la fumure de son invention et d'ainsi rendre fertile la terre. Il devint maire de sa ville natale pendant dix-neuf ans, de 1846 à 1865.

Exploitation du charbon

C'est la découverte du charbon à Oignies, en 1841 et son exploitation qui transformèrent la ville et ses environs. La Compagnie des mines de Lens, créée en 1852, connut un essor considérable et la ville, une forte croissance démographique : de 2 365 h en 1800, la commune de Lens atteignait 24 370 h en 1901.

La Compagnie des mines de Lens se développa fortement sous la direction d'Élie Reumaux, la production passa de 350 000 tonnes de houille pour deux puis, en 1866 à une production de quatre millions de tonnes en 1913, pour seize puits.

Le mouvement ouvrier à Lens avant 1914 Socialistes et anarcho-syndicalistes lensois

Le mouvement ouvrier à Lens se structura avec le Parti ouvrier français (P.O.F.) et du syndicat des mineurs, à partir de 1882 sous l'impulsion d'Émile Basly et d'Arthur Lamendin tous deux ouvriers mineurs. En 1886, fut créée à Avion, une section du P.O.F. et en 1888, fut créé à Lens, le premier syndicat des mineursCompère-Morel (sous la direction de), Encyclopédie socialiste, syndicale et coopérative de l'Internationale ouvrière, Hubert Rouger, La France socialiste, tome II, Les Fédérations socialistes, Paris, Aristide Quillet Editeur, 1913 p. 424 à 426.

En 1891, Émile Basly devint président du Syndicat des mineurs du Pas-de-Calais. Il fut élu député en 1891 et avec Arthur Lamendin, député lui aussi, fit adopter les lois sur les caisses de secours (), sur les caisses de retraite (), sur les accidents du travail (1898). Émile Basly fut maire de Lens de 1900 à 1928.Depuis lors, La ville de Lens est dirigée par une municipalité socialiste..

En 1902, le militant anarcho-syndicaliste Benoît Broutchoux arriva à Lens et se fit embaucher à la mine. En octobre, une grève éclata pour obtenir la Journée de huit heures. Benoît Broutchoux, partisan de l'action directe et de la grève générale, s'opposa au « vieux syndicat » des mineurs contrôlé par Émile Basly. A sa sortie de prison en 1903 il fonda le « Jeune syndicat », la Fédération syndicale des mineurs du Pas-de-Calais affiliée à la CGT et devint le rédacteur du journal Le Réveil syndical puis de « L'Action syndicale.

Catastrophe de Courrières

Le , la catastrophe de Courrières, provoqua la mort de 1 099 mineurs. La grève déferla sur tout le bassin minier, les deux syndicats s'affrontèrent, Benoît Broutchoux fut arrêté alors qu'il marchait avec 2 000 grévistes de la Maison du peuple vers la mairie de Lens.