Les élections générales québécoises de 1994 ont lieu le afin d'élire les députés de la à l'Assemblée nationale du Québec. Il s'agit de la générale dans cette province depuis la confédération canadienne de 1867. Le Parti québécois (PQ), dirigé par Jacques Parizeau, est élu avec un gouvernement majoritaire, défaisant le gouvernement du Parti libéral du Québec (PLQ), dirigé par Daniel Johnson (fils) chef du PLQ depuis . Le PLQ était au pouvoir depuis l'élection de 1985. L'émission du décret d'élection fut publiée dans la Gazette officielle du Québec le 10 août 1994.
Contexte Depuis l'échec de l'Accord du lac Meech en 1990 et du référendum sur l'accord de Charlottetown en 1992, le mouvement souverainiste a le vent dans les voiles. Devant le refus du Canada anglais de reconnaître constitutionnellement le statut de société distincte qu'il réclamait, le Parti québécois augmente ses effectifs et son chef, Jacques Parizeau, économiste respecté, affirme sans détour que son parti déclenchera un référendum sur la souveraineté s'il est porté au pouvoir. Lors de l'élection fédérale canadienne de 1993, qui s'était déroulé quelques mois auparavant, près de la moitié des Québécois avaient voté pour Lucien Bouchard et son nouveau parti souverainiste, le Bloc québécois, qui avait fait élire 54 députés à la Chambre des communes du Canada et qui avait réussi à former l'Opposition officielle, ce qui est sans précédent au Canada.
Ces statistiques sont encourageantes pour les souverainistes et ils croient en la victoire du Parti québécois. Le Parti libéral du Québec est au pouvoir depuis deux mandats, soit depuis 1985, ayant remporté deux élections générales consécutives sous la direction du premier ministre Robert Bourassa. Bourassa annonce sa démission le ; le suivant, Daniel Johnson (fils) devient chef du Parti libéral, puis est assermenté premier ministre le . Johnson n'est pas très charismatique, mais tous respectent sa compétence en économie. Son père, Daniel Johnson (père), et son frère, Pierre Marc Johnson, avaient tous deux exercé les fonctions de premier ministre du Québec avant lui sous les bannières de partis différents.
Un autre parti est également dans la course lors de cette élection : l'Action démocratique du Québec. Le parti avait été officiellement fondé le par Jean Allaire et d'autres militants dissidents du Parti libéral qui avaient claqué la porte du parti après le rejet du Rapport Allaire qui réclamait le rapatriement de plusieurs champs de compétence constitutionnel. Allaire dirige le nouveau parti mais démissionne après quelques mois pour des raisons de santé. C'est Mario Dumont, ancien chef de l'aile jeunesse du Parti libéral, qui le remplace et qui mène le parti lors de la campagne électorale de 1994.
Mario Dumont incarne l'ambivalence de certains Québécois qui hésitent entre la souveraineté et le fédéralisme. Celui-ci n'a que 25 ans, mais il possède déjà une bonne expérience politique. Il adopte une plateforme populiste de conservatisme économique, prônant l'équilibre budgétaire et des réductions dans les dépenses de l'État.
Campagne Débat télévisé Le se tient le débat des chefs entre Daniel Johnson et Jacques Parizeau. Le débat, diffusé simultanément par Radio-Canada, TVA et Radio-Québec, a été suivi par personnes en moyenne.
Soutiens de la presse En 1989En 1994 Le Devoir Parti libéral Parti québécois Le Soleil Parti libéral Pas de soutien La Presse Parti libéral Pas de soutien. The Gazette Soutien partagé Parti libéral Les élections de 1994 sont marqués par le choix de plusieurs journaux de ne pas donner de soutien explicite. Tant Le Soleil que La Presse font le choix de ne pas donner d'indication claire sur le parti ayant leur soutien, sachant que le dernier titre explicite son rejet du Parti québécois.
Contrairement aux deux élections précédentes, le Parti libéral n'obtient aucun soutien auprès des titres francophones majeurs. Parmi eux, seul Le Devoir émet un préférence (envers le Parti québécois) après avoir soutenu le Parti libéral en 1985 et 1989. L'éditorial de Lise Bissonnette du lendemain émet également le souhait de voir l'Action démocratique représentée à l'Assemblée nationale.
Sondages
500px|vignette|centré|Intentions de vote au Québec depuis les élections générales précédentes.
Résultats Le Parti québécois de Parizeau et le Parti libéral de Johnson sont presque à égalité quant au pourcentage du vote populaire. Le Parti québécois, avec 44,75 %, devance le Parti libéral (44,40 %) par moins d'un demi-point de pourcentage. Par contre, le nombre de sièges est décisif : les péquistes remportent 77 sièges contre les 47 des libéraux, formant un gouvernement majoritaire et disposant de toute la latitude nécessaire pour déclencher un référendum sur la souveraineté du Québec.
L'Action démocratique du Québec ne fait élire qu'un seul député : son chef, Mario Dumont, élu dans Rivière-du-Loup.
77 sièges 47 sièges 1 siège ^ majorité
Résultats par parti politique center
Résultats par circonscription
Notes et références Notes
Références
Lien externe Section historique du site de l'Assemblée nationale du Québec
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