Hébron, Palestine, la fabrique de l'occupation (hébreu : 2: מעבדת השליטה (סרט) ; anglais : H2: The Occupation Lab) est un documentaire des réalisateurs israéliens Noam Shizaf et produit en 2022. Le film traite de la domination israélienne dans le quartier H2 à Hébron en Cisjordanie et se concentre sur la rue Al-Shuhada et les événements et processus qui se sont déroulés dans et autour de la rue, en tant que microcosme du développement du conflit israélo-palestinien. Le documentaire est projeté dans le cadre de la compétition officielle israélienne à Tel Aviv en 2022, diffusé sur et dans La Case du siècle sur France 5 en 2023.
Contexte gauche|vignette|La rue Al-Shuhada à Hébron, barrée par un checkpoint militaire israélien, . La rue Al-Shuhada à Hébron est la rue principale de la vieille ville qui mène vers le tombeau des Patriarches. Dès 1972 des colons israéliens s'y installent, et dès la fin des années 1970, les autorités israéliennes leur accordent l'accès au tombeau - qui leur était fermé jusqu'alors«Les réalisateurs retracent l’implantation des colons israéliens dès 1972 à Hébron, le partage du lieu saint qu’ils obtiennent à la fin des années 1970», .
À la suite du massacre du tombeau des Patriarches en perpétré par Baruch Goldstein, membre du parti israélien nationaliste-religieux Kach et Kahane Chai, l'État hébreu a fermé la rue aux Palestiniens et a également fermé le marché central de gros de la région d'Hébron, la gare routière centrale et les magasins arabes qui y étaient ouverts.
À la suite des accords d'Oslo, Benyamin Netanyahou a signé en 1997 les accords d'Hébron divisant la ville en une zone contrôlée par les Palestiniens (H1) et une zone contrôlée par les Israéliens (H2). Dans le cadre de cet accord, la rue a été rouverte à la circulation des véhicules palestiniens, mais après le déclenchement de la seconde intifada, la rue a été de nouveau fermée et reste fermée à la circulation palestinienne.
Résumé vignette|Grillage pour protéger les Palestiniens d'Hébron des jets d'ordures des colons israéliens, le 13 juin 2010. Le film traite de la domination israélienne à Hébron, plus grande ville de Cisjordanie, qui compte palestiniens. L'armée israélienne allègue la nécessité de protéger les pour conserver et durcir sa mainmise sur la zone. Chaque attentat - commis par des Israéliens ou par des Palestiniens - devient l'occasion d'une surveillance militaire accrue. Alors que la devient plus importante, les Palestiniens quittent progressivement la ville. gauche|vignette|La rue Al-Shuhada à Hébron, ancienne rue commerçante désormais surnommée la « rue de l'apartheid ». Les cinéastes Noam Shizaf et Idit Abrahami se concentrent sur la rue Al-Shuhada, qui se trouve à la frontière de la zone H2 et qui a été un point de friction entre Juifs et Palestiniens au fil des années.
Selon les réalisateurs, Hébron et les processus qui s'y déroulent constituent un microcosme des tendances plus larges du conflit israélo-palestinien et un « laboratoire » pour les techniques de contrôle mises au point dans cette ville puis étendues par l'armée israélienne dans le reste de la Cisjordanie. C’est à Hébron qu'ont été pratiqués pour la première fois la ségrégation spatiale entre les Palestiniens et les colons israéliens, les routes interdites aux Palestiniens, le harcèlement nocturne de Palestiniens, ainsi que « le fichage d’une population entière par reconnaissance faciale ».
Le film présente les événements majeurs qui se sont déroulés à Hébron et ont marqué le conflit israélo-palestinien : le massacre de 1929, la guerre des Six Jours, la colonie du Park Hôtel à Hébron, l'établissement de la colonie de Kiryat Arba en 1968, les , la colonie de Beit Hadassah et les sites juifs dans la ville, l', le massacre du tombeau des Patriarches en 1994, les accords d'Hébron en 1997, la création de l'organisation Breaking the Silence et le .
Le film utilise largement des documents d'archives d'Israël et du monde et comprend des interventions historiques et des entretiens contemporains avec des commandants de la et de l'administration civile, notamment , Freddy Zach, , , , Yigal Sharon et , des personnalités comme avocat israélien et militant des droits humains, Yehuda Shaul, ancien sergent d'infanterie et défenseur israélien des droits humains, , universitaire israélienne, Moshe Dayan, Yitzhak Rabin, David Lévy et Amnon Cohen, ministres et hommes politiques israéliens, des journalistes comme , et Ronni Shaked, des résidents juifs comme et Moshe Levinger, dirigeants des colons israéliens, , porte-parole de la colonie juive, et palestiniens comme Mohammad Ali al-Jabari et Fahad Al-Qawasmi, anciens maires d'Hébron, Abed El Fatach Jaida, commandant du secteur palestinien et Fayzeh Abu Shamsiya, photographe et vidéaste.
Fiche technique Réalisation : Noam Shizaf, Production : Hilla Medalia, Paul Cadieux Coproducteurs : Serge Gordey, Martin Laurent, Hannah Phlypo, Maryse Rouillard Société de production : Medalia Productions Scénario : Noam Shizaf, Idit Abrahami Montage : Erez Lauper Photo : Avner Shaf Enquête : Idit Abrahami, Noam Shizaf Illustration sonore : Martin Cadieux-Rouillard Musique : Eric Shaw Narration : Léonie Simaga
Le film est produit en 2022 avec le soutien de , HOT8, le , le , le , la , CoPro, France Télévisions, RTBF, RTS, SVT, YLE, MetFilm Sales. D'une durée de 105 minutes dans sa version israélienne et de 52 minutes dans sa version française, il est diffusé sur Channel 8 et dans La Case du siècle sur France 5 en 2023.
Événements Le film est projeté dans le cadre du festival 2022.
Avis des critiques de cinéma La section culture et divertissement d'Ynet déclare que le film et qu'il .
La section culture de écrit que le film est un et qu'.
La section culture de Maariv déclare que .
La section télévision de Haaretz estime que .
Le quotidien israélien conservateur Israel Hayom écrit que .
Pour France Télévisions, le documentaire, implacable et censuré, raconte l'histoire d'un microcosme de l'occupation . Isabelle Malin, toujours sur le site de France Télévisions, retient que .
Louis Imbert dans Le Monde, évoque Hébron comme .
Dans Télérama, Étienne Labrunie donne la parole à Sophie Bessis qui voit dans les débordements de l'armée israélienne à Hébron .
Pour Libération, le documentaire pose « un regard sans concession sur les colons ».
Anne Schiffmann évoque sur le site de la RTBF qui apporte un éclairage indispensable sur le conflit israélo-palestinien.
Controverse La projection du film a suscité des critiques dans la société israélienne et a appelé au refus de financement de ses créateurs. Une organisation de défense des colons et de l'armée israélienne, , a tenté, à plusieurs reprises, d'empêcher la projection du film en Israël. À la Cinémathèque de Pardes Hana, en Israël, la première projection a été annulée car, selon la Cinémathèque, il s'agit d'un film anti-israélien.
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes
Occupation israélienne des territoires palestiniens Colonies israéliennes Apartheid israélien Violence des colons israéliens
Liens externes
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