Louis Leprince-Ringuet, né le à Alès et mort le à Paris., est un physicien, ingénieur en télécommunications, historien des sciences et essayiste français.
Biographie Famille Louis Marie Edmond Leprince-Ringuet est le fils de Félix Leprince-Ringuet, directeur de l'École des mines, issu d’une famille d’ébénistes originaire d’OrléansDescendance agnatique contemporaine de Noël Leprince (v.1630-1706) et de son fils Joseph (1669-1717), marchands et bourgeois d'Orléans, cités in Philippe de Vaumas, Familles orléanaises. Essai généalogique. Seconde série, 2015, p.7.Denise Ledoux-Lebard, Le mobilier français du - Dictionnaire des ébénistes et des menuisiers, Editions de l'Amateur, 700 p., Paris, 2000. et de Marie Stourm tertiaire de Saint-François. Il est le petit-fils de l’inspecteur des finances René Stourm, de l'Institut. Il est l’arrière-petit-fils du sculpteur Victor Paillard, de l’ingénieur Charles Lefébure de Fourcy et de l’homme politique Augustin African Stourm. Il est l’arrière arrière petit-fils du professeur Louis Lefébure de Fourcy. Il est l’arrière petit-neveu de l’ingénieur Eugène de Fourcy. Il est le neveu de l’homme politique Charles Stourm et le cousin germain de l’archevêque René-Louis Stourm.
Une partie de sa famille est aussi émoulue de Polytechnique : Félix-Adrien-Louis Leprince-Ringuet (X 1892 ; père ; 1873-1958), Henri-René-André Leprince-Ringuet (X 1899 ; oncle ; 1878-1961), Jean-Marie-Gabriel Leprince-Ringuet (X 1923 ; frère ; 1904-1992), ingénieur des Postes, télégraphes et téléphones. Sa sœur Renée-Marie (1902-1997) épousera François Turquet (1897-1976),polytechnicien (X 1920), inspecteur général des finances.
Il se marie en 1926 avec Denise Paul-Dubois, la fille de Louis Paul-Dubois, la petite-fille du sculpteur Paul Dubois et d'Hippolyte Taine, l’arrière petite-fille d’Alexandre Denuelle, la sœur de Marie-Louise Riche et de Bernardine Melchior-Bonnet, la tante de Geneviève Chastenet et la cousine d’André Chevrillon. Devenu veuf après sept mois de mariage alors que son épouse est enceinte.
il se remarie avec Jeanne Motte, en 1929, qui fait partie des Équipes Sociales de la région lilloise. Elle est la sœur d’un de ses condisciples du Collège Stanislas, René Motte qui est devenu dominicain. Ils auront ensemble sept enfants, dont Dominique Leprince-Ringuet (X 1951) qui se tuera en 1966 lors de l'ascension du mont Huascaran au PérouL'Écho républicain de la Beauce et du Perche, 15 juillet 1966 : "Dominique Leprince-Ringuet, fils du savant, meurt après avoir réussi l'ascension du mont Huascaran. Une avalanche de neige et de pierres se déclencha. Dominique Leprince-Ringuet, violemment frappé à la tête, fut emporté sans que ses comparses, eux-mêmes en mauvaise posture, ait pu lui porter secours.".
Pendant la Deuxième Guerre mondiale, sa propriété de campagne abrite des paras en transit. Dénoncées, sa femme et une amie sont arrêtées. Il va à la Gestapo, décline ses titres, et se propose en échange. Sa femme est libérée, son amie survit à Ravensbrück.
Louis Leprince-Ringuet est inhumé au cimetière de Courcelles-FremoyCimetières de France et d'ailleurs, après la messe qui se déroula à l’église Saint-Germain-des-Prés le mercredi .
Études vignette|Le bâtiment du collège Stanislas, sur la rue Notre-Dame-des-Champs. Louis Leprince-Ringuet est élève successivement au collège Saint-Joseph à Arras, au lycée Henri-Poincaré à Nancy, au collège Stanislas et au lycée Louis-le-Grand à Paris. Il est lauréat du concours général où il obtient le premier prix en Français, version latine, thème latin, version grecque, philosophie, mathématiques, physique, sciences naturelles, le deuxième prix en histoire, géographie, musique, dessin, anglais et allemand. Il obtient le baccalauréat ès lettres et le baccalauréat ès sciences en 1918. Il est élève du flûtiste Gaston Blanquart à la Schola Cantorum de Paris..
Il fait ses études secondaires au collège Stanislas avec Jacques Lacan, qui lui communique son sens aigu du canular. En classe de philosophie, durant l'année 1917-1918, il conçoit avec un vif intérêt l'enseignement de Jean Baruzi (avec lequel il noue plus tard des liens d’amitié)., auteur d'une thèse sur Jean de la Croix, ayant une conception de l'étude des religions orientée vers l’étude scientifique, historique et comparative. Baruzi avait une proximité avec Étienne Gilson, Alexandre Koyré et Henry Corbin et, se situant dans le courant de pensée issu de la création en 1886 de la section des sciences religieuses de l’École pratique des hautes études (EPHE). Baruzi s'intéresse également à Leibniz, Saint Paul et Angelus Silesius.
Il entre à l'École polytechnique (X1920N) en 1920, dont il est diplômé au rang en juillet 1922 (sur 205 élèves). Il a notamment comme condisciples Alfred Sauvy, André Aubréville, André Gougenheim,Jacques Stosskopf, Jean Borotra, Jean-Marie Louvel, Paul Gémon, Pierre Baranger, Robert Le Masson et Victor de Metz. Il est le Génék de la khômiss.Durant cette période, il remporte le championnat de France militaire de football avec l'équipe de Polytechnique en 1921. À l'issue de l'X, il poursuit deux années d'études de spécialisation à Supélec (promotion 1924), puis à l'École nationale supérieure des PTT, dite Sup Telecom, devenue Télécom Paris (promotion 1925, année de sortie)Annuaire des anciens élèves de l'ENST. Il est répétiteur auxiliaire à l’École polytechnique entre 1922 et 1925. Il obtient à la faculté des sciences de Paris, une licence ès sciences mathématiques et une licence ès sciences physiques en 1921, un diplôme d’études supérieures ès sciences mathématiques en 1922 et un diplôme d’études supérieurs ès sciences physiques en 1923. Il est président de la Conférence Olivaint en 1922-1923. Il obtient à la faculté des lettres de Paris une licence de philosophie en 1924 puis un diplôme d’études supérieures de philosophie en 1925. Il est docteur ès sciences physiques en 1929 et docteur ès sciences mathématiques en 1930. Il devient ingénieur des Postes, télégraphes et téléphones dans le service des câbles sous-marins.
Physicien, chercheur et enseignant Carrière universitaire
Devenu ingénieur en chef des Postes, télégraphes et téléphones, il s’intéresse aux travaux de Maurice de Broglie , spécialiste de la TSF. Ce dernier s’intéresse durant la Première Guerre mondiale aux moyens de communiquer avec les sous-marins. Il découvre que les ondes hertziennes de grandes longueurs d'onde pénètrent et peuvent être captées sous l'eau. Il est possible de cette façon de communiquer avec des sous-marins en plongée naviguant à plus de de la Métropole. Maurice de Broglie participe aussi aux recherches de Paul Langevin sur la détection des sous-marins avec des ondes ultrasonores, système qui aboutira au sonar.
À partir de 1929, Louis Leprince-Ringuet travaille avec Maurice de Broglie au laboratoire de physique des rayons X de l’École pratique des hautes études ( section) et comme assistant à l’École polytechnique. C’est grâce à ce dernier — qu'il qualifie plus tard de « père spirituel » — qu'il commence à travailler sur ce qui devient sa spécialité, la physique nucléaire. Il crée son propre laboratoire de physique nucléaire. vignette|Entrée historique de l’École polytechnique, à la jonction de la rue de la Montagne-Sainte-Geneviève, de la rue Descartes et de la place Jacqueline-de-Romilly à Paris
En 1930, il devient maître de recherches à la Caisse nationale des sciences. En 1933 il devient sous-directeur du laboratoire de physique des Rayons X et maître de conférences à l’école polytechnique. Il devient professeur à Polytechnique, succédant à Charles Fabry parti à la retraite en 1935. Jacques Hadamard et Jean Becquerel sont d'avis différent sur le poids à attribuer aux compétences scientifique et pédagogique. Ce dernier confère un primat à l'excellence scientifique. C'est ainsi que Leprince-Ringuet devient professeur à Polytechnique entre 1936 et 1969. Il fonde en 1936 le Laboratoire de physique nucléaire des hautes énergies qui fait partie de l’École pratique des hautes études ( section). Il est professeur au Collège de France, succédant à Frédéric Joliot-Curie entre 1959 et 1972. En 1972, il sera remplacé à l’École polytechnique par Bernard Gregory, et au collège de france par Marcel Froissart.
Édouard Daladier lui demande des propositions pour aider à développer la recherche parmi les grands corps d’ingénieurs de l’État. Le décret «Suquet» qui en découle, signé une semaine avant la déclaration de guerre, organise les détachements à long terme vers des laboratoires renommés. Cela servira ultérieurement pour asseoir ultérieurement l’épanouissement du CEA.
Sa grande qualité est de ne s’être jamais trompé sur les décisions importantes. En témoignent sa réorientation personnelle de la physique nucléaire vers le rayonnement cosmique et la reconversion complète de ses équipes vers les accélérateurs. Très attaché à la qualité de l’expérimentation, il soutient dans son laboratoire les initiatives de développement technique sans attacher trop d’importance aux préjugés théoriques. Chaque deux ou trois ans, il réunit les physiciens du laboratoire dans sa propriété à Courcelles-Frémoy en Bourgogne. On y fait le point des activités récentes et surtout on y discute des futurs projets.
Louis Leprince-Ringuet développe son laboratoire en attirant des physiciens d’origines très diverses, des élèves de l’École polytechnique ou de l’École normale, mais aussi de l’école des Mines ou de l’Université. Acquis à l’efficacité du travail en équipe lors de sa participation aux Équipes sociales d’après-guerre, il soutient avec détermination les groupes de chercheurs qui se forment dans les laboratoires de montagne ou auprès des chambres à bulles. Ses collaborateurs auront des carrières diverses comme Dominique Dubarle.
En 1958, il obtient la nomination d'un de physique à Polytechnique : Bernard Gregory. En 1961, il fait partie d’une commission qui conclut que le déménagement de l'école est nécessaire. Il veut modifier l'enseignement afin qu'il soit plus en adéquation avec les nouveaux besoins de l'économie nationale. Il fait le constat des carences de l'École. Il critique un enseignement « resté encyclopédique », « profondément sclérosé », « très en retard sur celui des universités » et demande l'instauration d'options. L’objectif est de casser le monolithisme de chaque chaire pour réaliser un vrai département scientifique. Ce modèle sert à d’autres disciplines :économie, biologie. Il collabore là-dessus avec Laurent Schwartz. Son projet pour Polytechnique est un grand centre de recherches pluridisciplinaire comme elle l’est devenue sur le plateau de Saclay. Il se heurte aux responsables de Polytechnique en proposant une réforme de l'enseignement élaborée avec ses étudiants. Ces recommandations débouchent sur la loi du . Polytechnique reçoit alors un statut civil (tout en restant rattachée au ministère des Armées) et l'admission des femmes est autorisée à partir de 1972. En 1968, une loi est voté à la sauvette pour supprimer le corps des professeurs à polytechnique, qui lui retire sa chaire en 1969. La décision est cassée en 1972 par le tribunal administratif. Dans la crainte de voir entraîner le laboratoire dans cette querelle, tous les physiciens unanimes signent une pétition pour demander au ministre de la Défense de maintenir en place le directeur. Louis Leprince-Ringuet est maintenu comme directeur du laboratoire.