vignette|Benoît XVI couronne Notre-Dame de Lourdes lors d'un événement dédié aux pèlerins malades, à la basilique Saint-Pierre, le 11 février 2007. vignette|1967 : Paul VI prononce un discours à Fátima lors d'une messe à l'occasion du anniversaire des apparitions mariales. Derrière le pontife trône la statue de Notre-Dame de Fátima. La théologie mariale (ou mariologie) des papes est l'étude théologique de l'influence qu'exercent les papes sur la doctrine de l'Église catholique relative à la Vierge Marie et sur la dévotion qui lui est associée.

Le développement de la mariologie et du culte marial au fil des siècles a été influencé par un certain nombre de facteurs, parmi lesquels les directives papales. Celles-ci se traduisent par de nouvelles fêtes mariales, des prières, de nouvelles congrégations mariales, des indulgences, la reconnaissance des apparitions mariales – comme à Lourdes et à Fatima – et la déclaration de dogmes mariaux.

« Le siècle précédant le concile Vatican II a sans doute été l'époque la plus fertile pour les études mariales catholiques. » Un certain nombre de papes ont fait des thèmes mariaux un élément clé de leur papauté : Léon XIII a publié onze encycliques sur le rosaire, Pie XII s'est prévalu de l'infaillibilité pontificale pour établir un dogme marial, Jean-Paul II a construit ses armoiries personnelles autour de la croix mariale.

Influences papales sur la mariologie Les papes jouent un rôle très important dans le développement de la doctrine et dans la vénération de la Sainte Vierge. Ils prennent des décisions non seulement dans le domaine des croyances mariales (mariologie), mais aussi dans celui des pratiques et formes de dévotions mariales. Les papes promeuvent la vénération et les croyances mariales en autorisant de nouvelles fêtes mariales, des prières et des initiatives mariales, l'acceptation et le soutien des congrégations mariales, des indulgences et des privilèges spéciaux, et le soutien aux dévotions mariales.

La reconnaissance formelle des apparitions mariales, comme à Lourdes et Fátima, a également eu une influence. Les papes ont promu la dévotion mariale à travers des encycliques, des lettres apostoliques et avec deux dogmes (Immaculée Conception et Assomption), la promulgation des années mariales (Pie XII, Jean-Paul II), des visites aux sanctuaires mariaux (Benoît XVI en 2007) ; le pape François a décrété en 2018 que le Mémorial de la Bienheureuse Vierge Marie, Mère de l'Église, soit inséré dans le calendrier romain le lundi de Pentecôte.

Des opinions populaires telles que l'Immaculée Conception et l'Assomption se sont développées au fil du temps dans l'enseignement papal. Néanmoins, les papes ont également limité et mis en garde contre certaines pratiques de dévotion à Marie : ainsi en 1674, Clément X (1670-1676) indexa les livres sur la piété mariale ; et si des fraternités mariales furent fondées à la suite du Concile de Trente, toutes ne furent pas approuvées par le Saint-Siège.

Tous les papes n’ont pas le même point de vue sur les croyances et dévotions mariales. Dernièrement, le pape François a averti que les chrétiens ne pourraient pas plaire à Marie si en l'honorant d'une manière qui diminue l'honneur accordé à son divin Fils.

Du Moyen-Âge au

Clément IV Le pape Clément IV (1265-1268) crée un poème sur les sept joies de Marie, lequel, par sa forme, est considéré comme une première version du chapelet franciscain.

Pie V Le , le pape Pie V publie la bulle papale Consueverunt Romani Pontifices qui universalise l'usage du rosaire. Avec la formation de la Sainte-Ligue il demande aux fidèles chrétiens de demander instamment l'intervention de la Vierge Marie, par la prière du chapelet. Après la victoire de Lépante (1571) sur l'Empire ottoman, il décrète une fête commémorative dont son successeur, Grégoire XIII fixera la date liturgique. Ce sera la fête de Notre-Dame du Rosaire. De plus, Pie V inclut dans le catéchisme qu'il a promulgué la deuxième partie de l'Ave Maria qui vient alors d'être ajoutée au Concile de Trente : « Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous, pécheurs ». "PART IV: THE LORD'S PRAYER: PRAYER: Importance Of Instruction On Prayer"..

Clément VIII Le pape Clément VIII (1592-1605) considère la piété mariale comme la base des réformes de l'Église et publia la bulle () pour condamner les négations de la virginité de Marie. Il consacre des congrégations mariales et soutient l'essor du rosaire avec pas moins de 19 bulles papales.

Clément X Le pape Clément X (1670-1676) favorise la piété mariale en accordant des indulgences et des privilèges supplémentaires aux ordres religieux ainsi qu'aux villes pour célébrer des fêtes mariales spéciales. Plusieurs bulles soutiennent la récitation fréquente du rosaire. Néanmoins, il s'oppose à la piété mariale de Louis de Montfort (canonisé en 1947 par Pie XII) par une bulle publiée le et interdit certaines manifestations de dévotions mariales.

Au

Clément XI Le pape Clément XI (1700-1721) prépare le terrain pour le dogme de l'Immaculée Conception. Il autorise le titre « Immaculée Conception » et, en 1712, ordonne au Saint-Office de ne pas persécuter quiconque invoquerait Marie en utilisant ce titre. La fête de l'Immaculée Conception, qui n'existe que régionalement, est alors prescrite pour toute l'Église. Le Pape recommande les enseignements et la piété de Louis de Montfort et le nomme « Missionnaire apostolique de France ». Le , Clément XI étend la fête de Notre-Dame du Rosaire à l'Église universelle.

Benoît XIII Le pape Benoît XIII (1724-1730) émet plusieurs indulgences pour soutenir la prière du rosaire, notamment lors des 15 « mardis mariaux », ainsi que les processions du rosaire. Il interdit le chapelet séraphin en 1727 et étend les fêtes de Notre-Dame des Sept Douleurs et de Notre-Dame du Mont Carmel à toute l'Église .

Clément XII Le pape Clément XII (1758-1769) interdit toutes les litanies mariales à l'exception de la litanie de Lorette. En 1770, il autorise l'Espagne à nommer lImmaculata comme principale sainte-patronne du pays et, en 1767, il accorde à l'Espagne le privilège d'ajouter la Mater Immaculata à la litanie.

Benoît XIV Le pape Benoît XIV écrit des livres sur les fêtes du Christ et de Marie – De festis Christi at BMVOpera Omnia Roma, 1747, 51. Il soutient les congrégations mariales de la Sodalité de Notre-Dame avec la bulle , publiée le 27 septembre 1748, et multiplie les indulgences pour tous ceux qui prient le rosaire.

Clément XIV Le pape Clément XIV (1769-1775) fait face à des troubles populaires dans le sud de l'Italie concernant les célébrations et les processions de l'Immaculée Conception. Il accorde alors aux franciscains de Palerme le privilège de célébrer la fête de l'Immaculée Conception. Plus tard, il étend ce privilège à d'autres ordres, mais seulement pour des messes privées. Il interdit la confrérie de l'Immaculée Conception mais confirme un ordre chevaleresque du même nom. Il aurait finalement promis au roi d'Espagne de dogmatiser l'Immaculée Conception.

Au

Pie IX droite|vignette| Pie IX dogmatise l'Immaculée Conception en 1854. (Murillo, L'Immaculée Conception d'El Escorial, 1660-1665) Le pontificat de Pie IX (1846-1878) voit la promulgation du dogme de l'Immaculée Conception de la Vierge, dont l'enjeu domine la théologie catholique du . C'est ainsi au cours de son pontificat que les pétitions se multiplient pour demander la dogmatisation de l'Immaculée Conception. En 1848, Pie nomme une commission théologique pour interroger la possibilité d'un dogme marial.

En 1848, le pape doit fuir Rome lorsqu'un mouvement révolutionnaire s'empare des États pontificaux et du gouvernement de la ville. Depuis son exil à Gaète, il publie l'encyclique Ubi primum, sollicitant l'avis des évêques sur l'Immaculée Conception : plus de 90 % des évêques ont demandé la dogmatisation. Pie IX agit avec prudence, le 10 mai 1852, en nommant une commission de vingt théologiens pour préparer un éventuel texte du dogme. Une fois le texte achevé, le 2 décembre 1852, il demande à une commission de cardinaux de le finaliser.

Ces événements influencent les réflexions ultérieures autour de la promulgation éventuelle du dogme de l'Assomption. Ainsi, ll'approche de Pie IX qui consiste à chercher un consensus collégial est plus tard reprise par Pie XII, avec l'encyclique Deiparae Virginis Mariae qui interroge les évêques sur l'éventualité d'un dogme de l'Assomption de la Vierge Marie.

Sous son règne, le scapulaire de Notre-Dame de la Merci fut approuvé en 1868.

Proclamation de l'Immaculée Conception en 1854 Ce n'est qu'en 1854 que Pie IX, avec le soutien de l'écrasante majorité des évêques catholiques romains, proclame l'Immaculée Conception. Huit ans plus tôt, en 1846, le pape a déjà exaucé le vœu unanime des évêques des États-Unis en proclamant l'Immaculée sainte-patronne des États-Unis. Lors du Concile Vatican I, quelques 108 pères conciliaires ont demandé d'ajouter les mots « Vierge Immaculée » au Je vous salue MarieEt d'ajouter l'Immaculée aux Litanies de Lorette.. Certains pères ont même demandé que le dogme de l'Immaculée Conception soit inclus dans le credo de l'Église, ce à quoi Pie IX s'est opposé.

Rejet d'un dogme de l'Assomption Au cours du Concile Vatican I, neuf pétitions mariologiques ont favorisé un éventuel dogme de l'Assomption, mais certains pères conciliaires, notamment allemands, s'y opposent fortement. Le 8 mai, les Pères rejettent une dogmatisation, rejet partagé par Pie IX. Les pères conciliaires soulignent la maternité divine de Marie et l'appellent la mère de toutes les grâces.

Pie IX croyait en l'Assomption de Marie et reconnaissait la relation étroite entre l'Immaculée Conception de Marie et son élévation au ciel. Il a cependant résisté aux tentatives visant à émettre un deuxième dogme marial en vingt ans. Il attribua à Marie sa fuite de justesse de Rome vers Gaète en 1848.

Léon XIII Dans son encyclique sur le cinquantième anniversaire du dogme de l'Immaculée Conception, le pape Léon XIII souligne le rôle de Marie dans la rédemption de l'humanité. Sa mariologie a été grandement influencée par Thomas d'Aquin, en particulier sa vision du rôle de Marie dans l'Annonciation. L'accent mis par Léon sur le chemin de Marie vers le Christ a été une direction clé de la mariologie catholique romaine, la mariologie étant considérée comme inhérente à la christologie et le chapelet ouvrant ce cheminPius XII Mystici corporis Christi; John Henry Newman: Mariology is always christocentric, in Michael Testa, Mary: The Virgin Mary in the Life and Writings of John Henry Newman 2001; Mariology Is Christology in Vittorio Messori, "The Mary Hypothesis" Rome, 2005. vignette|Léon XIII Il a appliqué l'analyse mariale de Louis de Montfort à l'analyse de l'Église dans son ensemble. Léon a activement utilisé son autorité papale pour soutenir la vénération de Marie dans les lieux de ses apparitions. Lors de la bénédiction et de l'ouverture de l'église Notre-Dame de Lourdes, il a publié l'écrit apostolique Parte humanae generi soutenant les pèlerinages à Lourdes et autres sanctuaires mariaux.

Léon XIII déclara la Vierge de Montserrat patronne de la Catalogne et institua la fête de la Médaille miraculeuse en 1894. Il condamne les hérésies sur l'Immaculée Conception et évoque la relation de saint Joseph avec Marie dans l'encyclique (15 août 1889)Epistola Encyclica De patrocinio Sancti Josephi una cum Virginis Deiparae pro temporum difficultate implorando in Lettres apostoliques de s.s. Léon XIII : encycliques, brefs etc, p. 250-261.

Les 12 encycliques mariales