Francesca Paola Albanese, née le à Ariano Irpino (Campanie), est une juriste et chercheuse italienne, spécialisée en droit international et droits humains. Depuis le , elle est la rapporteuse spéciale des Nations unies sur les territoires palestiniens occupés.
Biographie Origine et formation Francesca Albanese naît le à Ariano Irpino, dans la région de Campanie, en Italie du sud...
Elle est titulaire d’un « diplôme complet en droit » (« laurea magistrale » en « giurisprudenza »), diplôme italien de second cycle (5 ans) donnant accès aux professions juridiques, obtenu à l’université de Pise, ainsi que d’un master en droits humains délivré par la School of Oriental and African Studies de l'université de Londres. Elle poursuit un doctorat en droit international des réfugiés à la faculté de droit de l'université d'Amsterdam..
Chercheuse et conseillère en droits humains Chercheuse affiliée jusqu'en à l' de l'université de Georgetown, elle est conseillère principale sur les migrations et les déplacements forcés auprès de l'organisation à but non lucratif (ARDD) et chercheuse à l' de l'université Érasme de Rotterdam. où elle a cofondé le Réseau mondial sur la question de la Palestine (GNQP), une coalition de professionnels et d'universitaires renommés engagés en Israël et en Palestine ou sur cette question.
Rapporteuse spéciale des Nations unies sur les territoires palestiniens occupés En , Francesca Albanese est nommée rapporteuse spéciale des Nations unies sur les territoires palestiniens occupés, pour un mandat de trois ans, avec prise de poste au ... Elle est la première femme à occuper ce poste.. Son travail de rapporteuse est bénévole (pro bono), et depuis le génocide à Gaza elle s'y consacre à plein temps, laissant de côté l'enseignement. Elle est reconduite à ce poste le .
Dans son premier rapport en date du , Francesca Albanese recommande que les États membres de l'ONU élaborent .. Le rapport conclut :
Durant la guerre à Gaza depuis 2023, Francesca Albanese appelle à un cessez-le-feu immédiat, avertissant que .. Elle déclare également que la communauté internationale doit , et que .
En , Francesca Albanese reçoit le prix international (en ) en reconnaissance de son travail journalistique sur la Palestine et le Moyen-Orient...
En , lors de la réunion de la session ordinaire du Conseil des droits de l'homme des Nations unies, Francesca Albanese présente un rapport accusant Israël de transformer la Cisjordanie en une prison à ciel ouvert. Le rapport indique que depuis 1967, plus de , dont des enfants de douze ans, ont été arrêtés et détenus par les autorités israéliennes. Lors d'un briefing avec les journalistes, Francesca Albanese déclare : . Israël n'était pas présent lors de la présentation mais a rejeté les conclusions....
Le , Francesca Albanese publie un rapport intitulé Anatomie d'un génocide. : elle y affirme qu’il existe des de croire qu’Israël a commis plusieurs actes de génocide dans la bande de Gaza. . Elle se dit victime de nombreuses menaces depuis le début de sa mission d’élaboration d’un rapport sur la guerre israélienne contre Gaza..
Nomination controversée et soutiens internationaux
La nomination en de Francesca Albanese au poste de rapporteuse spéciale des Nations unies sur les territoires palestiniens occupés lui vaut à la fois un soutien international et de vives critiques.
Israël et ses alliés lui reprochent notamment d'anciennes déclarations qu'ils considèrent comme antisémites : par exemple, au moment de la Guerre de Gaza de 2014, elle avait décrit les États-Unis comme .. Elle a ensuite reconnu un « choix des mots inapproprié », ayant voulu désigner les lobbys pro-israéliens aux États-Unis. Elle déclare qu'elle n'est pas antisémite et que sa est liée à l'occupation des territoires palestiniens. En , soixante-cinq spécialistes de l'antisémitisme, de l'Holocauste et des lui apportent leur soutien et déclarent : .
En , une déclaration de de défense des droits humains et de la société civile, d'institutions universitaires et de groupes salue les ..
L'International Legal Forum, réseau d'avocats pro-israéliens financé par le israélien, appelle à la démission de Francesca Albanese, l'accusant de « justifier le massacre, le viol, la torture et l'enlèvement d'Israéliens , y compris de femmes et d'enfants ». En réponse, Amnesty International Italie publie, le 2023, une lettre de soutien signée par des dizaines de groupes de défense des droits, de députés, de juristes et d'universitaires italiens. Le , trois anciens titulaires du poste exhortent publiquement l'ONU à défendre Francesca Albanese et déclarent qu'elle a été et . Le , Francesca Albanese tweete qu'elle a et qu'elle avait été accusée de s'être attaquée à ces abus..
En , après la publication par Francisca Albanese et Christian Elia du livre J'accuse, le centre Simon-Wiesenthal appelle les Nations unies à .
Le gouvernement israélien lui interdit le l'entrée sur son territoire, l'accusant d'antisémitisme à la suite d'un message où elle déclarait que . Pour rappel, Israël interdit l'entrée à tous les rapporteurs spéciaux pour les territoires palestiniens depuis 2008.
À la suite de la publication du rapport de Francesca Albanese en sur la situation des droits humains dans les territoires palestiniens occupés, l'ambassade d'Israël auprès de l'ONU à Genève demande sa démission dans les termes suivants : .
Fin -début , plusieurs États (États-Unis, Israël, Pays-Bas, Argentine, Hongrie), 42 députés de la coalition gouvernementale française et plusieurs organisations pro-israéliennes (dont UN Watch, le Congrès juif mondial, l'Anti-Defamation League, l'American Jewish Committee et le CRIF) s'opposent au renouvellement de son mandat, qui est tout de même acté par le Conseil des droits de l'homme des Nations unies le , ce qui prolonge ses fonctions jusqu'en 2028.
Sanctions américaines
Les États-Unis annoncent en des sanctions inédites contre Francesca Albanese, l'accusant d'« activités partiales et malveillantes », « d’antisémitisme décomplexé » et de « soutien au terrorisme ». Francesca Albanese avait présenté en juillet au Conseil des droits de l’homme des Nations unies un rapport dans lequel étaient étudiés « les mécanismes des entreprises qui soutiennent le projet colonial israélien de déplacement et de remplacement des Palestiniens ». En février, elle avait également dénoncé un projet d’occupation de la bande de Gaza et de déplacement de sa population, annoncé par Donald Trump, comme « illégal » et « complètement absurde ». Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme, Volker Türk, appelle Washington à lever ses sanctions contre Francesca Albanese et à cesser contre les personnes nommées par l'ONU ou par la Cour pénale internationale.
En , l'Université de Georgetown retire Francesca Albanese de sa liste de chercheurs affiliés et supprime sa biographie de son site internet. Anna Maria Mayda, directrice de l'Institut pour l'étude des migrations internationales déclare à ce propos le : Francesca Albanese , se référant ainsi aux sanctions annoncées par Donald Trump contre Francesca Albanese.
Le , un juge fédéral américain suspend les sanctions imposées en juillet 2025 par le gouvernement américain contre Francesca Albanese. Rapidement après, cela entraîne une levée des sanctions par le gouvenementÉtats-Unis : Washington lève les sanctions contre la rapporteuse de l’ONU Francesca Albanese, Euronews, Fortunato Pinto, 21 mai 2026, lesquelles sont rétablies le 27 mai 2026 .
Appel à la démission par les gouvernements français et allemand En , les gouvernements français et allemands appellent à la démission de Francesca Albanese en lui reprochant à tort d'avoir déclaré, lors d'un forum en visioconférence, qu'Israël était . L’accusation, lancée par le ministre des affaires étrangères Jean-Noël Barrot, fait suite à un montage vidéo partagé sans vérification sur les réseaux sociaux par la députée Caroline Yadan, le CRIF, de nombreux médias français et israéliens et selon Le Monde. Cette citation tronquée déforme une intervention de l’experte onusienne alors qu'elle explique avoir . Les propos complets de Francesca Albanese en question sont ceux-ci :
Le , dans une tribune au journal Le Monde, un collectif d'universitaires en droit international s’inquiète des conséquences de l’affaire pour l’institution onusienne : . Le lendemain, dans une lettre ouverte en soutien à Francesca Albanese, plus de 150 personnalités, dont une centaine d’ex-diplomates, ministres et ambassadeurs, accusent le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot de . Malgré cela, le , lors du dîner du CRIF, le premier ministre Sébastien Lecornu maintient la demande de démission de la rapporteuse de l'ONU, en raison de la présence de représentants de l'Iran et du Hamas lors du forum, ainsi que de son emploi du terme . Obtenir cette démission semble toutefois peu probable en raison des soutiens dont bénéficie Francesca Albanese au sein du Conseil des droits de l’homme, et de la crainte de nombreux pays de créer un précédent et de fragiliser encore davantage les titulaires des postes de rapporteurs spéciaux de l’ONU, déjà soumis à de multiples pressions. Le , tout en maintenant sa critique politique, Jean-Noël Barrot reconnaît l'irrévocabilité du mandat de rapporteur spécial, celui-ci relevant du Conseil des droits de l'homme.
Rapport « Anatomie d'un génocide »
thumb|Francesca Albanese en 2024.
Son rapport intitulé « Anatomie d'un génocide » distingue trois actes de génocide qui auraient été commis contre les Palestiniens, et qui comptent parmi les cinq actes inscrits dans la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide de 1948 : le meurtre direct des membres du groupe ; les dommages physiques ou psychiques causés aux membres du groupe ; .
Le rapport évoque aussi un de Gaza. Des civils qui, obéissant aux ordres d'évacuation, s'étaient déplacés vers le sud de la bande de Gaza, ont été néanmoins tués. Ce constat, associé aux propos de dirigeants israéliens planifiant le déplacement massif de Palestiniens hors de Gaza et le remplacement de ces habitants par des colons israéliens, , selon le rapport.
Les autorités israéliennes ayant affirmé leur respect du droit international humanitaire dans leur conduite de la guerre, Francesca Albanese déclare que l’État hébreu a . Le rapport accuse les dirigeants israéliens d’avoir dans les faits traité comme s'il était ou , pour .
Le rapport recommande aux États de mettre en place un embargo sur les armes contre Israël, d'instaurer un cessez-le-feu à Gaza, et de protéger l'enclave palestinienne en y envoyant une force internationale. Il recommande aussi de poursuivre le soutien financier à l'UNRWA. L'Union européenne est appelée à suspendre son accord d'association avec Israël.
Pertes humaines
Concernant le premier acte de génocide présumé, le rapport fait état en de . Quant aux 30 % de morts restants — des hommes — Israël n'a pas fourni les preuves permettant d'établir que ces victimes masculines étaient armées. Le rapport invoque le blocus de la bande de Gaza pratiqué par Israël qui a entraîné des morts dues à la famine. Il se réfère aux bombardements de la bande de Gaza qui ont conduit au largage, dans les premières semaines de la guerre, de l'équivalent de deux bombes nucléaires.
Atteintes à l'intégrité physique ou mentale
Le blocus de la bande de Gaza par Israël a mis en danger la santé des Palestiniens, en raison de l'absence d'approvisionnement en médicaments et en désinfectants. Des opérations sans anesthésie ont dû être pratiquées, y compris des amputations sur des enfants.
Des milliers d'hommes et de jeunes garçons palestiniens ont été emprisonnés par Israël selon le rapport ; ces détentions se sont accompagnées dans un grand nombre de cas de mauvais traitements, d'actes de torture, qui ont provoqué des « incapacités à long terme », et parfois la mort.
Conditions de vie devant entraîner la destruction du groupe