L'hôpital Al-Shifa ( ; Mustašfā š-Šifāʾ), également connu sous le nom d'hôpital Dar al-Shifa ( ; Mustašfā Dār aš-Šifāʾ), est le plus grand complexe médical de la bande de Gaza, situé dans le quartier de Rimal de la ville de Gaza (gouvernorat de Gaza)Al-Shifa Hospital and Israel's Gaza Siege Defence for Children International Palestine Section. 16 July 2006..
Fondé en 1946, il comprenait 750 lits, où naissaient plus de 2 000 enfants chaque mois.
Au , l'hôpital occupe une place centrale lors des conflits de la bande de Gaza avec Israël. Il est totalement détruit par l'armée israélienne en 2024.
Histoire À l'origine caserne de l'armée britannique, le site est transformé en établissement de santé, le Dar al-Shifa ou « maison de guérison », par le gouvernement britannique de la Palestine mandataire en 1946. L'hôpital est agrandi sous l'administration égyptienne de Gaza, puis a subi une rénovation et un agrandissement majeurs sous l'administration israélienne dans les années 1980, reflétant les tendances modernistes de l'architecture israélienne et en imitant particulièrement les façades de l'École des beaux-arts Bezalel à Jérusalem.
Guerre israélienne sur la bande de Gaza Au , l'hôpital occupe une place centrale des conflits de la bande de Gaza avec Israël. Pendant la guerre de Gaza de 2008-2009, une grande partie de la couverture médiatique provient de correspondants travaillant dans l'hôpital.
Guerre de Gaza de 2014 Dans un rapport publié en 2015, Amnesty International accuse le Hamas d'avoir interrogé, torturé et exécuté des Palestiniens accusés d'avoir collaboré avec Israël, dans une enceinte désaffectée de l'hôpital, durant l'offensive militaire israélienne contre Gaza de 2014...
Médecins Sans Frontières dénonce le une frappe sur l'établissement, qui ne fait pas de victime, et rappelle que « le ciblage des hôpitaux ou de leurs environs est une violation grave du droit international humanitairehttps://www.lalibre.be/international/2014/07/29/msf-condamne-lattaque-de-lhopital-al-shifa-a-gaza-israel-accuse-le-hamas-UMKAWJ2WURCKVA5K4FUUZ6FCWA/. »
Guerre à Gaza depuis 2023
Assaut de novembre 2023 gauche|vignette|Prise en charge d'une jeune Palestinienne blessée par un bombardement israélien, le . Le , lors de l'invasion israélienne de la bande de Gaza, une frappe aérienne israélienne tombe sur un convoi d'ambulances devant l'hôpital. Selon le Croissant-Rouge palestinien, le bombardement a tué quinze personnes.
À partir du , Tsahal assiège l'hôpital, affirmant qu'un centre de commandement du Hamas se trouve sous le bâtiment. Israël accuse également le Hamas d'utiliser l'hôpital comme « bouclier humain » pour se protéger des attaques et affirme que des militants du Hamas interrogés après leur capture ont confirmé ces allégations. Le Hamas et la direction du centre hospitalier ont nié les allégations et ont demandé l'ouverture d'une enquête indépendante. Le directeur général d’al-Chifa, , a demandé la venue d’experts internationaux pour constater que l'hôpital ne servait pas de base opérationnelle au mouvement palestinien.
Des milliers de blessés et de personnes déplacées sont bloquées dans l'hôpital, soumis à d'intenses bombardements. La situation s’inscrit dans le cadre d’une grave crise sanitaire à Gaza. L’hôpital manque rapidement d’électricité, de nourriture et de fournitures médicales. Le dernier générateur est tombé en panne de carburant, provoquant la mort de trois bébés prématurés et de quatre autres patients. vignette|L'hôpital le , avant sa destruction par l'armée israélienne. Le , le porte-parole du Conseil de sécurité nationale des États-Unis, John Kirby, déclare que les renseignements américains confirment les affirmations israéliennes selon lesquelles le Hamas dispose de centres de commandement et de dépôts de munitions dans les hôpitaux gazaouis, y compris l'hôpital al-Shifa, ce qui constitue un crime de guerre. Toujours selon John Kirby, dans ces hôpitaux et dans les tunnels situés en dessous, le Hamas mènent des opérations militaires et cachent des otages.
Le lendemain, des soldats israéliens pénètrent à l’intérieur du complexe de l'hôpital. L'armée israélienne affirme avoir trouvé dans la zone d'imagerie médicale IRM des armes, des équipements militaires et de combat. Dans un autre service, les soldats trouvent un centre de commandement opérationnel et des équipements du Hamas. Le Hamas, de même que la direction du centre hospitalier, par la voix de son directeur général Mohammed Abou Salmiya, démentent immédiatement ces allégations. Pour le journaliste Wassim Nasr, les preuves trouvées par les Israéliens et montrées dans leurs vidéos ne sont « pas à la hauteur d'un centre de commandement, mais au mieux de la sécurité de l'hôpital ou d'un poste de police du Hamas ». Le CICR et l'OMS se disent « horrifiés » puis « extrêmement inquiets » de la situation pour les personnels médicaux, les patients et les nombreux civils réfugiés dans l'enceinte hospitalière, alors que Tsahal poursuit ses opérations. Dans la soirée, les chars israéliens se retirent de l'hôpital pour se repositionner autour du complexe hospitalier.
Le , Tsahal et le Shin Bet produisent de nouvelles images indiquant la présence d'un réseau de tunnels sous l'hôpital. Cependant, l'ancien premier ministre israélien Ehud Barak indique que ces tunnels ont été construits par Israël durant l'occupation de Gaza. Israël publie également des images de surveillance de l’hôpital datées du qui montreraient des hommes du Hamas amenant au centre hospitalier un citoyen népalais blessé et un citoyen thaïlandais enlevés en Israël. D’autres images montreraient des véhicules pris à l'armée israélienne amenés au centre hospitalier.
Dans une interview accordée à France24, un médecin britannique anonyme, qui déclare avoir été membre du personnel d'al-Shifa et dans d’autres hôpitaux de Gaza et de Cisjordanie pendant trois mois en 2021, affirme qu’il ne pouvait pas se rendre dans certaines zones de l’hôpital sous peine d’être abattu, et que le personnel de l’hôpital craignait bien plus le Hamas que l'armée israélienne.
Le , Israël arrête Mohammed Abou Salmiya, directeur général de l'hôpital pour être interrogés par les services de renseignement de Tsahal. Libéré le 1er juillet 2024, après sept mois de détention, il apparait aminci et affaibli et témoigne avoir subi de « graves tortures » lors de sa détention.
Assaut de mars 2024 L’armée israélienne assiège à nouveau l'hôpital Al-Shifa en , à proximité duquel des milliers de Gazaouis sont réfugiés depuis des semaines, affirmant rechercher des commandants palestiniens. Elle lance un raid sur le quartier, appuyé par des chars et des bombardements aériens, à partir du . Selon le témoignage d'un membre du personnel soignant : « Nous avons été prévenus que toute personne qui s’aventurait dehors serait prise pour cible par des tireurs d’élite. Nous ne pouvons pas sortir pour secourir les victimes dans la cour. Des familles qui ont tenté d’évacuer l’hôpital ont été ciblées. Il y a des morts. Nous sommes assiégés. Sans eau ni électricité. Ils nous ont littéralement coupé du monde extérieur. »
Des dizaines de membres du personnel soignant sont arrêtés et victimes de disparition forcée. Plusieurs soignants sont exécutés. Le directeur du services des urgences indique après le raid que quatre membres du personnel ont été tués et 42 sont portés disparus. Certains soignants sont également utilisés comme boucliers humains par les soldats. Ils recevaient l'ordre d'entrer dans certains endroits et de fouiller, tandis que les soldats restaient derrière eux. vignette|L'hôpital en ruines au . Le , alors que les opérations sont toujours en cours, l'armée israélienne affirme avoir tué ou capturé des « centaines de terroristes » en quatre jours de combats dans le secteur. Les combats n'ont pas lieu à l'intérieur même de l’hôpital mais dans le quartier. Ce même jour, l'armée israélienne menace de dynamiter l’établissement si les réfugiés et patients qui s'y trouvent encore n'évacuent pas. La défense civile et le Croissant-Rouge indiquent ne pas être en mesure de répondre aux appels à l’aide de la population, toute la zone étant bouclée par Tsahal et les alentours bombardés. Au cours de ce raid, Tsahal annonce avoir tué plusieurs hauts gradés du Hamas.
Les patients manquent de nourriture, d'eau, de soins et de produits d'hygiène pendant le siège. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a recensé 21 patients morts faute de soins lors de l’opération militaire. Les organisations humanitaires n'ont pas été autorisées à apporter leur aide. Les vivants devaient dormir avec les cadavres, n'étant pas autorisés à les sortir ou à les enterrer. Le 5 avril, après six tentatives infructueuses, l’ONU a pu faire parvenir une mission dans l’hôpital.
Au total, 550 Palestiniens environ, civils et combattants, ont été tués par l'armée israélienne lors de l'assaut autour de l’hôpital. Celui-ci est totalement détruit.
Personnalités liées à l’hôpital Al-Shifa
Haider Abdel Shafi (1919-2007), médecin et personnalité politique palestinien
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
Articles connexes
Liens externes
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