droite|vignette|400x400px| Des soldats français défilent devant le Petit Palais (1916).

Les Parisiens entrent dans la Première Guerre mondiale en , poussés par une vague de ferveur patriotique, mais en quelques semaines, Paris est proche des lignes de front et bombardée par l'aviation et l'artillerie allemandes. Les Parisiens endurent des pénuries alimentaires, des rationnements et une épidémie de grippe espagnole, mais le moral reste élevé jusqu'à la fin de la guerre. Avec le départ des jeunes hommes vers le front, les femmes prennent une place beaucoup plus grande dans la population active. La ville connait également un afflux important d’immigrants venus travailler dans les usines de défense. La fin de la guerre, le , est marquée par de grandes célébrations sur les boulevards de Paris.

Paris se mobilise gauche|vignette|350x350px| Une foule de réservistes mobilisée à la gare de l'Est (). Le , la nouvelle arrive à Paris de l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand d'Autriche par des nationalistes serbes à Sarajevo. L'Autriche-Hongrie déclare la guerre à la Serbie le et, conformément aux termes de leurs alliances, l'Empire allemand rejoint l'Autriche-Hongrie, tandis que la Russie, la Grande-Bretagne et la France entrent en guerre successivement contre l'Autriche-Hongrie et l'Allemagne. Certains socialistes et pacifistes éminents s'opposent au conflit, mais la presse et la plupart des dirigeants politiques sont en faveur de la guerre. Le , un jour avant que la mobilisation générale ne soit déclarée en France, l'un des dirigeants les plus éminents de la gauche française, l'homme politique socialiste Jean Jaurès, un opposant déclaré à la guerre, est assassiné au Café Croissant de Montmartre, non loin des bureaux du journal socialiste L'Humanité, par Raoul Villain, qui considère Jean Jaurès comme un « ennemi de la France ».

La plupart des Parisiens de sexe masculin en âge de servir dans l'armée doivent se présenter le aux centres mobilisateurs désignés autour de la ville. Le commandement de l'armée s'attendait à ce que jusqu'à ne se présente pas, mais à leur grande surprise, moins de ne viennent pas. Le poète et romancier Anatole France, âgé de soixante-dix ans, se présente au poste de recrutement pour manifester son soutien. Le ministère de l'Intérieur est prêt à arrêter d'éminents pacifistes et socialistes opposés à la guerre, mais, face au peu d'opposition à la guerre, les arrestations n'ont jamais lieu. Le lendemain, , l'Allemagne déclare la guerre à la France.

Paris en première ligne gauche|vignette|134x134px| Le général Joseph Gallieni, gouverneur militaire de Paris en 1914. Le déclenchement de la Première Guerre mondiale en voit des manifestations patriotiques place de la Concorde, gare de l'Est et gare du Nord alors que les soldats mobilisés partent pour le front. Mais alors que les journaux parisiens sont confiants dans une victoire rapide, l'armée allemande balaye la Belgique et marche rapidement vers Paris.

Le , des trains de réfugiés belges arrivent à la Gare du Nord. Ils sont hébergés au Cirque d'Hiver. Le , un avion allemand surgit au-dessus de Paris et largue trois bombes, une sur la rue des Récollets, une sur le quai de Valmy et la troisième sur la rue des Vinaigriers La dernière bombe tue une femme âgée et blesse trois personnes. Les autorités municipales ne permettent pas que l'événement soit citée dans la presse. Un autre avion apparait le pour larguer un message affirmant que les Allemands ont vaincu l'armée française à Saint-Quentin, et un troisième avion est apparu le , cette fois pour larguer des bombes qui tuent une personne et en blesse seize. Ces victimes sont également cachées au public.

Le , le jour même où les réfugiés belges commencent à arriver en ville, le général Joseph Gallieni est rappelé de sa retraite et nommé gouverneur militaire de Paris, titre qui remonte au . Il commence rapidement à organiser la défense de la ville. Les forts autour de la ville sont armés avec . Des batteries canons sontplacés autour de la ville pour la défendre contre les attaques aériennes. Des mitrailleuses sont placés sur la Tour Eiffel. Des troupeaux de bovins sont amenés dans la ville pour fournir de la viande en cas de siège. Les chefs-d'œuvre importants du Louvre sont transportés à Toulouse. Alors que l'armée allemande se rapproche, le président français Raymond Poincaré décide de mettre le gouvernement français et l'Assemblée nationale en sécurité à Bordeaux, comme cela avait été fait lors de la guerre franco-prussienne de 1870-1871. Le , des affiches sont placardées dans la ville pour annoncer que .

vignette|300x300px| Les taxis parisiens transportèrent au front lors de la première bataille de la Marne. Après l'échec de la bataille des Frontières, les troupes françaises sont contraintes de battre en retraite et dès la première semaine de septembre, les Allemands sont à de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Le camp retranché se trouve alors intégré dans la ligne de bataille et la capitale doit, comme en 1870, se préparer à subir un nouveau siège. Pour se défendre, le camp retranché de Paris est formé de quatre lignes de défenses concentriques entourant Paris Magazine Tranchées : l'enceinte de Thiers, et sa première ceinture composée des anciens seize forts les forts du système Séré de Rivières réalisés de 1870 à 1890 situés à une vingtaine de kilomètres de la capitale une de défense instituée en 1911, mais qui ne compte, alors, que des ouvrages non maçonnés. une défense avancée couverte par les avant-postes. Toutefois, cette accumulation de fortification est devenue obsolète compte tenu des progrès de l'artillerie. La garnison du camp est composée de cinq divisions territoriales à faible valeur combative (, , , et territoriales). Conscient de ces faiblesses, le nouveau gouverneur militaire de Paris, le général Gallieni, réclame dès son arrivée des renforts et fait accélérer les travaux défensifs. À l'approche des Allemands, le , les dispositions sont prises pour miner les ponts de la Seine en aval (d'Asnières-sur-Seine à Mantes-la-Jolie) et en amont (de Choisy-le-Roi à Melun), les ponts de l'Oise (de Conflans-Sainte-Honorine à Beaumont-sur-Oise) et les ponts de la Marne (de Chelles à Meaux). Le , un avion allemand survole la capitale et après avoir lâchée 4 bombes dans le , rue des Marais, , rue des Vinaigriers, , rue des Récollets et , quai de Valmy, il lance un message proclamant : .

Le la allemande, de Von Kluck, débouche sur un ligne Saint-Just-en-Chaussée, Verberie, Crépy-en-Valois, Villers-Cotterêts, Longpont et des combats ont lieu à Lagny-le-Sec ( de hussards) tandis qu'un groupe du parvient à faire sauter la voie ferrée Paris-Verberie à Orry-la-Ville.

Le des combats ont lieu à Mont-l'Évêque, Montépilloy, Borest, Senlis, défendue par le régiment d'infanterie de la d'infanterie, ou des crimes de guerre sont commis. Une avant-garde de 4 bataillons de la 3. Infanterie-Division traverse la forêt d'Ermenonville et se glisse, à la tombée de la nuit, dans le parc du château de Vallière, où ils rencontrent l'arrière-garde de la division de réserve, composée du régiment d'infanterie et du bataillon de chasseurs à pied. Après la prise du village de Mortefontaine, les Poméraniens des et grenadiers constatent la perte deux tués et trente blessés. Le « combat de Mortefontaine » est considéré comme le combat le plus proche de Paris et le .

Le , le nombre de patrouilles allemandes augmentent. Elles partent en éclaireurs au nord de Paris, en cherchant à traverser l'Oise, comme à L'Isle-Adam et Auvers-sur-Oise, ou tester les défenses et pousser vers la capitale, comme à Plailly, Le Plessis-Belleville, Survilliers, Luzarches, Villiers-le-Sec, où des escarmouches sont signalées.

Les armées française et britannique sont engagées dans de violents combats contre les Allemands lors de la première bataille de la Marne. Lorsqu'une des armées allemandes se tourne vers le sud-est pour attaquer l'armée française sur le flanc, elle ouvre une brèche entre les divisions allemandes et les forces françaises, dirigées par le maréchal Joffre, voient une opportunité de s'y engouffrer. Le général Gallieni décide d'envoyer toutes ses réserves de Paris au front pour aider à l'attaque, mais il manque de trains et d'omnibus pour déplacer les soldats. Le , le général Gallieni réquisitionne un millier de véhicules particuliers, dont environ parisiens et leurs chauffeurs, pour transporter les soldats vers le front de Nanteuil-le-Haudouin, à à de là. Les chauffeurs sont rassemblés le soir du sur l'esplanade des Invalides. Il s'agit pour la plupart du modèle Renault AG1 Landaulet, avec une vitesse moyenne de . En vingt-quatre heures, les bataillons Villemomble et Gagny, soit environ et officiers, sont déplacés vers le front de Nanteuil-le-Haudouin. Chaque taxi transporte cinq militaires, quatre à l'arrière et un à côté du chauffeur. Seuls les feux arrière des taxis sont allumés. Les chauffeurs reçoivent pour instruction de suivre les feux du véhicule qui les précède. La plupart des taxis sont libérés le , mais certains restent plus longtemps pour transporter les blessés et les réfugiés. Les chauffeurs, conformément aux réglementations municipales, font consciencieusement fonctionner leurs compteurs. Le Trésor français a remboursé la totalité des trajets, soit . Les Allemands sont surpris et repoussés par les armées française et britannique. Le nombre de soldats transportés en taxi est faible par rapport aux énormes armées engagées dans la bataille, et l'impact militaire est mineur, mais l'effet sur le moral des Français est énorme ; cela démontre la solidarité entre le peuple et l'armée.

Craignant un long siège, le général Gallieni fait ce qu'il peut pour réduire le nombre de Parisiens ayant besoin d'être nourris. Une douzaine de trains gratuits sont organisés le pour emmener les Parisiens en province. Un recensement d'urgence ordonné par Gallieni le montre que la population de Paris est tombée à , soit seulement de la population recensée en 1911. En octobre, les transports publics sont à nouveau opérationnels dans la ville. Le gouvernement militaire décrète un moratoire sur les loyers pour les Parisiens appelés dans l'armée et les protège de toute poursuite judiciaire jusqu'à la fin de la guerre. Depuis le , les piétons peuvent à nouveau circuler librement dans Paris, mais les véhicules ne sont pas autorisés à entrer et à sortir de la capitale que par 14 des de la ville ouvertes de à . Le gouvernement rentre à Paris le et le président Raymond Poincaré peut à nouveau convoquer son Conseil des ministres à l'Élysée. Les lignes de front se déplacent plus au nord et, le , Paris n'est plus considérée comme menacée. Néanmoins, la ville est bombardée par un dirigeable allemand Zeppelin le et par des avions allemands les 11 et .

La vie quotidienne gauche|vignette|300x300px| La Gare de l'Est pendant les chutes de neige (1917). droite|vignette| Une affiche pour une collecte de fonds pour les soldats capturés et blessés à l'Hôtel de Ville (1916). Les Parisiens s'adaptent progressivement à la vie d'une ville en guerre. L'avenue de l'Allemagne est rebaptisée avenue Jean-Jaurés et la rue de Berlin devient rue de Liège. Le Grand Palais est transformé en hôpital militaire. Après une brève interruption, les théâtres de Paris rouvrent leurs portes, présentant des pièces aux thèmes patriotiques, et les cafés-concerts, qui proposent musique, nourriture et danse, sont bondés.