La crise de la mer Rouge désigne limplication des Houthis durant la guerre à Gaza depuis 2023 et démarre quelques jours après le début du conflit de 2023 à Gaza, quand le mouvement Houthi au Yémen, déclarant agir en solidarité avec les Palestiniens, lance des attaques visant Israël. Ils utilisent des missiles et des drones, dont certains sont interceptés par Tsahal au-dessus de la mer Rouge grâce au système de défense antimissile Arrow. D'autres n'atteignent pas leur cible ou sont interceptés par la marine de guerre américaine et l'armée de l'air israélienne.
Le , selon Tsahal, les Houthis auraient lancé 40 missiles balistiques et 320 drones contre le territoire israélien depuis le . L'armée israélienne affirme avoir abattu la majorité des missiles et 100 drones, tandis qu'elle déplore l'impact direct d'un seul missile et l'interception partielle de 2 autres, ainsi des dégâts mineurs liés aux drones..
Les Houthis ciblent en mer Rouge les navires appartenant à des compagnies israéliennes ou commerçant avec ce pays. À la mi-, la crise a entraîné des coûts estimés à trois milliards de dollars pour l’économie israélienne.. Plusieurs navires sont endommagés par des tirs ou capturés (notamment le Galaxy Leader), ce qui conduit certaines compagnies à suspendre leurs voyages via le détroit de Bab-el-Mandeb. Les États-Unis montent une coalition de dix pays contre les attaques des Houthis, tandis que l'Union européenne lance son . affirment que les attaques se poursuivront jusqu'à ce que Gaza reçoive la nourriture et les médicaments dont elle a besoin..
Le , l’International bargaining forum classe la mer Rouge et le golfe d’Aden en « zone de guerre ».. Début août 2024, selon l’Institut de Washington pour la politique du Proche-Orient, les Houthis ont attaqué 88 navires en mer Rouge, et dans le golf d'Aden et l'océan Indien. Tandis qu'à cette même période, le chef des Houthis revendique les attaques de 177 navires.
Parallèlement, et profitant des troubles causés par les Houthis, une résurgence de la piraterie est constatée dans le golfe d'Aden, provenant de Somalie. La première attaque de pirates somaliens depuis 2017, a lieu en , et des attaques et arraisonnements sont régulièrement déjoués, notamment par la marine indienne et la marine des Seychelles.. L'opération Atalante déplore entre et vingt incidents de piraterie au large de la Somalie..
À partir du , l'armée américaine mène des bombardements quasi quotidiens contre les Houthis.
Sous l'administration Biden, 479 frappes américaines sur le territoire yéménite sont recensées, ayant tué 57 personnes. Tandis que depuis le début de la seconde administration Trump, en , 391 frappes ont eu lieu, faisant 316 morts (à la mi avril).
Contexte Le mouvement Houthi est une organisation terroriste chiite fondée en 1994 qui, à l'issue de la guerre civile yéménite, contrôle le nord du Yémen. Elle est soutenue et financée par l'Iran., dont elle serait le mandataire dans les guerres régionales.. En , un document de l’ONU révélait que la Corée du Nord a proposé aux Houthis de leur vendre des équipements militaires. Le est ..
Après le déclenchement de la guerre à Gaza, des groupes militants du Moyen-Orient, dont les Houthis, expriment leur soutien aux Palestiniens et menacent d'attaquer Israël. Le chef des Houthis, Abdul-Malik al-Houthi, met en garde les États-Unis contre toute intervention, menaçant de riposter avec des drones et des missiles..
Déroulement Première phase : Tirs en direction du sud d'Israël par les Houthis
vignette|L'USS Carney procède à des tirs de destruction de missiles Houthis. Du au , les Houthis mènent six attaques en direction d'Israël.
Le , le destroyer de classe Arleigh Burke de la marine américaine, l', abat trois missiles de croisière d'attaque terrestre et plusieurs drones lancés par les Houthis au Yémen en direction d'Israël. Les interceptions ont lieu à l'aide de missiles surface-air RIM-66M. Il s'agit de la première action de l'armée américaine pour défendre Israël depuis le début de la guerre. Il est ensuite rapporté que le navire avait abattu quatre missiles de croisière et quinze drones.. Un autre missile aurait été intercepté par l'Arabie saoudite..
Le , deux drones sont tirés en direction du nord depuis le sud de la mer Rouge. Selon les responsables de Tsahal, leur cible était Israël, mais ils ne franchissent pas la frontière égyptienne. L'un des deux drones n'a pas atteint son but et a touché un bâtiment adjacent à un hôpital à Taba, en Égypte, blessant six personnes ; l'autre est abattu près d'une centrale électrique à proximité de la ville de Nuweiba, en Égypte... Un responsable houthi publie ensuite un message d'un mot sur Twitter après l'écrasement du drone à Taba, mentionnant la ville israélienne voisine d'Eilat..
Le , une alerte est déclenchée à Eilat, Eilot et dans la zone du parc industriel de Shahorit concernant la détection d'un avion hostile en provenance de la mer Rouge. L'avion est intercepté avec succès au-dessus de la mer Rouge. Le système Arrow intercepte un missile balistique et l'armée de l'air intercepte plusieurs missiles de croisière tirés depuis la mer Rouge en direction d'Eilat. Les Houthis assument la responsabilité des tirs.. Un missile de croisière est abattu par un avion F-35i Adir.. L'abattage du missile par le système Arrow marque la première utilisation de ce système dans la guerre entre Israël et le Hamas..
Depuis la fin octobre, l', un porte aéronef de classe Wasp de l'US Navy est déployé sur zone. La BBC révèle le qu'un pilote de Harrier II, de l'escadron VMA-231 des marines, embarqué sur l'USS Bataan a abattu au moins sept drones Houthis.
Le , les FDI interceptent une menace aérienne tirée depuis le Yémen et identifiée au sud d'Eilat..
Un drone américain MQ-9 Reaper est abattu au large des côtes du Yémen par les défenses aériennes houthies le ; le Pentagone avait précédemment affirmé que des drones MQ-9 survolaient Gaza pour collecter des renseignements afin de contribuer aux efforts de récupération des otages..
Le , les Houthis tirent de nombreux missiles, dont un en direction de la ville d'Eilat. Ce dernier est intercepté par un missile Arrow. Le lendemain, l' abat un drone qui se dirigeait vers lui..
Deuxième phase : Stratégie de perturbation du commerce maritime en mer Rouge par les Houthis vignette|Le Galaxy Leader (2006). Le , le navire allemand Galaxy Leader est détourné.. par la milice houthie en mer Rouge, avec à bord. Le navire a été abordé à l'aide d'un hélicoptère. L'incident fait suite à une déclaration du porte-parole des Houthis, Yahya Sarea, sur la chaîne Telegram du groupe, déclarant leur intention de prendre pour cible les navires appartenant à des sociétés israéliennes, exploités par celles-ci ou battant pavillon israélien.. Selon le propriétaire du navire, celui-ci a ensuite été dirigé vers le port yéménite d'Al-Hodeïda..
Yahya Sarea exhorte également les pays à retirer leurs ressortissants des équipages de ces navires. Auparavant, le chef des Houthis, Abdulmalik al-Houthi, avait menacé de nouvelles attaques contre les intérêts israéliens, notamment contre des cibles potentielles en mer Rouge et dans le détroit de Bab al-Mandeb. Son discours met l'accent sur la capacité de ses troupes à surveiller et à cibler les navires israéliens dans ces régions.
Le , deux drones provenant de zones du Yémen contrôlées par les Houthis visent la frégate française Languedoc. Celle-ci abat les deux aéronefs avec ses systèmes de missiles antiaériens.
Le , le Languedoc abat un autre drone houthi visant le pétrolier norvégien Strinda. Le navire marchand a également été endommagé par un missile antinavire Houthis lors de l'attaque. Il a été ensuite escorté par un navire de guerre américain, l'.
Le , c'est le destroyer britannique qui abat un drone houthi visant la marine marchande en mer rouge. L'USS Carney abat également 14 drones lancés depuis des zones du Yémen contrôlées par les Houthis.
Le , les navires de commerce Swan Atlantic et le MSC Clara sont visés et endommagés par des attaques houthies à l'aide d'hydravions.
De nombreux armateurs annoncent suspendre tout transit via la mer Rouge, comme le pétrolier BP, l'armateur français CMA-CGM, le taïwanais Evergreen, le Danois Maersk, l'Allemand Hapag-Lloyd et l'Italo-suisse MSC.
Le , le ministre américain de la Défense, Lloyd Austin, annonce une opération appelé l' avec plusieurs pays pour faire arrêter les attaques des Houthis contre les bateaux dans la mer Rouge et sécuriser le trafic maritime mondial. Les États-Unis, le Royaume-Uni, Bahreïn, le Canada, les Pays-Bas, la Norvège et les Seychelles participent à cette opération.
Le , un chimiquier, le MV Chem Pluto, est touché par un drone kamikaze au large de l'Inde. Un incendie est rapidement maitrisé sans faire de blessé. La marine indienne se porte à son secours. Selon le Pentagone, l'attaque de drone viendrait de l'Iran. Le même jour, en mer Rouge, le pétrolier MV Saibaba est touché par un drone et le MV Blaamanen est visé. L', un destroyer de l'US Navy de classe Arleigh Burke abat quatre drones houthis le visant.
Le , l'armée américaine annonce que leurs forces en mer Rouge, à savoir l'USS Laboon ainsi que des avions F-18 super Hornet du porte-avions , ont abattu « douze drones d'attaque, trois missiles balistiques antinavires et deux missiles de croisière » lancé par les Houthis.
Le , un porte conteneur du groupe danois MV Maersk Hangzhou est attaqué en mer Rouge. Des navires de la marine américaine se portent à son secours, abattant deux missiles balistiques houthis. Le navire est attaqué une seconde fois par quatre embarcations légères houthies, qui échangent des coups de feu avec l'équipe de sécurité du navire. Des hélicoptères du groupe aéronaval de l' viennent alors porter assistance au navire, mais sont pris pour cible à leur tour. Ils ripostent alors et coulent trois vedettes rapides houthies tuant dix miliciens.
Le , les forces navales de la coalition déjouent ce qu'elle qualifie d'attaque Houthis complexe la plus importante depuis le début du conflit en mer Rouge. Les rebelles Houthis ont tiré 18 drones ainsi que trois missiles qui ont été interceptés par le destroyer britannique , les destroyers américaines , et ainsi que par des F-18 embarqués sur le porte-avions .
Début , le Pakistan a déployé plusieurs navires, dont le PNS Shamsheer et le PNS Aslat, des frégates lance-missiles de classe Zulfiquar, afin d'assurer la sécurité maritime, sans se joindre à l'. Tout comme son voisin indien, qui a déployé une dizaine de vaisseaux dans le golfe d'Aden afin de lutter contre la piraterie et les attaques Houthis.
Le également, lors d'une opération au large de la Somalie, les commandos américains des Navy Seals saisissent sur un boutre à destination du Yémen des pièces d'armement avancés iraniens, pouvant servir à la confection de missiles. Mais lors de l'opération sont perdus en mer à cause de la forte houle. Après de recherches intensives, les sont présumés décédés.
Frappes américano-britanniques contre les Houthis :
Dans la nuit du 11 au , les forces américaines et britanniques, avec le soutien de l'Australie, du Canada, des Pays-Bas et de Bahreïn, mènent une campagne d'une centaine de frappes contre 16 positions Houthis au Yémen. Ces frappes sont réalisés par les forces aéronavales du porte-avion , (F-18, EA-18G Growler, E-2 Hawkeye), des tirs de missiles Tomahawk depuis des destroyers américains et par le sous-marin nucléaire lanceur de missiles de croisière ainsi que par 4 chasseurs britanniques Eurofighter Typhoon ayant décollé de Chypre. Ces bombardements ont visé des sites militaires dans plusieurs villes contrôlées par les Houthis, dont des radars, des infrastructures de drones et de missiles ainsi que des dépôts de munitions et on fait et parmi la milice yéménite.
Le lendemain, le , l'USS Carney procède à de nouvelles frappes à l'aide de missiles Tomahawk, sur la capitale yéménite Sanaa.