Le Venezuela est l'un des pays en développement fortement dépendant de ses ressources naturelles. Sa croissance économique est étroitement liée au pétrole, le pays possédant les plus importantes réserves de pétrole brut au monde. Historiquement, le Venezuela figurait parmi les économies les plus riches d'Amérique du Sud, attirant de nombreux immigrants, en particulier entre les années 1950 et les années 1980. La situation s'est inversée avec l'effondrement des prix du pétrole dans les années 1980. Les exportations pétrolières de la compagnie d'État PDVSA assurent 95 % des exportations et 60 % du PIB.

Depuis 2013, le pays est confronté à une grave crise économique due notamment à la baisse du prix du pétrole de 2014 à 2016, puis aggravée par les sanctions américaines. Des millions de citoyens ont été contraints à l'exode économique. Le PIB a chuté de 70 % en moins de dix ans. L'économie est marquée par la corruption, les pénuries alimentaires, le chômage et la mauvaise gestion du secteur pétrolier. Le Venezuela a connu une hyperinflation entre 2014 et 2024, avec un pic à 80 000 % fin 2018, et un taux d'inflation moyen de près de 60 %.

Histoire vignette|Action (finance) de mars 1887 de la Compañia Minera El Callao de Ciudad Bolívar au Venezuela. Le dessin montre des scènes mythiques de la mine, ainsi que les armes de la société.

Importance ancienne du pétrole La principale activité économique est l'exploitation et le raffinage du pétrole pour l'exportation et la consommation intérieure. Son exploitation officielle commence dès 1875 dans l'État de Táchira.

En 1922, le dictateur vénézuélien Juan Vicente Gómez autorise les sociétés pétrolières américaines à rédiger la loi pétrolière du Venezuela Yergin, Daniel. The Prize: The Epic Quest for Oil, Money, and Power. New York: Simon and Schuster. 1990. pp. 233–236; 432..

Dès les années 1930, le pays est devenu le premier exportateur mondial de brut et le deuxième producteur, derrière les États-Unis. La production pétrolière est contrôlée à plus de 80 % par la compagnie anglo-néerlandaise Royal Dutch Shell et les compagnies américaines Standard Oil of New Jersey [future ExxonMobil] et Gulf Oil [future Chevron]. Le reste est aux mains de petites entreprises étrangères. Le dictateur Juan Vicente Gomez [1908-1935] se montre très accommodant : toutes bénéficient de conditions très avantageuses, les concessions sont de longue durée et les redevances inférieurs à 7 %.

En 1936 a lieu la première grève dans l'industrie du pétrole.

Dans les années 1940 le gouvernement vénézuélien tente progressivement de renforcer le contrôle national sur le pétrole. Un nouveau cadre juridique impose à partir de 1943 aux opérateurs pétroliers de partager leurs bénéfices à parts égales avec l’État. Dans le même temps, un terme est fixé aux concessions, avec l'année 1983 comme date butoirYergin 1990, p. 435.. Les compagnies américaines ont tenté de faire obstacle à ces réformes mais le président Franklin Roosevelt, qui en pleine Seconde Guerre mondiale souhaitait conserver de bons rapports avec Caracas, leur impose de les accepter. Des conditions encore plus favorables sont négociées en 1945, après qu’un coup d’État a porté au pouvoir un gouvernement de gauche comprenant Juan Pablo Pérez Alfonso.

En 1950, le Venezuela est le quatrième pays le plus riche par habitant au mondeNationMaster. "GDP per capita in 1950 statistics.".. Pendant la dictature de Marcos Pérez Jiménez de 1952 à 1958, le Venezuela connaît une croissance du PIB remarquablement élevée, de sorte qu'à la fin des années 1950 le PIB réel par habitant du Venezuela a presque atteint celui de l'Irlande ou de l'Allemagne de l'Ouest qui se relève encore de la guerre.

Rómulo Betancourt (président de 1959 à 1964) hérite à partir de 1958 et 1959 d’une énorme dette intérieure et extérieure causée par des dépenses publiques effrénées. Il réussit à équilibrer le budget public du Venezuela et lance une réforme agraire qui échoue Alexander, Robert. "Nature and Progress of Agrarian Reform in Latin America." The Journal of Economic History. Vol. 23, No. 4 (December 1963), pp. 559–573.. Le gouvernement, comprenant à nouveau Pérez Alfonso, élabore un plan pour un cartel pétrolier international, qui deviendra l'OPEP.

En 1973, le Venezuela vote pour nationaliser son industrie pétrolière à compter du , Petróleos de Venezuela (PDVSA) présidant un certain nombre de sociétés holding. Au cours des années suivantes, le Venezuela construit un vaste système de raffinage et de commercialisation aux États-Unis et en EuropeYergin 1990, p. 767. Les compagnies étrangères bénéficient d'une indemnisation généreuse et peuvent continuer à raffiner et commercialiser le brut vénézuélien.

Les années 1990 voient la libéralisation du secteur pétrolier. Cette politique d’« ouverture pétrolière » vise à enrayer la baisse de la production après des années de chute des prix du pétrole. Le Venezuela n’a pas la technologie nécessaire pour exploiter les pétroles extralourds de la ceinture de l’Orénoque, dans l’est du pays. Afin d’attirer les compagnies étrangères pour ces projets qui exigent de gros investissements pour des marges réduites, le gouvernement propose alors des royalties à 1 % seulement. Parallèlement, PDVSA sous-traite à des compagnies privées l’exploitation de certains gisements.

Années de crise (1990-2003) Au début des années 2000, le secteur pétrolier domine l'économie avec à peu près un tiers du PIB, 85 % des bénéfices à l'exportationBANCO CENTRAL DE VENEZUELA, « Exportaciones e Importaciones de Bienes y Servicios Según Sectores » dans Información Estadística, données de 2003 à 2006. et 43 % des revenus du gouvernementMINISTERIO DEL PODER POPULAR PARA LAS FINANZAS, Government Cash Revenue – tables de 2003 à 2006.

Cette dépendance de l'économie au pétrole participa à une importante crise financière en 1994, aggravée par la récession de 1993.

Alors que le taux de progression moyen du PIB PPA (parité de pouvoir d'achat) dans le monde entre 1990 et 2002 était de 57 %, le Venezuela est l'un des rares pays où celui-ci a baissé en passant de dollars par habitant en 1990 à en 2002 et en 2003. Plus de 80 % des Vénézuéliens vivent dans la pauvreté en 1999..

En 1999, l'économie nationale a régressé de 7,2 %. Un effondrement des cours pétroliers durant la première moitié de l'année, jusqu'à le baril, avait accéléré la récession, et amené le gouvernement de Chávez à contacter les autres pays membres de l'OPEP afin de réduire la production mondiale et faire remonter le cours du baril. En , la réunion de La Haye permet la réduction de 4 % des quotas pétroliers de l'Oman, la Russie (non membre de l'OPEP), le Mexique (non membre de l'OPEP) et l'Arabie saoudite. Les cours du pétrole remontent.

En 2001, la croissance du PIB fut de 2,7 %. Une augmentation significative des prix internationaux du pétrole a permis de sortir l'économie de la forte récession subie durant l'année 1999. Le secteur non pétrolier relativement faible, une fuite intense des capitaux, une chute temporaire des prix du pétrole et les tentatives de déstabilisation du gouvernement ont empêché que la récupération soit plus forte.

En 2002, le régime des changes a été changé par le gouvernement, passant d'un régime à taux libre flottant vers un régime à taux fixe contrôlé par le gouvernement, ce qui fit se déprécier considérablement la monnaie, le bolivar.

Dans les années 2000 le président socialiste Hugo Chávez souhaite replacer le pétrole sous le giron de l’État pour financer sa politique de redistribution des richesses. Un conflit avec PDVSA, qui a suivi la tentative de coup d’État d’avril 2002, conduit à une grève de plusieurs mois qui fait entrer l'économie vénézuélienne dans une forte récession et menace de faire chuter le gouvernement. Ce dernier licencie 18 000 membres du personnel, soit près de la moitié des effectifs, affaiblissant durablement les capacités opérationnelles de la compagnie.

Relance (2004-2013) Le , la monnaie a été dévaluée face au dollar américain, le taux de change officiel passant de 1 920 à 2 150 bolívars par dollar. En 2005 le Venezuela a présenté une balance déficitaire d'exportations non-traditionnelles (c.-à-d. hormis le pétrole) par rapport à celle d'importations. En général, le Venezuela est un pays qui dépend des importations, y compris les produits alimentaires de base.

Le , Chavez a annoncé que le Venezuela retirait une partie de ses réserves de devises étrangères des banques américaines pour les placer en Europe.

La croissance de l'économie en 2005 a été de 9,4 % du PIB. Cependant, les experts internationaux en économie estiment que la demande se situe à 20 %, donc la croissance de l'économie se fonde en grande partie sur les dépenses publiques et la consommation du secteur privé, ce qui explique les phénomènes observées d'ores et déjà. L'inflation est estimée à 17 %, la plus élevée du continent, selon les chiffres de la Banco Central de Venezuela (BCV) et du CEPAL.

En 2006, les multinationales étrangères sont sommées de renégocier leurs contrats et d’intégrer des coentreprises contrôlées par PDVSA. ConocoPhillips et ExxonMobil refusent ces nouvelles règles et quittent le Venezuela, engageant des procédures d’arbitrage international pour obtenir une indemnisation de la saisie de leurs actifs. D’autres choisissent de rester, comme l’américaine Chevron, l’espagnole Repsol ou encore la française Total.

Les réserves internationales en devises ont atteint de dollars en 2006, et de dollars en 2007. Le gouvernement a fait baisser les réserves d'un coup de de dollars dans une période de six mois seulement face à des tensions spéculatives sur la monnaie nationale.

Mais cette croissance est déséquilibrée, elle est due surtout à l'accroissement des dépenses publiques qui dépasse le tiers du PIB en 2006 qui a vu l'inflation augmenter et dépasser les 15 %Le Venezuela peine à récolter les fruits de sa forte croissance - Le Monde, 28 décembre 2006. Cependant, cette croissance même déséquilibrée aura des effets bénéfiques à long terme en raison des fortes dépenses consenties en matière d'éducation et de santé.

Les annonces du président Chavez au début de concernant la re-nationalisation des compagnies de télécommunications et d'électricité (privatisés depuis environ une décennie), la fin de l'indépendance de la banque centrale et une révolution socialiste ont fait chuter la bourse de Caracas de 19 % le Les orientations économiques du Venezuela inquiètent - Euronews, 10 janvier 2007.

Le , lors d'un discours, Hugo Chavez a critiqué l'indépendance de la banque centrale, qui ne l'est que du gouvernement politique élu et pas du FMI. Il a aussi dénoncé le fait qu'avant son intervention, la plupart des réserves internationales étaient placées dans des banques américaines à un taux d'intérêt de 3 % et que sur cet argent, les mêmes banques accordaient des crédits au Venezuela avec des taux d'intérêt de 8 à 10 %, accusant au passage l'élite en place avant lui d'être parfaitement au courant de cet état de faitPrestation de serment des nouveaux intégrants du Cabinet Exécutif, Théâtre Teresa Carreño, 8 janvier 2007, cité dans une brochure du ministère pour la communication et l'information Nous sommes entrés dans une nouvelle ère, Projet National Simón Bolívar, .

Le , Hugo Chavez annonce le retrait du Venezuela du FMI (dont le pays a remboursé tous ses emprunts en avance grâce aux rentrées d'argent dues à l'exploitation pétrolière) et de la Banque mondialeLe Venezuela va sortir de la Banque mondiale et du FMI, annonce Chavez - Yahoo!/AP, mai 2007.

Au début de l'année 2008, le gouvernement vénézuelien annonce la nationalisation très prochaine de la production de ciment« Hugo Chavez nationalise le ciment après le pétrole et les télécoms », Arnaud Rodier, Le Figaro économie, , 5-6 avril 2008, , montrée comme une réponse au choix des sociétés étrangères d'exporter une partie de leur production en situation de pénurie de logements.