La conférence de Belém de 2025 sur les changements climatiques, ou COP30, est une conférence internationale organisée par l'Organisation des Nations unies qui se déroule du 10 au à Belém, dans le nord du Brésil, capitale de l'État du Pará au sein de l'Amazonie. Elle est la (d'où son acronyme) et réunit les pays signataires de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

La Conférence se tient dans un contexte climatique difficile, avec une trajectoire de réchauffement global amorcée depuis l’ère industrielle et confirmée par l’évolution des températures moyennes mondiales, des concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère et de l’intensification des événements météorologiques extrêmes. Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), l’année 2025 présente une probabilité élevée de figurer parmi les années les plus chaudes jamais enregistrées à l’échelle planétaire.

Le contexte géopolitique est particulièrement agité : les États-Unis ont annoncé le leur retrait de l’accord de Paris, relançant l'extraction d’hydrocarbures et fragilisant la coopération internationale. La Chine, en opposition avec les États-Unis, veut afficher une pro-action environnementale et se poser en leader climatique d'un grand Sud, malgré des objectifs insuffisants. Le contexte économique mondial est également fragilisé : faible croissance, inflation persistante, endettement élevé et tensions sur l’énergie compliquent la mobilisation des ressources nécessaires à la transition écologique. Le Brésil, organisateur, présente quant à lui un paradoxe singulier en se positionnant entre protection de l’Amazonie et forte production pétrolière.

Dans le cadre de la conférence, dont l'année d'organisation coïncide avec les dix ans de l'accord de Paris, les Parties doivent soumettre ou actualiser leurs contributions déterminées au niveau national (dites CDN 3.0) pour la période 2025-2030 afin de renforcer leur ambition climatique. Mais, outre le fait que ces CDN affichent pour un grand nombre des objectifs loin de ceux attendus, tous les éléments de contexte sont défavorables et annonciateurs de difficultés pour obtenir des décisions consensuelles.

De fait la sortie des énergies fossiles, qui pourtant avait été annoncée lors de la COP de Dubaï en 2023, n'est même pas mentionnée dans la décision finale, les termes « combustibles fossiles », n'étant évoqués que par le biais d’une « référence au consensus des Émirats arabes unis ». L'Union européenne qui y tenait beaucoup et a même un temps menacé de quitter la COP sans accord a préféré renoncer à cette mention pour afficher leur engagement en faveur du multilatéralisme et de l’accord de Paris, un engagement « réaffirmé avec force » par les différentes Parties, ce qui constitue en soi un succès.

En matière d'aide aux pays en développement, le document final dit « Mutirão » « rappelle » les engagements formulés lors de la COP29, à savoir mobiliser de dollars par an d’ici à 2035 en faveur des pays en développement et atteindre une enveloppe plus large de de dollars d’argent public d'ici aussi 2035. Le Fonds pour les pertes et dommages reste sous-financé, ce qui suscite des critiques. La reconstitution du Fonds vert pour le climat est faible, ce qui soulève aussi des inquiétudes quant à sa crédibilité.

En matière d'adaptation, les États sont appelés à « faire des efforts » visant un triplement des fonds spécifiquement consacrés à l’adaptation au changement climatique d’ici à 2035, une formulation particulièrement vague qui ne mentionne pas explicitement la somme de de dollars que les pays en développement souhaitaient voir figurer, alors même que seulement avaient réellement été engagés en 2023.

L'accord final est perçu comme un « compromis de survie » du processus multilatéral : il maintient le cadre mais ne lève pas les verrous majeurs de l’urgence climatique selon de nombreux observateurs.

Organisation et déroulement Date et lieu vignette|Le président Lula pendant la cérémonie d'annonciation de la COP 30 L'organisation d'une COP est tournante selon les blocs géographiques des Nations unies. Après l'Asie-Pacifique et les Émirats arabes unis en 2023 à Dubaï, puis la région d'Europe de l'Est en à Bakou, il revient à désigner un pays du bloc « États d'Amérique latine et des Caraïbes » pour la COP30 de 2025. C’est le Brésil qui est retenu en .

En 2023, le président brésilien, Luiz Inacio Lula da Silva, s'engage lors la COP28 à arrêter d'ici à 2030 la déforestation dans son pays, tout en faisant partie du cadre élargi de l'OPEP, en tant que pays « co-opérant ». Il déclare également qu’il demanderait aux producteurs de pétrole de se préparer à « réduire » la place des énergies fossiles.

Le , le président autrichien a annoncé à l'AFP renoncer à y participer, estimant la note d'hébergement trop élevée alors que son pays a mis en place un cadre budgétaire contraint.

Présidence En , le président Luiz Inácio Lula da Silva nomme le diplomate brésilien André Corrêa do Lago à la présidence de la COP30. Cette décision est saluée par les militants pour le climat, compte tenu de l'expérience de do Lago dans les négociations sur le climat et de son rôle de premier plan dans les discussions sur la justice climatique.

Organes Parallèlement à la COP30 sont organisées à Belém les réunions de deux autres organes de prises de décisions de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) : la CMP20 ( des parties au protocole de Kyoto) et la CMA7 ( des parties à accord de Paris)..

Réunions préparatoires

La soixante-deuxième session des organes subsidiaires se tient à Bonn du 16 au . Cette conférence technique sur le climat rassemble des représentants de gouvernements, organisations internationales et société civile pour avancer sur l’adaptation et la transition juste. Elle a notamment permis la définition d’indicateurs pour le « Global Goal on Adaptation » (GGA) et d’un cadre pour la transition juste, mais les progrès concrets en termes d’engagements et de résultats ont été jugés faibles.

Les 6 et , se tient à Rio de Janeiro le dix-septième sommet des BRICSEn 2025, les BRICS sont composés du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique du Sud (membres originaux qui ont donné son nom au bloc), ainsi que de l’Arabie saoudite, de l’Égypte, des Émirats arabes unis, de l’Éthiopie, de l’Indonésie et de l’Iran. Participent également à des discussions conjointes en tant que partenaires : le Bélarus, la Bolivie, le Kazakhstan, Cuba, la Malaisie, le Nigeria, la Thaïlande, l’Ouganda et l’Ouzbékistan. lors duquel est adoptée une déclaration-cadre qui affiche des engagements tels que l’allocation de 40 % des financements de la Nouvelle Banque de développement à des projets climatiques d’ici 2026, le soutien aux financements mixtes et l’usage de monnaies locales pour réduire le risque de change. Cette initiative s’insère dans la volonté de la présidence brésilienne de faire de la COP30 « la COP de la mise en œuvre », mais sans que les modalités précises soient encore bien établies.

Sous l’égide de la troïka des présidences (COP28, COP29, COP30), la rencontre des chefs de délégation qui se tient à Shamakhi, en Azerbaïdjan, les 23 et , a permis d'engager un dialogue informel sur la feuille de route « Baku to Belém Roadmap to $1.3 trillion », l’adaptation, la mitigation, la transition juste et la technologie.

Une réunion préparatoire à la COP, dite pré-COP, se tient à Brasilia les 13 et . Elle a pour objectif de créer un espace de dialogue entre ministres, chefs de délégation et parties prenantes avant la COP30. Elle a permis d’avancer vers un consensus sur la mise en œuvre des accords existants et sur le renforcement de l’adaptation, mais a également révélé des divergences persistantes entre pays, notamment sur les financements et les ambitions.

Quelques jours avant l’ouverture officielle de la COP30 à Belém, un sommet des chefs d’État et de gouvernement se déroule les 6 et pour lancer la conférence et donner une impulsion politique forte.

Défis et controverses liées à l'organisation Hébergement Plusieurs mois avant l'événement, des rapports faisant état de pratiques abusives en matière de prix d'hébergement ont été publiés. Certaines annonces sur des plateformes telles que Airbnb affichaient des prix pouvant atteindre 9 320 US$ par jour, contre un tarif normal de 11 dollars, tandis qu'un appartement pour une personne sur Booking.com était proposé à 15 266 dollars par nuit.. Ces chiffres ont conforté les allégations de spéculation immobilière généralisée, le gouvernement brésilien lui-même qualifiant les prix d'« extrêmement élevés et incompréhensibles ».. En réponse, le gouvernement fédéral brésilien a annoncé des mesures visant à limiter les prix abusifs et a déclaré qu'il mettrait à disposition 26 000 lits supplémentaires, en utilisant des bateaux de croisière, des écoles, de nouveaux hôtels et des installations militaires.. Cependant, un accord de régulation des prix avec l'industrie hôtelière, annoncé précédemment, n'avait toujours pas été signé en , en raison de la résistance du secteur. Le gouvernement brésilien a loué des navires pour l'hébergement, amarrés au Pier Outreiro, reconstruits, à savoir le MSC Seaview et le Costa Diadema, tous deux pour les 15 jours de l'événement et les plus grands navires de passagers de la ville, chacun avec une chambre pour au moins 200 dollars US par jour..

En réaction, 27 pays ont signé une lettre exigeant des solutions et certaines nations ont fait pression sur le Brésil pour que l'événement soit déplacé dans une autre ville.. Les coûts élevés sont restés le principal obstacle pour les participants, une enquête de l'ONU réalisée en a révélé que seuls 18 des 147 pays ayant répondu avaient trouvé un hébergement.. Cette situation a conduit des délégations, comme celle de l'Autriche, à annuler leur participation et a également eu des répercussions sur les locataires locaux, dont certains ont déclaré que leurs propriétaires leur avaient demandé de quitter leur logement pour laisser la place à des visiteurs fortunés..

Participants Nombre de délégués inscrits Avec inscrits, la COP30 est provisoirement la deuxième plus grande COP de l'histoire, derrière la COP28 à Dubaï, à laquelle ont participé plus de . Le total final réel est toutefois souvent inférieur au nombre des inscrits, ce qui pourrait faire changer le positionnement de la COP en taille..

Sur les à la CCNUCC, 194 ont inscrit des délégations à la COP30. La taille moyenne des délégations () est inférieure à celle des deux COP précédentes et est similaire à la moyenne de la COP26 à Glasgow et de la COP27 à Charm el-Cheikh. Le Brésil, pays hôte, a envoyé la délégation la plus importante avec inscrites. La Chine (789) et le Nigeria (749) suivent respectivement en deuxième et troisième position. Les suivants sont l'Indonésie (566), la république démocratique du Congo (556), la France (530), le Tchad (528), l'Australie (494), la Tanzanie (465) et le Japon (461). Le Royaume-Uni se trouve assez loin dans le classement, avec une délégation de . vignette|centre|redresse=1.6|Le président de la République, Luiz Inácio Lula da Silva, lors de la photo officielle de la conférence de Belém de 2025 sur les changements climatiques (COP30). Parc de la Ville – Belém

Nombre d'observateurs Les observateurs des négociations constituent généralement le deuxième groupe le plus important lors des sommets de la COP. À Belém, plus de sont enregistrés, dont une grande majorité représente des organisations non gouvernementales (ONG). Il peut s'agir d'organisations caritatives, telles que WWF, Ocean Conservancy et WaterAid, ainsi que de groupes de pression représentant des intérêts particuliers, tels que World Farmers' Organisation, International Association of Oil & Gas Producers et Nuclear Energy Institute.

Représentants du secteur des énergies fossiles