(en français, « Train d'Aragua ») est un gang criminel d'origine vénézuélienne composé d'au moins qui sévit dans plusieurs pays d'Amérique du Sud.
Surgi au Venezuela dans les années 2010, pratiquant l’extorsion, le trafic de drogue, le proxénétisme, la traite d’êtres humains, l’activité minière illégale, le vol et les enlèvements, le gang prit en outre le contrôle de la prison de Tocorón, qui devient son bastion. L'organisation a été progressivement affaiblie avec l'arrestation de ses principaux chefs et la reprise, en , de la prison de Tocorón lors d'une opération de grande envergure de la police vénézuélienne.
Durant la crise migratoire du Venezuela, des membres du gang se sont déplacés vers d'autres pays d'Amérique latine (Colombie, Pérou, Équateur, Chili) et aux États-Unis, où ils ont repris leurs activités délictueuses. Ces différentes organisations issues du Tren de Aragua constitueraient une nébuleuse sans liens organiques.
Histoire À sa fondation, est composé d'anciens travailleurs du chemin de fer qui appartenaient à un même syndicat. À la suite de délits, dont l'extorsion de sous-traitants, ils ont été emprisonnés à la prison de Tocorón dans l'État d'Aragua au Venezuela. Après avoir pris le contrôle de la prison, le groupe a élargi son territoire géographique au point d'être actif en 2023 dans ces pays : la Bolivie, le Brésil, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, l'Équateur, le Pérou et le Venezuela..
Venezuela À la suite de l'effondrement économique du Venezuela au début des années 2020 (voir crise du Venezuela), plus de de Vénézuéliens ont quitté leur pays natal pour tenter d'améliorer leur sort. La Colombie et le Pérou ont accueilli à eux seuls plus de la moitié de ces migrants. Des membres du gang ont suivi les courants migratoires vénézuéliens.
Son utilisation de la violence extrême, par exemple tuer une personne puis déposer son corps démembré en pleine rue, incite les gens à subir de l'extorsion et à payer des rançons.
Son chef serait Héctor Rusthenford Guerrero Flores, aussi appelé « ». Il a pris la fuite avant que l'armée vénézuélienne ne prenne le contrôle de plusieurs prisons au Venezuela, dont la prison de Tocorón, en . L'opération a mobilisé des forces de sécurité.
En , Washington déploie près de la frontière maritime vénézuélienne une force navale composée d’au moins sept navires de guerre, un sous-marin nucléaire et , justifiant ce déploiement par la « menace immédiate » que constitueraient pour les Etats-Unis les organisations « narcoterroristes ». En septembre, les Etats-Unis affirment avoir tué onze trafiquants de drogue appartenant au Tren de Aragua dans le bombardement d’un bateau au large du Venezuela. Les Etats-Unis n'ont toutefois communiqué aucune preuve sur les liens entre les victimes et le trafic de drogue. Cette attaque, menée sans sommation ni tentative d’arraisonnement, est contraire au droit international.
Chili Profitant de la crise migratoire du Tarapacá au Nord du Chili, qui commence en 2021, effectue de la traite de femmes à la frontière de la Bolivie et du Chili en direction de Santiago.
En , les forces policières du Chili menaient quatre enquêtes distinctes en lien avec les activités du gang.
Le , le Service d'enquêtes de la police chilienne a déclaré avoir démantelé la branche chilienne du gang. Un tueur de et six trafiquants d'humains ont été capturés par la police chilienne.
États-Unis Le , le département du Trésor des États-Unis et la Maison-Blanche annoncent des sanctions contre le Tren de Aragua, le désignant « organisation criminelle transnationale ». Le département d'État des États-Unis offre également une récompense de de dollars pour toute information permettant l'arrestation des dirigeants de l'organisation.
Le Tren de Aragua a commencé à se faire connaitre aux États-Unis au début des années 2020, période marquée par un afflux de migrants traversant la frontière entre le Mexique et les États-Unis, en particulier en provenance du Venezuela. Telemundo, citant plusieurs affaires criminelles impliquant des membres présumés du gang, a écrit en que le groupe « dispose également d'une présence de plus en plus répandue aux États-Unis. » En , le Federal Bureau of Investigation a confirmé des rapports indiquant que le gang opérait aux États-Unis. En 2024, des responsables américains à la frontière entre le Mexique et les États-Unis ont renforcé les contrôles visant les migrants vénézuéliens célibataires afin de dépister d'éventuels membres du Tren de Aragua. Des membres de l'organisation ont été liés à divers crimes à travers les États-Unis, y compris des homicides. Le Tren de Aragua est apparu pour la première fois à Chicago et dans ses banlieues en . Le chef Garry McCarthy de Willow Springs a estimé que des centaines de membres du gang étaient présents dans la ville. Le Chicago Sun-Times a rapporté en qu'« une analyse du Sun-Times avait mis en évidence des arrestations pour vol à l'étalage et violences domestiques, mais peu de preuves de la présence du gang parmi les migrants. »
À New York, le gang est lié depuis 2022 à des fusillades, des vols dans des commerces, des agressions dans la rue, de la prostitution forcée, de l'extorsion et du trafic de drogue. La police indique que les membres vivent ou ont vécu dans les centres d'accueil pour migrants de la ville et qu'ils y seraient recrutés. À Aurora, dans le Colorado, des images de vidéosurveillance montrant des hommes armés pénétrant dans des appartements sont devenues virales en 2024. Ce phénomène a conduit le maire de la ville, Mike Coffman, à déclarer que le gang avait « infiltré » divers immeubles résidentiels de la région. Ces affirmations ont été contestées par le Département de police d'Aurora, qui a déclaré : « [b]ased on [our] initial investigative work, we believe reports of [Tren de Aragua] influence in Aurora are isolated. » Des affirmations selon lesquelles Aurora serait submergée par le gang ont été relayées par plusieurs médias. Le président Donald Trump, dans le cadre de sa campagne présidentielle axée sur l'Immigration illégale aux États-Unis, a soutenu que certaines parties de la ville étaient contrôlées par le gang Pour lutter contre l'activité présumée du gang, des centaines d'agents de l' ont participé à des descentes au cours des mois de janvier et . Un membre présumé du gang a été arrêté.
Des agents du FBI à El Paso (Texas) ont rapporté que présumés du Tren de Aragua avaient été arrêtés en 2023. En 2024, un enquêteur d'État a déclaré qu'un certain nombre de crimes dans l'Aire métropolitaine de Salt Lake City étaient liés au Tren de Aragua, y compris une fusillade survenue en à Herriman. La plupart des crimes signalés concernaient des vols, la distribution illégale de stupéfiants et de la sextorsion.
Le gang a été largement mis en avant lors de la campagne présidentielle 2024 de Donald Trump. Un éditorial paru dans a estimé que l'influence du Tren de Aragua aux États-Unis était en réalité exagérée, le gang ne disposant de cellules permanentes en dehors du Venezuela qu'au Pérou et au Chili, et n'ayant même qu'un succès limité dans l'implantation d'opérations dans le pays voisin du Venezuela, la Colombie. Le , le président américain Donald Trump a signé un Décret présidentiel initiant le processus de désignation de divers cartels de la drogue et de gangs transnationaux, dont le Tren de Aragua, en tant qu'organisation terroriste étrangère. Le , l'US Immigration and Customs Enforcement a arrêté . Le , huit membres présumés du gang Tren de Aragua ont été arrêtés dans un complexe d'appartements dans le quartier de Queens, à New York, car ils avaient été mis en accusation pour trafic d'armes, lors d'une opération au cours de laquelle la police a saisi à feu, et deux autres faisaient l'objet d'un mandat d'arrêt. En , détenues, accusées par l'administration Trump d'appartenir au gang Tren de Aragua, ont été déportées des États-Unis vers le Salvador malgré une injonction judiciaire bloquant ces expulsions.
En 2025, le gouvernement Trump a accusé le président vénézuélien Nicolás Maduro d’être le chef du Tren de Aragua et d'utiliser le gang pour déstabiliser les Etats-Unis. Le a cependant rendu public un rapport daté du du Conseil national du renseignement (NIC), qui regroupe dix-huit organismes dont la CIA et l’Agence de sécurité nationale (NSA), sur le Train d’Aragua. Le rapport dément toute « invasion orchestrée » et, tout en soulignant que « des fonctionnaires [vénézuéliens] de bas et moyen niveau en tirent probablement des gains illicites », le document affirme que « le régime de Maduro n’a probablement pas pour politique de coopérer avec TdA et ne dirige pas les mouvements et les opérations de TdA aux États-Unis ».
Lois sur les étrangers et la sédition de 1798 En , le gouvernement du président américain Donald Trump a ordonné la détention et l'expulsion de plus de vénézuéliens, les accusant d'appartenir au groupe criminel vénézuélien Tren de Aragua, sans fournir de preuve de cette affiliation. Pour procéder à ces expulsions, l'administration américaine a invoqué la loi sur les étrangers et la sédition de 1798, un texte qui confère au président le pouvoir de détenir et d'expulser des citoyens provenant de pays avec lesquels les États-Unis sont en guerre. La législation, promulguée sous la présidence de John Adams dans le contexte de tensions avec France, avait été appliquée à trois reprises précédentes, lors de la guerre de 1812 contre le Royaume-Uni ; pendant la Première Guerre mondiale, lorsque plus de allemands furent internés dans des camps de concentration ; et pendant la Seconde Guerre mondiale, quand plus de d'origine japonaise, allemande et italienne furent détenues sur le sol américain... Trump a justifié l'application de cette loi en alléguant que le Tren de Aragua préparait une « invasion ou un raid prédateur » aux États-Unis, bien qu'un juge fédéral, James Boasberg, ait statué que le texte ne pouvait pas être utilisé dans ce contexte, car il exige que la menace émane d'un gouvernement ou d'une nation étrangère. Malgré cette décision judiciaire, la Maison-Blanche a poursuivi les expulsions..
Criminalisation de l'asile Des organisations de défense des droits de l'homme ont exprimé leur inquiétude quant à l'utilisation abusive de stéréotypes visuels ou culturels pour justifier des expulsions, souvent effectuées avant les audiences prévues ou en attendant des décisions judiciaires. Cette pratique a été critiquée pour porter atteinte aux principes du droit international et aux droits fondamentaux à la défense juridique et à l'asile. L'un des cas présumés les plus notables est celui de Jerce Reyes Barrios, un footballeur vénézuélien de qui a été déporté vers le Salvador par l'administration Trump en raison de son association présumée avec le groupe Tren de Aragua. Reyes Barrios était entré légalement aux États-Unis en 2024 et avait demandé l'asile après avoir prétendument fui la torture au Venezuela. Il devait comparaître devant le tribunal en avril, mais il a été expulsé du pays sans préavis. Bien qu'un juge fédéral ait ordonné la suspension des vols d'expulsion, le gouvernement a affirmé que ces vols étaient déjà hors de sa compétence à ce moment-là. Utilisation des tatouages comme preuves