Louis d'Hugues, né le à Sérignan-du-Comtat et mort le à Paris, est un général de division français, grand-croix de la Légion d'honneur.
Il se distingue lors de la conquête de l'Algérie, de la guerre de Crimée (bataille de Bomarsund) puis, alors qu'il est âgé de 71 ans, à la tête d'une division au cours de la défense de Paris durant la guerre de 1870.
Biographie Famille Il est le fils de Frédéric Joseph Hyacinthe d'Hugues (1770-1829), lieutenant au régiment de Saintonge, maire d'Orange de 1820 à 1829, et d'Anne Angèle Geneviève Émilie Bignan. Il se marie en 1827 à Saint-Germain-en-Laye à Amenaïde Louise de Pierrepont (1802-1871) avec qui il a un fils : Victor Ernest d'Hugues (1834-1878).
Carrière militaire Il entre au service comme soldat à la légion du Gard le , est promu sous-lieutenant le , puis garde du corps du roi de la compagnie Luxembourg le , de classe (lieutenant) le « Hugues, Louis Joseph Frédéric d' » dans Théophile de Lamathière, Panthéon de la Légion d'honneur, t.3, E. Dentu, 1875-1911, pp. 90-92..
Passé au de ligne le , il fait avec ce régiment l’expédition d'Alger de 1830 ( brigade, général Achard, division, général Berthezène). Il combat à Sidi-Ferruch, à Staouëli, à Sidi-Khalef et à la prise d’Alger. Le , il se distingue par un fait d’armes lors de l'expédition de l’Atlas : Blida ayant refusé de recevoir la colonne du général Clauzel, le lieutenant d’Hugues, suivi de ses voltigeurs, escalade le mur d’enceinte de la ville, sous le feu de l’ennemi, et en ouvre la porte aux troupes françaises. Le 21 du même mois, à l’attaque du col de Mouzaïa, il arrive le premier sur la position avec le sous-lieutenant de Mac-Mahon, officier d’ordonnance du général Achard. En récompense de sa conduite en ces deux circonstances, il est nommé chevalier de la Légion d’honneur par le général en chef, le , et capitaine, au choix, le .
Il revient en France avec son régiment. Le , il est capitaine de recrutement à Amiens.
Il quitte cette position le pour aller rejoindre le de ligne à Guelma. Dès ce moment, il se distingue à Sétif, aux Portes de Fer, à Boufarik, au camp supérieur de Blida, à Cherchell, au col de Mouzaïa, où, en souvenir de 1830, le duc d’Orléans, au moment de donner le signal de l’assaut, lui adresse ces paroles : « M. d’Hugues, vous avez été bon guide en 1830, vous serez bon guide en 1840 », et Médéah enfin, où s’illustre le 23e de ligne sous le général Duvivier. Le , le capitaine d’Hugues, commandant un bataillon du 23e lors d’un ravitaillement de Miliana (colonne Changarnier), est atteint d’un coup de feu au genou gauche ; il n’en reste pas moins à la tête de sa troupe et rentre à Médéa. Dans une sortie de nuit, le , il enlève un poste arabe. Enfin, après plusieurs citations à l’ordre de l’armée, il est nommé chef de bataillon au 5e léger, le .
Il va rejoindre ce corps à Fontenay-sous-Bois, près Vincennes. Le , il est nommé lieutenant-colonel et placé au de ligne, à Mézières. Le , promu colonel, il prend le commandement de son ancien régiment, le , à Strasbourg. Appelé à Paris, ce régiment occupe des baraques dans le jardin du Luxembourg lors du coup d’État du 2 décembre 1851. Le 22 du même mois, le colonel d’Hugues est nommé général de brigade. Il a été promu entre temps officier de la Légion d’honneur, le . Le , il prend le commandement de la subdivision militaire à Grenoble, mais il ne reste pas longtemps dans cette position ; le , il est mis à la tête de la brigade de la division de l’armée de Paris (général Renault).
Le , lors de la guerre de Crimée, il prend le commandement de la brigade de la division expéditionnaire de la Baltique, à Boulogne. Il s’embarque à Calais avec une partie de ses troupes, sur le vaisseau anglais Hannibal, et le , il est nommé commandeur de la Légion d’honneur après s'être distingué à la bataille de Bomarsund en aout.
Général de division le , il est inspecteur général en Algérie (province d’Oran) ; en 1857, en Corse et dans le midi; en 1858, dans la province d’Alger.
En 1859, il a le commandement de la division de réserve de l’armée d’Italie, à Milan et à Brescia.
A la paix, il vient reprendre sa place à l’armée de Lyon ( corps). Il est nommé grand officier de la Légion d’honneur le .
En 1861, il est appelé au commandement de la division du corps d’occupation à Rome ; il commande provisoirement ce corps pendant plusieurs mois, et lorsque, vers la fin de 1862, il est réduit à une seule division, le général d’Hugues rentre en France et vient prendre place au comité d’infanterie.
Le , atteint par la limite d’âge, il passe à la section du cadre de l’état-major général, après avoir servi pendant un demi-siècle.
Se trouvant à Paris lors de la guerre de 1870, il sollicite un commandement actif ; la réponse se faisant attendre, il se rend en Alsace rendre visite à son fils, Victor, capitaine au régiment de chasseurs, et le , il participe à ses côtés, en volontaire, à la bataille de Wissembourg. Le 9, il rentre à Paris; le 24, il est appelé au commandement de la division d’infanterie du corps (général Renault). Dans les premiers jours de novembre, à l’organisation des trois armées pour la défense de Paris, sa division est scindée en deux, et il prend alors le commandement de la division de la armée à Montreuil (sous les ordres directs du général Trochu). A la fin de novembre, il va prendre position au plateau d'Avron, où il est investi du commandement supérieur des troupes réunies sur ce point. Dans cet épisode de guerre, il parvient à maintenir solidement au feu ses jeunes soldats, pendant un bombardement de plusieurs jours, d’une intensité exceptionnelle.
Le , comme récompense de ses anciens services et de sa brillante conduite pendant toutes les phases du siège de Paris, il est élevé à la dignité de grand-croix de la Légion d’honneur, couronnement de sa longue carrière militaire.
Le , il est replacé dans la section du cadre de l’état-major général.
Il meurt le à Paris, âgé de 87 ans.
Décorations
Grand officier le Commandeur le Officier le Chevalier le
Références Cet article est partiellement ou en totalité issu du Panthéon de la Légion d'honneur.
Bibliographie Sources contemporaines « Hugues, Louis Joseph Frédéric d' » dans Théophile de Lamathière, Panthéon de la Légion d'honneur, t.3, E. Dentu, 1875-1911, pp. 90-92. Lire en ligne « D'Hugues, Louis Joseph Frédéric » dans Victor Lacaine, Biographies et nécrologies des hommes marquants du XIXe siècle, t.12, Paris, 1844-1866, pp. 236-244. Lire en ligne. Sources modernes .
Voir aussi Articles connexes Formation des trois armées de Paris en 1870 Siège de Paris (1870-1871) Chronologie du siège de Paris (1870)
Liens externes
Journal de la guerre de 1870 au Plateau d'Avron
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