Bethioua (en arabe : ﺑﻃﻴﻭة ; en berbère : ⴱⴻⵟⵟⵉⵡⴰ, Beṭṭiwa), anciennement Portus Magnus, devenu à l'époque de la colonisation française la commune de Vieil Arzew, puis Saint-Leu, est une commune algérienne de la wilaya d'Oran, située a 30 km a l’est d’Oran.

Géographie Thomas Shaw visite les lieux en 1747 , y faisant une description géographique et topographique des ruines romaines.

Situation

Routes La commune de Béthioua est desservie par la route nationale RN11 (route d'Oran). Toponymie Plusieurs hypothèses ont été rapportées quant à l'origine du nom de « Bethioua ». Une d'entre elles indiquerait que le nom vient directement de la tribu berbère des Ibattuyen de filiation sanhadjienne qui habite encore le Rif et qui, au , a prêté l’appui de ses armes aux Béni-Merin contre les Hafsides. Selon Samuel Biarnay, un conflit tribale opposant les marabouts soufistes des Izegzawen aux autorités déspotiques auraient entraîné une division majeure au sein de la tribu des Ait Said; les recueils oraux parlent d'une errance des fractions dissidentes à travers les montagnes des Beni Snassen , puis de Tlemcen (Rachgoun) avant de trouver un havre de paix sur la baie d'Arzew , cette errance ayant eu lieu quelques générations avant la naissance des interlocuteurs (1910), ces récits oraux transmis de générations en générations ont permis également d'établir par le même auteur d’une divergence récente du parler rifain de Bethioua et de celui de la tribu mère des Ait Said. Selon Emile Janier, qui s'est également penché sur la question, en 1370, les Bettioua suivirent le sultan mérinide Abd-el-Aziz dans son expédition contre Mazouna et les Maghraoua, et un grand nombre d’entre eux se fixèrent, à la suite de cette campagne, sur les ruines de la cité romaine de Portus Magnus où nous retrouvons aujourd’hui leurs descendants. Quant au nom « Ibattuyen» lui-même, il n'aurait été donné aux nouveaux arrivants qu'après leur installation dans le pays ; il serait tiré de l'arabe « بَطَّة » (batta = outre, bouteille en cuir) du nom du récipient associé à Sidi Amar dont la baraka se serait manifestée lors d'un sauvetage miraculeux au large de la baie d'Arzew..

René Basset nous livre une hypothèse plus proche des sources même des sources antérieures à l'émigration des Bettioua. L'historien Ibn Khaldoun (1332-1406) cite « » (Ibattuyen) comme l'une des trois divisions du Maroc. Au , Al-Bakri dans son « » (livre des routes et des royaumes) mentionne un « » (Mahrs Botiouia) près de Sfax. Botioua, prononcé aussi Bettiouia, semble avoir désigné une des plus importantes tribus du Rif marocain. Renforçant cette hypothèse, ce terme a laissé plusieurs traces dans divers lieux du nord du Maroc. Sur la tribu des Battiwa entre Alhucemas et Taza , de la vallée du Nekkor à la Moulouya..

L'historien Ibn Khaldoun nous informe notamment que le nom de Bettioua est à l'origine celui d'une grande confédération ayant pour habitat la région du Rif, ce nom se trouve tantôt écrit Botouïa, tantôt Battouya, Ibattuyen, tantôt Bettioua. Il s'agit d'un rameau des Berbères sédentaires des Sanhadja, dits 'fondateurs d'empires', dont le rameau sédentaire se trouve dans les Kabylies et dont parmi les principales de leurs réalisations figure l'empire fatimide, la Qalaa des Beni Hammad, le royaume de Bougie ou encore l'empire almohade. Parmi les principales familles sanhajis d'Alger figure les Botouïa aux côtés des Beni Mezghanna..

À la chute des Almohades , les Ibattuyen du Rif tombèrent aux mains des Merinides qui établirent leur souveraineté au Fès . Les habitants du Rif ne firent aucune difficulté pour reconnaître les nouveaux maîtres mérinides et découvrirent même le moyen de tirer d'eux de sérieux avantages dans l'histoire. Une des femmes des Ibettiwen, Oum el Youm, fille des Ouled Mallahi de Tafersit entra par mariage dans la famille royale et mit au monde un garçon qui devint le souverain mérinide Yaqoub ben Abdelhaq. Les Botouïa se partagent en trois branches , à savoir : les Bacouya de Tèza , les Beni-Ourîagol d'El -Mezemma , et les Aulad Mahalli de Tafercit . Ceux-ci se sont alliés par un mariage à la famille royale mérinide..

Le manuscrit Maqsad (Vie des Saints du Rif) relate également l'importance par Roland Fréjus du rôle de cette tribu située entre le Nekkor et la Moulouya au dans les relations avec la France du Midi ainsi que dans la reconquête des villes du Maroc occidental (Tetouan, Assilah, Badis, Mazagan, Taroudant). Explications sur les Bettiwa. Appelée aussi Bettiwa. Cette tribu paraît être demeurée importante et connue sous ce nom historique jusqu'au . Dans sa 'Relation' Rolan Fréjus parle encore des Boutoye qui avaient alors un gouverneur en commun avec les Temsamane. Peu après et sans que l'on en voie bien la raison ce nom disparaît de plus en plus de la carte. Cependant cette disparition coïncide avec l'entrée sur la scène politique de la famille rifaine des Hamamiyin de Temsamane et l'on pense que l'on puisse l'attribuer en grande partie à l'épuisement provoqué par les levées de plus en plus nombreuses d'effectifs que les Caïds de cette famille utilisèrent dans le Maroc occidental , d'abord dans la guère sainte , puis dans leur lutte contre les sultans ( sièges de Larache , d'Assilah , de Badis, de Ceuta , de Tanger, de Tetouan , de Mazagan , de Taroudant). Des Bettûya qui constituèrent ces contigents bien peu de ceux qui survècurent retournèrent dans leur pays, et le plus grand nombre se fixa dans les villes conquises et leur banlieue. La tribu ainsi dépeuplé perdit de sa dénomination et celles d'anciennes sous-fractions (Beni Oulichek, Beni Said etc) s'y substituèrent[...]. .

En 1678 , un certain général rifain Haddu Al-Battiwi libère à l'aide de ses troupes la ville de Tanger de l'occupation britannique. L'on cite dans son armée , des IbettiwenAmar bin Haddu al-Battiwi. The origins of this individual, however, were from the Thimsaman tribe and not from that of the Aith Sa'id , and Mawlay lsma'il had appointed him governor of Al-Qsar AlKbir. .. Ainsi dans la région actuelle du Fahs de Tanger, à Assilah et Larache les patronymes Bettioui ou Abetuy sont répandus, tout comme la chanteuse de musique andalouse Zohra Bettiwa.

Le Maroc inconnu souvient que : De Tazaghine , Mohamed passe à Zegzaoua. On appelle ainsi une enfilade de hameaux, se succédant sans interruption , de l’Est à l'Ouest. Non loin de ce bourg , nous remarquons le village de Bettioua, dont les Berbères d'Arzew (Bethioua) sont originaires. C'est ce qu'ils affirment eux-mêmes et c'est ce que disent les indigènes de Beni Said qui viennent dans le département d'Oran louer leurs bras aux colons. Pendant le séjour que Mohammed fit à Bettioua , il eût l'occasion de parler de ses frères que la destinée (el-mektoub) à malheureusement placée sous l'autorité chrétienne [...] Exploration du Rif, page 131 , tribu des Beni Said[...] De Tazaghine , Mohamed passe à Zegzaoua. On appelle ainsi une enfilade de hameaux, se succédant sans interruption , de L'E à l'O. Non loin de ce bourg , nous remarquons le village de Bettioua , dont les Berbères d'Arzew (Bethioua) sont originaires. C'est ce qu'ils affirment eux-mêmes et c'est ce que disent les indigènes de Beni Said qui viennent dans le département d'Oran louer leurs bras aux colons. Pendant le séjour que Mohammed fit à Bettioua , il eût l'occasion de parler de ses frères que la destinée (el-mektoub) à malheureusement placée sous l'autorité chrétienne[...]..

Enfin le toponyme « Battouia » a été trouvé dans l'ouest de l'Algérie, entre Nedroma et Tlemcen..

Histoire de Portus Magnus vignette|gauche|Sebkha d'Arzew, dont le toponyme conserve l'ancien nom de Bethioua ; à droite, exploitation de salines. vignette|gauche|Cultures (vignoble) en périphérie de la Sebkha d'Arzew (26 mars 1974). Fondée sur les ruines d'un comptoir phénicienJ. Lassus, dans l'article ci-dessous cité, considère que Portus Magnus ne présente aucune des caractéristiques habituelles des installations phéniciennes: un cap rocheux, une île proche de la côte, une grève à proximité où tirer aisément les bateaux. Cependant, de nombreuses inscriptions du Vieil Arzew conservées au musée d'Alger sont en néo-punique, ce qui ne prouve pas la fondation phénicienne. devenue ensuite Portus Magnus, elle est connue depuis le ( Grégorien) sous le nom de Rziou (Arzew).

L'histoire de la ville romaine de Portus Magnus est peu connue. Érigée sur une falaise qui domine une plaine la séparant de la mer, elle portait le nom de Portus Magnus, que l'on suppose également avoir recouvert le site portuaire s'étendant depuis Arzew. L'emplacement exact de son port n'est pas parfaitement reconnu., mais Edward Lipinski formule l'hypothèse qu'il se trouvait sur une île sableuse à faible distance de la côte, aujourd'hui disparue, mais dont des traces étaient encore visibles au , et il identifie cette île avec l'île de Bartas mentionnée par le Pseudo-Scylax Edward Lipinski, Itineraria phoenicia, Peeters 2003, , ,Lire en ligne. Elle atteint son apogée au , et paraît abandonnée dès le début du , sous le règne de Dioclétien, dans le but de raccourcir les frontières de l'Empire romain pour mieux les défendre.

On sait, par Pline l'Ancien, que ses habitants étaient citoyens romains.. Une inscription indique que les habitants étaient inscrits dans la tribu Quirina et que la ville avait des duumvirs quinquennaux et des flamines.

Les ruines étaient désertées au quand Al-Bakri les visiteEl Bekri: Description de l'Afrique septentrionale - Traduction de Mac Guckin de Slane - Paris imprimerie impériale 1859, page 165 .

Le Vieil Arzew des Bet't'ioua

Thomas Shaw visite Arzew en 1747, sous l'égide d'un cheikh amical . De nombreuses mosaïques romaines tapissant les côtes..

vignette|gauche|Carte de Portus Magnus Les ruines romaines du Veil Arzeu sont au établis une colonie berbèrophoneVisite aux Ruines Romaines de St-Leu , correspondance du 16 août 1866 : 'J'ai appris de mon compagnon de route [...] que les indigènes de Saint-Leu ne sont point des Bédouins comme ceux de la plaine, mais des Kabyles qui ont opiniâtrement résisté à Abd-El-Kader et ont préservé leurs mœurs, leur langage [...] ; ils ne sont pas nomades et habitent des maisons ou des gourbis au lieu de tentes ; ils n'ont en général qu'une seule femme et leur langue n'est pas l'arabe'. dit des Bet't'ioua rattachée à deux çofs (clans) ; Ait Temait (Beni Maït) et Zegzaoua (Izegzawen 'les verts' en amazigh) dont les ancêtres auraient quitté les montagnes du Rif a l'ouest du Kert au sein des Aït Said pour s’établir près de Mostaganem.. Qualifiés de Kebaïles par leurs voisins et homogène d'un œil externe, ils sont repartis en 4 fractions, division de deux çofs principaux. Femmes et hommes des Bettioua se nomment Amazigh (pl. Imazighen) et leur langue Thamazight.