Ariella Aïcha Azoulay, née le à Tel Aviv., est une théoricienne de la photographie, essayiste et cinéaste française et israélienne.
Biographique
Milieu familial Ariella Azoulay naît le à Tel Aviv d'un père originaire d'AlgérieSusan Slyomovics, How to Accept German Reparations, , lire en ligne et d'une mère née en Palestine, issue d'une famille juive séfarade venue de Bulgarie et de Grèce.
Son père, Roger Azoulay, né à Oran en Algérie en 1923, est interné sous le régime de Vichy dans le camp de Bedeau entre 1941 et 1943. Après le débarquement anglo-américain au Maroc et en Algérie le , il sert comme soldat et technicien de radio dans la Division d'infanterie algérienne qui contribue à la libération de la Tunisie et de l'Italie. Il y reçoit plusieurs décorations. Il émigre en Israël en 1949. D'après S. Slyomovics, Ariella Azoulay choisit d'assumer une identité juive orientale que son père, se revendiquant comme français d'Algérie, avait voulu occulter« Pour A. Azoulay, dans le contexte israélien de l'après-1948, caractérisé par la relégation sociale, économique et culturelle des juifs originaires des pays à majorité musulmane (juifs appelés mizrahi), relégation imposée par la minorité des Juifs d'Europe de l'Est, la réticence de son père à se définir comme algérien fut interprétée par elle comme un mensonge en vue d'effacer une identité maghrébine qu'il ne pouvait pas assumer, à la différence de sa fille » (« For Ariella Azoulay, in the post-1948 Israeli context characterized by social, economic and cultural erasures of the large Jewish community from Muslim-majority countries (known as Mizrahim), by the minority of Jews of Eastern European origin, her father's reticence was interpreted as a lie to efface a Maghrebi, hence a Mizrahi identity that her father could not and did not embrace as his daughter does »), Susan Slyomovics, How to Accept German Reparations, , lire en ligne.
À la mort de son père, Ariella Azoulay apprend que sa grand-mère paternelle s'appelait Aïsha et décide d'adopter ce prénomStijn De Cauwer (2021)« Ariella Aïsha Azoulay and Georges DidiHuberman: the persistence of lost worlds », Journal of Aesthetics & Culture, 13:1, 1994179, DOI: 10.1080/20004214.2021.1994179, [https://doi.org/10.1080/20004214.2021.1994179 lire en ligne].
Carrière universitaire Ariella Azoulay enseigne la culture visuelle et la philosophie contemporaine à l'université Bar-Ilan en Israël., qui refuse de la titulariser, pour des raisons politiques selon Haaretz et +972 Magazine. Elle devient ensuite professeure titulaire d'une chaire à l'université Brown aux États-Unis..
Recherche À travers ses recherches, Ariella Azoulay explore la .
« Des photographies d'archives, captures d'événements concomitants de la création d'Israël, constituent la matrice de sa recherche. Ariella Azoulay construit une « Histoire potentielle » reliant Palestiniens et Israéliens, contestant l'historiographie officielle d'un conflit inévitable entre les deux peuples ».
L. Silberstein situe la remise en question des postulats du sionisme opérée par Ariella Azoulay dans la lignée des travaux du sociologue Baruch Kimmerling notamment. Comme d'autres auteurs postsionistes, Azoulay met en lumière les effets d'exclusion produits par le discours sionisteLaurence Jay Silberstein, Postzionism: A Reader, Rutgers University Press, New Brunswick, New Jersey, London, , lire en ligne.
À l'occasion d'une exposition de photos d'archives israéliennes, en 2013, Ariella Azoulay déclare : La dure naissance d'Israël avec Ariella Azoulay, ouest-france.fr, 20/12/2013.
L'approche de la culture visuelle (visual culture) par Ariella Azoulay rejette le cloisonnement entre des disciplines comme l'histoire, l'histoire de l'art et la science politique. Pour elle, l'image n'est pas un simple adjuvant du texte historique ; au contraire, l'image est un document historique en soi. L'image a cette capacité de révéler ce que les textes taisent.. Ainsi, Ariella Azoulay fait parler les images en les resituant dans leur contexte de production et de diffusion, pour éclairer les concepts de citoyenneté, de souveraineté ou encore de violence.
Prise de position En 2021, elle critique le rapport de Benjamin Stora sur le colonialisme français en Algérie qui occulte selon elle les crimes coloniaux français ; elle considère comme criminelle en particulier la qui a suivi le décret Crémieux, ce décret ayant eu pour effet de séparer les juifs algériens de leurs compatriotes non-juifs, en leur imposant la nationalité française.. De plus, elle reproche à Benjamin Stora une présentation simplificatrice des communautés juives du Maghreb, qui en efface la diversité. Ariella Azoulay affirme que son rapport perpétue un récit historique colonialiste ; elle remet en question le choix de Benjamin Stora, en tant que chercheur juif sélectionné par le gouvernement. Elle plaide en faveur d'un examen plus complet des crimes coloniaux et de leurs conséquences à long terme, contestant le récit présenté dans le rapport officiel.
Publications , gagnante du prix The Affinity Award, ICP. . . . . . . .
, traduit de l'hébreu par Louise Bethlehem et traduit en italien par K. McManus en 2018, sous le titre : Civil imagination. Ontologia politica della fotografia.
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Filmographie Ariella Azoulay a réalisé plusieurs films documentaires : Civil Alliances, Palestine, 47-48 (« Le pacte civil, Palestine, 47-48 »), 2012 I Also Dwell Among Your Own People: Conversations with Azmi Bishara, 2004 The Food Chain (« La chaîne alimentaire »), 2004 Sign from Heaven (« Un signe du ciel »), 1999. Ce film donne à voir trois épisodes récents de violence : l'assassinat de Yitzhak Rabin par Igal Amir, le meurtre de Yehuda par sa femme Carmela Bouhbout ; et l'élimination de Yahia Ayache dit « l'ingénieur » par les forces de sécurité israélienneshttps://www.lebbb.org/website_datas/item267/pj/BBB_FEUILLE_DE_SALLE_ARIELLA_AZOULAY.pdf
Expositions
Comme artiste « Different Ways Not to Say Deportation: Unshowable Photographs », Palais de Tokyo, Triennale 2012.. « Potential History », [Histoire potentielle], installation, 2012.
Comme commissaire d'exposition Ariella Azoulay a organisé comme curatrice plusieurs expositions centrées sur des images d'archives : « Everything Could Be Seen » (Um El Fahem Gallery of Art, 2004) « Architecture of Destruction » (Zokhrot, Tel Aviv, 2008) « Untaken Photographs » (The Moderna Galerija, Ljubljana ; Zokhrot, Tel Aviv, 2010) « Potential History » (Stuk / Artefact, Louvain, 2012) « When The Body Politic Ceases To Be An Idea » (MOBY, 2013) « The Body Politic » (Reina Sofia, Madrid) « The Natural History of Rape» (Pembroke Hall, université Brown) « Enough! The Natural Violence of the New World Order » (F/Stop festival, Leipzig, 2016) « Act of State 1967-2007 » (Centre Pompidou, 2016) Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
Liens externes Darlene Trew Crist, «Ariella Azoulay», https://news.brown.edu/new-faculty/humanities/ariella-azoulay Liste complète des publications en ligne Interview en anglais avec Ariella Azoulay au sujet de son livre The Civil Contract of Photography, 2009, sur le site Rorotoko, lire en ligne
Catégorie:Réalisatrice française de cinéma Catégorie:Réalisatrice israélienne de cinéma Catégorie:Documentariste française Catégorie:Documentariste israélienne Catégorie:Commissaire d'exposition Catégorie:Historien de la photographie Catégorie:Naissance à Tel Aviv-Jaffa