Griffintown est un quartier anciennement ouvrier du Sud-Ouest de Montréal.

Le quartier est circonscrit par la rue Notre-Dame (nord), le canal de Lachine (sud), le boulevard Georges-Vanier (ouest) et le boulevard Robert-Bourassa (est).

Historiquement la limite est du quartier s'étendait jusqu'à la rue McGill. La section entre le boulevard Robert-Bourassa et la rue McGill fait maintenant partie du Vieux-Montréal dans l'arondissement de Ville-Marie.

Origines du quartier

Le , la Société Notre-Dame de Montréal accordent aux Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph le fief Nazareth. Les Sœurs transfèrent le fief en 1791 à via un bail de 99 ans. Le développement urbain du fief demeurera limité jusqu'au début du 19ième siècle.

Les associés de McCord revendent frauduleusement le fief en 1796 à Mary Griffin, épouse du marchand de savon Robert Griffin, alors que McCord était absent pour plusieurs années en Grande-Bretagne. Vers 1905 Mary Griffin mandate l'arpenteur Louis Charland pour développer un plan de lotissement pour le fief, qui est nommé "Griffintown" en l'honneur de Mary.

Suite à son retour à Montréal Thomas McCord intente un procès pour récupérer la propriété du fief, et en reprend finalement la possession en 1814. Il efface le nom de la rue Griffin (actuellement Wellington), mais le nom Griffintown demeurera dans la mémoire collective comme nom du quartier.

Développement et industrialisation au 19ième siècle La construction du canal de Lachine, ouvert en 1825, accélère l'arrivée de nouveaux résidents et le développement du quartier. L'ouverture du canal favorise l'établissement d'usines et d'entrepôts, accélérant le développement industriel du quartier.

En 1832, le quartier Sainte-Anne qui inclut Griffintown est constituéville.montreal.qc.ca.

Il a été peuplé par des Irlandais débarqués à Grosse-Île en 1847. Fuyant la famine de leur pays d'origine, plusieurs furent attirés par les possibilités de vie meilleure au Canada. La proximité du port, le canal de Lachine et les voies ferrées favorisent la création d'industries, d'entrepôts, de manufactures qui embauchent les Irlandais dans des conditions de travail pénibles et insalubres. Ils ont fortement contribué à la construction du pont Victoria et du canal de Lachine. Une bonne endurance physique et la tolérance à des journées de travail de quinze heures étaient les principales exigences. Plusieurs ouvriers travaillèrent au port, dans les usines, ou à la construction du chemin de fer Grand Trunk. La communauté irlandaise se rassemblait au square Gallery, nommé d'après les frères Gallery, John et Daniel Gallery, avec son chalet construit en 1930 dont il reste quelques vestiges, et à l'église St. Ann, construite en 1854 et détruite en 1970.

Le développement rapide du secteur au n’est pas entièrement positif : beaucoup de maisons ont été construites rapidement pour loger les ouvriers des nouvelles usines. Ces maisons, manquant d’entretien, deviennent des taudis. Se pose aussi un problème de surpeuplement : les appartements sont parfois subdivisés pour accueillir d’autres familles. vignette|Maison à Griffintown en 1903.Le secteur est mal desservi par le réseau d’aqueduc et il est régulièrement frappé par des incendies, des inondations et des épidémies. Une première grave épidémie de typhus tue ainsi Irlandais en 1847.

Déclin du quartier au 20ième siècle Le quartier a connu un déclin important au 20ième siècle, passant de près de 30,000 résidents au début du 20ième siècle à 546 en 1974.

Plusieurs facteurs contribuent à ce déclin, incluant:

La construction d'infrastructures qui défigurent le quartier, particulièrement la construction du viaduc du Canadien National en 1931 et de l'autoroute Bonaventure en 1965. La construction de ceux-ci coupa le quartier en deux et força le démolition d'une centaine de logements dans chacun des cas.

Le déclin de l'activité industrielle autour du canal de Lachine après l'ouverture de la voie maritime en 1959.

Le rezonage du quartier en 1963, par la Ville de Montréal pour un usage industriel, empêchant tout développement (ou redéveloppement) résidentiel.

Le parc immobilier vieillissant et désuet, qui manquait souvent des commodités devenues essentielles au 20ième siècle, comme l'eau chaude et un raccordement au réseau d'aqueduc.

Dans la culture populaire Richard Burman a réalisé un documentaire en 2003 intitulé Ghosts of Griffintown. Il raconte l'histoire de Mary Gallagher, une prostituée qui fut brutalement assassinée en 1879 et dont la légende veut qu'elle revienne à tous les sept ans sur la rue William à la recherche de sa tête. Le documentaire explore aussi l'histoire du quartier en utilisant cette légende comme métaphore reflétant le fait que la communauté a disparu comme un fantôme.

Alan Hustak a écrit un livre intitulé qui explore en détail le meurtre de Mary Gallagher..

Le réalisateur Michel Régnier a réalisé un film sur le sujet en 1972. a écrit une émission de télévision documentaire en anglais intitulé ..

Lisa Gasior a créé le projet , qui est une promenade conçue pour être faite individuellement. Ce projet présente une description et des entrevues sur le paysage changeant de l'endroit.

Il reste peu de vestiges de l'époque. Mentionnons le Griffintown Horse Palace, écuries datant de 1860, et une rangée de maison sur la rue de la Montagne. Une d'elles a été intégrée à un projet de condominiums.

Projet de l'autoroute Bonaventure En , le maire de Montréal, Gérald Tremblay, avec la collaboration de la Société du Havre, a annoncé la transformation de l'autoroute Bonaventure en boulevard urbain, ce qui serait une des phases d'un immense projet pour faire revivre le quartier Griffintown. Ce dernier comprendrait de nouvelles tours à bureaux, des condos, des résidences universitaires ainsi qu'une ligne de tramway.

Projets immobiliers vignette|M9 phase 2 Des projets immobiliers sont entamés dès 2003. Un promoteur rénove des anciennes usines de chocolat Lowney (Cherry Blossom), une icône du quartier., ajoutant au fil des années d'habitation..

En , le promoteur Devimco annonce des investissements de 475 millions de dollars d'une première phase de comprenant , des commerces et un hôtel..

Le , le maire d'arrondissement du Sud-Ouest, Benoit Dorais rapporte que Griffintown est la convoitise de plusieurs promoteurs immobiliers car ceux-ci veulent construire vingt-trois projets immobiliers, soit , du jamais vu à Montréal.. L'essor est également favorisé par l'arrivée de l'École de technologie supérieure, la Cité du Multimédia et le Quartier de l'innovation.

Un projet de certifié LEED vient s'ajouter en 2012 sur l'ancien site de tri postal de Postes Canada..

En 2012, le Centre islamique d'Aisha acquiert un immeuble au 425 rue de l'Aqueduc afin d'y établir une mosquée permanente, après avoir débuté en 2005 comme projet local d'organisation de la prière du vendredi à Griffintown.

En 2013, un autre projet vient ajouter 257 logements et des espaces commerciaux au rez-de-chaussée..

Le 900 Saint-Jacques est un gratte-ciel de 63 étages en construction aux limites de Griffintown..

Le , l'administration Plante annonce qu’elle compte modifier son règlement d’urbanisme pour simplifier le travail des promoteurs résidentiels dans le quartier Griffintown..

Galerie

Notes et références

Annexes

Articles connexes Station Griffintown―Bernard-Landry Liste des quartiers de Montréal Secteur Bridge-Bonaventure CJPX-FM, situé à Griffintown

Liens externes

Griffintown (Ville de Montréal) Comité pour le sain redéveloppement de Griffintown Save Griffontown Mémoires des Montréalais : Griffintown

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