Prononciation en anglais américain retranscrite selon la norme API. est une émission de télévision satirique américaine du type , diffusée quatre jours par semaine entre 2005 et 2014 sur et présentée par l'humoriste Stephen Colbert.

Considérée comme une série dérivée et homologue du avec Jon Stewart où Colbert a officié pendant plusieurs années, parodie les émissions de commentateurs politiques de la droite américaine, comme celles de Bill O'Reilly, Joe Scarborough, Sean Hannity ou Glenn Beck sur la chaîne . L'émission propose les opinions obtuses et controversées d'un personnage d'animateur de télévision arrogant et néo-conservateur, qui porte le même nom que son interprète. Décrit comme , le protagoniste de l'émission est une parodie de certains commentateurs politiques de la télévision américaine. Créé par Colbert, Jon Stewart, Ben Karlin et Joe Antonetti, est une émission scénarisée mais dont le principe repose sur l'improvisation de son présentateur, notamment au cours des interviews. Elle aborde les événements récents par le biais de l'humour pour en démontrer les failles et les aberrations.

Le a remporté de nombreuses récompenses, notamment six et deux prestigieux . De plus, il a un impact culturel important aux États-Unis, ainsi qu'un certain rayonnement international ; il a reçu une couverture médiatique considérable depuis ses débuts en 2005, et s'est rapidement imposé comme le programme le plus regardé de la chaîne . Stephen Colbert a été reconnu comme l'une des cent personnes les plus influentes du monde par le en 2006 et 2012, et il profite de la popularité de l'émission pour intervenir dans d'autres contextes, en s'invitant par exemple dans la vie politique américaine en tant que candidat aux élections présidentielles de 2008 et 2012, ou au cours de sa prestation controversée au dîner des correspondants de la Maison Blanche en 2006.

Diffusée à partir du , l'émission compte et s'est terminée le , Colbert ayant été désigné pour remplacer David Letterman sur de à partir de .

Description satirise les programmes télévisés politiques portés par la figure centrale de leurs hôtes respectifs, explorant la question de l'« information personne-dépendante. » Il s'articule autour de son présentateur fictif nommé Stephen Colbert, homonyme de son interprète. Le personnage est une version améliorée et encore plus obtuse de celui qui apparaissait dans en 1996 et dans de 1997 à 2005. Après que Jon Stewart a remplacé Craig Kilborn en 1999, le a développé un style quelque peu différent, plus orienté politiquement et également plus humoristique. Stewart a alors demandé à Colbert (et à son personnage) d'avoir une opinion politique et de l'affirmer, et de permettre à sa passion pour tel ou tel sujet de transparaître à travers la comédie .

Colbert est devenu, notamment après la couverture de l'élection présidentielle de 2000 dans le segment , un correspondant fixe du , présentant occasionnellement l'émission en l'absence de Stewart. En 2003, l'émission lance un segment intitulé , avec Colbert dans le rôle parodique d'un commentateur politique du câble. En 2004, après le départ d'un autre correspondant de l'émission, Steve Carell, la chaîne , poussée par Stewart, propose à Colbert d'animer son propre et il signe un contrat d'essai de huit semaines. Mais devant le succès immédiat de l'émission, elle est rapidement renouvelée pour un an, faisant du un

L'émission consiste en l'évocation d'un ou plusieurs sujets d'actualité, abordés avec humour par le présentateur Stephen Colbert sous un angle égocentrique et partisan, en opposition avec les pratiques journalistiques habituelles de neutralité médiatique, parodiant ainsi les commentateurs de droite. Ceux-ci animent des programmes d'information, souvent sur les chaînes du câble ou les chaînes d'information continue, où ils vont aborder un sujet et donner leur opinion. La chaîne est l'une des cibles favorites du et du , diffusant les émissions de Bill O'Reilly (), Sean Hannity (), Glenn Beck ( ouvrages), etc. Ainsi, Colbert traite son sujet d'un point de vue volontairement exagéré, caricatural et souvent absurde, mettant ainsi en lumière les aberrations et les contradictions de ces commentateurs. Dans le premier épisode du le , Colbert déclare que la nation se divise en deux groupes : – concept résumé sous le néologisme ; il se désigne immédiatement comme l'un de ces derniers, et loue l'ancien président George W. Bush pour sa tendance à prendre des décisions sans réfléchir.

Le personnage central, bien que par nature égocentrique, républicain, conservateur, anti-intellectuel et patriotique jusqu'au fanatisme, s'est édulcoré au cours du temps, son interprète estimant qu'il pourrait éventuellement finir par s'en détacher et faire autre chose. En , Colbert annonce qu'il remplacerait David Letterman pour animer sur en 2015, entraînant l'annulation du en . L'émission sera remplacée sur par , Wilmore étant lui aussi un ancien correspondant du .

Production Développement est un diffusé pour la première fois en . À l'origine présenté par , il est animé depuis 1998 par Jon Stewart et prend la forme d'une parodie de journal télévisé ciblant principalement l'actualité et ses acteurs, ainsi que ceux qui les traitent habituellement, et principalement les chaînes d'information en continu comme , et .

Le personnage Stephen Colbert, a fait sa première apparence dans l'émission de sketchs en 1996, alors décrit comme Après l'annulation de l'émission, Colbert est engagé par , où, lorsque les scénaristes sont à court d'idées, un bref numéro est diffusé, mettant en scène Colbert dans ce qui était alors appelé . Dans ces sketchs, Colbert a commencé à développer son personnage en parodiant les commentateurs des chaînes d'information. En dehors du , Colbert participe à divers segments récurrents sous les traits de son persona, notamment avec son camarade Steve Carrell, dont la confrontation se terminait souvent par des injures de part et d'autre. Les producteurs ont rapidement remarqué le potentiel de Colbert et Carrell, et lorsque Carrell quitte l'émission en 2004 pour jouer le rôle principal dans l'adaptation américaine de , décide de tout faire pour garder Colbert sur la chaîne.

En 2005, Jon Stewart et , producteurs délégués du étaient alors à la recherche d'une nouvelle émission de la franchise du et, par-là même, leur société de production, Busboy. Le duo a l'idée de créer après avoir été témoin de la couverture médiatique de la plainte pour harcèlement sexuel déposée contre Bill O'Reilly. Colbert rencontre le président de , Doug Herzog, le lendemain de la cérémonie des afin de discuter du concept de la future émission. Celui-ci est décrit par Colbert, Karlin et Stewart simplement comme ; Herzog accepte de diffuser l'émission pour un essai de huit semaines sans créer de pilote.

Au moment de l'élection présidentielle de 2004, le personnage était complètement développé. Créé pour être à la fois insupportable mais divertissant, Colbert insiste cependant pour que son personnage ne soit pas un , à quoi Stewart répond Allison Silverman, la scénariste principale (et productrice déléguée) a par la suite confirmé ce trait de caractère, expliquant qu' Initialement, Colbert estimait que le personnage ne pourrait pas être durable et crédible dans un format plus long que les quatre à cinq minutes des sketchs du . Cependant, est conçu pour être une extension de la satire du , l'associant à la bêtise et à la loufoquerie générale et à l'humour de son personnage principal. Afin de s'assurer que les sujets des deux émissions ne se recoupent pas, Karlin a alterné les allers-retours entre les deux studios afin d'en superviser les scripts. Pendant les premières années de la diffusion, Colbert apparaissait à la fin de chaque épisode du dans un , où il avait une courte discussion avec Stewart avant son émission.

débute le , après quatre clips promotionnels diffusés dans les jours qui précèdent sur . Le , devant la forte audience des deux premières semaines, la chaîne et Colbert annoncent qu'ils ont signé un contrat additionnel d'un an, au moins jusqu'à la fin de l'année 2006.

Processus de création Tournage thumb|300px|Extérieur du studio Le studio dans lequel est tourné est l'ancien studio du de Jon Stewart, utilisé jusqu'en . Il se situe au 513 W. de la , dans le quartier de Hell's Kitchen à New York. est tourné deux blocs plus loin, sur la .

Le studio du Colbert Report est surnommé « le nid de l'aigle » () et il est censé représenter l'attitude égocentrique de Colbert. Le plateau se compose de deux parties : le bureau, en forme de C (comme Colbert), duquel Colbert présente la majorité de son programme, et l'espace consacré aux invités.

Colbert s'adresse à Jim s'il veut changer de plan de caméra, ou changer les images affichées, ou bien déclencher des effets spéciaux.

Grève des scénaristes de 2007-2008

Format Introduction et monologue Habituellement, Colbert commence l'émission avec une courte introduction présentant le « plan » de l'épisode, à savoir les principaux sujets traités et le nom de l'invité – chaque titre étant énoncé sous forme de jeu de mots. La présentation est immédiatement suivie par une phrase introductive métaphorique et promotionnelle de l'émission qui finit presque toujours par (« Voici le Colbert Report ! »).

Le générique de l'émission est ensuite diffusé (il commence l'épisode lorsque Colbert ne fait pas d'introduction). Il consiste en l'apparition d'un aigle qui fond sur le présentateur, suivie par diverses images symboliques de l':en:Americana et une série de mots superlatifs décrivant Colbert (, , , , …). Certains sont tirés ou ont été utilisés dans le segment ), comme , , , et ; d'autres ont simplement un sens pseudo-représentatif de la grandeur américaine, comme , , , , , , Traduction des mots du générique : « Courageux » ; « Puissant » ; « Honorable » ; « Influent » ; « Audacieux » ; « Méga-américain » ; « Lincolnien » ; « Super-robuste » ; « Vexillo-phile » ; « Intolérant aux faits » ; « Patriote » ; « Trésor national » ; « Étoilé » ; « 100 % bœuf » ; « Faiseur de rois » ; « Taillé dans la pierre » ; « Constitutionnel. », etc. Des mots sont parfois rajoutés occasionnellement pour célébrer un évènement particulier.

La séquence se termine lorsque l'aigle descend en piqué et en criant vers le plateau. L'indicatif musical est celle de la musique de Cheap Trick. Colbert enchaîne avec son monologue qui dure habituellement une dizaine de minutes. Il y énumère les principales nouvelles de la journée ou de la semaine, en parodiant les bulletins d'information traditionnels de façon similaire au , mais dans la peau d'un faux présentateur de droite. Il s'axe alors sur deux ou trois sujets principaux qu'il va développer, et qui vont parfois mener à un segment récurrent. L'information est traitée de façon faussement sérieuse, utilisant essentiellement le second degré et l'antiphrase ou l'ironie pour démontrer l'absurdité du point de vue de Colbert (et par là-même, celui des vrais présentateurs situés à droite). Le monologue s'accompagne d'extraits de reportages ou d'émissions de débats, principalement tirés de l'une des chaînes-cibles du (et du ) : , ou .

Segment récurrent

Au début de la diffusion de l'émission, le segment de référence était , qui juxtapose au propos de Colbert un commentaire satirique affiché à droite de l'écran, une parodie du segment de l'émission-cible de Colbert, . Depuis 2005, une trentaine de segments récurrents ont été annoncés. Ils se présentent la plupart du temps sous la forme d'un sketch ou d'une présentation visuelle au cours de laquelle Colbert développe son point de vue, chaque segment étant introduit selon un thème précis. Il lui arrive également d'interviewer un expert (réel ou fictif) ou un membre de son équipe.