Le d'artillerie de marine ( RAMa) est un régiment de l'Armée de terre française. Il est le plus ancien régiment d'artillerie de marine, avec les "quatre vieux" régiments d'infanterie de marine (les 1, 2, 3 et d'infanterie de marine) ainsi que le d'artillerie de marine et a fait partie de la fameuse Division Bleue.
Implanté à Montlhéry depuis 1977, il a été transféré en 1993 sur l'ancienne base aérienne américaine située à Couvron-et-Aumencourt (Aisne), non loin de Laon. Il a intégré la mécanisée à compter du et a déménagé à Châlons-en-Champagne en 2012. Le d'artillerie de marine est dissous le .Le plus décoré des régiments d’artillerie de l’armée française tire sa révérence, sur opex360.com..
En 2025, il devient le groupement d'instruction des troupes de marine ( GITdM).
Création et dénominations
1622 : Création par le cardinal de Richelieu des compagnies franches et ordinaires de la mer. Ces compagnies, chargées du service en mer, comprennent des bombardiers. 1692 : Les bombardiers sont regroupés dans le corps d'artillerie de la marine, ancêtre du RAMa. 1769 : Corps royal d'artillerie et d'infanterie de marine 1772 : Corps royal de la Marine 1774 : Corps royal d'infanterie de marine, donne naissance au Corps royal des canonniers-bombardiers coloniaux 1781 : Corps royal de la Marine, donne naissance au Corps royal de l'artillerie des Colonies 1786 : Corps royal des canonniers matelots 1792 : Corps d'artillerie et d'infanterie de marine 1803 : Création d'un régiment au sein du corps d'artillerie de Marine : les Marins de la Garde impériale. 1900 : Les troupes deviennent coloniales et passent sous l'autorité de l'Armée de terre : le régiment devient le d'artillerie coloniale ( RAC). 1924 : dissout, prend le nom de d'artillerie lourde coloniale () 1929 : le 58e RAC devient RAC 1940 : Le régiment est dissous à l'armistice. 1945 : Le RAFFL reprend l'étendard et les traditions du RAC. 1958 : Les troupes coloniales deviennent Troupes de Marine, le RAC devient le RAMa. 2015 : dissolution. 2019 : centre de formation initiale des militaires du rang de la brigade d'infanterie de marine - régiment d'artillerie de marine (CFIM- RAMa) 2025 : groupement d'instruction des troupes de marine ( GITdM).
Historique vignette|Plaque mémoriale des batailles du à Étoges (51). Révolution et Premier Empire
1803 : Un régiment est créé au sein du corps d'artillerie de la marine. Il participe aux guerres napoléoniennes, notamment aux campagnes de Saxe (1813) et de France (1814). C'est une unité directement issue du bataillon de marins de la Garde consulaire, et rattachée à la Garde impériale. Constitués en un bataillon de de chacun, employés comme artilleurs, les marins de la Garde impériale auront leur baptême du feu à la bataille de Bailén en Espagne, en 1808.
De 1815 à 1848
1838 : Première expédition au Mexique.
Second Empire
1854-1855 : Le régiment participe à la guerre de Crimée et au siège de Sébastopol.
1863 : Deuxième expédition au Mexique.
1870 : Le régiment forme l'artillerie de la "Division de Marine" (ou Division Bleue) qui regroupe les quatre régiments d'infanterie de marine. La division se couvre de gloire à Bazeilles ( et ) près de Sedan. La commémoration des combats de Bazeilles est célébrée chaque année par les troupes de Marine, dont c'est la fête.
De 1871 à 1914
1883-1885 : Participation à la guerre du Tonkin, qui confirme la présence française en Indochine.
1892 : Le régiment forme l'artillerie de l'expédition du Dahomey (aujourd'hui Bénin).
1895 : Le régiment prend part à la conquête de Madagascar. right|120px|thumb|Insigne d'épaule gauche de l'artillerie de marine.
1900-1901 : Le régiment prend part à l'expédition de Chine (guerre des Boxers).
1910 : Le régiment est le premier régiment d'artillerie à recevoir la croix de la Légion d'honneur.
Première Guerre mondiale 1914-1918 : Le RAC forme l'artillerie de la DIC (division d'infanterie coloniale).
Le régiment est cité deux fois à l'ordre de l'armée et reçoit la Croix de guerre 1914-1918.
1914 22 août : Combats de Rossignol il s'illustre lors des combats de la Marne
1915 25 septembre-6 octobre : seconde bataille de Champagne
1916 Somme 1917 L'Aisne 1918 Reims
Entre-deux-guerres En 1922, Le colonel Paul Joalland, ancien chef de la mission Joalland-Meynier, prend la tête du régiment d'artillerie coloniale (RAC) alors basé au quartier Frébault à Lorient, régiment qu'il quittera en 1924 pour retourner en AOF.
Lors de la réorganisation des corps d'artillerie décidée en 1923, le devient le d'artillerie lourde (hippomobile) colonial à Lorient. Il est rattaché au d'armée et rejoint Libourne. Le , le reprend le nom de .. Seconde Guerre mondiale Le régiment est cité trois fois à l'ordre de l'armée et reçoit la Croix de guerre 1939-1945.
Il reçoit en outre la Croix de la Libération.
Drôle de guerre
Le d'artillerie coloniale divisionnaire se dédouble à la mobilisation pour former le d'artillerie lourde coloniale. Ces deux régiments font partie de la d'infanterie coloniale. Cette division est placée en réserve de la qui doit en premier lieu protéger la ligne Maginot d'une manœuvre tournante.
Le lieutenant-colonel Fadi est alors chef de corps du RAC.
1940 Lors de l'offensive allemande, la doit s'engager vers Stenay puis Mouzon après la percée de Sedan. Isolée, elle ne parvient pas le à tenir sa position. À partir du 16, le couvre l'installation de sa division au sud de Beaumont-en-Argonne.
Le , l'artillerie de la soutient la voisine attaquée par les Allemands. Le , les Allemands lancent l'offensive général Fall Rot. La résiste mais se prépare à l'ordre général de repli donné le lendemain à la . Les artilleurs reçoivent donc l'ordre de ne pas économiser les munitions qu'ils risquent de devoir abandonner. Les Allemands sont surpris par la densité du feu français, ce qui contribue au succès de la manœuvre de repli.
Après un mouvement marqué par les ordres et contre-ordres, la division rejoint finalement le 14 au soir le front sur la Saulx entre Robert-Espagne et Bazincourt. Mais les Allemands passent pas les flancs de la division et le 15 au matin le PC du , installé à Combles-en-Barrois, est attaqué par le Kampfgruppe Eisebeck de la . La du , elle, revendique seize blindés détruits face au Kampfgruppe Koll de la même division. En lien avec la voisine, la parvient à se replier.
Elle se positionne le sur la Meuse. Installé à Harréville-les-Chanteurs, le deuxième bataillon du et le troisième groupe du repoussent les Allemands. Mais dans leur repli, ces deux unités sont étrillées par les chars allemands le 19 au matin à l'est de Beauffremont.
Epuisée, la cesse d'exister le et les restes du sont encerclés et capturés.
1941 Avec l'artillerie des Forces françaises libres qui vient de participer aux combats fratricides de Syrie, le chef d'escadron Laurent-Champrosay forme le RAFFL (Régiment d'Artillerie des Forces Françaises Libres) de la 1re division française libre.
1942 Bataille de Bir Hakeim Première bataille d'El Alamein Seconde bataille d'El Alamein
1943 Campagne de Tunisie : Takrouna… Campagne d'Italie Garigliano, Pontecorvo…
1944 Débarquement de Provence et Libération de la France : libération de Toulon, batailles des Alpes, bataille de la trouée de Belfort, bataille d'Alsace.
1945 Libération de la France : Poche de Colmar, libération de Strasbourg, bataille de l'Authion.
De 1945 à nos jours Le , le RAMa s’installe au quartier Pajol à Melun.
1956-1962 : Un détachement du régiment participe aux opérations en Algérie.
1977 : Le régiment quitte Melun pour la nouvelle garnison au quartier Picard à Montlhéry. Il y est stationné avec deux autres régiments, le RMT et le 121 RT. Ses 5 batteries de combat sont équipées de 155 AuF1. Les batteries partent régulièrement en "tournante" à l'étranger (Djibouti etc) pour de longs mois loin de leurs foyers, précédée par les précurseurs qui préparent la logistique.
1993 : Le , le régiment prend ses nouveaux quartiers à Laon Couvron, une ancienne base aérienne.
1993-1996 : Le RAMa envoie des détachements en Bosnie-Herzégovine, au sein de la force de réaction rapide (bombardement des batteries serbes du mont Igman) durant le bombardement de la Bosnie-Herzégovine par l'OTAN en 1995 ou de l'IFOR, chargée de faire respecter les accords de Dayton. Le , le régiment est affecté en garnison au quartier Mangin à Laon-Couvron.
2009 : Il perçoit le premier canon CAESAR le . Ce canon remplace l'AMX AuF1 en service depuis . Le , il quitte la blindée après et intègre la mécanisée.
2012 : Le , le régiment prend ses nouveaux quartiers à Châlons-en-Champagne où il relève le RA dissout. Il en hérite l'ancienne batterie sol/air (150 bigors), baptisée à Bazeilles début juillet.
2015 : Le , le RAMa est dissous. La cérémonie de dissolutionla cérémonie de dissolution est présidée par le chef d'état-major de l'Armée de terre, le général d'armée Jean-Pierre Bosser, en présence des anciens chefs de corps du régiment et du chef de corps du RAMa, le colonel Malod.
2019 : Le , la garde de l'étendard du RAMa a été confiée au centre de formation initiale des militaires du rang de la brigade d'infanterie de marine, implanté à Coëtquidan..
Le , le CFIM - RAMa change d'appellation et devient le groupement d'instruction des troupes de marine ( GITdM). Il conserve l'emblème et les traditions du régiment d'artillerie de marineDÉCISION N° 504443/ARM/EMAT/SCPS/BORG portant changement d'appellation du centre de formation initiale des militaires du rang de la 9e brigade d'infanterie de marine - 1er régiment d'artillerie de marine. Du 11 juin 2025..
Traditions
Fête des troupes de marine Elle est célébrée à l'occasion de l'anniversaire des combats de Bazeilles. Ce village a été 4 fois repris et abandonné sur ordres, les et le .
Musée La Maison de la dernière cartouche de Bazeilles, à la sortie est de Sedan, est un musée consacré à ce fameux combat où les soldats de la coloniale ont résisté jusqu'à ne plus avoir de cartouches malgré les blessés et les morts
"Et au Nom de Dieu, vive la coloniale ! Les Marsouins et les Bigors (surnoms respectifs des soldats de l'infanterie et de l'artillerie de marine) ont pour saint-patron Dieu lui-même. Ce cri de guerre termine les cérémonies intimes qui font partie de la vie des régiments de troupes de marine. Son origine est une action de grâce du Révérend Père Charles de Foucauld, missionnaire, voyant arriver à son secours les unités coloniales un jour où il était en difficulté avec une tribu locale.
Chants et traditions Lors des repas extraordinaires et régulièrement lors des manœuvres, le répertoire des bigors étaient repris par tous. On y trouve nombre de chansons paillardes mais aussi des chants de cohésion et d'autres plus mélancoliques rappelant les différents théâtres d'opération et la vie particulière de ces coloniaux qui passaient autant de temps loin de la mère patrie, des leurs et de leur foyer quand ils en avaient un . On notera l'"hymne de l'infanterie de Marine" officiel, mais aussi "L'Artillerie de marine". dans la catégorie grivoise, et dans la catégorie souvenirs, "Marie Dominique". et "Opium"..
Insigne L’insigne du régiment () est une ancre de marine, un canon posé horizontalement dessus, sur le fond un losange couleur rouge posé sur un écusson de couleur bleu, le contour de couleur or, en haut de chaque côté se trouve une croix de lorraine. Il s'inspire très largement de l'insigne créé par le colonel Laurent-Champrosay pour le RA FFL. Ce colonel était honoré sur le camp de Linas-Montlhery dont un des quartiers portait son nom.
Devise Sur leur coiffe, les bombardiers portaient leur devise qui est restée celle du régiment :
"Alter post fulmina terror" ("L'autre terreur après la foudre").
Faits d'armes et inscriptions sur l'étendard