vignette|Hoplites grecs sur une amphore attique à figures noires, vers 570-565 , musée du Louvre.
Des comportements homosexuels sont observés dans les armées en Grèce antique. Il s'agit d'un aspect important de la culture guerrière de cette civilisation, allant d'un élément essentiel de la vie militaire à une pratique acceptée par certains soldats. L'exemple le plus célébre est la Bataillon sacré de Thèbes, une unité d'élite composée de couples d'hommes. La tradition spartiate d'héroïsme militaire peut également s'expliquer par des liens émotionnels forts issus de relations homosexuelles : plusieurs sources grecques antiques rapportent des actes de courage au combat, interprétés comme motivés par des liens homoérotiques.
Discours philosophiques Dans Le Banquet de Platon, l'un des interlocuteurs commente le fait que les relations sexuelles entre hommes améliorent le courage dans le domaine militairePlaton, Le Banquet, 178e–179a..
Xénophon, sans critiquer les relations amoureuses qui se sont créées entre soldats, se moque de ceux qui en ont fait la seule base de leur formation militaire et fait notamment référence à Sparte, Thèbes et ÉlisXénophon, Le Banquet, 8, 34–5.. Néanmoins, Xénophon est favorable à l'idée selon laquelle les relations pédérastiques dans l'armée contribuent au courage des soldats, car il estime que les éromènes auraient particulièrement honte si leurs érastes apprennent qu'ils se sont comportés comme des lâches durant la bataille.
Aspects sociaux vignette|redresse=0.9|Épaminondas défendant Pélopidas lors de la bataille de Mantinée.
En Grèce antique, les relations homosexuelles au sein des armées sont généralement considérées comme positives en contribuant au moral des troupesVictor Davis Hanson, The Western Way of War: Infantry Battle in Classical Greece, University of California Press, 1994,-2009, ..
Selon une ancienne tradition, les unités militaires grecques sont structurées en tribus, une pratique déjà attribuée à Nestor dans les poèmes homériques. On suppose que c'est le commandant thébain Pammène qui a affirmé par la suite que l'organisation militaire est basée sur des couples d'amoureux : « Une armée cimentée par une amitié fondée sur l'amour ne peut jamais être vaincue »Plutarque, Pélopidas 18, 2K.J. Dover, dans Greek Homosexuality, Harvard University Press, 1978-1989, ; Louis Crompton, Homosexuality and Civilization, Harvard University Press, 2003, .. Un exemple de ce système, raconté par Plutarque dans un dialogue, semble avoir eu lieu lors de la guerre lélantine (vers 710-650 . entre Chalcis et Érétrie : les Chalcidiens demandent l'aide d'un guerrier originaire de Pharsale nommé Cléomaque. Ce dernier leur répond favorablement et amène son amant avec lui. C'est grâce à sa précieuse contribution que Chalcis obtient la victoire contre leurs adversaires et mettent fin à cette longue guerre. Cependant, Cléomaque ne survit pas à ses blessures et les Chalcidiens érigent son tombeau sur leur agora en sa mémoire. Aristote attribue à l'événement une chanson populaire locale : « Dans la ville de Chalcis, l'amour vit côte à côte avec le courage »Aristote, Eroticus fr. 98 Rose ; Plutarque, Dialogue sur l'amour, 760f..
À l'époque classique, la cité de Thèbes dispose d'une unité similaire comme noyau de toute leur armée : le Bataillon sacré, créé en 378 , par Épaminondas ou Gorgidas. Ce corps d'élite participe à faire de Thèbes la plus puissante des cités-États de la Grèce après sa victoire décisive à la bataille de Leuctres contre Sparte en 371 Le Bataillon sacré est décimé à la bataille de Chéronée en 338 par l'armée macédonienne commandée par Philippe II. Le roi de Macédoine est tellement impressionné par leur courage manifesté au combat qu'il souhaite immédiatement ériger un monument sur le site même où s'est déroulée la bataillePlutarque, Pélopidas, 18, 4.. Selon PlutarquePlutarque, Dialogue sur l'amour, 17., Épaminondas a deux amants, dont l'un est mort à ses côtés à la bataille de Mantinée en 362 ; ils sont enterrés ensemble, ce qui est habituellement réservé dans la société grecque aux seuls époux.
L'importance de ces relations au cours de la jeunesse de la formation militaire des soldats n'est cependant pas sans controverse. En effet, selon Xénophon, les Spartiates abhorrent en fait l'idée d'utiliser leurs relations amoureuses personnelles entre camarades de caserne comme seule base pour la formation de leurs unités militaires, car de cette manière, une importance excessive aurait été accordée à la sexualité au détriment du talent. Lycurgue, le législateur légendaire que la tradition considère comme le créateur de la Grande Rhêtra, attaque la concupiscence dérivant de la beauté physique, la considérant indigne d'un authentique citoyen. Néanmoins, la pratique consistant à déterminer la formation des unités militaires sur la base des relations de couple a toujours connu un certain succèsXénophon, Constitution des Lacédémoniens, 10, 3–4..
Notes et références
Sources antiques
, Pélopidas.
Xénophon, Le Banquet (Xénophon).
Bibliographie
Articles connexes Bataillon sacré Bisexualité dans la Grèce antique Homosexualité dans l'Antiquité Homosexualité dans la Grèce antique Pédérastie
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