Une mine terrestre est une charge explosive conçue et placée de façon à être déclenchée, par l'action involontaire de l'ennemi, au passage de personnes (mine antipersonnel) ou de véhicules (mine antichar ou mine antivéhicule).

vignette|redresse|En exercice, démineur de la compagnie de génie de la de Légion étrangère à Djibouti en 2005 vignette|Mines antipersonnel conçues par la société italienne Valsella Meccanotecnica. Celle du centre est une Valmara 69, celle à gauche un VS-50. vignette|Militaires de l'armée de terre américaine en camouflage M81 Woodland s'entraînant à la pose de mines antichars vignette|Au Viêt Nam, on continuera longtemps à trouver des munitions non explosées vignette|Désamorçage de mines antipersonnel d'origine russe en Irak en 2003 vignette|Signalisation de mines en Croatie vignette|Mine terrestre antichars et antivéhicules de la guerre mondiale vignette|Exemple de mine contemporaine antichars et antivéhicules d'origine italienne, modèle VS-2.2, en Irak, en septembre 2004 vignette|La Claymore est une mine à fragmentation directionnelle. Placée sur des piquets, elle se déclenche au moyen d'une dynamo manuelle ou d'un fil-piège. Histoire Le concept de base qui est à l'origine de la mine est apparu plusieurs fois sous différentes formes au cours de l'histoire. Certaines sources rapportent que Zhuge Liang du royaume de Shu invente une sorte de mine au . L'armée romaine creusait des chausse-trappes, qui prenaient la forme de trous de la taille d'un pied, munis d'un pieu acéré au fond et camouflés. Au Moyen Âge, les pieds de corbeau, consistant en un petit dispositif doté de quatre pointes acérées, pouvaient être dispersés sur le sol pour ralentir l'avancée de l'ennemi. Ce concept connaît son pendant civil avec les nombreux pièges qui furent utilisés pour la chasse ou pour se débarrasser des nuisibles.

Aux alentours du et du , l'arsenal des armées de la dynastie Ming commença à produire des mines modernes primitives contenant de la poudre noire dans des pots en pierre, en céramique ou en fer.

En 1573, à Augsbourg, l'ingénieur militaire Samuel Zimmermann inventa une mine très efficace nommée Fladdermine. Il s'agissait d'une fougasse qui était activée par une platine à silex reliée à un fil tendu à la surface. La fougasse était remplie d'obus de mortier explosifs ressemblant à de grosses grenades à poudre noire. Lorsqu'elle était déclenchée, la Fladdermine projetait les obus de mortier qui explosaient alentour en saturant la zone de shrapnel. Le dispositif était redoutable contre les attaques de masse mais requérait une maintenance importante en raison du risque pour la poudre noire de prendre l'humidité. Elle fut ainsi essentiellement utilisée pour la défense des fortifications importantes, jusqu'aux années 1870.

En Europe, au début du , des mines improvisées et des pièges étaient mis en œuvre sous la forme de bombes enterrées, affleurant à la surface et couvertes de bouts de métal et/ou de gravier pour faire office de shrapnel. Ces dispositifs étaient connus sous le nom de fougasse française, ce terme est parfois encore utilisé de nos jours pour désigner des dispositifs équivalents. Cette technique fut employée dans plusieurs guerres européennes du , au cours de la Révolution américaine et de la guerre de Sécession.

La première mine antipersonnel hautement explosive et dotée d'un détonateur mécanique moderne fut employée par les troupes confédérées du brigadier général Gabriel J. Raines au cours de la bataille de Yorktown en Virginie en 1862Alexandre Jubelin, Stéphane Audrand, Isabelle Dufour, « L’éternel retour des mines », Le Collimateur, Le Rubicon, 22 avril 2025 écouter en ligne., de façon similaire à son emploi en 1840 des pièges explosifs durant les guerres contre les Séminoles en Floride. Ces « torpilles terrestres » à déclenchement mécanique et électrique furent employées, bien qu'à la fin de la guerre les détonateurs mécaniques aient montré une meilleure fiabilité. Nombre de ces dispositifs furent improvisés sur le terrain, notamment en ce qui concerne la charge explosive, mais à la fin de la guerre, presque répondant à la conception de Raines avaient été déployés.

Durant la guerre de Crimée, les Russes créent des « petites machines infernales destinées à éclater sous les pieds de nos soldats » [français]Pierre de la Gorce, Histoire du Second Empire, Paris, Plon, 1894, volume I, page 397..

Des mines améliorées furent créées pour l'Empire allemand vers 1912 puis furent copiées et produites par tous les principaux participants à la Première Guerre mondiale. Au cours de ce conflit, les mines terrestres furent notablement utilisées au début de la bataille de Passchendaele. Bien avant la fin de la guerre, les Britanniques produisaient des mines à gaz de combat à la place des explosifs. De telles mines furent produites par l'URSS jusque dans les années 1980. On sait que les États-Unis ont au moins expérimenté le concept durant les années 1950.

Les Allemands mirent au point une bombe bondissante, la mine-S, qui sera utilisée pendant la Seconde Guerre mondiale, une conception toujours actuelle. Elle permet de projeter la charge au-dessus du sol pour assurer une dispersion plus efficace du shrapnel. Durant ce conflit, les mines ont été responsables de 5 % des pertes militaires.

Des mines à charge nucléaire ont été développées durant la guerre froide, en version navale et terrestre, comme la mine britannique Blue Peacock (le paon bleu) ou la Medium Atomic Demolition Munition (Munition moyenne atomique de démolition).

Pendant la guerre du Viêt Nam, l'aviation américaine était incapable de repérer les convois de ravitaillement circulant derrière la frontière cambodgienne, en raison du couvert offert par le feuillage de la forêt. Des mines antivéhicules spécifiques furent mises en œuvre. Il s'agissait de bombes à fragmentation dont le détonateur magnétique réagissait à la masse métallique des camions, elles s'abîmaient en forêt dans les zones où les camions transitaient et se déclenchaient au passage des convois. Leur efficacité fut redoutable dans un premier temps mais les convois furent bientôt précédés d'un camion portant un puissant électro-aimant apte à déclencher prématurément ces mines. Le Viêt Nam vit aussi l'apparition de la claymore, qui envoie des shrapnels à une vitesse phénoménale sur un angle de 120°. Les mines et pièges explosifs sont responsables d'un tiers des pertes du United States Marine Corps durant cette guerre..

Champs de mines notables Plusieurs pays ont installé des champs de mines pour protéger leur frontière. Par exemple, le long de la frontière entre la république populaire de Chine et le Viêt Nam, au moins ont été posées par l'Armée populaire de libération dans la province du Yunnan et la région autonome Zhuang du Guangxi à partir de la fin des années 1980. Elles ont formé un total de de mines de différentes tailles d'une superficie de .. Les opérations de déminage lancées à partir de 1992 sont encore en cours en 2018..

Véhicules poseurs de mines/de minage thumb|Véhicule de minage M548 Skorpion allemand thumb|Véhicule de minage Type 94 amphibie de l'armée japonaise thumb|Alvis shielder britannique Un véhicule de minage/poseur de mines permet de projeter un champ de mines en peu de temps, les versions en véhicules amphibies permettent d'en poser sur les plages pour empêcher ou retarder un débarquement.

Dommages causés par les mines Une étudeJean-Pierre Steinhofer : « Irak : les pertes de la Coalition par EEI », le Casoar janvier 2007. montre que durant la guerre d'Irak, de à , sur de la coalition militaire en Irak, ont été causés par des engins explosifs improvisés, soit 41 %. C’est-à-dire plus que dans les combats « classiques » (, soit 34 %).

En 2009, ces engins ont tué afghans et 275 des de la coalition ayant trouvé la mort durant la guerre d'Afghanistan , Général Michel Masson, 21 janvier 2010, Centre français de recherche sur le renseignement..

D'après l'Observatoire des mines antipersonnel, en 2015, sont mortes victimes des mines ou de restes d'explosifs, alors qu'elles n'étaient que de cette origine en 2014. Ainsi en 2015, sont mortes liées à cette cause en Afghanistan, en Libye, au Yémen, en Syrie et en Ukraine. 78 % des victimes sont des civils. Une des raisons de cette augmentation est liée au développement de mines artisanales, posées par des organisations de guérillas ou terroristes qui ne sont pas liées par les accords internationauxLe nombre de victimes des mines a augmenté de 75 % entre 2014 et 2015, Manon Siret, Le Monde, 23 novembre 2016..

Caractéristiques Typologie Il existe différents types de mines :

mine antichar : visant à la destruction de véhicules - mine antichar 60, 88 mine antipersonnelle : cherchant à mettre un ennemi hors de combat, en le tuant ou, de préférence, en le blessant (un blessé mobilisant au moins une personne pour le secourir) - M18A1 Claymore Mine marine : visant à couler ou endommager les bâtiments de surface et les sous-marins ennemis ou pour bloquer l'accès à une zone maritime Mine d'attaque par le dessus : visant à déjouer les systèmes de protection active des véhicules blindés et toucher leur partie la moins blindée - PTKM-1R, M93 Frelon, POM-3 Engin explosif improvisé : remplit le même rôle qu'une mine antichar ou antipersonnel mais est fabriqué de manière artisanale avec en général une majorité de composants non militaires.

Autres Mine bondissante : elles sont désignées comme des mines antipersonnel mais elles se démarquent quand même des mines AP classique par son fonctionnement. Lorsque l'engin détecte une cible elle bondit de et explose au niveau de la partie supérieure du corps. La mine-S a été utilisé de manière intensive par les Allemands pendant la Seconde guerre mondiale et la majorité des grandes puissances ont développé leurs versions de la mine. Bombe anti-piste et à sous munitions : Plusieurs pays ont développé des bombes dites « anti-piste », mais qui sont en général des bombes à sous munitions délivrées par voie aérienne, capable de larguer des mines : Système d'attaque d'aérodrome à basse altitude LAAS : Le Royaume-Uni a développé en 1977 la bombe à sous munition JP223 délivrée par voie aérienne. Elle largue 30 bombinettes SG-357 mais surtout 215 mines antipersonnel HB-876 sont dispersés sur une large zone lors du bombardement. Sa mission principale est d'endommager et retarder la réparation des aéroports ennemis... BLG 66 Belouga : Développé par Matra en 1979 KMGU : Développé en URSS elle est capable de délivrer entre 100 et 150 mines antipersonnel ou antichar

Le minage défensif vise la protection de zones sensibles. Il peut rendre impossible ou hasardeuse l'exploitation agricole des terrains minés et cet usage est interdit par les conventions internationales selon le droit des conflits armés.

Mise en œuvre Les mines terrestres sont des armes qui ont initialement été placées manuellement sur le terrain. Elles sont généralement camouflées et placées sur des zones tactiquement intéressantes.

Il existe des semeurs de mines aériens. Il s'agit de conteneurs embarqués sur des avions ou des hélicoptères qui permettent de disperser des milliers de mines (en général antipersonnel) sur une large zone en quelques secondes.

Il existe aussi dans la nomenclature internationale, des bombes à sous-munitions (BASM) produisant des effets proches des mines antipersonnel. Il s'agit de containers d'explosifs, souvent largués par voie aérienne, censés avoir un effet immédiat. De fait, une proportion non négligeable des sous-munitions contenues, dispersées sur plusieurs hectares, n'explosent pas au moment de leur impact (de 5 % à 30 % d'un contenu d'un millier de petites bombes par conteneur), et restent déclenchables ultérieurement dans les mêmes conditions que les mines antipersonnel..

Composition