Molière, le spectacle musical aussi connu sous le titre de Molière, l'opéra urbain est un spectacle musical de Dove Attia, dont la première représentation a lieu le au Dôme de Paris - Palais des Sports de Paris, avant une tournée en France, en Belgique et en Suisse. Argument

1642. Jeune homme passionné et talentueux, Jean-Baptiste Poquelin décide de renoncer à sa charge de Tapissier du Roi pour se consacrer au théâtre. Contre l'avis de son père, il va se donner corps et âme à sa passion.

Meneur de troupe hors pairs, homme d'affaires accompli autant minutieux qu'innovant, polémiste habile et fin salonnier, fidèle observateur et commentateur de mœurs inimitable, dramaturge à la plume unique, metteur en scène et comédien singulier prisé par ses pairs comme les spectateurs… Jean-Baptiste cultive bien des talents.

Aux côtés de la famille Béjart, il va fonder sa troupe légendaire (aujourd'hui toujours active via la Comédie Française) et lancer l'Illustre Théâtre avant de devenir l'un des dramaturges majeurs du en révolutionnant l'art de la comédie de mœurs et en lançant la comédie-ballet.

Malgré les déboires financiers puis amoureux, les mesquineries de ses rivaux, la pression des dévots, les événements politiques du Grand Siècle, les caprices des puissants et les chagrins de la vie, ses comédies vont marquer le public et laisser une marque indélébile dans l'Histoire.

Lui-même passera à la postérité sous le nom de Molière.

Synopsis

Acte I

Le spectacle s’ouvre sur les crieurs publics présents dans la salle, lesquels haranguent les spectateurs. Ils posent le cadre. L’histoire débute en 1643. Le roi Louis XIII vient de mourir. Son héritier, Louis XIV, n’est encore qu’un enfant. Anne d'Autriche, la mère du petit, devient régente du royaume de France. La présence du Cardinal Mazarin, chargé de l’éducation du futur souverain, suscite bien des tensions. C’est dans ce contexte troublé que le sort de Jean-Baptiste Poquelin, vingt ans, est sur le point de basculer (Prologue).

Son père, Jean Poquelin, arrive sur scène. Il cherche en vain son fils. Il croise les acteurs Joseph et Louis Béjart, qu’il repousse froidement : il considère leur sœur, la comédienne Madeleine Béjart, comme l’unique responsable de la déchéance morale de son rejeton (Le père cherche son fils).

Jean-Baptiste n’entend pas reprendre la charge de tapissier du roi que son père veut lui léguer. Depuis la mort de sa mère, il n’a retrouvé goût à la vie qu’en arpentant les rues de Paris aux côtés de son grand-père, où il a notamment découvert la commedia dell'arte et le spectacle de rue. Le théâtre est sa raison d’exister, d’autant qu’il s’est épris de la belle Madeleine (Molière se confie / Je m'appelle Jean-Baptiste).

Jean Poquelin et ses amis tentent de ramener Jean-Baptiste à la raison en lui rappelant que les comédiens ne peuvent exercer des professions honorables et, pire encore, sont excommuniés (L'accusation).

Mais rien n’y fait et Jean-Baptiste suit les Béjart. Il s’engage alors dans leur compagnie sous le nom de Molière. Déterminée et habile, Madeleine initie l’Illustre Théâtre ; elle pousse Jean-Baptiste, naïf et éperdument amoureux d’elle, à se porter garant. Or, l’entreprise se révèle un fiasco et ne peut tenir la comparaison ni avec le Théâtre du Marais représenté par Floridor ni avec le Théâtre de Bourgogne porté par Montfleury (L'Illustre Théâtre).

La troupe ne peut bientôt plus honorer ses frais et se retrouve endettée. Les créanciers se présentent à l’Illustre Théâtre et saisissent Molière qui, s’étant porté garant, est condamné à la prison. Impuissants et rongés par la culpabilité, les Béjart assistent à l’arrestation de Jean-Baptiste (Chant des créanciers). Au désespoir, le jeune homme comprend qu’il a été utilisé par Madeleine. Malgré tout, il reste profondément amoureux de la comédienne et rêve encore d’un avenir avec elle (Molière en prison / T'aimer est une galère).

Contre toutes attentes, c’est Jean Poquelin paie la caution et fait sortir son fils de la geôle. Il refuse toutefois d’adresser un mot à ce dernier. Madeleine, soulagée de le voir libre, se jette au cou de Jean-Baptiste ; ils s’embrassent fougueusement. Une ébauche de relation, fragile mais passionnée, se noue entre eux (Molière libéré).

Hélas, l’aide de Poquelin ne suffit pas à sauver leur entreprise. Les dettes sonnent le glas de l’Illustre Théâtre ; la troupe se retrouve à la rue, désabusée et sans le sou. Une seule solution : quitter Paris pour la province, en quête d’un mécène. L’acteur Charles Dufresne sollicite justement Madeleine qu’il souhaite voir intégrer sa troupe. Dufresne est sous la protection du Duc d’Épernon, puissant gascon et gouverneur de Guyenne (Fin de l'Illustre Théâtre).

Seule Madeleine quitte la capitale à regret. Lorsque Molière, interloqué, lui demande pourquoi, la jeune femme confesse ses secrets. Elle a un amant de longue date dont elle reste farouchement éprise, Esprit de Rémond, un homme noble déjà marié. De leur liaison est née une petite fille, Armande. Madeleine ne peut assurer son éducation sur les routes et doit donc remettre la fillette âgée de trois ans à une dame en mesure de l’élever. Madeleine est soutenue par ses frères, lesquels rappellent à Molière le seul crime de leur sœur : « elle a choisi de se moquer de ce que les gens d’elle diraient ; connaître l’ivresse de la vie [et] aimer au gré de ses envies ». La jeune femme confie à Louis le baluchon contenant les affaires d’Armande et lui demande de le remettre à l’enfant – elle n’a pas la force de lui faire ses adieux. D’abord stupéfait, Molière décide de ne pas tenir compte des deux grands amours de Madeleine. Il l’enlace et la réconforte, lui signifiant tacitement que son passé n’a aucune importance (Madeleine confie son passé à Jean-Baptiste / L'ivresse de la vie).

La bande se met en route pour rejoindre la Guyenne, ce qui prend des années (La danse des bagages / Début de tournée). Sur l’insistance de Madeleine, Dufresne autorise la troupe au complet à passer une audition devant le Duc d’Épernon. Ce dernier n’a aucune réaction à la fin de la représentation mais finit par accorder sa protection à la troupe lorsque Molière flatte habilement son ego. Ils sont choyés, nourris et blanchis. Catherine de Brie et Gros-René font désormais partie de la joyeuse bande (Chez le Duc D'Épernon).

Molière, de son côté, est inquiet pour son père. À Paris, la révolte gronde et on se soulève contre le Cardinal Mazarin. La Fronde déchire la France. Le Prince Armand de Conti, cousin du jeune Louis XIV, bataille sans trêve. Le prince, impétueux et décidé, rejette froidement les supplications de son conseiller Daniel de Cosnac et jure la perte de Mazarin. Le Duc D'Épernon n’échappe pas à ces bouleversements et est congédié par Mazarin : la troupe se retrouve une fois encore sans protecteur (La Fronde).

Molière et son père échangent une longue correspondance mais s'avèrent incapables de se comprendre. Jean Poquelin s’inquiète pour son fils. Ce dernier a beau lui jurer qu’il court de succès en succès, il refuse d’y voir autre chose que de l’aveuglement et prédit la chute de son enfant. Molière, pour sa part, lui reproche de ne jamais l’avoir écouté ni compris. Le jeune comédien commence à rédiger ses propres pièces dans le plus grand secret (Lettres entre Molière et son père / Demander Pardon).

Désabusé par ses revers, Molière ne se sent pas à sa place (Rêver j'en ai l'habitude – version acoustique).

La troupe se tourne vers Charles Dufresne pour décider de son sort mais le comédien vieillissant ne se sent plus la force de diriger. Il demande à Madeleine de lui succéder. Honorée, cette dernière doit pourtant refuser : les femmes suscitent la défiance et la choisir serait imprudent. Elle désigne Molière à sa place. Ébahi, Jean-Baptiste refuse, arguant qu’il n’a pas encore la trentaine et a besoin de temps. À cet instant une splendide acrobate, Thérèse de Gorla, se présente à eux. Elle veut changer de vie et devenir comédienne. Molière, Gros-René et Louis Béjart tombent instantanément sous son charme. Pour que Thérèse puisse intégrer leurs rangs, Jean-Baptiste accepte de diriger la troupe et la baptise Marquise. Soupçonnant l’ombre que la belle pourrait lui faire auprès de Molière, Madeleine exige que Thérèse se marie pour intégrer la bande. Marquise demande à ses prétendants, Gros-René et Louis, comment chacun s’y prendrait pour la séduire. Après que Gros-René ait gaffé, elle se tourne vers Louis mais ce dernier, désarçonné, bredouille : (une tirade que Molière reprendra dans Le Bourgeois gentilhomme). Marquise est visiblement touchée par la maladresse de Louis mais Madeleine pose son veto et la pousse à épouser sur-le-champ Gros-René. Louis en veut à sa sœur mais Madeleine reste persuadée que son cadet est trop sensible pour s’amouracher d’une actrice. Molière taquine Madeleine sur sa jalousie puis lui demande si elle l’aimera un jour autant qu’Esprit de Rémond, ce qu’elle réfute : elle l’aime, oui, mais différemment (Marquise intègre la troupe / Molière chef de troupe).

À Paris, la Fronde s’achève. Sur l’impulsion de Cosnac, Conti consent à déposer les armes. Le jeune prince est humilié par Mazarin : le Cardinal l’assigne à résidence, au Château de la Grange des Prés. Armand est outré par cette décision, il accuse de Cosnac de ses déboires (La fin de la Fronde).

Au Château de la Grange des Prés, Armand passe le temps en se laissant aller aux excès et à la débauche. Il a pour compagnie sa maîtresse, la belle Madame de Calvimont, une femme sotte et mariée. Madame de Calvimont s’ennuie à mourir et suggère que des comédiens viennent sur place afin de la divertir. Pour calmer ce petit monde, de Cosnac suggère d’embaucher Molière et sa troupe dont il a entendu le plus grand bien (Chez Conti).

C’est le début du succès pour Molière et de quatre années de sérénité, au grand désespoir de son père : Jean Poquelin comprend que son fils ne reviendra pas pour lui succéder. Jean-Baptiste passe son temps libre dans les villages alentours, où il « observe les gens et étudie leurs comportements ». Lorsque la troupe a épuisé les livrets à sa disposition, Molière confie à Madeleine qu’il a écrit sa première pièce, baptisée L'Étourdi ou les Contretemps. Malgré les doutes de Molière, elle met toute la troupe au courant et, avec joie, les acteurs commencent à répéter (La vie heureuse chez le Prince de Conti / La belle vie sous Conti).

Molière se montre très intransigeant durant les répétitions. Ensemble, la troupe parvient à donner le meilleur et la pièce s’annonce comme un succès. Il subsiste néanmoins quelques tensions, la beauté de Marquise suscitant la jalousie de Catherine et la convoitise de Conti. Molière commence à se détourner de Madeleine, ne supportant plus d’être éternellement second dans son cœur (Le secret de Molière).

Le prince, pour sa part, devient maussade et ne parvient à atténuer son vague à l’âme qu’en multipliant les orgies. Mais ses vices finissent par lui coûter cher : il tombe gravement malade (Conti dans la luxure).

Molière se rend au chevet de son protecteur et voit, horrifié, les médecins prêts à lui administrer la saignée. Il met en garde Conti contre la médecine qu’il a en horreur, jugeant les docteurs responsables du trépas de sa mère. Armand, terrifié par la mort et la damnation, est totalement perdu. L'évêque d’Alet se rend auprès de lui. Sous son influence, Armand débute sa rédemption. Il répudie Madame de Calvimont puis se plie à la pénitence et aux mortifications. Molière cherche à lui faire entendre raison, arguant que Dieu ne peut exiger la « torture de l’âme et du corps ». Le dramaturge s’en prend ouvertement à l’évêque d’Alet, le traitant de tartuffe. Son imprudence se retourne contre lui : traité d’apostat, il est durement rejeté par Conti, lequel retire sa protection à toute la troupe et la congédie (Conti se convertit).