La bataille de Djebel Sidi Aïch oppose, du au ., un groupe de fellagas dirigé par Lazhar Chraïti aux troupes françaises, entre le djebel Nador, dans la délégation de Majel Bel Abbès, et le djebel Sidi Aïch, dans le gouvernorat de Gafsa. Assiégés par des forces très supérieures, les maquisards résistent trois jours.
L'épisode compte parmi les derniers de la résistance armée du mouvement national tunisien : Chraïti annonce quelques jours plus tard, le , l'arrêt des hostilités pour faciliter les négociations ouvertes après le discours de Carthage de Pierre Mendès France, et le dépôt général des armes intervient au début de ..
Contexte Lazhar Chraïti, mineur à Mdhilla, part en 1947-1948 combattre en Palestine, d'où il revient après l'armistice pour devenir l'un des principaux chefs fellagas de la région de Gafsa.. À partir de , la répression du protectorat français déclenche une résistance armée de type guérilla, faite d'embuscades et de harcèlement, les maquisards évitant les batailles rangées face à une armée bien mieux équipée.. Le discours de Carthage de Pierre Mendès France, le , ouvre la voie à l'autonomie interne et à des négociations qui conduiront au dépôt des armes.
Déroulement Près de Sidi Aïch, dans le djebel Nador, les troupes françaises — dont une partie revient de la guerre d'Indochine — assiègent environ 80 fellagas commandés par Lazhar Chraïti. Connaissant le terrain, ces derniers tiennent des positions défensives qui ralentissent la progression française.. D'autres groupes rebelles viennent en renfort, et l'affrontement se déplace vers le djebel Sidi Aïch, où des fellagas algériens se joignent aux Tunisiens. Selon les sources tunisiennes, l'armée française engage blindés, artillerie et aviation, avec recours au napalm.
Les récits commémoratifs tunisiens avancent 500 combattants fellagas face à français et évoquent de lourdes pertes françaises (jusqu'à 500 morts)..
Portée politique L'opération intervient dans un moment de division du mouvement national. Les partisans du compromis avec Mendès France, autour d'Habib Bourguiba, président du Néo-Destour, soutiennent l'arrêt des hostilités, tandis que le secrétaire général Salah Ben Youssef juge l'offre d'autonomie interne comme — désaccord qui débouche en 1955 sur la scission entre bourguibistes et yousséfistes. Interrogé le , Chraïti déclare avoir ordonné à ses groupes de ne pas attaquer et affirme vouloir en vue du dépôt des armes.
Conséquences Militairement indécise, la bataille précède de peu la fin de la résistance armée : Chraïti signifie par écrit le son ralliement au cessez-le-feu, et les redditions de masse débutent au début de . L'épisode reste célébré dans la mémoire nationale tunisienne comme un fait d'armes de la lutte pour l'indépendance..
Notes et références
Bibliographie . .
Articles connexes Sassi Lassoued Anticolonialisme
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