Madeleine Moret, née à Lausanne le et morte dans cette même ville le , est une pionnière de la télégraphie en Suisse et une mécène.
Biographie
Origines et famille Fille d’Édouard Moret, notaire, et de de Marguerite, née Paquier, Madeleine est issue d’une famille bourgeoise possédant plusieurs maisons et terrains dans la campagne vaudoise, à Denges, Clarmont et Reverolle. Elle grandit dans la maison familiale dite Le Curtil, à l’avenue Églantine à Lausanne.
Son oncle et parrain, Charles Schnetzler (1867-1951) est pasteur à Oron, historien, notamment de Charles Monnard, et très actif au sein de la Société vaudoise d’histoire et d’archéologie. Sa grand-mère Marie Paquier née Piccard (1842-1898) est la sœur du chimiste (1840-1933) et tante d’Auguste Piccard, lui-même père de Jacques Piccard.
Études et parcours professionnel Après sa scolarité à l’École Vinet (Gymnase et École supérieure de jeunes filles), elle s’intéresse aux sciences techniques. Rapidement, elle se passionne pour les émetteurs radio et la télécommunication et devient pionnière en ce domaine. En 1927, elle est en Suisse la première femme à obtenir le brevet de télégraphiste. Ce diplôme lui donne « le droit de posséder un poste d’émission télégraphique, à faire soi-même des émissions et à correspondre avec les divers postes émetteurs existants ». Puis en 1930, après un nouvel examen et un stage de six mois à la station du Champ-de-l’Air et à la Blécherette, elle gagne un diplôme supérieur l’autorisant à fonctionner comme radiotélégraphiste sur les places d’aviation, dans le service météorologique ou sur un navire.
Par la suite, on ne sait pas grand-chose de sa carrière. Célibataire, elle ne quitte pas la maison familiale à Lausanne. Son père meurt en 1951 et sa mère en 1956, à 90 ans.
Distinction En 1960, la commune de Denges décerne à Madeleine Moret la bourgeoisie d’honneur, en reconnaissance de la générosité qu’elle montra à ce village à diverses reprises, notamment en donnant une parcelle de terrain pour la construction d’une égliseArchives Madeleine Moret, Maison de la Femme, Lausanne. Ce lieu de culte est effectivement construit en 1971-1973.
Fin de vie et legs Madeleine Moret vit dès lors en solitaire, et, à la fin de sa vie, peinant à gérer ses affaires, elles est mise sous tutelle. Elle s’éteint le , ayant laissé à l’abandon « son jardin envahi d’herbes folles et de fleurs d’églantiers, et sa maison aux volets clos ».
Par testament, elle lègue à l’Union des Femmes de Lausanne la quasi-totalité de ses biens, ne laissant presque rien à sa famille. Selon les conditions de la légataire, ces biens doivent: .
Ainsi est inaugurée le la « Maison de la Femme », projet que la Fédération Vaudoise des Unions des Femmes caressait depuis 1948 déjà. Cette institution féministe est un lieu de conférences, de débats, et propose différents services de conseil ainsi qu'une permanence juridique. Elle abrite aussi la Bibliothèque des femmes Simone Chapuis-Bischof.
Bibliographie . Références
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