vignette|Le genre Lepidurus (illustration) est morphologiquement et génétiquement proche du genre Triops
Triops est un genre de crustacés d'eau douce faisant partie de l'ordre des Notostracés, de la classe des Branchiopodes. Ce sont des petits prédateurs très actifs des milieux aquatiques stagnants. Certaines espèces peuvent jouer un rôle important dans l'équilibre écologique de ces milieux via les équilibres prédateurs-proies qu'ils contribuent à entretenir en contrôlant les populations de daphnies ou de larves de moustiques par exemple. Ils sont caractéristiques des mares temporaires.
Phylogénie On les présente souvent au grand public comme des « fossiles vivants » ou espèces panchroniques car leur morphologie externe se rencontrait déjà chez d'autres espèces fossilisées il y a 220 millions d'années.
Ainsi Triops cancriformis est souvent présentéBosc, 1801. comme « l'une des espèces vivantes les plus anciennes » à cause de sa ressemblance avec des crustacés fossiles datés de la fin du PermienGand G, Garric J, Lapeyrie J. « Bioscenoses à triopsides (Crustacea, Branchiopoda) du Permien du bassin de Lodève (France) » Geobios. 1997;30:673–700. et du début du Trias Guthörl P. « » Abh Preuss Geol Landesanst. 1934;164:1–219 ; 1984. 8. Wallossek D. « The Upper Cambrian Rehbachiella and the phylogeny of Branchiopoda and Crustacea » Strata. 1993;32:1–202 Kelber KP. . Hallesches Jb Geowissenschaften Beiheft. 1998;5:85. Kelber KP. « Triops cancriformis (Crustacea, Notostraca): » : Hauschke N, Wilde V, editors. . München: Verlag Dr. Friedrich Pfeil; 1999. .. De même, Triops longicaudatus évoque des fossiles de la fin du CrétacéLe Conte, 1846. et d'autres fossiles trouvés dans des couches de roches du même âge ressemblent très fortement au genre Lepidurus existant Chernyschev BI. « » Akademiya Nauk Ukrainskoj SSR, Geologicheskij Zhurnal. 1940;7:5–43. Tasch P, editor. Branchiopoda. ; 1969. .. Toutefois une forte ressemblance avec des fossiles (dont les plus anciens datent du Carbonifère supérieur Voigt S, Hauschke N, Schneider JW. « ». . 2008;31:7–24.) ne signifie pas que leurs génomes soient identiques ni même proches, ni que ces espèces n'ont pas évolué depuis le Carbonifère.
Pour mieux comprendre les origines et caractères des Triops contemporains, leur génome fait l'objet d'études poussées Luchetti A, Mingazzini V, Mantovani B. « 28S (Branchiopoda, Notostraca) » . 2012 Jul;100(1):51-6. Epub 2012 May 1. (résumé) Mingazzini V, Luchetti A, Mantovani B., « R2 » (Edinb). 2011 Apr; 106(4):567-75. Epub 2010 Jul 14. (résumé) King JL, Hanner R., « » Mol Phylogenet Evol. 1998 Aug; 10(1):23-36. Certaines espèces contemporaines sont morphologiquement très proches de spécimens fossiles vieux de d'années, mais aucun indice moléculaire n'a à ce jour été trouvé dans le génome contemporain évoquant une radiation au (pré)Mésozoïque. Au contraire, les individus vivants semblent issus d'une radiation relativement récente (ère cénozoïque) Zierold T, Hanfling B, Gómez A., « Triops cancriformis » BMC Evol Biol. 2007 Sep 13; 7:161. Epub 2007 Sep 13.. La ressemblance de taxons actuels avec des fossiles résulterait donc de la conservation d'une morphologie générale très stable dans ce groupe et/ou d'une simple homoplasie.
Le genre Triops est phylogénétiquement proche du genre Lepidurus Vanschoenwinkel B, Pinceel T, Vanhove MP, Denis C, Jocque M, Timms BV, Brendonck L, « Notostraca » . 2012;7(4):e34998. .
Les études génétiques montrent des niveaux élevés de diversité cryptique. Elles ont aussi mis en évidence un lien biogéographique singulier entre l'Australie et l'Amérique du Nord, qui pourrait être lié aux migrations de la Barge rousse (Limosa lapponica), oiseau limicole proche des bécasses, qui semble avoir naturellement et depuis longtemps transporté des œufs vivants de triops de l'Alaska à l'Australie et/ou inversement.
Description vignette|Les trois yeux du triops D'une taille moyenne de mais pouvant atteindre jusqu'à chez certaines espèces, les Triops sont caractérisés par une tête en forme de fer à cheval.
Comme leur nom l'indique, ils sont dotés de trois yeux : « Triops » est composé du grec tri qui signifie « trois » et ops qui signifie « œil ». Les deux plus gros yeux remplissent la fonction d'organe visuel. Le troisième est à la fois un organe détecteur de luminosité et de température, leur permettant de se diriger vers les conditions a priori les plus favorables (là où la productivité liée à la photosynthèse sera probablement la plus importante, et donc sa nourriture la plus abondante). Les Triops sont photophiles et de nuit, ils sont irrésistiblement attirés par la lumière, ce qui les rend vulnérables à la pollution lumineuse. La disposition de leurs yeux ne leur permet pas de voir la nourriture ni les graviers, roches ou sédiments sur lesquels ils se déplacent, mais ils disposent pour cela d'autres capteurs.
Environnement vignette|Trajet migratoire ( environ) de la Barge rousse (Limosa lapponica), qui semble avoir naturellement et depuis longtemps transporté des œufs vivants de triops de l'Alaska à l'Australie ou inversement, ce qui expliquerait la proximité génétique de deux espèces de triops génétiquement proches, mais géographiquement très éloignées l'une de l'autre.
Des Triops ont été trouvés dans des mares ou étangs temporaires d'une grande partie du monde dont en Australie Murugan G, Obregon-Barboza H, Maeda-Martinez AM, Timms BV. . 2009;57:77–84. où une espèce se montre curieusement proche (génétiquement et morphologiquement) d'une espèce vivant en Alaska à de là Gill RE, Jr, Piersma T, Hufford G, Servranckx R, Riegen A. « » Condor. 2005;107:1–20., probablement grâce aux transports d'œufs par un oiseau grand-migrateur, Limosa lapponica.
Leurs espérance de vie est plutôt courte, de l'ordre d'une saison chaude, y compris en captivité où elle dépasse rarement . Pour survivre, ces espèces compensent cette courte espérance de vie par une forte adaptation des œufs (microscopiques) à la déshydratation et à la chaleur, leur permettant de survivre plusieurs années hors de l'eau.
Durant l'année 2004, une très bonne pluviométrie sur la région des Tassili du Hoggar (Tagrera, Tahaggart, Tin Akachakir) a régénéré d'anciens points d'eau (gueltas) qui étaient complètement à sec depuis des années. D'immenses dunes se sont couvertes d'une espèce herbacée qui poussa soudainement. Des dizaines de Triops frétillaient dans de grandes mares, ils ont été ensuite identifiés comme de l'espèce T. numidicus par le muséum national d'histoire naturelle de Paris, leur taille était d'au moins de long.
Alimentation Les Triops se nourrissent de déchets organiques, de la microflore des fonds, et de petits organismes. En captivité, ils acceptent la nourriture destinée aux poissons tropicaux ainsi que des pommes ou des carottes finement ciselées.
Animal de compagnie ou pédagogique La capacité de survie des œufs de Triops fait que l'on en trouve facilement dans le commerce : depuis quelques années, ils sont la plupart du temps vendus comme supports pédagogiques à l'attention des enfants.
Les conditions idéales pour le Triops sont : une luminosité non diffuse ; une eau ; mieux vaut avoir cette température aux premiers jours de leur vie, qui pourra descendre petit à petit vers .
Températures optimales admises par les cinq espèces actuellement reconnues (Triops numidicus étant a priori un synonyme de T. granarius) : Triops australiensis : entre 26 et Triops cancriformis : entre 10 et Triops granarius : entre 20 et Triops longicaudatus : entre 24 et Triops newberryi : entre 18 et
Liste des espèces et sous-espèces Selon : Triops australiensis Triops baeticus Triops cancriformis (Bosc, 1801) sous-espèce Triops cancriformis cancriformis Triops granarius Triops japonicus Triops longicaudatus (LeConte, 1846) Triops mauritanicus sous-espèce Triops mauritanicus mauritanicus sous-espèce Triops mauritanicus simplex Triops namibiensis Triops newberryi (Packard, 1871) Triops numidicus (= Triops granarius) Triops simplexSelon : Triops cancriformis (Bosc, 1801) Triops longicaudatus (LeConte, 1846) Triops newberryi (Packard, 1871)
Voir aussi Articles connexes Crustacé espèce panchronique Mare | étang
Bibliographie Hesse O, Engelbrecht W, Laforsch C, Wolinska J, « » BMC Ecol. 2012 Jul 24;12(1):12. (résumé) Vanschoenwinkel B, Pinceel T, Vanhove MP, Denis C, Jocque M, Timms BV, Brendonck L, « Notostraca » PLoS ONE''. 2012;7(4):e34998. Epub 2012-04-18.
Références taxonomiques
Notes et références
Catégorie:Notostraca Catégorie:Genre de branchiopodes (nom scientifique) Catégorie:Notostracae (nom scientifique)