Laurence Lévy-Bloch, aussi appelée Rachel Lévy-Bloch ou Laurence Bloch, née Laurence Lévy le à Vesoul et morte le à Paris, est une artiste peintre française active dans l'entre-deux-guerres, dont l'œuvre est principalement consacrée à la vie quotidienne des Juifs à Paris.
Elle a brièvement écrit, sous le nom de plume Frédéric Beaulieu.
En 1912, elle défraie la chronique pour avoir assassiné la maîtresse de son mari, crime pour lequel elle est finalement acquittée.
Biographie Jeunesse et famille Laurence Lévy naît dans une famille juive en 1874, au n°8 place de l'Église à VesoulActe de naissance , , Vesoul (avec mentions marginales de mariage et de décès), Archives départementales de la Haute-Saône (vue 28/46). Elle est la fille de Baruch Lévy, marchand de biens, et de Cécile Kron, son épouse.
Dans sa jeunesse, elle étudie à l'École des Beaux-Arts de MarseilleLettre de Laurence-Lévy Bloch à Otto Schneid, avec 2 coupures de presse (Excelsior et B'nai B'rith Magazine), , Papiers d'Otto Schneid, correspondance avant 1939, Bibliothèque de livres rares Thomas Fisher, Université de Toronto (cote CA OTUTF MS COLL 00350-Box 04 Folder 01) , puis une fois établie à Paris, complète son apprentissage auprès de l'artiste Luc-Olivier Merson.
En 1900, domiciliée avec ses parents rue La Fayette et sans profession, elle épouse Gaston Bloch, industriel né à NancyActe de mariage , , Paris (avec mention marginale de divorce), Archives de Paris (vue 4/31), dont elle prend le nom. Le couple a deux enfants, un fils en 1901 et une fille en 1905Actes de naissance , , Paris (avec mention marginale de mariage) et , , Paris (avec mentions marginales de mariage, de divorce et de décès), Archives de Paris. Laurence Bloch cesse son activité artistique pour se consacrer à sa famille.
Vers 1910, Laurence Bloch commence à écrire des articles sur le théâtre pour le Lyceum de France. Sous le pseudonyme Frédéric Beaulieu, elle écrit quelques comédies, jouées dans des théâtres « féminins » comme La Halte, le « théâtre des auteurs féminins » fondé par l'écrivaine Berthe Dangennes, ou le théâtre La Française. En 1911, elle devient vice-présidente de la section théâtre du Lyceum de France, présidée par la duchesse d'Uzès.
Assassinat et procès Début 1912, tandis qu'elle travaille à l'écriture d'un vaudeville avec le dramaturge André Sylvane, Laurence Bloch apprend que son mari à depuis 1907 une maîtresse, Minnie Berhard, épouse BridgemannActe de décès , , Paris , Archives de Paris (vue 5/22), une Américaine en instance de divorce et mère d'un fils de 20 ans. Le , sous l'emprise de la jalousie, Laurence Bloch décide de se faire justice. Elle se rend dans la garçonnière du 16, rue Vignon où Minnie Bridgemann réside sous le nom de Bertrand et assassine sa rivale de deux coups de revolver. Elle se constitue immédiatement prisonnière au commissariat de la Chaussée d'Antin.
Les semaines suivantes, la presse relate abondamment l'affaire, surnommée « le drame de la rue Vignon ». Le procès de Laurence Bloch s'ouvre en décembre aux assises de la Seine, devant une salle comble. Défendue par le ténor du barreau Henri-Robert, la meurtrière est acquittée après une courte délibération et simplement condamnée à verser un franc de dommages et intérêts à la partie civile, défendue par André Plaisant.
Carrière artistique Laurence Bloch recommence à peindre après la Première Guerre mondiale. Dans une lettre adressée au critique d'art autrichien , elle explique : Dès lors, se rapprochant de sa religion, elle décide de consacrer son art à dépeindre la vie quotidienne des Juifs de Paris, en particulier les habitants du quartier de la rue des Rosiers. Elle signe ses œuvres du nom Laurence Lévy-Bloch, parfois accompagné d'un dessin de la menorah, le chandelier à sept branches.
En 1929, tandis que la galerie Chéron, rue La Boétie, expose certains de ses travaux, le critique d'art Louis Vauxcelles écrit dans Excelsior : Il fait l'éloge de ses tableaux et de ses fusains, et la compare à Louise Hervieu. Dans deux articles parus respectivement dans La Revue littéraire juive et B'nai B'rith Magazine, l'autrice féministe Henriette Sauret et le journaliste Jacques Biélinky louent la qualité de son art et la consacrent peintre du judaïsme. Le lien avec ses déboires judiciaires de 1912 ne semble pas être fait dans la presse.
Laurence Lévy-Bloch expose dans plusieurs grandes expositions à Paris : Salon des Tuileries de 1930; Exposition coloniale internationale (dans le palais de la Palestine) et Salon d'Automne en 1931 ; Salon des indépendants en 1932. Ses dessins paraissent dans les revues juives Kadimah et L'Illustration juive.
Son activité artistique semble s'arrêter après quelques années. En 1936, séparée de son mari, elle se dit « industrielle »Recensement de population, Paris , hôtes de passage, Champs-Élysées, feuillet 434, , Archives de Paris. Les époux Bloch divorcent en 1938.
Contrairement à ce qu'indiquent certaines sources., Laurence Lévy-Bloch n'est pas morte pendant la Seconde Guerre mondiale, mais en 1955 à Paris, à son domicile du 6, rue Jean-GoujonActe de décès , , Paris , Archives de Paris (vue 3/31). Elle est inhumée au cimetière du MontparnasseRegistre journalier d'inhumation, , cimetière du Montparnasse, Archives de Paris.
Pièces de théâtre
Répétition à domicile, comédie, , La Halte, « théâtre des auteurs féminins », Paris Claire, comédie en 1 acte, , théâtre féminin La Française, Paris The Little Girl, comédie en 1 acte, , théâtre du Lyceum de France, Paris
Liste des œuvres
Le Port de Saint-Tropez, huile sur toile, localisation inconnue Deux Personnages, dessin aquarelle, localisation inconnue Deux Vieux Juifs, dessin aquarelle, localisation inconnue Le Premier Kaddish, dessin au fusain, rehaut de gouache, 1920-1925, musée d'Art et d'Histoire du judaïsme À la synagogue, c. 1929, localisation inconnue Seder, c. 1930, salon des Tuileries, localisation inconnue Une famille juive, c. 1930, localisation inconnue En sortant la Torah, c. 1930, localisation inconnue En revenant de la synagogue au soir de Rosch-Haschanah, c. 1931, localisation inconnue Le Café au lait du matin, c. 1931, localisation inconnueThe Tresaure, Toronto, 1995 [vue 8], Otto Schneid Papers
Notes et références Notes
Références
Liens externes
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