Les élections législatives croates de 2024 () se tiennent de manière anticipée le mercredi , afin d'élire les de la du Parlement pour un mandat de quatre ans.

Le scrutin est marqué par l'opposition entre l'Union démocratique croate (HDZ) du Premier ministre Andrej Plenković et le Parti social-démocrate de Croatie (SDP) du président de la République Zoran Milanović, le premier menant une coalition europhile et atlantiste tandis que la coalition menée par le second adopte une position russophile, dans le contexte de la guerre russo-ukrainienne.

La coalition menée par l'Union démocratique croate arrive en tête, même si elle essuie un recul. Les négociations en vue de la formation d'un nouveau gouvernement de coalition aboutissent à la conclusion début mai d'un accord entre le HDZ et la coalition menée par le Mouvement patriotique (DP), arrivée troisième. Le parlement vote la confiance au nouveau gouvernement le 17 mai.

Contexte Élections législatives de 2020 vignette|gauche|redresse=0.6|Andrej Plenković. Les élections législatives croates de juillet 2020 sont remportées à la surprise générale par l'Union démocratique croate (HDZ) du Premier ministre Andrej Plenković. Organisé avec quelques mois d'avance en raison de la pandémie de Covid-19, le scrutin est marqué par la plus faible participation qu'ait connue la Croatie depuis l'indépendance en 1991...

Malgré des sondages favorables, la Coalition populaire menée par le Parti social-démocrate (SDP) subit un revers, ce qui conduit son dirigeant, , à annoncer son départ de la présidence du SDP. Il est remplacé en octobre par .. Fondé quelques mois plus tôt par le chanteur éponyme, le Mouvement patriotique de Miroslav Škoro (DPMŠ) réussit à décrocher la troisième place, sans toutefois obtenir la position de faiseur de rois espéréeLégislatives en Croatie : le premier ministre conservateur sortant revendique une « grande victoire ». Škoro se brouille par la suite avec la direction du parti, ce qui l'amène à en quitter la présidence le 20 juillet 2021, avant son remplacement par Ivan Penava...

Fort des résultats de la HDZ, arrivé largement en tête, Andrej Plenković conclut rapidement un accord avec le Parti démocratique indépendant serbe et forme un gouvernement de coalition avec le soutien sans participation du Parti populaire croate - Démocrates libéraux (HNS), du Parti populaire - Les Réformistes (NS-R), et des huit représentants des minorités nationales du pays.. Le quinzième gouvernement de Croatie reçoit la confiance du Parlement le 24 juillet 2020, appuyée par 76 députés sur 151...

Refonte des circonscriptions

Les élections de 2024 sont précédées d'une refonte de la délimitation des dix principales circonscriptions électorales, numéroté en chiffres romains. La Cour constitutionnelle averti en effet dès le 28 octobre 2022 le gouvernement qu'elle envisage de juger ces dernières inconstitutionnelles en raison des modifications démographiques du pays. L'écart entre le nombre de voix nécessaire à un député pour être élu dans les différentes circonscription est en effet devenu trop important, portant atteinte au principale d'égalité des voix des électeurs. Cet écart avait déjà été mis en exergue par un rapport de la Cour à la suite du recensement de 2010, avant d'empirer après celui de 2020, faute d'actions entreprise par le gouvernement. Seules quatre circonscription sur dix respectent ainsi un écart de moins de 5 % de population avec un maximum de trois autres. Le du vote d'un électeur dans la circonscription IX est par exemple 33,5 % plus faible que celui d'un électeur de la circonscription IV...

Devant l'inaction du gouvernement face à son avertissement, la Cour juge inconstitutionnelle la loi électorale le 7 février 2023. Contraint d'agir, le Parlement vote le 20 octobre une nouvelle loi délimitant de nouvelles circonscriptions, effectives le 3 novembre suivant..

Système électoral vignette|Le Palais Sabor à Zagreb. Le Parlement de Croatie est un parlement unicaméral doté de pourvus pour quatre ans au scrutin proportionnel plurinominal avec listes semi-bloquées et seuil électoral de 5 % dans douze circonscriptions électorales. Dix d'entre elles sont basées sur les limites des vingt comitats du pays et de la capitale Zagreb, ajustées de manière à obtenir une répartition relativement uniforme des électeurs croates, une marge de plus ou moins 5 % étant tolérée d'une circonscription à l'autre. Trois autres sièges sont réservés à la diaspora croate, le reste du monde formant une onzième circonscription. Les huit sièges restants sont quant à eux réservés aux vingt-deux minorités ethniques nationales reconnues par le gouvernement croate et sont à pourvoir au scrutin majoritaire dans une douzième circonscription qui se superpose aux dix premières et recouvre l'ensemble du pays. Trois sièges sont ainsi réservés aux Serbes, un aux Italiens, un aux Hongrois, un aux Tchèques et Slovaques, un aux Albanais, Bosniaques, Macédoniens, Monténégrins et Slovènes et enfin un aux Autrichiens, Bulgares, Allemands, Juifs, Polonais, Roms, Roumains, Ruthènes, Russes, Turcs, Ukrainiens et Valaques. Dans chacun de ces groupes, le ou les candidats ayant réuni le plus de voix sont élus..

vignette|Intérieur du Parlement. Bien que les listes soient normalement bloquées, les électeurs disposent de la possibilité d'effectuer une forme limitée de vote préférentiel envers un candidat figurant sur la liste pour laquelle ils votent. Cette mesure, introduite en 2015 sous la pression d'un référendum d'initiative populaire, permet aux candidats ayant recueilli plus de 10 % du total des voix attribuées à leur parti dans leur circonscription d'être placés en tête de liste, leur permettant ainsi d'obtenir en priorité un éventuel siège obtenu par leur parti. La place sur les listes des candidats dont le total des votes préférentiels n'a pas atteint ce quota de 10 % reste cependant inchangée.. Après décompte des voix, les sièges sont répartis dans chacune des onze premières circonscriptions à tous les partis y ayant franchi le seuil électoral de 5 %. La répartition proportionnelle est faite à l'aide de la méthode d'Hondt..

La nationalité des électeurs des minorités nationales est enregistrée à leur naissance sur déclaration de leurs parents mais peut être modifiée par la suite, sauf dans les quatorze jours précédant un scrutin. Les électeurs des minorités choisissent à leur entrée dans les bureaux de vote s'ils prennent part au scrutin en tant que membre de la circonscription ethnique unique, ou bien de celle ordinaire à laquelle est rattachée le bureau de vote. Ils ne peuvent voter pour les deux systèmes à la fois, ni les électeurs enregistrés comme croates voter pour les listes réservées. Ce système, controversé, a été l'objet en 2017 d'une remise en cause devant la Cour constitutionnelle, qui l'a cependant validé...

Forces en présences Parti ou coalitionIdéologieChef de fileRésultat en 2016Coalition Union démocratique croate (HSLS, HNS, , HSU, Indépendants) (HDZ)Centre droit à droiteLibéral-conservatisme, démocratie chrétienneAndrej Plenković38,56 % des voixCoalition Rivières de justice (SDP, , HSS, GLAS, , NS-R, Indépendants) (RP)Centre gaucheSocial-démocratie, social-libéralisme, agrarisme, régionalisme25,88 % des voixCoalition Mouvement patriotique (, ) (DP)Droite à extrême droiteNationalisme, euroscepticisme, populisme de droiteIvan Penava10,89 % des voixCoalition Le Pont - Souverainistes () (Most)Centre droit à extrême-droiteLibéral-conservatisme, droite chrétienne, attrape-toutNikola Grmoja 7,39 % des voixCoalition Nous pouvons ! (NL, , ) (Možemo)GaucheÉcosocialisme, social-démocratie, écologie politiqueSandra Benčić6,99 % des voix

Sondages

center|vignette|900x900px|Moyenne lissée des sondages.

Campagne vignette|redresse|Zoran Milanović En lice pour un troisième mandat consécutif, le gouvernement sortant est affaibli par des années de scandales de corruption à répétition, qui ont vu pas moins de trente ministres démissionner pour cette raison au cours des huit dernières années..

La campagne est marquée par la tentative du président Zoran Milanović de se mettre à la tête de la coalition Rivières de justice, menée par le SDP.. Quelques heures après avoir convoqué le scrutin le 15 mars , Milanović déclare lors d'une conférence de presse être candidat aux élections, dans le but de devenir Premier ministre. Il promet ainsi de démissionner au soir de la , une décision qui provoquerait la tenue anticipée de l'élection présidentielle prévue pour décembre 2024...

Trois jours plus tard, cependant, la Cour constitutionnelle juge inconstitutionnelle la candidature de Milanović, ainsi que toute implication de sa part dans la campagne électorale en faveur du SDP, en raison du devoir de neutralité de sa fonction. La Cour juge ainsi que Milanović doit démissionner s'il veut poursuivre ses projets, une décision qualifié par le concerné de . Milanović va ainsi jusqu'à traiter les juges de la Cour de et de , et les accuser de les électeurs et alliés du SDP...

Connu pour ses positions pro-russes, Milanović s'était notamment fait remarquer en s'opposant en 2022 à l'adhésion de la Suède et de la Finlande à l'OTAN dans le contexte de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Il qualifie ainsi les projets d'adhésion de et les compare à l'action de ... Au cours de la campagne, il accuse le gouvernement de corruption et de chercher à faire entrer en guerre la Croatie aux côtés de l'Ukraine, et appelle la population à . Le SDP fait par ailleurs campagne sur la revalorisation des pensions de retraites..

La campagne est ainsi dominée par le duel entre la coalition formée autour de l'Union démocratique croate (HDZ) menée par le Premier ministre Andrej Plenković et la coalition Rivières de justice menée par le SDP de Peđa Grbin, avec le soutien du président Milanović.. Rejetant les accusations de corruption portées à son encontre, le HDZ fait campagne sur le thème de la , mettant en avant son bon bilan en matière économique et son soutien affirmé à l'Union européenne, la Croatie ayant notamment rejoint la zone euro le ..

La Croatie voit également pour la première fois de son histoire une personnalité politique être outé sans son consentement. Le président Milanović rend en effet public l'homosexualité du ministre Damir Habijan au cours d'une conférence de presse, avant d'ajouter .. Ce coming out sans l'assentiment de l'intéressé provoque la controverse au sein de la communauté LGBT croate en raison de l'absence de critique des associations de défense. L'association Zagreb Pride réagit au contraire en publiant une liste de onze autres personnalités politiques, principalement membres de la HDZ et de Nous pouvons !... La publication de la liste est condamnée par de nombreux dirigeants dont celui du SDP, Peđa Grbin et celui de République, Damir Vanđelić...

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