Les élections parlementaires roumaines de 2024 ont lieu le afin de renouveler les deux chambres du parlement de la Roumanie.. Elles ont lieu entre les deux tours de l'élection présidentielle.
Contexte
Gouvernement Cîțu
vignette|Florin Cîțu en 2021.|left|150px Le Parti social-démocrate (PSD) arrive en tête des élections parlementaires roumaines de 2020, mais sans majorité absolue ni de partenaire pour former un gouvernement...
Le Premier ministre Ludovic Orban démissionne dès le lendemain du scrutin au vu de l'échec de son parti à décrocher la première place.. Cristian Ghinea, un des ténors de l'USR-PLUS, invite le PNL à des discussions pour la formation d'un gouvernement, mais indique également que son parti n'acceptera pas n'importe quels ministères.
Le PNL, après une rencontre entre Ludovic Orban et le président de la République Klaus Iohannis, choisit le ministre des Finances publiques Florin Cîțu comme candidat au poste de Premier ministre, tandis qu'Orban est proposé pour occuper la présidence de la Chambre des députés. Il est ainsi préféré au Premier ministre par intérim Nicolae Ciucă et au ministre des Fonds européens Ioan-Marcel Boloș. Le PSD décide pour sa part de proposer la candidature du technocrate Alexandru Rafila, candidat sur ses listes et expert en santé, tandis qu'USR-PLUS confie ce rôle à Dacian Cioloș. L'USR-PLUS se montre disposé à accepter la candidature de Cîțu, en échange de la présidence de la Chambre pour Dan Barna..
Cependant, le , les trois partis se mettent d'accord sur un gouvernement de coalition dirigé par Cîțu, avec huit ministres pour le PNL, sept pour l'USR-PLUS et trois pour l'UDMR. Orban obtient comme prévu la présidence de la Chambre des députés, et l'USR-PLUS celle du Sénat pour Anca Paliu Dragu.. Le , le nouveau gouvernement est investi avec pour et 186 contre..
Coalition PNL-PSD
vignette|Nicolae Ciucă en 2021.|left|150px Une motion de censure, déposée par le PSD, est votée à l'encontre du gouvernement Cîțu le suivant par le Parlement, avec le soutien de l'Union sauvez la Roumanie (USR) et de l'Alliance pour l'unité des Roumains (AUR)..
Le 12 novembre, après plusieurs semaines de négociations, le PNL, le PSD et l'UDMR concluent une entente de base pour la formation d'un gouvernement de coalition, alors que des questions restent à résoudre, comme le nom du Premier ministre ou le principe d'une rotation à la tête du gouvernement.. Un accord de coalition est obtenu le 21 novembre sur le principe d'une rotation entre les deux partis après 18 mois entre Nicolae Ciucă et le président du PSD, Marcel Ciolacu, ainsi que sur la répartition des ministères..
Le lendemain, Ciucă est désigné Premier ministre, recevant le soutien du PNL, du PSD et de l'UDMR lors des consultations présidentielles... Le 23 novembre, conformément à l'accord de coalition, Ciolacu est élu président de la Chambre des députés, tandis que Cîțu devient président du Sénat.. Présenté aux députés et sénateurs réunis le , le gouvernement remporte le vote de confiance du Parlement par pour et , la majorité requise étant d'au moins ., puis prête serment dans la foulée..
Comme convenu dans l'accord de coalition, Nicolae Ciucă démissionne le 12 juin 2023.. Le 13 juin, Marcel Ciolacu est chargé de former un gouvernement.. Il présente sa composition le jour même.. Présenté aux députés et sénateurs le 15 juin, le gouvernement remporte le vote de confiance. par pour et ., puis est assermenté le jour même..
Premier tour de la présidentielle
Le candidat indépendant d'extrême droite Călin Georgescu provoque la surprise en arrivant en tête avec près de 23 % des suffrages au premier tour malgré une absence presque totale dans la campagne, où il privilégie une présence sur les réseaux sociaux tels que TikTok, plutôt que les débats télévisés ou les médias traditionnels... Sa qualification est perçue comme un choc pour la classe politique, les sondages le plaçant jusqu'à présent loin derrière ses concurrents avec des estimations à un seul chiffre. Nationaliste, russophile et eurosceptique très peu connu du grand public bien que proche de l'Alliance pour l'unité des Roumains (AUR), il avait perdu le soutien de cette dernière en 2021 après ses critiques de l'Union européenne et de l'OTAN. Son ultranationalisme l'avait par ailleurs amené à faire l'apologie de figures fascistes et antisémites roumaines telles que le dictateur Ion Antonescu et le fondateur de la Garde de fer, Corneliu Codreanu, au point de faire l'objet en 2020 d'une procédure pénale pour ....
Europhile novice en politique, la candidate de l'Union sauvez la Roumanie (USR), Elena Lasconi se qualifie quant à elle de justesse en battant le Premier ministre Marcel Ciolacu, du Parti social-démocrate (PSD), pourtant favori des sondages..
Figure de l’extrême droite jugée susceptible de se qualifier pour le ballotage, George Simion (AUR) arrive quant à lui quatrième. Sa campagne, focalisée sur les classes populaires particulièrement touchées par la forte hausse de l'inflation avec des discours mêlant mysticisme et conspirationnisme, aurait pâti de ses tentatives de se donner une image de modéré, provoquant le désenchantement des électeurs les plus radicaux. Il félicite Georgescu au lendemain du premier tour, se réjouissant qu'un se soit qualifié. Les résultats des deux hommes marquent la percée des candidats antisystème et de l'extrême droite dans le pays, dans un contexte de forte inflation et de tensions géopolitiques qui provoquent des craintes d'un élargissement du conflit russo-ukrainien à la Roumanie. de la présidentielle, celle-ci se place en position de créer un effet d'emballement en amont des élections parlementaires organisées le décembre..
C'est la première fois depuis la chute du communisme dans le pays en 1989 que le second tour d'une élection présidentielle a lieu en l'absence de candidat du PSD, du PNL, ou du prédécesseur de ce dernier, le Parti démocrate-libéral..
Le 26 novembre, le Conseil national de l'audiovisuel de la Roumanie demande à la Commission européenne d'ouvrir une enquête sur des soupçons d'utilisation inappropriée de TikTok pour promouvoir la candidature de Georgescu. Pour sa part, Lasconi, qui a été la cible de faux comptes publiant sous ses publications des appels à voter pour son concurrent, saisit six institutions étatiques dont la justice et les services de renseignement, qu'elle appelle à enquêter sur la campagne de Georgescu. La viralité acquise par les publications de Georgescu ne serait pas possible sans argent selon des experts, alors que la loi fixe un plafond à ne pas dépasser, et que Georgescu affirme ne pas avoir dépensé d'argent.. En réaction, TikTok affirme être face aux manipulations du réseau social pour des raisons politiques.. Le 27 novembre, la commission électorale (AEP) annonce saisir le procureur au sujet de l'origine des fonds ayant servi à promouvoir la candidature de Georgescu sur TikTok .. Elle appelle aussi à vérifier si les comptes d'influenceurs ont reçu des fonds de comptes de campagne de candidats, et à enquêter sur les affiches de campagnes placardées qui ne contiennent pas l'identification de leurs commanditaires.. De leur côté, deux influenceurs admettent avoir été payés. L'un d'eux affirme cependant que le but était d'appeler à voter lors du scrutin sans soutenir de candidat, et de décrire le candidat idéal, puis que des faux comptes sont venus poster des appels à voter pour Georgescu sous ces publications..
Mode de scrutin La Roumanie est une république semi-présidentielle dotée d'un parlement bicaméral dont les deux chambres sont renouvelées en même temps et intégralement pour des mandats de quatre ans, selon le même système électoral. La Chambre des députés est constituée de 330 sièges dont 18 réservés aux différentes minorités ethniques, tandis que le Sénat est composé de 136 sièges...
Les deux chambres sont pourvues pour quatre ans au scrutin proportionnel plurinominal avec listes bloquées dans 43 circonscriptions, dont 41 correspondantes aux județe, une à la capitale Bucarest et une dédiée à la diaspora. Le nombre de sièges par circonscription est proportionnel au nombre de citoyens y résidant selon le recensement effectué l'année précédente par l'Institut national de statistique. En 2024, la répartition est ainsi faite à raison d'un siège pour pour celles de la Chambre des députés et d'un pour pour celles du Sénat, avec un minimum de 4 et 2 sièges respectivement par circonscription...
Pour être éligibles, les candidats doivent être citoyen roumain, avoir au moins , ne pas présenter de faiblesses mentales, et ne pas être privé du droit de vote en vertu d'une décision de justice.
La répartition des sièges après décompte des voix se fait entre les partis ayant franchi le seuil électoral de 5 % du total des suffrages exprimés au niveau national, ou 20 % dans au moins quatre circonscriptions. Le seuil est relevé à 8 % pour les coalitions de deux partis, 9 % pour celles de trois et 10 % pour les coalitions d'au moins quatre partis..
Pour la première fois en 2024, les Roumains vivant à l'étranger peuvent voter par correspondance afin d'éviter les difficultés d'organisation de vote constatées lors de l'élection présidentielle de 2014.
Campagne
Principaux partis politiques Parti et coalition Président IdéologieSièges en 2020DéputésSénateursParti social-démocratePartidul Social Democrat (PSD)Victor NegrescuCentre gauche ou attrape-toutSocial-démocratie, Conservatisme social, populisme11047Parti national libéralPartidul Național Liberal (PNL)Ilie BolojanCentre droitLibéral-conservatisme, europhilie9341Union sauvez la RoumanieUniunea Salvați România (USR)Elena LasconiCentre droitEurophilie, anti-corruption5525Alliance pour l'unité des RoumainsAlianța pentru Unirea Românilor (AUR)George SimionExtrême droiteNationalisme, droite chrétienne, conservatisme social3314Union démocrate magyare de RoumanieUniunea Democrată Maghiară din România (UDMR/RMDSZ)Hunor KelemenCentre droitDéfense des droits des magyars de Roumanie, régionalisme219
Sondages
vignette|upright=3|centre|Intentions de vote en vue des élections parlementaires de 2024.
Parti national libéral Le Parti national libéral souhaite réduire le nombre de parlementaires à 300..
Silence électoral Le jour du scrutin, le Conseil national de l'audiovisuel signale au Bureau central électoral et à l'Autorité électorale permanente, le fait que le président de l'AUR, George Simion, a continué de faire campagne sur TikTok, malgré l'interdiction de cette pratique par la loi..
Résultats Chambre des députés