(aussi connu sous le nom de EATEOT) est le onzième projet musical du musicien britannique de musique électronique Leyland Kirby sous son alias de The Caretaker. Il comprend six albums studio, sortis entre 2016 et 2019, utilisant des boucles de plus en plus dégradées de musique de salon samplée pour décrire la progression de la maladie d'Alzheimer chez un patient. Inspiré par le succès de (2011), Kirby produit comme sa dernière œuvre majeure sous le pseudonyme. Le projet est produit à Cracovie, en Pologne, et sortis sur des périodes de six mois pour « donner une idée du temps qui passe », avec des couvertures d'albums abstraites de son ami Ivan Seal. La série établit des comparaisons avec les œuvres du compositeur William Basinski et du musicien de musique électronique Burial, tandis que les dernières Kirby appelle chaque album des Stages, donc des Etapes. La traduction française du mot sera utilisée dès que cela sera pertinent. sont influencées par le compositeur avant-gardiste John Cage.
La série comprend six heures de musique, illustrant une gamme d'émotions et caractérisées par du bruit. Bien que les trois premières Etapes soient similaires à , les trois dernières s'écartent des premiers projets d'ambient de Kirby. Les albums reflètent le trouble et la mort du patient, ses sentiments et le phénomène de lucidité terminale. Pour promouvoir la série, l'artiste visuel anonyme Weirdcore réalise des clips pour les deux premières Etapes. Au début, inquiet de savoir si la série semblerait prétentieuse, Kirby avait pensé à ne pas enregistrer du tout, et a passé plus de temps à le produire que n'importe lequel de ses autres projets. Les pochettes des albums ont plus tard retenues l'attention d'une exposition d'art française nommée d'après (2019) de The Caretaker, une compilation de chansons non retenues.
Au fur et à mesure de la sortie de chaque , la série reçoit des critiques progressivement positives ; sa longueur et son concept axé sur la démence ont conduit de nombreux critiques à se sentir émus par l'édition complète. Considéré comme l'opus magnum de Leyland, est l'une des sorties musicales les plus appréciées des années 2010. Les soignants des personnes atteintes de démence ont également salué l'empathie accrue des albums envers les patients parmi les jeunes auditeurs, bien que certains médecins aient estimé que la série était trop linéaire. Il devient un phénomène Internet au début des années 2020, apparaissant dans les vidéos TikTok comme un défi d'écoute, se transformant en un mod controversé pour le jeu vidéo (2020) et apparaissant dans les mèmes Internet.
Contexte alt=Un homme caucasien des années 1930 devant un micro.|vignette|Al Bowlly, musicien de samplé sur
En 1999, le musicien de musique électronique britannique Leyland Kirby adopte le pseudonyme de The Caretaker, sous lequel il sort plusieurs albums dont les morceaux samplent des disques de . Il tire son influence d'une scène de salle de bal hantée dans le film Shining de Stanley Kubrick, comme on peut l'entendre sur le premier album de l'alias, (1999). Ses premiers disques présentent le style ambient qui serait prédominant dans ses dernières sorties. Le projet explore pour la première fois la perte de mémoire dans (2005), un album de trois heures décrivant la maladie homonyme. En 2008, voit le pseudonyme de The Caretaker attirer l'attention critique et une plus grande base de fans..
En 2011, Leyland publie , acclamé pour son exploration de la maladie d'Alzheimer. Bien que Leyland ne souhaite à l'origine pas produire plus de musique en tant que The Caretaker, il se sent obligé de poursuivre le projet en raison du succès de . Il pense alors que le seul concept restant à explorer était la progression de la démence, qui, selon lui, se dévoilerait progressivement à travers une série de six albums. Ce serait sa dernière ; Leyland déclare : « Je ne vois tout simplement pas où je peux l'emmener après ça. » représente la « mort » symbolique de l'alias The Caretaker, avec de nombreux morceaux des reprises précédentes du pseudonyme qui y sont samplés..
Production Les albums, que Leyland décrit comme une exploration de « la progression et l'ensemble de la démence », présentent des morceaux poétiques et des descriptions pour chaque étape ().., qui représentent une personne atteinte de démence et de ses émotions. Les idées de persécution, de mélancolie, de confusion et d'attirance sont présentes partout, et selon l'écrivaine Alexandra Weiss, le projet de Leyland « soulève des questions importantes sur l'attitude occidentale envers la mort ».... explique que, comme le chant du cygne de l'alias The Caretaker, « menace à chaque instant de céder la place à rien ». Les albums présentent un concept expérimental avant-gardiste, le magazine notant un « lien hantologique » entre le style d et les thèmes vaporwave.. L'auteure Sarah Nove loue l'absence d'aura physique d, tandis que Matt Mitchell du écrit que la série se termine par une « catharsis éthérée »...
L'exploration de la détérioration mentale dans cette série établit des comparaisons avec (2002-2003) du musicien William Basinski.., qui, contrairement au projet de Leyland, se concentre sur la détérioration physique en parallèle aux attentats du 11 septembre.... Bien qu'ayant un regard positif à l'égard des projets de Basinski, Leyland déclare que les siens « ne sont pas seulement des boucles qui se décomposent. Ils expliquent pourquoi ils se décomposent et comment ». Le son d est également comparé au style du musicien de musique électronique Burial ; l'auteur Matt Colquhoun écrit pour que les deux artistes « mettent en valeur le « temps émiété du » ».. En passant en revue la , les rédacteurs Adrian Mark Lore et Andrea Savage louent le disque pour les amateurs de Basinski, Stars of the Lid et Brian Eno.. Certains samples reviennent constamment et se dégradent à chaque album.
Les morceaux deviennent de plus en plus déformées à chaque phase, reflétant la mémoire du patient et sa détérioration.. Le style jazz des trois premières scènes n'est pas sans rappeler , qui utilise des boucles de disques vinyles et de cire. Sur , les morceaux sont plus courts (certaines ne durent qu'une minute) et évitent généralement les fondus sortants. Les étapes de post-conscience reflètent le désir de Leyland « d'explorer la confusion totale, où tout commence à s'effondrer ».. Les deux avant-dernières étapes présentent le chaos musical, représentant la perception altérée de la réalité du patient.. La dernière consiste en des éléments de drone, décrivant le vide d'esprit de la personne atteinte. Dans ses , il use d'un orgue, d'un chœur et d'une minute de silence, décrivant la mort.. Les sont souvent soulignées comme étant au centre du concept et de la composition d : Miles Bowe de écrit sur le contraste des dernières étapes () avec les autres œuvres ambiantes de Leyland comme « faisant évoluer son style de manière nouvelle et souvent effrayante ». tandis que Leyland décrit la série comme « plus axée sur les trois dernières [] que sur les trois premières ». Dans leur , Bloomsbury Academic décrit les ultérieures comme « un découpage désorientant de réminiscences troubles baignant dans un brouillard réverbérant », les reliant à l'amusia et à ses effets sur la mémoire musicale..
Notes et références Notes
Références
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