La rue de Varenne est une voie située dans le quartier des Invalides du de Paris.

Situation et accès Longue de , elle commence rue de la Chaise, près du boulevard Raspail et se termine boulevard des Invalides.

C'est dans cette rue que se trouvent plusieurs bâtiments gouvernementaux, comme l'hôtel Matignon (résidence et bureau du Premier ministre), l'hôtel de Villeroy (ministère de l'Agriculture), l'ambassade d'Italie en France ainsi que le musée Rodin à l'angle du boulevard des Invalides.

Origine du nom L'origine du nom Varenne est controversée : une varenne (ou garenne) est un terrain inculte et riche en gibier, et donc une réserve de chasse (voir la rue de Bellechasse) ; le nom pourrait venir d'un abbé de Varennes, comme Mathieu Perrot, chancelier de l'académie et de l'église de Bourges sous Charles IX ou Jacob de Nuchez, coadjuteur de l'évêque de Chalon-sur-Saône sous Louis XIV, d'un seigneur de Varennes, comme François Perron, écuyer, sieur de Varennes au , ou encore de Florent de Varennes, amiral de France. Il existe une famille chevaleresque dans le Beaujolais dont les membres ont participé à plusieurs croisades : les Varennes, seigneurs du château de Rapetour à Theizé ; le bailliage et le greffe de la Varenne étaient une juridiction forestière qui se tenait au Louvre où était également le siège de la capitainerie des chasses de la Varenne du Louvre.

En aucun cas, elle ne commémore donc le lieu où le roi Louis XVI est arrêté au moment de sa fuite à VarennesFrédérick Gersal raconte Paris: 110 lieux mythiques, Hachette Tourisme, 2016, chap. « L'Hôtel Matignon ». Pour l'étymologie de Varenne, il suppose que c'est une déformation de garenne, un terrain en friche. (les plans la figurent bien avant l'épisode de 1791, comme sur l'extrait du plan de Turgot visible ci-dessous).

Historique thumb|centre|Les hôtels de Castries, Mazarin et Villeroi dans la rue de Varenne à Paris dans le plan de Turgot, vers 1737. Cette rue est formée de 2 voies qui furent réunies sous la même dénomination par un décret ministériel du Louis et Félix Lazare, Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris et de ses monuments.. Première partie, comprise entre la rue de la Chaise et celle du Bac : au commencement du , la rue de Varenne s'étendait jusqu'à la rue de la Chaise. En 1607, Raphaël de la Planche, trésorier général des bâtiments du Roi, établit au coin de ces deux rues une manufacture de tapisseries de haute lisse en or, argent et soie. Vers l'année 1640, la partie de la rue de Varenne comprise entre les rues de la Chaise et du Bac prit la dénomination de « rue de la Planche ». Une décision ministérielle du 2 thermidor an V (), signée Pierre Bénézech, fixa la largeur de cette voie publique à . Cette largeur sera portée à , en vertu d'une ordonnance royale du . Conformément à une décision ministérielle du , la rue de la Planche est réunie à la rue de Varenne. Seconde partie, comprise entre la rue du Bac et le boulevard des Invalides : cette rue a été ouverte au commencement du . Un plan de 1651 l'appelle « rue de la Varenne ». Elle tire probablement son nom d'une garenne (par corruption « varenne »), qui se trouvait en cet endroit avant que l'on construisit cette partie du faubourg Saint-Germain.Une décision ministérielle du 2 thermidor an V (), signée Pierre Bénézech, fixa la moindre largeur de cette voie publique à . En vertu d'une ordonnance royale du , cette largeur est portée à .

Le 15 juillet 1918, durant la première Guerre mondiale, un obus lancé par la Grosse Bertha explose au rue de Varenne<ref>Excelsior du 9 janvier 1919 : Carte et liste officielles des obus lancés par le canon monstre et numérotés suivant leur ordre et leur date de chute)</ref>.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire La rue de Varenne est l'une des plus riches en hôtels particuliers du . La plupart ont été gravés dans les recueils de Mariette ou de Blondel. : ici vécut Bella Ariel, mannequin pour Lanvin dans les années 1930, assassinée à Auschwitz. En 2026, Arnaud Nemet publie à son sujet Bella, un destin brisé, éd. Eyrolles.. : le peintre Charles-Henri Michel (1817-1905) y installe son atelierÉmile Galichon, Annuaire publié par la Gazette des beaux-arts, 1869, . en 1854. L'école Prépa ISP y a son siège depuis 1984. 19 : hôtel de Chantérac, qui accueille un abri contre les bombardements. pendant la Première Guerre mondiale. : hôtel de Narbonne-Pelet de 1775. Alphonse-Hubert de Latier de Bayane y vécut. Une plaque commémorative rappelle que Louis Veuillot est décédé le dans cette maison où il s'était installé en 1872. Lycée privé Paul-Claudel-d'Hulst.

: domicile de Maurice Lacoin et de sa fille Élisabeth Lacoin de 1908 à 1927. : domicile du peintre Léo Fontande 1913 à 1922. : hôtel de Jaucourt, appelé aussi « hôtel de Narbonne », ou « maison des Huguenots ». Construit en 1777 par Denis Antoine pour Élisabeth de La Châtre, celle-ci épousa en secondes noces le comte Louis Pierre de Jaucourt, qui a donné son nom à l'hôtel.

: hôtel de Boisgelin, dit aussi hôtel de La Rochefoucauld-Doudeauville. Siège de l'ambassade d'Italie en France. (anciennement ) : la comtesse de Ségur et son mari, Eugène de Ségur, y ont habité après leur mariage en 1819 dans un appartement à l'entresol et au premier étageMarthe de Hédouville, La Comtesse de Ségur et les siens, .. (autre entrée au 73, rue de Grenelle) : hôtel de Galliffet, siège de l'Institut culturel italien de Paris. : entrée de la cité de Varenne. : le médecin légiste Charles Paul (1879-1960) y a vécu.

: la romancière américaine Edith Wharton (1862-1937) a habité cet immeuble à partir de 1906.

: la navigatrice Virginie Hériot a vécu dans cet immeuble. Pierre Janet, philosophe, psychologue et médecin français y a vécu de 1907 à sa mort en 1947. Des plaques leur rendent hommage. : hôtel Gouffier de Thoix, construit entre 1719 et 1727 par un nommé Baudoin pour Henriette de Penancoët de Kéroual sur un terrain acquis par elle en 1719. Son mari, Thimoléon François Louis Gouffier, marquis de Thoix, a laissé son nom à l'hôtel. La marquise de Thoix était la sœur de Louise Renée de Penancoët de Keroual, duchesse de Portsmouth, maîtresse de Charles II d'Angleterre. Son petit-fils vendit l'immeuble en 1768 à Antoine-Martin Chaumont de La Galaizière, beau-frère de Philibert Orry et ex-chancelier du roi Stanislas Leszczyński. À sa mort en 1783, l'hôtel passa à son fils puis fut saisi sous la Révolution française comme bien d'émigré. Après être passé en de nombreuses mains au , l'hôtel abrite aujourd'hui des services du Premier ministre. On peut y voir un ensemble de boiseries rocailles de premier ordre dans les salons du rez-de-chaussée. La salle à manger est ornée d'une fontaine et d'un poêle en terre cuite d'un magnifique style rocaille. En 1757, le premier président du Parlement de Paris, René Charles de Maupeou, ayant démissionné de sa charge et obligé de céder l'hôtel de la première présidence, loua l'hôtel jusqu'en 1768, date à laquelle il fut nommé chancelier de France. Louis Aragon a habité un appartement dans cet hôtel. Louis Aragon et Elsa Triolet y ont travaillé et vécu ; une plaque leur rend hommage.

: hôtel Matignon, résidence officielle du Premier ministre français. : hôtel de Montalivet, dit aussi hôtel de Feuquières, ou d'Orrouer, construit par Pierre Boscry. : le compositeur André Jolivet y vécut ; une plaque lui rend hommage. : hôtel Duprat, dit aussi de Tingry, il a été agrandi par Pierre Boscry, assisté pour la décoration par Nicolas Pineau (1732-1750)..

: ancien hôtel de Mazarin, dit auparavant hôtel d'ÉtampesLa base Mérimée indique « Hôtel de Rohan-Chabot » ou « Hôtel de Tessé-Vendome » (voir ici).. Il s'agissait d'un des plus importants hôtels de la rue de Varenne, construit en 1703 par Jean Courtonne, remanié et décoré en 1729 par Germain Boffrand et Claude Audran III, transformé en 1736 par Jean-Baptiste Leroux et Nicolas Pineau pour la duchesse de Mazarin. L'hôtel a été amputé d'une moitié lors du percement de la rue Vaneau en 1826, et l'architecte Jean-Joseph Rougevin a reconstruit un bâtiment sur rue..

: hôtel de Feuquières, hôtel construit, comme le , en 1738 par Pierre Boscry pour la marquise de Feuquières. : maison photographiée entre 1900 et 1927 par Eugène Atget lorsqu'elle abritait un restaurant64, rue de Varennes ( arrt), photographie d'Eugène Atget, notice sur le site de l'INHA., l'''Auberge du Bourdon, fondée en 1793. : hôtel de Clermont, dit également hôtel de Chaulnes, ou hôtel d'Orsay. Édifié au début du , classé monument historique en 1949 (façade, toiture, jardin, cour, décoration de la salle à manger)« Immeubles parisiens classés monuments historiques », Combat, 6 août 1949, sur RetroNews. puis en 1980, il compte et un jardin. Entre 1708 et 1714, Jeanne Thérèse Pélagie d'Albert de Luynes (1675-1768), veuve de Louis de Guilhem de Castelnau de Clermont, marquis de Saissac, fait construire un hôtel par Jean-Baptiste Alexandre Le Blond avec l'aide du sculpteur François Dumont. Le duc de Chaulnes le fait transformer en 1759 par Charles Axel Guillaumot. De nouvelles transformations sont exécutées en 1768 pour Pierre Gaspard Marie Grimod d'Orsay par Pierre Convers, Jean Augustin Renard et Charles Joachim BénardMichel Gallet, dans Les Architectes parisiens du , mentionne également une intervention de Jean-François Chalgrin.. Sous l'Empire, l'hôtel est la résidence de Félix Julien Jean Bigot de Préameneu, ministre des Cultes. L'hôtel actuel est, pour l'essentiel, une reconstruction réalisée pour Jacques-Juste Barbet de Jouy, qui le racheta au marquis Carl Costa de Beauregard en 1836, et qui a fait ouvrir la rue portant son nom, puis pour la comtesse Duchâtel, propriétaire en 1838, et pour le fils de cette dernière, le comte Tanneguy Duchâtel (1838-1907), sous le Second Empire. L'hôtel a été affecté au secrétariat général du gouvernement et abrité le ministère chargé des Relations avec le Parlement et la direction du développement des médias (service du Premier ministre) de à . Il abrite actuellement les bureaux du ministre chargé des Relations avec le Parlement. : hôtel de Castries, datant de la fin du et du début du , l'hôtel a été profondément transformé pour le duc de Castries entre 1843 et 1863 par Joseph-Antoine Froelicher et Clément Parent. Il abritait le porte-parolat du gouvernement jusqu'en .