Le FESPACO 2025 est la édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou. Il se déroule du au 2025 à Ouagadougou. Le thème de cette édition est « Cinémas d'Afrique et identités culturelles », qui fait l'objet d'un colloque les 25 et .
Le pays invité d'honneur est le Tchad.
Préparation Le Fespaco 2025 se déroule dans un contexte géopolitique où le Burkina Faso fait partie de l'Alliance des Etats du Sahel. Ces pays revendiquent une souveraineté s'appuyant sur leur identité culturelle, d'où le thème de cette édition.
Alors que Souleymane Cissé devait présider le jury longs métrages, son décès le laisse ce jury sans président. Un hommage lui est rendu à la cérémonie d'ouverture, lors d'une veillée et dans le journal du festival.
Le comité de sélection indépendant, une innovation 2021, est pour 2025 composé de critiques et programmateurs : Enoka Julien Ayemba (Cameroun), Djia Mambu (RDC), Janaina Oliveira (Brésil), Pedro Pimenta (Mozambique) ; de cinéastes : Mohamed Saïd Ouma (Comores), Hawa Essuman (Kenya), Habibou Zoungrana (Burkina Faso), Guy Désiré Yaméogo (Burkina Faso) et de la productrice Lina Chaabane (Tunisie).
L'affiche du FESPACO 2025 a été conçue par le cinéaste hollandais vivant au Burkina Faso Gidéon Vink. Elle consiste en une femme noire en regard caméra, . C'est . La mosaïque de tissus (pagnes traditionnels africains comme le Faso Dan fani, le Koko dunda, le pagne ghanéen Kenté et le Bogolan) symbolise la diversité culturelle africaine tandis que le fait que ces tissus et la femme n’apparaissent que dans les lettres FESPACO illustre le propre du cinéma : le jeu du visible et de l’invisible.
Soutiens financiers : Le , l'ambassade des États-Unis fait don d’un chèque de millions de Francs CFA par l’ambassadrice des États-Unis, Sandra Clark, pour le coût total du projet qui vise à renforcer et digitaliser la cinémathèque africaine. Cela comporte notamment l’acquisition de matériel spécifique tel que le matériel de stockage/serveurs, les LTO (Linear Tape-Open), les scanners, etc. Le système des Nations unies au Burkina Faso annonce le , la veille de l'ouverture, un appui financier de millions de francs CFA ( dollars).
Initiative de cette édition, une Semaine de la critique organisée en partenariat avec l'Association des critiques de cinéma du Burkina Faso (ASCRIC-B) se tient dans les locaux du Conseil économique et social (CES) avec projections et tables-rondes, ainsi que les traditionnels "débats-forum" qui permettent aux public et aux journalistes de rencontrer les cinéastes de films de la compétition passés la veille. Alors que l'ensemble des autres tables-rondes concernent l'économie du cinéma, les débats de la Semaine de la critique portent sur les films et leur esthétique.
En même temps que le Fespaco se tient un Festival International de la Gastronomie et de l'Identité Culturelle des pays de l'Alliance des États du Sahel dans les locaux du SIAO.
Déroulement Le , en début de festival est organisée une cérémonie de découverte des stèles de la rue des étoiles avenue Kwame Nkrumah, mettant en lumière 140 personnalités (dont 116 Burkinabè et 24 autres issues de l’Afrique et de la diaspora), marquantes par leur contribution significative au savoir et à l’héritage culturel africain.
La cérémonie d'ouverture officielle avec le Clap d’ouverture de la édition du FESPACO se tient au Palais des sports au quartier Ouaga 2000 sous la direction artistique d'Aristide Tarnagda. Puis, l'ouverture professionnelle au cinéma Canal Olympia Yennenga de Ouaga 2000 permet la présentation des jurys et la projection du film d'ouverture : Black Tea d'Abderrahmane Sissako. Une veillée d’hommage aux cinéastes disparus est ensuite organisée par la FEPACI au Cinéma Burkina. Vient alors un bal d'ouverture à l'Espace Idrissa Ouedraogo. Le lendemain dimanche, la traditionnelle cérémonie de libation a lieu sur la Place des cinéastes. Le dévoilement de la statue du réalisateur ivoirien Roger Gnoan M’Bala a lieu ensuite sur l'avenue Monseigneur Thévenoud. De même, à l'occasion du centenaire de la naissance de Paulin Soumanou Vieyra, un buste du célèbre critique et réalisateur est dévoilé devant le siège du Fespaco.
Le pays invité d'honneur est le Tchad, avec une programmation particulière et la présence du président tchadien le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno à la cérémonie d'ouverture. Cette invitation préfigure des coproductions entre les deux nations. Un "Village Tchad" a été installé dans l'enceinte du siège.
235 films issus de 48 pays, choisis parmi œuvres soumises à la sélection, sont projetées durant le festival. Les projections principales ont lieu sur huit sites : Ciné Burkina, Ciné Neerwaya, Canal Olympia Ouaga 2000, Canal Olympia Pissy, siège du FESPACO, CENASA, mairie centrale (salle des fêtes et salle des délibérations), salle de l’ex-Conseil économique et social (CES). Nouveauté de cette édition, une plateforme numérique permet de réserver et acheter des places dans les salles de projection, d'acheter les badges et de consulter les programmes.
Des masterclass sont organisées avec les cinéastes Mahamat Saleh Haroun, Youssef Chebbi (étalon d'or 2023) et Kunle Afoloyan, l'architecte Diébédo Francis Kéré et le producteur Pedro Pimenta. Comme c'est de tradition au Fespaco, un défilé de mode, cette fois avec le styliste Pathé'O, se déroule sur le thème Mon vêtement, mon identité. Une exposition sur les effets spéciaux dans les films est organisée au Musée national.
Durant tout le festival, pour soutenir l'ambiance de fête renforcée par l'illumination de l'avenue Monseigneur Thevenoud depuis la place des cinéastes, la Place de la Révolution, l'Avenue Kwame-N'Krumah et l'ex-camp fonctionnaire ont été animés par des soirées musicales avec les principaux musiciens burkinabés.
Du 20 au , le Fespaco se déplace à Bobo-Dioulasso, investissant la Maison de la culture Anselme Titiama Sanon et le Ciné Sanyon, ainsi que des établissements scolaires. Des ateliers de formation aux techniques de projections cinématographiques et à la décoration sont également organisés, ainsi qu'une masterclass de Kollo Daniel Sanou.
Fespaco pro Le FESPACO Pro constitue la plateforme professionnelle du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou. Il regroupe plusieurs volets dont le Marché international du cinéma et de l’audiovisuel africain (MICA), dédié aux échanges économiques et techniques entre producteurs, distributeurs, diffuseurs et autres acteurs du secteur. Cette plateforme comprend différents dispositifs tels que les ateliers Yennenga Post-production, Yennenga Academy, Yennenga Coproduction et Yennenga Connexion, axés sur la formation, la finalisation des films et la coproduction internationale.
Jurys Source : catalogue officiel
Jury longs métrages de fiction Le réalisateur malien Souleymane Cissé étant décédé le avant le festival, le jury longs métrages de fiction reste sans président. Il est composé du critique d’art et curateur camerounais Simon Njami, de la productrice et scénariste mauritanienne Kessen Tall, de la réalisatrice éthiopienne Tamara Mariam Dawit, de l’homme de lettres burkinabè Martin Zongo, de la productrice marocaine Lamia Chraïbi et de l’artiste musicien tchadien Célestin Mawndoé.
Jury Fespaco Shorts Présidé par le journaliste et critique burkinabè Alcény Barry, le jury des courts métrages africains et de la diaspora est composé de l’acteur tchadien Youssouf Djaoro, le programmateur colombien Salym Fayad, la réalisatrice rwandaise Kantarama Gahigiri et de la réalisatrice ghanéenne Juliet Asante.
Jury documentaires longs métrages Présidé par la productrice kenyane Judy Kibinge, le jury des documentaires longs métrages est composé du réalisateur burkinabè Salam Zampaligré, de la programmatrice brésilienne Tatiana Carvalho Costa, de l’artiste-photographe de République démocratique du Congo Sammy Baloji, de la réalisatrice et productrice tunisienne Hinde Boujemaa, de la curatrice ivoirienne Illa Donwahi et du réalisateur cap-verdien Carlos Yuri Ceuninck.
Jury de la section Perspectives Présidé par le réalisateur sud-africain Teboho Edkins, le jury de la section Perspectives est composé de l’actrice burkinabè Roukiata Ouedraogo, du réalisateur et producteur ivoirien Alex Ogou, du réalisateur nigérian C. J. Obasi et de la critique ivoirienne Fatou Kiné Sène.
Jury Burkina Films Présidé par le réalisateur tchadien Issa Serge Coelo, le jury de la section Burkina films est composé du réalisateur du Congo Brazzaville Amog Lemra, de l’acteur burkinabè Serge Henry, de l’enseignant-chercheur marocain Cherqui Ameur et de l’artiste et réalisatrice mozambicaine Yara Costa.
Jury Films des Écoles africaines de cinéma Présidé par le producteur malien Fousseyni Diakité, le jury Films des Écoles africaines de cinéma est composé de la directrice de festival centrafricaine Sylviane Gboulou, le scénariste burkinabè Inoussa Kaboré, la critique malgache Domoina Ratsara et la réalisatrice nigérienne Amina Abdoulaye Mamani.
Jury du prix Thomas Sankara Présidé par le réalisateur et producteur rwandais Kivu Ruhorahoza, le jury du prix Thomas Sankara est composé du réalisateur burkinabè Yuluka Luc Damiba et de la réalisatrice tchadienne Zara Mahamat Yacoub.
Jury séries et animations Présidé par le réalisateur burkinabè Eric Hervé Lengani, le jury séries et animations est composé de la productrice togolaise Ingrid Agbo, de l’actrice ivoirienne Eve Sandrine Guehi, du chercheur de RDC Daddy Dibinga et de l’animateur camerounais Claye Edou.
Jury Yennenga post-production Présidé par le réalisateur sénégalais Abdoul Aziz Cissé, le jury Yennenga post-production est composé du directeur de la photographie burkinabè Abdul Aziz Diallo, du réalisateur marocain Mohamed Ahed Bensouda, de la programmatrice ghanéenne Jacqueline Siah et du monteur et réalisateur libyen Khalid Shamis.
Jury Yennenga coproduction Il est composé de Jihan El Tahri, Denis Cougnaud et Souleymane Kébé.
Jury Prix Paul Robeson de la diaspora Présidé par la programmatrice canadienne Nataleah Hunter-Young, le jury du prix Paul Robeson de la diaspora est composé du réalisateur burkinabè Fabien Diao et du conseiller économique sud-africain Themba Bhebhe
Jury de la Semaine de la critique Présidé par l’universitaire nigérien Youssoufa Halidou Harouna, le jury de la Semaine de la critique est composé du réalisateur béninois Sylvestre Amoussou et de la critique burkinabè Annick Rachel Kandolo.
La marraine des ateliers Yennenga est la réalisatrice burkinabè Apolline Traoré.
Bilan 425 projections ont été organisées sur 12 sites différents. festivaliers accrédités ont pris part au festival, parmi lesquels plus de professionnels du cinéma et de l’audiovisuel et près de journalistes venus de 53 pays à travers le monde. Les projections ont été étendues à cinq chefs-lieux de provinces, cinq communes rurales de la province du Kadiogo, ainsi que dans cinq quartiers de Ouagadougou et à l’Hôpital militaire Capitaine Halassane Coulibaly du Camp Sangoulé Lamizana. Dans son allocution à la cérémonie de clôture, le délégué général Alex Moussa Sawadogo a évoqué les problèmes d’infrastructures, le manque de financements, ainsi que la difficulté de distribution des œuvres africaines à l'international.
Martin Zongo, porte-parole du jury fiction long métrage en raison du décès de son président Souleymane Cissé, a évoqué les raisons pour donner l'Étalon d'or de Yennenga à Katanga, la danse des scorpions de Dani Kouyaté : , , ou encore . Le réalisateur a précisé qu'il .
Les actes des colloques des années 2021 et 2023 font l'objet d'une publication des Presses universitaires sous la direction des professeurs Toro Justin Ouoro et Ignace Sangaré, de l'Université Joseph Ki-Zerbo de Ouagadougou, 2024, 364 p.
Sélection officielle
Source : catalogue officiel (films par ordre alphabétique de titres dans les sections replacés ici par ordre alphabétique de pays)