Iaroslav Guennadievitch BelooussovPrononcer « Belo-oussov », né le à Mineralnye Vody, est un étudiant en sciences politiques et prisonnier d'opinion russe, impliqué dans l'affaire Bolotnaïa. Arrêté une première fois alors qu'il participe à la manifestation du sur la place Bolotnaïa contre le président Vladimir Poutine, puis relâché, il est arrêté une seconde fois le et est emprisonné pendant deux ans et trois mois en raison de sa présence à ce rassemblement.

L'organisation de défense des droits humains Memorial considère Belooussov comme un prisonnier politique ; Amnesty International le déclare prisonnier d'opinion et qualifie son procès en 2013-2014 de farce. Human Rights Watch estime que sa condamnation est une . Aux États-Unis, son maintien en détention est condamné à la fois par le département d'État et par la commission Tom Lantos des droits de l'homme de la Chambre des représentants.

Biographie

Jeunesse et éducation Belousov naît le à Mineralnye Vody. À partir de , il est étudiant en quatrième année à la Faculté de sciences politiques de l'université d'État de Moscou et membre de l'Union des citoyens russes, un mouvement politique abkhaze d'opposition. Un portrait de Belooussov réalisé par le journal Times of Oman en le décrit comme ayant vécu jusqu'à son arrestation.

Manifestation sur la place Bolotnaïa Une manifestation de masse en opposition à Vladimir Poutine a lieu le sur la place Bolotnaïa à Moscou. Les participants à la manifestation sont décrits par le New York Times comme une représentation des Russes de la classe moyenne opposés à la présidence de Poutine.

À l'époque de la manifestation, Belooussov et sa femme Tamara Belooussova étudient à l’université d’État de Moscou. Tous deux assistent à la manifestation sur la place Bolotnaïa. Belooussova déclare plus tard que son mari assistait au mouvement en partie du fait de ses recherches sur les méthodes d'organisation politique. Belooussov lui-même déclare plus tard qu'il s'est rendu sur la place Bolotnaïa pour collecter des données pour sa thèse universitaire. Selon son épouse, Belooussov s'est progressivement impliqué dans la promotion des affaires politiques.

Selon les autorités, et sont victimes de blessures, pour la plupart mineures, au cours des affrontements qui éclatent lors de la manifestation. Les enquêteurs russes affirment que ces violences font partie d'un plan orchestré visant à déstabiliser le gouvernement. sont arrêtées, parmi lesquelles Belooussov, mais il est libéré le même jour. Il nie avoir participé à des affrontements lors de la manifestation.

Deuxième arrestation et inculpation Le , Belooussov est à nouveau placé en détention, cette fois après avoir été arrêté à son domicile, dans l'appartement où il vit avec sa femme, leur fils et sa belle-mère. Belooussov est inculpé en vertu du paragraphe 2 de l'article 212 (« Participation à des émeutes massives ») et du premier paragraphe de l'article 318 (« Recours à la violence ne mettant pas la vie ou la santé en danger contre un représentant des autorités ») du Code pénal de la fédération de Russie.

Belooussov est emprisonné dans l'attente de son procès devant le tribunal Zamoskvoretski de Moscou. Jusqu'en , il n'est autorisé à voir sa femme que deux fois, dans la salle des visiteurs du centre de détention provoisoire no 5, à proximité de Moscou. Un observateur de sa détention avant le procès critique les moyens déployés par le gouvernement pour emprisonner Belooussov alors qu'il a apporté la preuve de sa coopération. Le site d'actualités Gazeta fait état le de la prolongation de l'incarcération de Belooussov et de trois autres manifestants, Maxim Loussianine, Andreï Barabanov et Fedor Backhov, par le tribunal de Basmanny. Par la suite, elle est à nouveau prolongée jusqu'au , puis prolongée de six mois en .

Soutien international à Belooussov En , le médiateur russe des droits de l'homme déclare que les accusations de participation aux émeutes massives à l'encontre de Belooussov et d'autres personnes présentes ce jour-là sont disproportionnées. En , sur la place Bolotnaïa, ils ne constituent pas une . Cette commission qualifie également d'injustifiées les accusations criminelles portées notamment contre Belooussov et affirme que les violences du sont le résultat de la réponse du gouvernement.

La conclusion de (HRW) est pratiquement la même, la responsable de l'organisation, Tanya Lokchina, déclarant : . Au cours de la détention provisoire de Belooussov, HRW appelle la Russie à libérer les manifestants et déclare que les actions des autorités violent la Convention européenne des droits de l'homme, dont la Russie est signataire.

Amnesty International désigne Belooussov comme un prisonnier d'opinion. L' (IFEX) déclare qu'il n'existe reliant Belooussov à un quelconque acte de violence. Le écrit une lettre à Vladimir Poutine dans laquelle il soutient Belooussov, et le Centre commémoratif des droits de l'homme de Russie qualifie Belousov de prisonnier politique. Pour l'organisation Memorial, Belooussov et les autres accusés sont des .

Procès Le procès contre Belooussov et ses coaccusés débute le . L'âge de Belooussov et des autres accusés de cette affaire, tous des hommes, varie entre , selon le New York Times, même si la plupart ont une vingtaine d'années. Ils viennent d’horizons divers, certains étant étudiants et d'autres journalistes.

Selon les autorités, Belooussov a lancé , franchi un cordon de police et attaqué des policiers. Des preuves vidéo, étayées par des témoignages, indiquent que Belooussov n'a jeté qu'un fruit. Dans une vidéo de quatre secondes, selon le magazine Forbes, on le voit . Alors que la défense déclare que l'objet en question est un citron et que le policier qui prétend avoir été blessé par le projectile a en réalité quitté les lieux avant que celui-ci ne soit lancé, les procureurs soutiennent que l'objet en question est une boule de billard. La thèse du jet de citron est défendue par Amnesty International, en se fondant sur les photographies et les autres éléments disponibles.

Belooussov est représenté par l'avocat Dmitry Agranovski, qui assure également la défense d'un autre accusé dans le même procès, Vladimir Akimenkov. Le , le New York Times fait état du point de vue d'Agranovski selon lequel , et cite ses propos selon lesquels il est inhabituel que le gouvernement ait détenu les suspects pendant un an sans caution, bien qu'aucun d'entre eux n'ait de casier judiciaire.

Agranovski déclare en outre au journal que les accusations portées contre Belooussov sont entièrement basées sur le témoignage d'un officier qui affirme avoir été frappé à la poitrine par un . Agranovski exprime ses doutes quant au fait que le policier ait été gravement blessé, expliquant que . Agranovski fait aussi part de son pessimisme quant à l'issue du procès, affirmant que son plus grand succès pourrait être une réduction de peine.

Le New York Times rapporte également dans son article du que les poursuites contre Belooussov et les autres manifestants de la place Bolotnaïa, ainsi que d’autres affaires visant des dirigeants de l’opposition, ont réussi à réprimer le mouvement de protestation anti-Poutine par la peur. Les critiques affirment que la répression du gouvernement contre des manifestants ordinaires plutôt que contre les responsables d'opposition témoigne de son intention d'intimider. Le procès contre Belooussov et d’autres manifestants se distingue des autres affaires judiciaires visant des membres de l’opposition, selon le journal, par le fait .

En , le tribunal Zamoskvoretski de Moscou rejette l'amnistie de Belooussov et d'Alexandra Doukhanina, une autre accusée dans l'affaire. Le procureur du procès requiert une peine de de prison contre Belooussov. Dans sa prise de parole finale, Belooussov déclare ne pas plaider coupable, disant n'avoir .

Verdict et annonce de la peine Le , Belooussov et sept autres accusés sont reconnus coupables de . Le jour où le verdict de leur culpabilité est rendu, Amnesty International publie une déclaration qualifiant le procès de Belooussov et de ses sept coaccusés de . John Dalhuisen, représentant d'Amnesty International, déclare : . Amnesty International appelle à la libération immédiate des manifestants de la place Bolotnaïa qu’elle qualifie de prisonniers d’opinion.. Human Rights Watch décrit les verdicts de culpabilité prononcés contre Belooussov et les sept autres accusés comme . L'annonce des peines est elle reportée de quelques jours. Selon un journaliste de Forbes, elle aurait été des Jeux olympiques de Sotchi.

Le , Belooussov est condamné à et de prison. Le juge justifie la peine, inférieure à celle requise par le procureur, par le fait que Iaroslav Belooussov n'a jamais commis de crime auparavant. Le juge soutient toutefois que les témoignages de la défense n'ont . À l’extérieur du tribunal Zamoskvoretski, environ mille manifestants sont rassemblés pour soutenir les accusés et brandissent une banderole sur laquelle est écrit : « Vous ne pouvez pas emprisonner tout le monde ». Alors que le juge prononce les condamnations de Belooussov et de ses coaccusés, selon une source, se font entendre dans le tribunal. Lors du prononcé de la peine, environ sont arrêtées par la police à l'extérieur du tribunal, puis relâchées. D'autres militants, comme deux membres précédemment incarcérées du groupe punk Pussy Riot (Nadejda Tolokonnikova et Maria Alekhina), ainsi qu'Alexeï Navalny, sont également présents sur place ; Navalny fait partie des personnes arrêtées. Agranovski déclare à un journaliste que la sévère sanction infligée à son client est, selon lui, . L'Humanité note le décalage entre l'image d' que souhaite donner Vladimir Poutine à travers les Jeux olympiques et ces lourdes condamnations qui interviennent peu après leur clôture.

Dans un communiqué du , le département d'État des États-Unis condamne la sentence prononcée à l'encontre de Belooussov et des autres manifestants. Les représentants américains affirment qu'ils ont été illégalement détenus pendant plus d'un an sur la base d'accusations à caractère politique, qualifiant cela de . Le , les coprésidents de la Commission Tom Lantos des droits de l'homme (caucus de la Chambre des représentants des États-Unis), Jim McGovern (démocrate, du Massachusetts) et Frank Wolf (républicain, de Virginie), expriment , descendus dans la rue , dont Belooussov. La Commission Lantos décrit les procès comme ayant été et comme . Ils exhortent le gouvernement russe .

En , Belooussov fait appel de sa condamnation, qui est réduite de trois mois et passe à deux ans et trois mois.

Suites judiciaires et libération En 2016, Iaroslav Belooussov attaque la Russie devant la Cour européenne des droits de l'homme, se plaignant d'un traitement dégradant lors des audiences. Celle-ci juge en effet que la présentation de plusieurs accusés dans un box vitré ou à barreaux de petite taille lors du procès constitue un traitement dégradant, mais ne répond pas favorablement à sa requête concernant les box uniques. Il est dédommagé à hauteur de mais la Russie rejette son appel, malgré la décision de la CEDH. Le pays est autorisé depuis 2015 à déroger à une décision de cette juridiction si elle entre en conflit avec sa Constitution. L'avocat de Belooussov annonce vouloir porter l'affaire devant le Conseil de l'Europe.

Début , Belooussov est libéré de prison après avoir passé deux ans et trois mois en détention.

Vie privée Belooussov et sa femme, Tamara Belooussova, se marient en 2010. Elle a en et est à cette époque étudiante en sciences politiques, comme Belooussov. Elle et son mari sont les parents d'un fils, Andreï, âgé de quatre ans en . Selon son épouse, Belooussov est . Le décrivant comme , elle déclare au New York Times en que .

Notes et références

Notes

Références

Articles connexes

Affaire Bolotnaïa Prison en Russie Mort d'Alexeï Navalny Emir-Ousseïn Koukou

Catégorie:Naissance en juillet 1991