Jean Boudet, né le à Bordeaux et mort le à Moravské Budějovice, en République tchèque, est un général français de la Révolution et de l’Empire. Il est inhumé à Bergerac en Dordognecimetière Beauferrier de Bergerac. Une grande partie de sa carrière militaire se déroula outre-mer (Guadeloupe, Haïti…).

Biographie

Du sous-lieutenant au général de division

Boudet commence sa carrière militaire en 1784, en qualité de sous-lieutenant dans la légion de Maillebois. Il est ensuite dragon au régiment de Penthièvre le . Il obtient son congé le et se retire dans sa famille à Bordeaux. Lors de la formation des gardes nationales, il entre comme lieutenant dans le de volontaires de la Gironde le , avant de recevoir son brevet de capitaine le . Il se distingue par une rare bravoure au combat de Château-Pignon, le .

Il assiste au siège de Toulon et à la guerre de la Vendée en 1794. Le , il part de l'île de Ré pour la Guadeloupe avec le grade de lieutenant-colonel, aux côtés de Victor Hugues. La Guadeloupe est alors occupée par les Anglais. Il débarque à la pointe des Salines et s'empare du fort Fleur d'épée et de la ville de Pointe-à-Pitre, vigoureusement défendus par l'ennemi. Ce fait d'armes lui vaut d'être nommé chef de brigade le . Le , il devient général de brigade et commandant en chef de l'armée de Guadeloupe.

Il achève la conquête de l'île par une série de succès. Il est élevé au grade de général de division le , sur recommandation des directeurs Victor Hugues et Lebas. C'est Boudet qui, à la tête de quelques dragons, réprime la rébellion de Lamentin en . Au bout de deux ans, après avoir mis l'île en état de défense, il revient en France en pour prendre part à la campagne de Hollande, sous le commandement du général Brune. Après le 18 brumaire, il est affecté à l'armée de réserve sous les ordres du général Berthier, destinée à partir pour l'Italie. Chef de l'avant-garde lors de la seconde campagne d'Italie de Napoléon Bonaparte, il s'y distingue à la tête de sa division par plusieurs actions d'éclat, particulièrement à Lodi et à Marengo, où il est blessé.

L'expédition de Saint-Domingue vignette|Le Général de division Boudet aux Antilles, vers 1798-1803, par Marie-Guillemine Benoist À peine les pourparlers de paix avec l'Angleterre signés à Londres le , il est désigné pour participer à l'expédition en préparation pour Saint-Domingue. Comme plusieurs autres chefs de cette expédition — comme Edme Étienne Borne Desfourneaux ou Donatien-Marie-Joseph de Rochambeau —, il est choisi pour son expérience coloniale. Il est donc placé le à la tête des troupes réunies à Rochefort, qui forment le noyau de sa division lors de l'expédition de Saint-Domingue pour écraser la révolution haïtienne.

Il quitte Brest le et débarque le à Port-au-Prince. Traitant les habitants avec égards, quelle que soit leur couleur, il y est bien accueilli. Opérant isolément du reste des troupes de Leclerc, il s'empare tout aussi facilement de Léogâne le , mais suit ensuite la piste sanglante de Dessalines jusqu'à Saint-Marc le , puis à la Crête-à-Pierrot. Montant à l'assaut de cette redoute le , il y est blessé d'un coup de mitraille au talon et doit abandonner le commandement de sa division, qui passe sous l'autorité de Rochambeau. Pendant ce temps, à la Guadeloupe, le gouvernement provisoire de Magloire Pélage, souhaitant prouver sa fidélité au gouvernement de métropole, demande au général Leclerc de lui envoyer le général Boudet pour prendre le commandement de l'île en attendant que Paris y envoie officiellement un nouveau gouverneur. Boudet reste très apprécié des habitants de la Guadeloupe depuis ses précédents séjours dans l'île.

Il quitte donc Saint-Domingue pour la Guadeloupe le . Cependant, l'expédition du général Antoine Richepanse atteint cette île avant lui le . La politique brutale de son commandant met immédiatement le feu aux poudres, engendrant l'insurrection de Louis Delgrès et ses compagnons. La présence de Boudet le devenant inutile à la Guadeloupe, il retourne rapidement à Saint-Domingue où il est placé à la tête de la division du Nord en septembre. Leclerc le renvoie finalement en France le pour informer le premier Consul de sa situation dramatique. C'est une mission de confiance, donnée à un officier dont il loue les mérites. Pourtant, plus tard, Leclerc l'accuse dans sa correspondance de s'être enrichi de manière malhonnête pendant son séjour à Saint-Domingue.

Général de l'Empire

De retour en France, le général Boudet est accueilli en héros. Il est d'abord nommé au commandement de la d’infanterie du corps du général Victor le , en Hollande, avant de passer peu après au corps du général Marmont au camp d'Utrecht le . Il fait la campagne de 1805 sous ce général, puis est envoyé à l’armée d’Italie en 1806. En 1807, il est en Allemagne et prend part au siège de Kolberg sous les ordres de Murat. Après la paix de Tilsitt, il s'empare également de la forteresse de Stralsund. En récompense de ses services, Napoléon lui confère le titre de comte de l'Empire en 1808, auquel s'ajoute un revenu de francs sur la Poméranie suédoise.

Boudet prend garnison dans les villes hanséatiques. Il est aux premières loges pendant la campagne d'Autriche de 1809, à la tête de la du corps d'armée du maréchal Masséna. Le général Boudet assiste à la prise de Vienne, puis s'illustre lors de sa défense acharnée du village d'Essling les 21 et , en transformant en fortin inexpugnable le grenier à grain de la ville. De l'aveu de l'Empereur lui-même, c'est à la conduite du général Boudet que les Français eurent la victoire d'Aspern. Il perd toutefois son artillerie lors de la bataille de Wagram le et s’attire, selon Jean Tulard, de vifs reproches publics de Napoléon et se serait même suicidé (selon Georges Six). Il meurt en réalité probablement de complications de la goutte et d'épuisement mais garde intacte l'estime de l'Empereur qui aurait dit à l'annonce de sa mort le : « Qui diable vais-je trouver pour remplacer Boudet ? ».

Mariage et enfants

Jean Boudet épouse le à Pointe-à-Pitre avec Marie Joseph Elisabeth Augustine Darboussier (1779-1848). Le couple a trois enfants : Aimée Boudet (1797-1798); Anne Lodoïska Boudet (1800-1861), épouse en 1816 le général et homme politique Jacques-Gervais Subervie (1776-1856).; Louis Auguste Boudet (1803-1886), futur député de la Dorgogne sous le Second Empire.

Considérations D'après l'historien haïtien A. Beaubrun Ardouin, peu suspect de francophilie, le général Boudet fait preuve durant la campagne de Saint-Domingue d’une humanité rare envers les soldats ennemis ou prisonniers, forçant le respect de ses adversaires.

Décorations le . Sa croix de grand officier est une pièce de joaillerie en or et en argent sertie de diamants et d'émeraudes unique au monde. Mise en vente en 2025 par un collectionneur privé, elle fait l'objet d'une souscription de la Société des amis du Musée de la Légion d'Honneur pour rentrer dans les collections du musée. 50px Chevalier de l'ordre de la Couronne de Fer (ordre honorifique du royaume d'Italie). (ordre honorifique du royaume du Danemark).

Titres Comte de l'Empire en 1808.

Hommages et honneurs

vignette|Noms gravés sur l'arc de triomphe de l'Étoile, pilier Est, et . Il existe en France plusieurs rues dénommées « Boudet » sans précision de prénom, notamment à Reims ou à Beaumont-en-Gâtinais (Seine-et-Marne) mais de nombreux homonymes peuvent expliquer ces patronages. En revanche Jean Boudet a donné son nom par endroits sans ne laisser aucun doute : Le nom de Boudet est gravé au côté Est, de l’arc de triomphe de l’Étoile, à Paris. Une caserne construite à Bordeaux entre 1876 et 1879 porte son nom (Caserne Boudet) ainsi qu'une rue 2 kilomètres plus au nord passant derrière la Place des Quinconces. La caserne sise rue de Pessac est aujourd'hui désaffectée et abrite désormais une résidence du CROUS et la Direction régionale des services pénitentiaires de Bordeaux.

Pensions, rentes

Armoiries

Figure Blasonnement Armorial des comtes de l'Empire Écartelé : au 1, des comtes militaires; au 2, d'argent à la montagne de sinople, surmontée de murs incendiés de gueules, jetant de la fumée de sable, et senestrée d'un palmier de sable (alias de sinople); au 3, d'argent au canon affûté de sable, terrassé de sinople, adextré d'un palmier au naturel, et senestré d'une mer d'azur; au 4, de gueules au vol d'aigle d'àrgeut.Source: Armorial du Premier Empire, Vicomte Albert Révérend, Comte E. Villeroy

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

Georges Six, Dictionnaire biographique des généraux et amiraux de la Révolution et de l'Empire, . Beaubrun Ardouin, Étude sur l'histoire d'Haïti, . Maurice Begouën-Demeaux, Mémorial d'une famille du Havre : Stanislas Foäche (1737-1806), . Laura Virginia Monti, A calendar of Rochambeau's papers at the university of Florida Libraries. Jan Pachonski et Reuel K. Wilson, Poland's Caribbean tragedy: a study of Polish legions in the Haïtian war of Independance, 1802-1803. . . .

Articles connexes Liste des généraux de la Révolution et du Premier Empire Noms gravés sur l'arc de triomphe de l'Étoile

Liens externes Service historique de la défense – Château de Vincennes – Dossier S.H.A.T., cote : 7 Yd 391. Biographie sur : Les Amis du Patrimoine Napoléonien.

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