Mireille Andrieu, née Mireille Hugues le à Paris et morte le dans la même ville, est une des premières femmes décorées de la croix de guerre en France, pour son rôle d'infirmière à Soissons, ville martyre de la Première Guerre mondiale.

Également récompensée d'une citation à l'ordre de l'armée pour son héroïsme, elle a témoigné de son expérience à la fin de la guerre.

Biographie

Jeunesse et entourage Mireille Hugues est la fille cadette du poète Clovis Hugues (1851-1907) et de la sculptrice Jeanne Royannez (1855-1932)Acte de naissance , , Paris , Archives de Paris (avec mentions marginales de mariage et de décès) (vue 16/31). Elle a une sœur aînée, Marianne, née en 1877.

Les Hugues habitent Montmartre où ils sont les voisins et amis du peintre Auguste Renoir. Mireille et Marianne se retrouvent ainsi représentées par l'artiste sur le tableau La Partie de croquet, peint vers 1895.

En , à , Mireille Hugues épouse Mainfroid Armand René Andrieu, fils d'un conseiller à la cour d'appel de Paris. Licencié en droit, il est rédacteur à la direction des Chemins de fer de l'Est puis, en 1905, débute dans la fonction publique comme sous-préfet de Lavaur.

Parcours Déménageant au gré des mutations de sous-préfet de René Andrieu, le couple est établi à Soissons lorsque la guerre éclate, en 1914. Tout comme son mari, Mireille Andrieu décide de rester à Soissons durant les hostilités. Elle endosse l'uniforme d’infirmière, prodiguant des soins aux blessés civils et militaires, et soutenant la population éprouvée par les bombardements qui s'abattent sur la ville. Elle prend des notes dans son journal et décrit notamment l'exode des Soissonnais à Château-Thierry à l’approche de l'ennemi, la gare de Nogent-sur-Seine transformée en poste de secours, le retour difficile à Soissons toujours en zone de guerre, la bataille de Crouy, une visite de l'historien d'art Armand Dayot venu constater lés dégâts sur la cathédrale, ou encore le bombardement de l'abbaye Saint-Jean-des-Vignes.

En , pour sa bravoure, Mireille Andrieu est citée à l'ordre de l'armée et décorée de la croix de guerre avec palme. La cérémonie de remise a lieu sur la place de Soissons, présidée par le général Joseph Louis Andlauer. En 1917, elle est photographiée par Fernand Cuville, en tenue civile et en habit d'infirmière, pour les Archives de la Planète du banquier Albert Kahn.

L'année suivante, son témoignage détaillé, issu de ses notes prises entre et , figure dans un recueil intitulé Souvenirs de Parisiennes en temps de guerre Publié sous la direction de Camille Clermont, l'ouvrage regroupe une douzaine de récits de personnalités de l'époque, comme Hélène Vacaresco, Julia Daudet ou Marie-Louise Dromart. Le critique Camille Le Senne souligne le caractère saisissant des souvenirs de Mireille Andrieu. Dans un article du Petit Journal, le journaliste Albert Londres évoque de son côté la jeune femme : Lorsqu'au sortir de la guerre, le journal L'Œuvre lance l'idée d'un « musée féminin de la Guerre », Mireille Andrieu est citée, avec l'infirmière britannique Edith Cavell, par la journaliste Louise Faure-Favier, au titre des personnalités dignes de figurer dans une « salle de l'Héroïsme féminin ».

Dans l'entre-deux-guerres, le couple Andrieu réside notamment 2, rue Paul-Louis-Courier à Périgueux, où René Andrieu est préfetRecensement de population, Périgueux (), , Archives départementales de la Dordogne, puis s'établit à Paris, 1, rue de LiègeRecensement de population, Paris , Saint-Georges, , Archives de Paris. En 1939, Mireille Andrieu est à Paris l'un des témoins de mariage de l'artiste de théâtre Juliette Dissel.

Veuve en 1950Registre journalier d'inhumation, , cimetière parisien de Bagneux, Archives de Paris, Mireille Andrieu meurt en 1965 à ParisActe de décès , , Paris , Archives de Paris (vue19/31). Elle est inhumée trois jours plus tard au cimetière parisien de BagneuxRegistre journalier d'inhumation, , cimetière parisien de Bagneux, Archives de Paris.

Postérité En 2015, le nom de Mireille Andrieu a été donné à une salle de la sous-préfecture de Soissons.

Récompenses et distinctions Décorations avec palmes avec citation à l'ordre de l'armée, 1915

Voir aussi Bibliographie

Iconographie Emmanuel Mas, Pernant. Madame Andrieu décorée de la croix de guerre avec palmes, , ECPAD, SPA/SPCA , inv. SPA 70 S 3010 Fernand Cuville, 6 photographies de Mireille Andrieu, , autochromes positifs, musée départemental Albert-Kahn

Liens externes

Notes et références Notes

Références

Catégorie:Naissance dans le 16e arrondissement de Paris Catégorie:Infirmière française du XXe siècle Catégorie:Titulaire de la croix de guerre 1914-1918 Catégorie:Personnalité liée à Soissons Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière parisien de Bagneux Catégorie:Naissance en mai 1881 Catégorie:Décès en mars 1965 Catégorie:Décès dans le 1er arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 83 ans