alt=Dessin stylisé d'un homme sur une mule, vêtu d'un veston avec des plumes dans son chapeau ; la partition s'intitule |vignette| Couverture type d'une partition, avec des chansons représentant des personnalités de l'époque, comme John Hunt Morgan. Pendant la guerre de Sécession, la musique joue un rôle de premier plan dans les deux camps du conflit, l'Union (le Nord) et la Confédération (le Sud). Sur le champ de bataille, différents instruments comme les clairons, les tambours et les fifres, sont joués pour donner des ordres de marche ou parfois, plus simplement, pour remonter le moral des camarades. Le chant est également utilisé, non seulement comme activité récréative, mais aussi comme moyen de se libérer des tensions inévitables qui accompagnent les combats en temps de guerre. Au camp, la musique constitue une diversion loin des effusions de sang, aidant les soldats à faire face au mal du pays et à l'ennui. Les soldats des deux côtés s'adonnent souvent à des activités récréatives avec des instruments de musique, et lorsque les armées adverses sont proches l'une de l'autre, il arrive parfois que des groupes de musique des deux camps jouent l'un contre l'autre la nuit précédant une bataille.

Chaque camp a ses airs préférés, mais certaines musiques sont appréciées aussi bien des nordistes que des sudistes, comme en témoigne l'amour du président américain Abraham Lincoln pour « Dixie », l'hymne non officiel de la Confédération. À ce jour, nombre de ces chansons sont chantées comme morceaux patriotiques. Par la suite, les musiques de cette guerre inspirent également des artistes tels que Lynyrd Skynyrd et Elvis Presley.

Développement de la musique américaine gauche|vignette| Soldat non identifié de la Co. H, 13e Régiment d'infanterie de Virginie, en uniforme avec un saxhorn sur l'épaule. La guerre de Sécession fut une période importante dans le développement de la musique américaine. Pendant la guerre, des soldats de tout le pays se mélangèrent, les multiples genres de la musique américaine commencèrent alors à se fertiliser mutuellement, un processus facilité par l'industrie ferroviaire en plein essor et d'autres développements technologiques qui facilitaient les voyages et les communications. Les unités militaires comprenaient des individus de tout le pays, et ils échangèrent rapidement leurs mélodies, instruments et techniques. Les chansons issues de cette fusion étaient . La guerre a donné de l’impulsion à la création de nombreuses chansons qui sont devenues et sont restées extrêmement populaires ; les chansons étaient suscitées par « tous genres de passions (que la guerre de Sécession a inspirées) » et « faisaient écho et re-écho » à tous les aspects de la guerre. John Tasker Howard affirma que les chansons de cette époque .

De plus, et en conjonction avec les chansons populaires à ferveur patriotique, l'époque de la guerre de Sécession produisit également un grand nombre de pièces de fanfare, venant à la fois du Nord et du Sud, ainsi que d'autres traditions musicales militaires comme le la sonnerie « Taps » au clairon.

Règlementations alt=Un garçon portant l'uniforme, un chapeau et des bottes de l'Union regarde la caméra.|vignette| John Clem, un garçon batteur de l'Union âgé de douze ans. En , le Département de la Guerre des États-Unis approuva officiellement que chaque régiment d'infanterie et d'artillerie pouvait avoir une fanfare de 24 membres, tandis qu'un régiment de cavalerie pouvait en avoir une de seize membres. L'armée confédérée aura également des fanfares. Cela fut suivi par un règlement de l'armée de l'Union en exigeant que chaque compagnie d'infanterie, d'artillerie ou de cavalerie ait deux musiciens et qu'il y ait une fanfare de vingt-quatre hommes pour chaque régiment. La réglementation de fut de plus en plus ignorée à mesure que la guerre se prolongeait, les fusiliers étant plus nécessaires que les musiciens. En , les fanfares de l'Union furent démontées par l'adjudant général, même si les soldats qui les composaient étaient parfois réenrôlés et affectés à des rôles de musiciens. Une enquête réalisée en a révélé que 75 % des régiments de l'Union avaient une fanfare. En , l'armée de l'Union comptait 28 000 musiciens répartis dans 618 orchestres ; un ratio d'un soldat sur 41 ayant servi dans l'armée était un musicien, et l'armée confédérée semblait en avoir un similaire. Les musiciens bénéficiaient souvent de privilèges spéciaux. Le général de l'Union Philip Sheridan donna à ses bandes de cavalerie les meilleurs chevaux et uniformes spéciaux, estimant que .

Les musiciens sur le champ de bataille étaient des batteurs et des trompettistes, accompagnés occasionnellement d'un joueur de fifre. Les trompettistes devaient apprendre 49 appels distincts uniquement pour l'infanterie, et plus encore pour la cavalerie. Celles-ci allaient des ordres de combat aux appels à l'heure du repas. Certains de ces musiciens requis étaient des batteurs qui n'étaient même pas adolescents, permettant à un autre homme adulte de devenir fantassin. Le plus remarquable de ces musiciens mineurs était John Clem, également connu sous le nom de « Johnny Shiloh ». Les batteurs de l'Union portaient des sangles blanches pour soutenir leurs tambours. Les batteurs et les chefs d'orchestres portaient des baudriers pour indiquer leur statut ; après la guerre, ce style sera imité dans les groupes de musique civils. Les batteurs marchaient à droite d'une colonne en marche. Semblables aux trompettistes, les batteurs devaient apprendre 39 rythmes différents : 14 pour un usage général et 24 pour la cadence de marche. Cependant, les trompettistes avaient une plus grande importance que les batteurs.

Sur le champ de bataille Des chansons entières étaient parfois jouées lors des batailles. Les survivants de la désastreuse Charge de Pickett revinrent sur l'air de « Plus près de toi, mon Dieu ». Lors de la bataille de Five Forks, les musiciens de l'Union, sous les ordres de Sheridan, jouèrent la chanson de ménestrel « Nelly Bly » de Stephen Foster, alors qu'ils se faisaient tirer dessus sur les lignes de front. Samuel P. Heintzelman, le commandant du IIIe Corps, vit plusieurs de ses musiciens debout sur les lignes arrière lors de la bataille de Williamsburg et leur ordonna de jouer n'importe quoi. Leur musique rallia les forces de l'Union, obligeant les Confédérés à se retirer. Il été dit que la musique équivalait à « mille hommes » à ses côtés. Robert E. Lee lui-même déclara : .

Parfois, les musiciens recevaient l'ordre de quitter le champ de bataille et d'aider les chirurgiens. Un moment marquant fut celui des musiciens du 20e régiment d'infanterie volontaire du Maine à Little Round Top. Alors que le reste du régiment repoussait les Confédérés vagues après vagues, les musiciens ne se contentaient pas d'effectuer des amputations, mais ils le faisaient en plus très rapidement.

Au camp alt=Les lignes colorées montrent les lignes de front où les Rosencrans rencontrent les Bragg.|vignette| Localisations des différents camps la nuit du duel de groupes de musique avant la bataille de Stones River. De nombreux soldats rapportaient des instruments de musique de chez eux pour passer le temps au camp. Les banjos, les violons et les guitares étaient particulièrement populaires. Mis à part les tambours, les instruments joués par les Confédérés furent acquis soit avant la guerre, soit importés en raison du manque de cuivres et d'industrie pour fabriquer de tels instruments.

Les duels musicaux entre les deux camps étaient fréquents, comme ils s'entendaient quand la musique se diffusait à travers la campagne. La nuit précédant la bataille de Stones River, les groupes des deux côtés se battirent avec des chansons différentes jusqu'à ce que les deux camps commencent à jouer « Home! Sweet Home ! », moment auquel les soldats des deux côtés se mirent à chanter ensemble. Une situation similaire se produisit à Fredericksburg, Virginie, au cours de l'hiver 1862 - 1863. Par un après-midi froid, un groupe de l'Union commença à jouer des airs patriotiques du Nord ; un autre du Sud répondit alors en jouant des airs patriotiques sudistes. Ce va-et-vient se poursuivi jusque tard dans la nuit, jusqu'à ce qu'à la fin les deux parties jouent « Home! Sweet Home ! » simultanément, sous les acclamations des forces des deux camps. Dans un troisième cas, au printemps 1863, les armées adverses se trouvaient sur les rives opposées de la rivière Rappahannock en Virginie, lorsque les différents camps jouèrent leurs airs patriotiques, un camp joua « Home! Sweet Home ! » en claquettes, puis l'autre se joignit à lui, créant des « acclamations » des deux côtés qui résonnèrent dans toute la vallée.

Les deux côtés chantèrent « Maryland, My Maryland », même si les paroles étaient légèrement différentes. Une autre chanson populaire pour les deux était « Lorena ». « When Johnny Comes Marching Home » fut écrit en 1863 par Patrick Gilmore, un immigrant irlandais, et fut également appréciée des deux côtés.

À l'intérieur du pays alt=Tête d'un homme chauve avec des cheveux blancs, une moustache et une barbe soigneusement coupés, portant des lunettes|vignette| George F. Root. La première chanson écrite pour la guerre, « The First Gun Is Fired », fut publiée et distribuée pour la première fois trois jours après la bataille de Fort Sumter. George F. Root, qui l'écrivit, est censé avoir produit le plus grand nombre de chansons sur la guerre : plus de 30 au total. Lincoln écrivit une fois une lettre à Root disant : « Vous avez fait plus d'une centaine de généraux et un millier d'orateurs ». D'autres chansons jouèrent un rôle important pour convaincre les Blancs du Nord que les afro-américains étaient prêts à se battre et voulaient la liberté, comme par exemple « Babylon Is Fallen » de Henry Clay Work en 1883 ou « Sambo's Right to Be Kilt » de Charles Halpine. alt=Soldat à genoux, tenant le drapeau confédéré dans une main et une épée dans l'autre|gauche|vignette| « God Save the South », rare illustration de couverture musicale, publiée par le composeur, C. T. De Cœniél à Richmond, Virginie. Les États du Sud étaient depuis longtemps derrière les États du Nord en matière de production commune de littérature. Avec l’avènement de la guerre, les éditeurs du Sud étaient en demande. Ces éditeurs, basés en grande partie dans cinq villes (Charleston, Caroline du Sud ; Macon, Géorgie ; Mobile, Alabama ; Nashville, Tennessee ; et La Nouvelle-Orléans, Louisiane), produisirent cinq fois plus de musique imprimée que de littérature.

Dans les États confédérés d'Amérique, « God Save the South » était l'hymne national officiel. Cependant, « Dixie » était le plus populaire. Le président des États-Unis, Abraham Lincoln, déclara qu'il aimait « Dixie » et qu'il voulait l'entendre jouer, affirmant que « de même que nous avions capturé l'armée rebelle, nous avions également capturé la mélodie rebelle ». Lors d'un rassemblement le , le chef d'orchestre fut surpris lorsque Lincoln demanda que le groupe joue « Dixie ». Il déclara : « Cette chanson est désormais une propriété fédérale... c'est bien de montrer aux rebelles qu'avec nous au pouvoir, ils seront libres de l'entendre à nouveau ». L'autre important morceau était « The Bonnie Blue Flag » qui comme « Dixie » fut écrit en 1861, contrairement aux airs populaires de l'Union qui furent écrits tout au long de la guerre.

Musique afro-américaine