Franck Siegler, né le à Belfort, est un tueur en série et tueur multirécidiviste français.

Trois fois meurtrier, Siegler commet ses crimes entre 1986 et 2017, le faisant passer cinq fois devant la cour d'assises (1987, 2009, 2010, 2019 et 2021), dans trois jugements différents.

Délinquant à partir de 1980, il commet son premier meurtre le , alors qu’il a 18 ans. Il est incarcéré et condamné, en 1987, à 10 ans de réclusion criminelle. C’est au cours de cette détention qu’il rencontre Robert Moris, avec qui il tuera de nouveau des années plus tard.

Libéré en 1993, Siegler est de nouveau ré-incarcéré, entre 1994 et 1998, pour vol, contrefaçon, évasion et tentative d'évasion. Le , il récidive en braquant un chauffeur de taxi, dont il vole le véhicule. Incarcéré pour vol avec violence, il est de nouveau condamné, en 2000, à 10 ans d'emprisonnement.

Bénéficiant d’une permission de sortie, le , il ne regagne pas la prison de Meaux et reprend contact avec Moris, avec qui il tue Philippe Vuillet, le . Siegler est arrêté le , lors d’un contrôle à Paris. Moris est arrêté deux jours plus tard. Ils sont incarcérés en se rejetant la faute.

Jugés en , Siegler et Moris sont condamnés à 30 ans de réclusion criminelle (assortis d’une période de sûreté de 20 ans pour Siegler). En appel, le , Moris voit sa peine confirmée, tandis que Siegler est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.

Transféré à la prison de Vendin-le-Vieil, Siegler tue un codétenu, le , en compagnie de Jonathan Fragnière, un voisin de cellule. En , Fragnière est condamné à 30 ans de réclusion criminelle, tandis que Siegler est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de 22 ans. En appel, le , ces peines sont confirmées.

Biographie

Jeunesse et délinquance Franck Siegler naît le , à Belfort (Territoire de Belfort).

Il est le quatrième d’une fratrie de sept enfants et le seul garçon de celle-ci. Son père est chauffeur de poids lourds, souvent en déplacement dans le cadre de son métier, mais réputé alcoolique et violent, attachant Franck à une laisse pour chien lors de contrariétés. Sa mère ne travaille pas et est dépourvue de relation avec lui. Lors de son enfance, il affirme à sa mère avoir été abusé sexuellement par son oncle maternel, mais celle-ci refuse de croire que son frère ait pu réaliser de tels actes.

En , lors de son entrée en classe de cinquième, Franck Siegler commence à commettre des vols et divers petits délits. Il est alors âgé de 13 ans.

En 1981, alors qu’il a 14 ans, il abandonne sa scolarité mais, incapable de trouver une certaine stabilité, sa mère le place en foyer. Il multiplie les séjours en foyers jusqu'en 1984 et enchaîne fugues, vols et petits délits, vivant ainsi comme un semi-vagabond.

En 1986, Franck Siegler est hébergé par une femme, qui accepte de le loger.

Premier meurtre et détention Dans la nuit du 11 au , Franck Siegler passe la soirée au domicile de sa logeuse, en compagnie d’un jeune homme de 24 ans. Siegler devient rapidement violent lorsque le jeune homme lui fait des avances à caractère homosexuel. Enragé par ces avances, Siegler frappe violemment le jeune homme à l’aide d’une latte et l’étrangle à mort avec une écharpe. Ne sachant quoi faire du corps de sa victime, il décide de le monter au grenier et de le pendre à une poutre. Lorsque la logeuse de Siegler découvre le corps dans le grenier, celle-ci fait intervenir les gendarmes. L’autopsie réalisée conclut à un homicide, en raison des nombreuses plaies de la victime.

Mi-, Siegler, 18 ans, est placé en garde à vue, dans le cadre de cette affaire. Il reconnaît rapidement avoir tué sa victime en réponse aux avances sexuelles qu'il lui a faites. Il affirme avoir alors perdu tout contrôle, ce qui pourrait s’expliquer par des troubles psychologiques consécutifs aux abus qu’il avait subis étant jeune. Siegler est inculpé pour meurtre et placé en détention provisoire à la Maison d'arrêt de Besançon.

L’enquête accrédite pour partie la version de Siegler, la victime étant ouvertement homosexuelle. En détention, Siegler est examiné par des experts, qui concluent à une intolérance à la frustration expliquant son recours à la violence, mais le jugent responsable de ses actes, notamment pour avoir voulu cacher l’existence de son crime et camouflé celui-ci en suicide.

Siegler comparaît en 1987, devant le Cour d’assises de Besançon. Il est alors âgé de 20 ans. Lors de son procès, Siegler réitère ses aveux, déclarant avoir tué sa victime en raison des avances sexuelles qu'il lui avait faites et explique ainsi sa perte de contrôle. Au terme de son jugement, Siegler est condamné à 10 ans de réclusion criminelle.

Du 4 au , la Maison d'arrêt de Besançon fait l’objet d’une mutinerie, dans laquelle Siegler participe à la dégradation d’installations électriques ainsi qu'aux lavabos de la prison. À l’issue de cette mutinerie, à 3 heures du matin, 18 détenus sont inculpés de séquestration, pour sept d’entre eux, et dégradation pour les autres, y compris Siegler.

Le , Franck Siegler, 20 ans, Patrick Turillon, 26 ans, Serge Caujolle-Bert, 26 ans, Lezhar Hakkar, 24 ans, Mustafa Naamoune, 27 ans, Stéphane Métayer, 22 ans, et Abdelkader Adjadj, 24 ans, comparaissent devant le tribunal correctionnel de Besançon pour dégradations. Ils sont condamnés à quatre mois de prison supplémentaires.

Au début des années 1990, Siegler est transféré à la Maison centrale d'Ensisheim, où il fait la connaissance de Robert Moris, un détenu de presque 13 ans son aîné. Moris est incarcéré depuis 1984 et purge une peine de 18 ans de réclusion criminelle pour meurtre. Les deux codétenus se lient rapidement d’amitié, notamment en raison de leur haine de l’homosexualité qui les a amenés à tuer.

Libération et ré-incarcérations Siegler est libéré en 1993, après 7 ans de détention. À la suite de sa sortie de prison, Siegler rencontre sa future compagne et devient père d'une fille. Il garde brièvement contact avec Moris, mais le perd de vue lorsque celui-ci sort de prison en 1995.

En 1994, Siegler est de nouveau arrêté pour vol et contrefaçon, puis placé en détention provisoire. Le tribunal correctionnel le condamne, en 1995, à un an de prison ferme. Après quelques mois de détention, il bénéficie d'une permission de sortie, mais ne réintègre pas la maison d'arrêt. Au bout de quelques jours, Siegler est finalement repéré et arrêté. Il est mis en examen pour évasion puis de nouveau placé en détention provisoire.

Incarcéré à la Maison d'arrêt de Reims, Siegler tente de s'y évader, dans la nuit du 22 au , en compagnie de deux autres détenus, Djamel Hamloud et Thierry Vérin. Ils sont finalement repérés et maîtrisés par les gardiens. Tous trois sont mis en examen pour tentative d'évasion. Ils comparaissent, en , devant le tribunal correctionnel de Reims. Siegler est condamné à un an de prison supplémentaire, tandis que Halmoud et Vérin écopent de trois et quatre mois de prison. Cette même année, Siegler comparaît pour son évasion et écope de trois ans de prison ferme.

Siegler est libéré en 1998, après avoir purgé sa peine, et retourne vivre avec sa compagne et sa fille. Il a pour ambition de voyager en Espagne mais, en raison de leurs faibles revenus, le couple doit y renoncer.

Affaire de vol avec violence et incarcération Le , Siegler s’introduit au domicile du père d’une amie, chauffeur de taxi, qu’il gaze à l’aide d’une bombe lacrymogène, avant de le braquer et de lui voler ses papiers et sa voiture. Le chauffeur porte plainte contre Siegler, qui a pris la fuite. Après une cavale de deux mois, Siegler est arrêté lors d'un contrôle routier, en , alors qu'il tente de se rendre en Espagne. Placé en garde à vue, il reconnaît les faits et justifie son geste par son impécuniosité et son désir de voyager en Espagne. Il est mis en examen pour vol avec violence, violences, violation de domicile et dégradations, puis placé en détention provisoire.

Siegler comparaît, en 2000, devant le tribunal correctionnel pour vol avec violence, violation de domicile et dégradations, commises en état de récidive. Il est une nouvelle fois condamné à 10 ans d'emprisonnement.

Siegler tente par deux fois de s’évader, en 2000 et 2001, mais échoue chaque fois et se voit condamné à plusieurs mois supplémentaires. Il entame par la suite une grève de la faim, sans plus de succès. Après ces tentatives avortées, il s'assagit et accomplit sa peine jusqu'à son terme.

En , il est transféré au Centre pénitentiaire de Meaux-Chauconin-Neufmontiers, où il surprend par son comportement exemplaire.

Permission de sortie, deuxième meurtre et cavale Siegler sort de prison, le , bénéficiant d’une permission de sortie d’une journée pour voir sa compagne et sa fille. Censé regagner la Prison de Meaux le soir même, il manque à cette obligation.

Il rejoint Paris, avant de partir pour Belfort en train. Il est verbalisé pour défaut de titre de transport le lendemain. La fuite de Siegler n’est pas révélée tout de suite mais, en raison de sa dangerosité, un avis de recherche est publié le .

Le , Siegler reprend contact avec Moris, l'appelant d’une cabine téléphonique de Mulhouse. Prétendant avoir été dépouillé de ses papiers, Siegler dit avoir besoin d’un logement pour les trois prochains jours, en échange d’un travail en Espagne. Convaincu de la bonne foi de son ami de longue date, Moris accepte de l’héberger. Les deux hommes se retrouvent le jour même au domicile de Moris à Reguisheim.

Le , Siegler rencontre Philippe Vuillet, 33 ans, alors que les deux hommes boivent un café chez Moris. Y voyant l'occasion de se procurer des papiers d’identité pour assurer sa cavale, Siegler projette de tuer Vuillet.

Dans l’après-midi du , Siegler, Moris et Vuillet se retrouvent au domicile de Moris. Alors que Moris part faire des courses, Siegler reste seul avec Vuillet et en profite pour mettre des médicaments dans le verre de Vuillet. Au retour de Moris, Vuillet fait un malaise. Siegler se saisit alors d’une bombe lacrymogène, gaze Vuillet puis le ligote à l’aide de sa ceinture. Apeuré, Moris tente de maîtriser Siegler, qui prétend alors donner une correction à Vuillet, affirmant que celui-ci lui a avoué être pédophile. Les deux hommes chargent Vuillet dans sa voiture, avant de s’arrêter dans un bois d’Ensisheim. Siegler sort Vuillet de la voiture, le frappe à coups de manivelle puis l’étrangle à mort, avant de l’attacher à un arbre. Moris et Siegler quittent ensuite les lieux.

Siegler et Moris prennent la direction de Belfort mais, le , Siegler abandonne son ami, le laissant seul. Moris appelle alors un ami, qui le reconduit chez lui le soir même. Siegler, poursuit sa cavale, mais tombe en panne le .

Le , Siegler se rend au domicile de Sylvie, la compagne de Philippe, et lui vole sa voiture. Sylvie porte plainte contre son compagnon, dont la disparition n’est pour l'instant pas prise au sérieux, pour vol de voiture. Siegler parvient à trouver le numéro de téléphone de Sylvie et l'appelle depuis une cabine téléphonique, le , lui ordonnant d’arrêter de chercher Vuillet. Cet appel marque le début d’une enquête pour vol de voiture.

Au cours de sa cavale, Siegler téléphone à sa compagne. Il ignore cependant que Vuillet est recherché.

Le , Siegler va consulter, sous le nom de Vuillet, le médecin qu'il fréquentait à la maison centrale de Château-Thierry.

Arrestation et ré-incarcération